lundi 28 mai 2012

LA Times Magazine. Style de vie en crise

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Copie d'écran de l'appli iPad
Un magazine ferme. Mensuel, se disant "Lifetime Magazine", le LA Magazine vit certainement ses derniers jours.
  • Abonnement : 10 $ pour 12 numéros. La distribution des 400 000 exemplaires s'effectue essentiellement par portage au domicile (82%) ciblant les "beaux quartiers" de Los Angeles à partir des codes postaux étendus (zip codes) : "The magazine is distributed in select zip codes that are home to affluent and educated tastemakers. Our distribution covers all 5 counties of the LA DMA" (Source : Media Kit).
Le LA Timescomme le Chicago Tribune, appartient au groupe pluri-média Tribune qui détient également plusieurs stations de télévision.

Le lectorat affiche pour le marché publicitaire des caractéristiques dites haut de gamme : population aisée (220 000 $ / an de revenus moyens), 94% ont fréquenté l'université, 89% sont propriétaires de leur domicile.  Prescripteurs de goût (à la mode !), dits tastemakers. Le magazine circule peu (deux lecteurs par numéro). Les annonceurs appartiennent principalement à l'univers du luxe, de la mode, de la décoration (Source : id.). Une appli iPad et un site Web accompagnent et dupliquent le magazine. Magazine célébrant un "style de vie" luxueux, de consommation ostentatoire ("conspicuous consumption", T. Veblen), il est sans doute vulnérable à une conjoncture de crise économique.

Le magazine fermera après le numéro de juin 2012. Licenciements probables. Un trimestriel lui succéderait couvrant les mêmes domaines, éditoriaux et publicitaires, divisant par 4 les coûts de distribution. Explication "langue de bois de la direction" : "the entire magazine industry has been faced with a very challenging environment". Cette fermeture confirme les difficultés de la presse américaine tant au plan des contenus que des recettes publicitaires ; le tout souvent couronné de mauvaise gestion. Petit à petit, une question s'impose : par temps de crise économique, peut-on rafistoler avec des moyens et des talents numériques un secteur sinistré ? Qui disait de la presse qu'elle était "la sidérurgie des bobos" ? Peut-être faut-il tout revoir, de fond en comble.
"We introduced ourselves to a young man we thought to be a social-media mogul
but turned out to be from the catering company". LA Magazine, novembre 2011
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dimanche 27 mai 2012

La TV découvre le refus de publicité

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Un procès va s'ouvrir aux Etats-Unis à l'initiative de plusieurs chaînes de télévision contre l'un de leurs plus important distributeurs. La cible est Dish Network, opérateur de télévision directe par satellite qui propose à ses sept millions d'abonnés un enregistreur numérique (DVR), The Hopper, doté depuis peu d'une fonctionnalité qui permet d'éviter les messages publicitaires présents dans les chaînes retransmises en prime time : "Auto Hop" dit parfois "Ad Hopper", qui "saute" par dessus les pubs (mais qui n'efface ni ne détruit). Toutefois, cette fonction dite "Primetime Any Time"ne peut être mise en oeuvre que le jour suivant la diffusion (à partir de 25H, ET). Les networks ont refusé de diffuser des messages publicitaires en faveur de cet appareil (refus de vente).

Mise à jour 31 mai 2012

Selon les chaînes, cet appareil remet en cause le modèle économique de la télévision commerciale et ne respecte pas le contrat de retransmission et les droits d'auteur. Fox, CBS et NBC portent le problème devant les tribunaux et demandent même des dommages et intérêts. Nous retrouvons une situation qu'ont connue, il y a une dizaine d'années, Replay TV et TiVo.
Les networks, à propos de Dish Network, parlent de VOD frelatée (bootleg), malencontreuse (wrongheaded) voire d'insulte. Et il s'est même trouvé un cadre d'agence média pour s'indigner que l'on ose mettre en question ("trashing" !) le modèle économique de la télévision commerciale (à quel titre, quid  de la neutralité média qu'attend l'annonceur ?).

Dish Network contre-attaque : les networks par leur menace (litigation) mettent en péril une innovation. Innovation limitée puisqu'elle ne fait que généraliser le principe du magnétoscope et de la télécommande. De plus, Dish Network paie les chaînes de télévision pour les retransmettre : cela donne aux abonnés le droit et la liberté de refuser ou d'accepter la publicité.
Public Knowledge, un groupe à but non lucratif qui milite pour l'ouverture publique du Web, la liberté et la transparence de l'innovation technologique prend le parti de Dish Network et de ses abonnés et lance une pétition de soutien à Dish Network par e-mail : "Tell old media to keep their hands off your DVR".
  • Le passage de la télévision au numérique secoue et remet en questions son modèle économique. Le décompactage (ou désagrégation, désarticulation) des programmes de télévision numérique - qui permet la VOD et la télévision de rattrapage - s'étend logiquement à la publicité qui est un programme parmi d'autres. Ce n'est qu'un début, cela touchera d'autres formes d'"encombrement" (clutter) des programmes : génériques, auto-promotion, séparateurs, etc. Progressivement, le téléspectateur reprend en main la programmation. D'ailleurs, sur la télécommande de Dish Netwrok, se trouve une touche pour avancer de 30 secondes, durée courante d'un message publicitaire.
  • Plus ces outils d'autonomisation des téléspectateurs se développent, plus s'affine la qualité de la réception publicitaire. Les annonceurs iront de plus en plus vers la publicité voulue qui sera plus chère parce qu'elle est plus efficace.
Et si l'on traitait la TV comme le Web ?

Appliquons, pour voir, le raisonnement des networks américains au Web. Dans ce cas, faudrait-il interdire à l'internaute d'effacer les cookies, condamner les logiciels de filtrage publicitaire (advert filtering) comme Adblock ou Fanboy ?
Mais il faut plutôt traiter la télévision comme le Web car la télévision tend inéluctablement vers le Web.Une fois connectée au Web, elle sera confrontée à la liberté constante et omniprésente des téléspectateurs. Il faut imaginer la publicité opt-in et respectant la vie privée. Au lieu de manoeuvres de retardement, mieux vaudrait préparer la télévision et ses clients à ce virage : optimisation du ciblage, capping, créativité des messages...

mardi 22 mai 2012

Vendre Internet au kilo octet

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Comcast, depuis longtemps déjà, cherche un modèle économique pour la commercialisation de l'Internet.
Comcast est un groupe média complexe et tentaculaire qui réunit aux Etat-Unis : des stations de télévision (O&O), deux networks nationaux (NBC et Telemundo), des chaînes thématiques, des sites Web et des studios (Universal). C'est aussi le premier câblo-opérateur américain (MSO) et le premier fournisseur d'accès Internet (FAI).
Comcast est l'une des premières puissances du marché média américain : ses prises de position sur le marché sont suivies avec attention et circonspection, d'autant que la FCC a autorisé la fusion Comcast / NBC sous réserves que soient respectées certaines conditions anti-concentration draconiennes.

S'inspirant des modèles économiques de la téléphonie, Comcast teste de nouvelles politiques des prix pour Internet.
Depuis 2011, les abonnés haut débit qui consommaient plus de 250 GB voyaient leur abonnement interrompu. Dorénavant, au-delà d'un certain forfait (300 GB, sans distinction de source, donc téléchargement pour Netflix et Skype inclus), l'abonné serait facturé (10$ par tranche de 50 GB ?). Cf. Blog de Cathy Avgiris qui dirige ce secteur pour Comcast.
Depuis 2008, l'abonnement inclut tous les contenus fournis par l'opérateur sur le câble (XFinity) mais pas les contenus transitant par Internet comme NBC.com, Hulu mais surtout Netflix ou YouTube.
Discrimination, disent certains, dont Netflix, qui en appellent à la FCC au nom de la neutralité du net.

Quel modèle économique pour le haut débit ?
Il semble impossible de concilier abonnement illimité et prix limité, qu'il s'agisse d'Internet ou de téléphonie. Faut-il traiter également tous les contenus ? Faut-il laisser les opérateurs gérer leur politique des prix à leur manière ? Qu'est-ce qui relève d'obligations de service public dans cette affaire ? Le développement de services de VOD tels que YouTube ou Netflix, Vudu ou Amazon, oblige les opérateurs à anticiper. Pour Comcast ou Time Warner, les problèmes sont d'autant plus cruciaux et sensibles que ces MSO sont à la fois fournisseurs d'accès et de contenus. Les opérateurs de téléphonie ne manqueront pas d'être concernés également.

Le président de la FCC, l'organe réglementaire américain a fait connaître son point de vue, favorable à un prix basé sur l'utilisation : "Usage-based pricing would help drive efficiency in the networks”. Une bataille commence.
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lundi 21 mai 2012

Ideas People Ad Network à l'ancienne

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Le groupe The Economist étend son ad network à l'Europe. Ideas People a été lancé au Etats-Unis en 2010. Cet ad network est remarquable par son classicisme un peu suranné.
  • Couverture potentielle selon comScore (février 2012) : 38 millions de personnes dans le monde.
  • Network vertical qui réunit les sites d'une cinquantaine de publications (58), dont The Economist, New Statesmen, Technology Review, Washington Examiner, International Business Times, etc.
  • Le network se spécifie en trois produits publicitaires : vidéo, mobile et un network thématique visant les personnels politiques américains, Ideas People Advocacy Network (network concurrent des sites d'information Huffington Post et Politico)
  • La cible est celle des gens qui ont des idées ("ideas people"), des ceux et celles que l'on écoute ("When they talk, the world listens"). Le ciblage s'effectue sans cookies, privilégiant les données "psychographiques" plutôt que démographiques.
Le positionnement "anti-cookies" de cet ad network / régie s'accompagne d'un retour aux pratiques traditionnelles de ciblage des médias analogiques. Son marketing à contre courant souligne le bénéfice de l'artisanat (meilleur contrôle de l'environnement, etc.), discours à la tonalité quelque peu luddiste contre les adexchanges, les algorithmes et l'automatisation. “Publications attract readers of a specific mindset and interest, therefore, selecting the right publications is the best way to get the right audience. We do not need cookies and algorithms for that. Our algorithm is our publisher list.”
L'argumentation met en avant une revendication de qualité : les "quality advertiser", "premium ad network", "premium content". Sur ce dernier point voir :

dimanche 20 mai 2012

Is the Living Room Losing the TV Battle?

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The living room used to be the TV room. The place where "all the family" converged for news and prime time programs. In the US, during the seventies, the Viet-Nam War was called a "living-room war" since  it took place every evening in America's living room, on the TV screen.
Now, not only is TV viewership fragmented into many channels and video sources, but family viewership is scattered throughout many places: bedrooms, garage, kitchen, basement, living room. Among these different places, the bedroom seems to take pride of place.

Source: Nielsen Wire, May 17, 2012. Unfortunately, this statistics does not take Out-of-Home into account.

This data would be even more convincing if all screens were taken into account (tablets and video games, smartphones and computers), as we have noticed with teenagers in the UK. The cause is probably not only digital media, it is first and foremost the consequence of teenagers' lifestyles. They want to be left alone, even if they are reading or doing homework.

All media follow the same trend as radio: they start in one room and little by little conquer other living spaces. At the same time, the cost of measurement increases along the line proportionately from a single audimeter (set meter) to a number of personal (people) meters as well as surveys that need to be "merged" for the advertising strategy.

"Where does the receiver go", asks the magazine Better Homes and Gardens in 1949. From its beginning on, and for many decades, TV was supposed to bring families together: "a kind of miniature clubhouse for a little family group". In the 80s', the TV set became "the home theater".
Now TV is entering a new era: it is everywhere. Paradoxically, watching TV is becoming less of a live social experience, it is becoming more of a virtual social experience.
One way or another, TV is social....


Références

Michael J. Arlen, Living-room War, 1982, Penguin, 242p.
Lynn Spigel, Make Room For TV. Television and the Family Ideal in Postwar America, University of Chicago Press, Chicago, 1992, 236 p. Index
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jeudi 17 mai 2012

Facebook, services for advertisers?

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Two car companies advertised in the same media environment during the same period of time. Advertising with Facebook? Ford says "Yes" ; General Motors says "No". Why? We have to go from stating to explaining. Obviously, GM made mistakes when using Facebook (in July 2012, the CMO win charge at that time, resigned!). Where are the mistakes? In strategy, creative work, planning, buying, timing, analytics? Who knows? GM should.

Facebook is not that simple. Targeting can be very subtle and precise. There are many kinds of advertising products (sponsored stories, display, brand pages, apps, etc.) that should be mixed, integrated and optimized. Like in no other advertising outlet.

When it comes to using television or magazines, marketing people rely on full history of cases, analytics, benchmarks, textbooks, research. They count on the experience of media agencies.
On the other hand, we have not yet accumulated the same capital of experience with Facebook (and other social media). We face a new learning curve: we will have to experiment, test, grasp new metrics. Learn by doing. For instance, GRP is a concept shared by all media specialists ; on the contrary, "engagement", "like", "friend" or "influence" are new concepts, not easy to deal with.
Xerox, for instance, has allocated a budget to learning through experimenting and monitoring (trial and error). Meanwhile, Nutella (Ferrero) used MMM (Marketing Mix Modeling) to understand and compare. They proved that, given their objectives, Facebook is more effective than TV (in Germany, for CPG ; cf. "Nutella sagt: Facebook performt besser als TV-Werbung"). We could also mention Walmart, which put all its American stores on Facebook, in 2011, with a personalized app (Walmart, média total du jour le plus long).

Matt Vandyke, Ford’s director of marketing communications, clearly summarizes the situation: “You won’t make the right choices if you view Facebook as an advertising network. You can’t just pick up advertising that would run somewhere else and put it on Facebook as an ad banner.” (in Forbes (May 15, 2012).

Facebook is still young, it is different from traditional media. The differences have been largely underestimated. Is Facebook only a media? Probably not. Mark Zuckerberg prefers to talk about "services". 


N.B. A recent survey by Greenlight, mentioned in the press, states that "44% of respondents never click on advertisesments or sponsored listings in Facebook" (in fact, it is only 38% since we understand that people who do not use Facebook do not click on ads!).
Total number of people surveyed is 500 for the entire world (among them 435 use Facebook): probably 109 persons in the USA! 13 persons for Asia...


CPG : Consumer Packaged Goods
MMM : Marketing Mix Modeling (Market mix modeling is used to determine the contribution to sales of media used in an advertising campaign. Multivariate regressions).
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mercredi 16 mai 2012

Sur le hoodie de Zuckerberg

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Le hoodie de Mark Zuckerberg restera l'emblème de l'entrée de Facebook au NASDAQ. On attendait du fondateur qu'il mît costume sur mesure, avec cravate et chaussettes assorties. Ce fut son habituel hoodie, sweat shirt avec capuche, sa signature : "signature hoodie". Lors de la cérémonie d'entrée en bourse, le CEO du NASDAQ offrira un hoodie à Mark Zuckerberg.

Dans ce hoodie, on a dénoncé un manque de déférence envers les acteurs du théâtre financier. Mark Zuckerberg ne jouerait pas le jeu comme il faut : son costume ne serait pas celui qui convient aux décors, à la situation. "Immaturité", stigmatise un "homme de finance". Interviewé par Bloomberg TV, un analyste déclare : "Je pense qu'il lui faut montrer aux investisseurs le respect qu'ils méritent parce qu'il leur demande leur argent" (texte en anglais ci-dessous). Rappelons que Zuckerberg a porté cravate pour rencontrer des Présidents (Etats-Unis, France). Le port du hoodie est un acte délibéré de communication.
Dans cette sémiologie vestimentaire, le hoodie symbolise l'écart entre la culture des ingénieurs, des développeurs, geeks et jeunes entrepreneurs, d'une part - Zuckerberg cumule plusieurs titres de noblesse de ce champ - et la culture des financiers, d'autre part. Folklore et réalité des startups, situation qui confronte des socialisations, des légitimités, des conformismes. Querelle de Modernes et d'Anciens. Déjà Google, dans son manifeste des premières années, revendiquait d'être "sérieux sans costume" ("You can be serious without a suit").

Pourquoi tant de bruit pour un simple hoodie ?
L'allure révérencieuse à quoi s'attend spontanément l'analyste, c'est le fameux obsequium spinoziste : "obéissance" et propension à suivre (sequi) les règles tacites du jeu social. "Volonté constante" qui est soumission par défaut, insensible, involontaire (à la différence de l'obséquiosité, ostentation, qui en fait trop). Savoir-vivre inculqué qui fait savoir rester à sa place et avoir le sens pratique de son placement. Alexandre Matheron, commentant le texte de Spinoza, voit dans l'obsequium "l'ultime résultat du conditionnement par lequel l'Etat nous façonne à son usage et qui lui permet de se conserver", le degré zéro de l'habitus, en somme. Pierre Bourdieu y soupçonne les bases du respect sacré de l'ordre social, "sacré qui se glisse dans des riens". Le hoodie fait voir, précipite ce sacré qu'un rien irrite.
En fait, le hoodie de Mark Zuckerberg traduit la phrase clef de sa lettre aux futurs actionnaires de Facebook, maxime qui désarçonna certains "hommes de finance" : "Nous ne réalisons pas des services pour gagner de l'argent, nous gagnons de l'argent pour réaliser de meilleurs services.”

Mise à jour 17 août 2012
Alors que The Los Angeles Times évoque les difficultés boursières de Facebook, revient la critique du style de Mark Zuckerberg par certains analystes. Occasion de trahir une antipathie condescendante pour Mark Zuckerberg (l'article ne dit pas ce qu'a créé ou inventé cet arbitre de la "corporate etiquette") :
"Zuckerberg's indifference to traditional corporate etiquette — he wore sneakers and his trademark hoodie for Facebook's first big investor meeting — is viewed as disrespectful of the corporate world he needs to win over.
"His behavior is what I would expect of someone his age — the hoodies and everything else," said Chris Whalen, senior managing director at Tangent Capital Partners in New York. "He's trying to appeal to his audience instead of being responsible to his investors. His job now is to run the company."

Sur le style de Facebook, voir l'ouvrage de Katherine Losse, The Boys King. A Journey into the Heart of the Social Network, 2012

Mise à jour 20 août 20124
En août 2014, la question de l'étiquette des ingénieurs du numérique revient avec la nomination de Mikey Dickerson à la tête du US Digital Service.

Références
Michael Pachter, analyste pour Wedbush Securities (cf. supra : vidéo de l'interview) :
I think that’s a mark of immaturity. I think that he has to realize he’s bringing investors in as a new constituency right now, and I think he’s got to show them the respect that they deserve because he’s asking them for their money.”

Mark Zuckerberg's Letter to Prospective Facebook Investors, Forbes, Feb. 1, 2012. "We don’t build services to make money; we make money to build better services".

Henry Blodget, "The Maturation of the billionaire Boy-Man", New York Magazine, May 6, 2012

Brent Lang, in The Wrap, "Among the Facebook founder's perceived sins were his decision to wear a hoodie and keep audience-members waiting while he went to the bathroom. At 28, Zuckerberg is a technological wunderkind, but he's more accustomed to the looser Silicon Valley zeitgeist than he is with the more buttoned-up style of Wall Street".

Spinoza, Traité politique, II, 19. (1675 ; PUF, 2005, p. 108-109).
"Obsequium autem est constans voluntas id exequendi, quod jure bonum est et ex communi decreto fieri debet". Traduction de Charles Ramond : "Tandis que "l'obéissance est la volonté constante d'accomplir ce qui est bon selon le droit et doit être fait selon le décret commun". Brent Lang (cf. supra) rappelle que le hoodie a été considéré comme un "péché" ("perceived sin") : à l'obsequium (II, 19. "peccatum est..."), Spinoza oppose le "péché"comme désobéissance...

Alexandre Matheron, Individu et communauté chez Spinoza, nouvelle édition, 1988, Editions de Minuit, p. 349. Bibliogr, Index.

Pierre Bourdieu, Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Paris, 2012, Seuil, Bibliogr., Index.
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lundi 14 mai 2012

Vie politique et confiance dans l'information

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Copie d'écran de la couverture (iPad)
Aux Etats-Unis, toutes les institutions qui font la vie publique sont regardées avec défiance ; en dix ans, leur cote a baissé de manière indiscutable. Sauf trois : l'armée, la police et, dans une moindre mesure, les petites entreprises. Sondage Gallup aux Etats-Unis (juin 2011 cf. infra) sur la confiance que les citoyens américains accordent à leurs institutions.
  • Les institutions politiques se rapprochent de l'étiage de la confiance : le Congrès (assemblées élues) est à 10%, la Présidence et la Cour Suprême sont entre 30 et 40%, le système judiciaire est au-dessous de 30%. 
  • L'école et la santé publiques se situent entre 30 et 40%. Les banques, en chute libre, sont passées en dix années de 58 à 23%. 
  • Les organisations syndicales se situent vers 20%, à peine au-dessus des grandes entreprises. 
  • Les médias d'information, journaux et télévision, sont passés au-dessous de 30%.
"Pourquoi les Américains détestent-ils les médias ?" demande Jonathan M. Ladd dans un livre de science politique paru en janvier ("Why Americans Hate the Media and How It Matters", Princeton University Press, 2012, 282 p., Bibliogr., Index.). 
L'auteur parcourt d'abord l'histoire de la presse à la recherche d'une réponse.
  • Première période, celle de la professionnalisation du journalisme et du prestige social qui l'accompagna. Augmentation des lectorats, des revenus publicitaires, réduction de la concurrence. La télévision, au début de son histoire, se développe dans un univers également oligopolistique. Dans cette situation favorable, les médias d'information (news media) s'uniformisent et s'autonomisent pour devenir une institution politique à part ("their own political institution") courtisée par le monde politique. "Quatrième pouvoir", la presse ferait l'élection. Cet âge d'or des médias d'information s'achève avec les années 1970.
    N° spécial de l'Humanité
    quotidien communiste, 12 /6/ 2012.
  • Depuis, l'institution médiatique voit son statut s'affaiblir alors que la vie politique se repolarise (partisanship) et que les médias s'émiettent, fragmentant les points de vue. Les choix des électeurs se restreignent, ceux du lecteur se dispersent. Cette dispersion culmine avec les médias numériques : le Web attise la concurrence. Polarisation de la vie politique et fragmentation des médias d'information convergent en attaques contre l'information institutionnalisée. 
Selon les enquêtes de l'auteur, deux causes semblent d'abord expliquer la défiance des Américains envers les médias d'information : une "rhétorique partisane" exacerbée et le format tabloïd de l'information. En conséquence, la défiance renforce à son tour le vote partisan, restreignant l'intérêt pour l'information et le débat économique. En même temps, l'évolution de plus en plus concurrentielle du marché de l'information aiguisée par la recherche lancinante de l'audience conduisent à privilégier une information de type "soft news", qui mêle, à une info simplifiée, du people et des faits divers. CQFD.

La science politique et la sociologie électorale françaises peuvent trouver des hypothèses explicatives à tester dans le travail de J.M. Ladd. Comme aux Etats-Unis, les médias français se fragmentent et s'éloignent de l'information dure, rigoureuse. Comme aux Etats-Unis, la bipolarisation de la vie politique française subit des variations mais la tendance actuelle (obstacles multiples à l'entrée dans le jeu électoral) semble favoriser le bipartisme. Quelle confiance l'électorat français accorde-t-il aux médias d'information, à l'institution médiatique ? Cela reste à évaluer. L'évolution du jeu politique français explique-t-elle, au moins partiellement, les difficultés des médias d'information ? J.M. Ladd devrait tester ses conclusions sur le cas français...

Source : sondage Gallup aux Etats-Unis (juin 2011), échantillon national 1020 personnes de 18 ans et plus.


dimanche 6 mai 2012

Téléspectateur non connectable

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Les acheteurs de téléviseurs connectés ne les connectent guère. D'ailleurs, le choix d'un téléviseur est déterminé par la taille de l'écran et par son prix plutôt que par ses prouesses technologiques. Les modalités d'emploi de la télévision, comme intérêt, restent confuses pour la plupart des acheteurs, et, d'après nos observations en magasin, souvent même aux vendeurs. Pour l'instant, cette télévision souffre de lenteur (buffering) et d'une ergonomie inadéquate (télécommande, interface, etc.). On est encore bien loin de ce dont rêvait Steve Jobs.
Les usages de la télévision connectée s'en tiennent principalement à YouTube et Skype. Comme prévu, et annoncé, YouTube est le premier "contenu" à bénéficier d'un téléviseur connecté.

C'est ce que nous retirerons de résultats de l'enquête futurePROOF de Kantar, réalisée par téléphone en Grande-Bretagne auprès de 2 052 personnes de 16 ans et plus, issus de la base d'enquêtés TGI. A cela s'ajoutent 6 interviews dits "ethnographiques" conduits dans des foyers connectés (février 2012).
  • Avec la télévision connectée, le problème, c'est la connexion. L'expérience télévisuelle, comme celle de tout média, n'a rien à voir avec la technologie. Pour le grand public, le téléviseur s'apparente davantage à la friteuse et au réfrigérateur qu'à l'ordinateur. Pour que l'expérience télévisuelle connectée réussisse, il faut que le téléspectateur puisse oublier la technologie. Ce que nous disons là était déjà vrai du magnétoscope, rarement programmé pour enregistré et utilisé surtout pour regarder des cassettes.
  • Le recours à des applis portées par d'autres écrans (multiscreentasking) est peut-être pour l'instant une meilleure solution d'interactivité, notamment parce qu'une grande partie des téléspectateurs est familiarisée avec le smartphone.
Que peut-on espérer des enquêtes sur un tel type de sujet ? Les déclarations recueillies par les enquêtes retrouvent fatalement des attentes technologiques que la question n'a pu éviter de suggérer ; en revanche, les pratiques observées ramènent aux usages. Pratiques et déclarations obéissent à des logiques séparées : les enquêtes doivent donc rééquilibrer leur méthodologie pour donner plus de place à l'observation. La futurologie implicite des enquêtes (future proof) sert souvent à inventer des arguments de vente ("It can boost sales arguments") et à célébrer l'avenir inévitable pour en accélérer la venue. Le marketing des médias, inséparable des supports technologiques, n'est-il pas souvent une déclaration d'amour de l'avenir technologique, une sorte d'amor fati.
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mercredi 2 mai 2012

Google and the Media Research Market

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Is Google becoming a major actor of the media research market? It enters this market with the help and legitimization of traditional research groups. Are they letting the fox into the henhouse? Are they opening up to new business? For Google, is this a question of diversification? Digital cultural hegemony? Or both?

Neutrality : Google is not media agnostic
  • The Web is Google's native advertising market : search, mobile and display (Google publishes since May 2012 a report on "Display Business Trends" .
  • Radio, press. Not finding ways to monetize them - for the time being - Google seems to have left these traditional markets. Nevertheless, BPA which wants to be "tag neutral" will work with Google Analytics tags (as well as Omniture SiteCatalyst, and Nielsen SiteCensus- which was until now the exclusive partner for online magazine audience measurement). 
  • TV. To the contrary of other traditionnal media, TV looks like a major target. Google needs a share of the television audience for YouTube, and Google TV. Moreover, Google needs to act before Facebook steals the show (cf. "Facebook's Great Advertising Expectations as TV's Risk Factors"). Digital Out Of Home,  In-store marketing ? Soon, probably. Again, Facebook and Twitter are real threats for Google (cf. Social TV, MultiScreenTasking).
New business model for media research
  • No field work (no questionnaires, no pollsters, no interviews, etc.), no panel (recruitment, management). For companies like Google, media research is primarily "big data" business. Fundamental research (math, algorithms) is done at the center (US), applied statistics is handled in peripheral countries. (N.B. this is partly Nielsen's model). 
  • Google could become one of the first companies to carry out measurements, handle mediaplanning and sell advertising altogether on a big scale, eventually international. In the long run, its only serious competitor seeems to be Facebook. 

mercredi 25 avril 2012

Canal + dans la régie des salles de cinéma

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A partir de janvier 2013, Canal + reprend la régie des salles de cinéma UGC à Screenvision, qui n'est pas reconduit (contrat de 5 ans). UGC compte 364 salles dont 198 à Paris / Ile-de-France, parmi les plus fréquentées. Vivendi, actionnaire de Canal +, détient 40% de UGC. Screenvision garde la régie de près d'un millier de salles.
Cette entrée de Canal + sur le marché des régies cinéma - d'autres acteurs de la télévision y avaient pensé - correspond à une triple évolution.
  • Le passage des salles au numérique. Une régie de salles de cinéma numérique peut fonctionner comme une régie télé (tranches horaires, emplacements préférentiels, ouvertures de planning, etc.). Les synergies publicitaires entre les salles et les chaînes sont nombreuses. Sans compter les affinités électives entre une chaîne du cinéma et les salles qui assurent la première vitrine des films (et leur première fenêtre).
  • Le recours au digital signage dans les multiplexes (billetterie, halls, couloirs, espaces de commercialisation des boissons et friandises, espace jeux vidéo). Ces ensembles d'écrans relèvent logiquement de la même gestion publicitaire que les salles (commercialisation des espaces, supervision à distance des écrans et des boucles, Wi-Fi, interactivité, etc.). Les multiplexes seront de plus en plus des lieux de vie, plutôt que des salles d'attente. 
  • La fréquentation des salles dynamisée par les retransmissions de spectacles non cinématographiques. Concerts, événements sportifs, opéra, etc. assureront une diversification des publics et, à terme, le plein emploi des salles et des écrans. Canal + ne manque pas de savoir faire dans ces domaines.
A cette occasion sera réveillée une belle question endormie. Celle de la mesure des audiences dans les lieux de vie. On ne s'étonnera pas des attentes des annonceurs formés par la télévision et le Web à des données plus riches que de simples audiences réputées passives. L'interactivité, les synergies avec les réseaux sociaux, le e-commerce (billetterie) et le placement de produits, peuvent prendre, avec les salles de cinéma et les multiplexes, une dimension publicitaire plus riche.

Un nouveau pan des médias traditionnels vient de faire place au numérique, bousculant le train-train publicitaire, en recomposant le marché et les métiers.

lundi 23 avril 2012

HitView SFR : l'audience en direct



http://tv.sfr.fr/hitview/
SFR a mis en place depuis quelques mois le Hitview qui donne, en temps réel, les audiences des chaînes (autrefois, la Freebox donnait les audiences pour 12 chaînes). Les abonnés de SFR TV en France peuvent ainsi choisir leur programme en fonction des audiences des chaînes. Associé au Guide TV, le Hitview ajoute une manière de découvrir des émissions en tenant compte de leurs audiences. La logique sociale est la même que celle mise en oeuvre par le SocialGuide : l'audience des autres téléspectateurs constituerait une incitation à regarder soi-même - ou à ne pas regarder - une émission : cela reste à vérifier. Panurgisme encore, l'audience créant l'audience ?

On imagine ce que l'inévitable publication de telles mesures en temps réel peut apporter à la gestion de la télévision : gestion de certaines émissions de plateau, par exemple, des pseudo débats, de la télé réalité...
  • Cette mesure, même si l'on étend le panel à d'autres set-top boxes pour en augmenter la taille, présente pour l'instant un inconvénient majeur : il ne s'agit que d'audiences foyer, pas d'audiences individuelles. Resterait encore la question de la représentativité.
  • Notons que nous retrouvons un débat sociologique bien connu : celui qui concerne l'interdiction de publier des sondages durant les élections afin de préserver l'autonomie des votes. Un régulateur viendra-t-il à s'en mêler ?
  • La "TV sociale" (social TV) apporte également des informations en direct sur l'audience. Ainsi livebattle donne un comptage de l'activité Twitter pour les chaînes de la TNT en France. 


Premium Media. Suite : à propos de Twitter

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Une superbe illustration de cette réflexion sur le "premium" media est donnée par un article intitulé "Vision Statement: What Makes a Great Tweet", publié par Harvard Business Review de mai 2012.
Les auteurs ont demandé à un échantillon de 1 443 utilisateurs de distinguer les bons, les mauvais tweets et les autres parmi 43 738 tweets. Conclusion primordiale, reprise par la presse (exemple : Il Sole 24 Ore) : 25% des tweets ne présentent aucun intérêt, 36 % sont intéressants, le reste étant "OK" (worth reading, not worth reading, just OK).
Beaucoup de statistique pour rien : le lecteur universel de tweets n'existe pas plus que le tweet universellement intéressant.
Tout ceci semble constitue un contresens quant à l'utilisation individuelle de Twitter et encore davantage quant à son utilisation globale (marketing data). Non ?
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jeudi 19 avril 2012

Premium media publicitaire ?

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L'IAB (Internet Advertising Bureau) a discuté aux Etats-Unis du premium media à propos de la vidéo : "So What's Premium Inventory Anyway?". Sans augurer des réponses qui ont été apportées, qu'est-ce que c'est, un contenu "premium" (ou, ce qui revient au même, une audience premium) ?
D'où vient ce mot anglais ? Du latin : emere, signifie "acheter" ; prae, signifie "avant"). Premium, c'est "le meilleur" que l'on puisse acheter (superior in quality).
Comment acheter le meilleur emplacement, le meilleur contact publicitaire ?

Depuis longtemps, on connaît les critères de qualité de tout achat média à fin publicitaire : prix, affinité, vitesse de cumulation, couverture utile, probabilité de transformation... critères que l'on combine (optimisation). Donc, par construction, il ne peut exister de premium en-soi, universel, repérable a priori. Les qualités d'un média ne sont pas intrinsèques (comprises au dedans, intérieurement). Le premium dépend du produit et de la stratégie déclarée de l'annonceur, ainsi que des disponibilités média à un moment donné (inventaire), toutes propriétés extrinsèques, extérieures au média. Le premium pour les uns peut être le pire pour les autres. Une définition a priori du premium pourrait s'apparenter à une manoeuvre défensive de certains médias dominants, à une barrière à l'entrée des plus petits, ceux de la longue traîne.

Dès lors, que reste-t-il pour distinguer a priori les qualités d'un média et les hiérarchiser ?
  • La sécurité de l'investissement pour la marque : la qualité de la mesure (audience, engagement metrics, etc.), son audit, sa vérifiabilité, (c.f. attribution) 
  • La sécurité du contexte (brand safety, brand safe environment) dont la définition peut d'ailleurs varier, elle aussi, selon les annonceurs. 
Mais ce n'est certainement pas sa puissance "en général".
En dernière instance, pour un annonceur, ce qui compte, c'est la qualité de son acheteur média, donc de ses outils et des talents à sa disposition, et de la qualité du brief.

Pour finir comme on a commencé, par du latin, rappelons la maxime de droit "Caveat emptor" qui énonce que c'est à l'acheteur de faire attention (Buyer Beware) ; l'acheteur est seul responsable de la qualité de son achat. Par conséquent, il n'est qu'une définition opérationnelle possible du premium : c'est ce qu'achète, à un instant donné, un bon acheteur pour un annonceur donné. Tout premium résulte de la construction adéquate d'un achat. C'est l'adéquation de l'achat aux objectifs de l'annonceur qui constitue le premium et non un quelconque premium qui qualifierait a priori l'achat.
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mardi 17 avril 2012

Twitter, efficacité publicitaire

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L'évaluation de l'énergie sociale développée par les émissions et les écrans publicitaires est un enjeu primordial pour la télévision et ses annonceurs (cf. TV Conversation).
Twitter a racheté Hotspot.io, jeune entreprise qui effectue une mesure des effets de la publicité sur la production de tweets (media analytics) : cf. le graphique ci-dessous illustre l'activité déclenchée sur Twitter par les messages publicitaires diffusés par Chevrolet (automobile) pendant le Superbowl. Une telle mesure des interactions précise et surdétermine l'information générale apportée par la mesure audimétrique des écrans publicitaires.
Hotspot.io est une startup incubée par Y Combinator, acquise alors qu'elle est encore à peine sortie du nid, achetée sans doute, entre autres, pour les talents qui l'ont développée (acqui-hire).

Lire : en ordonnée, le nombre de tweets par minute, en abscisse le temps. A droite, les messages vidéo correspondants.
Bien d'autres startups travaillent à la gestion de l'activité Twitter des entreprises (outils de community management), telles que SocialBro, startup espagnole qui réalise une analyse fouillée de la communauté réunie par une marque et vient de s'associer à PeerIndex pour l'analyse du "capital social" en ligne, Twentyfeet (gestion et agrégation des données des réseaux sociaux où l'entreprise est présente) ou encore MarketMeSuite, backtype (racheté par Twitter)...

lundi 16 avril 2012

TV Conversation


SocialGuide, entreprise new-yorkaise lancée en 2010, évalue les activités sociales déclenchées et propagées par la télévision. Sans grande surprise, il ressort de ces analyses que le sport d'abord, et les séries ensuite sont les émissions les plus socialisantes. Parmi les séries, celles qui relèvent du type "reality" viennent en tête ("The Voice", "American Idol", etc.).
En plus de ces statistiques qui ne manqueront pas d'intéresser les réalisateurs, les acteurs et les responsables de l'antenne, SocialGuide édite un guide TV, qui organise les émissions selon leur genre et la puissance de leur écho social (nombre de commentaires, % de buzz, etc.).

Ce classement, à la manière des hit parades et des best sellers, peut devenir une manière de "découvrir" et de célébrer les émissions. Grâce au SocialGuide, il y a désormais des scores pour toutes les émissions, des records à battre, des paris à prendre, comme pour le sport. Assistons nous à une sorte de panurgisme télévisuel ou à une dimension nouvelle de la vie des téléspectateurs ? Cette obsession de la tendance alimente une fascination curieuse, ludique, pour les statistiques, pourtant dérisoires.

SocialGuide propose évidemment son guide sous la forme d'une appli, compagnon logique de la télévision. Comme d'autres, cette appli contribue au multiscreentasking. Elle permet de prendre part à la conversation, de lire les commentaires de ses amis pendant l'émission regardée, partagée, d'y répondre. Cette interactivité est-elle le signe d'un engagement transférable à la publicité télévisée ?

Les téléspectateurs peuvent se connecter à cette appli via Twitter ou Facebook (procédures bien lourdes). Les réseaux sociaux donnent ainsi une seconde ou troisième vie aux commentaires et autres actes sociaux télévisuels, tous figurant dans la timeline de Facebook. Twitter et Facebook en tirent assurément des données très riches que les chaînes de télévision ne manqueront pas de devoir leur acheter (en attendant d'en développer elles-mêmes).
Cette application contribue à la diversification de la mesure de la télévision, bien au-delà des audiences. Tout ce nouvel environnement de la télévision (cf. Social TV) démultiplie l'expérience télévisuelle qui se trouve au centre d'une gigantesque conversation : évolution passagère ou définitive ?
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dimanche 15 avril 2012

Multitasking and green peas


Daniel. Photo with his authorization

At the market (in Paris, Sunday morning), I buy two kilos of peas ("petits pois"). Daniel, the greengrocer, comments while serving:
"That's great. Now you have an excuse to watch a video on the sofa, have a drink while you pod the peas".

Green peas, stringing beans: TV encourages healthy eating habits! In our grandmothers's time, all the family would share these tasks, chatting around the kitchen table. No TV, family time.

There is also knitting, sewing, ironing - all household tasks which reduce the TV opportunity cost - even cooking if there is a TV set in the kitchen (you can pod the peas during the commercial pods).

The Web will probably never steal that show. But most of the peas now come to the kitchen in cans. Too bad.

This is not an anecdote. What is amazing, and revealing, is that green peas can spontaneously bring to mind and connote television viewing. It says a lot about television as a complement to tedious chores. Television has become a complementary media, less and less independent.

mardi 10 avril 2012

TV américaine N°14: to cut or not to cut... the cord?

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That is the question. And it is not an easy one to answer.

Why "cut the cord"? 
  • Economic reason: to save money (The "official poverty rate" is 15.1 % of Americans in 2010. Source: Census Bureau, September 2011). Monthly pay-TV bills average 73 $ (source: LRG, 2011) and 91.44 $ for cable + broadband (without add-ons or premium channels, of course. Source: SNL Kagan, Feb. 2012).
  • To regain some degrees of economic liberty: with free terrestrial TV (broadcast), you receive all the commercial networks available in your area (DMA) and their local stations; you get PBS as well as a few other stations (indies, etc.). Plus you can rent DVDs from kiosks (Redbox, etc.). No cord anymore (but how about the Web connection?)
  • Also, cord-cutting and unbundling have a transaction cost (paperwork, changing email address, phone number, etc.) which act as as barrier to exit.
Then come the numbers

How many TV households (TVHH) unsubscribe (churn rate), but also how many new subscribers? Among cord-cutters, how many moved for personal or professional reasons? How many moved into a nursing home? How many passed away?

According to the Convergence Consulting Group (April 2012), 1.05 million TVHH cut their subscription last year: in other words, 1% of subscribing TVHH. New subscribers were 0.11 million. All in all, since 2008, cable and satellite lost 2.65 million subscribers. Some of them now subscribe to telcos: U-verse (AT&T) or FIOS (Verizon). Some might subscribe to Netflix or Hulu+, etc. Anyway, these households did not cut the cord; they just switched cords (cf. Satellite, cable and connected TV). Nielsen call them "cord swappers".

Among the households that did unsubscribe, how many were "poor" customers who subscribed only to the cheapest services? MSO and satellite companies prefer usually to focus on "good" customers and they might want to lose "poor" customers in order to increase their margin with good ones - those who buy many services (DVR, multiroom equipment, triple play, etc.). Subscription management is more complex  than gaining or losing subscribers.

Among households without TV sets (3 to 4% of American households), how many subscribe to broadband and only watch on tablet, computers? According to Nielsen, their number is growing. Remains to be seen.

To make a long story short: there does not seem to be such a thing as cord-cutting. There is some cord swapping. Some people watch TV only on the Net. 
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jeudi 5 avril 2012

La presse et le marché de l'éducation

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Les produits para-scolaires prennent place sur le marché français de la presse. L'édition scolaire en avait jusqu'à présent le monopole avec les cahiers de devoirs de vacances et les annales du bac. La presse élargit cette offre. Elle tire profit de son réseau de distribution (30 000 points de vente) et de sa légitimité culturelle auprès d'une partie de la population (pour certains titres, du moins). Beaucoup de ses lecteurs, les enseignants notamment, sont prescripteurs (les publications du Monde, cf. infra, sont d'ailleurs parrainées par la MAIF, compagnie d'assurance des enseignants).
Marché de la "bonne volonté culturelle" aussi : beaucoup d'adultes en profitent pour tenter de boucher des trous creusés par l'oubli et le manque de pratique, voire pour se mettre au niveau de leurs enfants ("Auriez vous le bac aujourd'hui", demandera ironiquement Le Monde).
Les produits para-scolaires publiés par la presse font appel à plusieurs genres didactiques et les mélange : quizz, jeux, résumés, tests, exercices corrigés, fiches. La proximité des contenus avec les programmes des examens (bac) et des concours (culture générale) le principal argument de vente. Toutes les classes, du CP au baccalauréat (et à certaines classes préparatoires) sont touchées. Le Monde fut précurseur en 1973 avec ses Dossiers & documents suivis plus tard des Dossiers & documents littéraires.
  • Exemples de Hors-séries ou numéros spéciaux consacrés à des tests, quiz et autres interros
Le Point : la philo,
Le Monde : la psychologie, la géographie de la France, du monde
L'Expanion : l'économie
L'Express : le français, la France et ses régions (spécial jeux)
Le Figaro : la géographie de la France, la littérature française, Histoire de France (questions et jeux)
Beaux Arts Magazine : l'art
L'Etudiant : Cahier de vacances de culture générale pour les adultes, quizz de culture générale
ça m'intéresse : Cahier de jeux & d'exercice
Le Nouvel Observateur / Challenge : Réussir son Bac S. Révisions Maths 2012 (DVD)
Actualité de l'Histoire, 250 questions pour tester vos connaissances historiques
  • Pour l'école primaire
Champions du CP, du CE1, etc. magazines qui publient également des cahiers de vacances ("pour réussir l'entrée au CM1", etc.), Mon cahier après l'école (classe par classe), Tout pour réussir le CP, Mon magazine du CP... Sans compter "les bons sites d'Internet pour faire mes exposés" (Images DOC)
  • Ton bac d'abord. Le marché des examens
Avec plus de 650 000 candidats (2011), des épreuves réparties sur deux ans, le bac représente en France une clientèle potentielle importante. Même si sa valeur universitaire s'érode, cet examen vieux de plus de deux siècles (1808) reste un rite de passage capital (cf. le film de Pialat, 1978). En parcourant le magazine pour le Français 1ère, candidats et professurs auront une pensée pour Zola, recalé deux fois au bac, jamais reçu mais qui se rattrape par une présence imposante dans les textes proposés à l'examen.

Source : Presstalis
Le Monde lance en avril les révisions du bac et publie six hors séries : tout ce qu'il faut pour réussir, dans plusieurs disciplines (manquent les maths, la physique et les langues). Sur le même segment, le Magazine Littéraire s'attaque à "L'épreuve anticipée de français" offrant "les clés de la réussite" (5,9 €). Citons encore le "Guide de survie au bac philo" publié par le magazine Philosophie (5,9 €), ou Lire traitant des "écrivains du bac". La presse magazine occupe depuis longtemps déjà le segment de l'apprentissage des langues étrangères (I love English, Vocable, etc.). Le Monde ajoute aux contenus didactiques des articles déjà publiés par le quotidien ; ce recyclage de documents journalistiques actuels semble risqué, surtout pour les futurs candidats. Dans ce premier numéro (mais je n'ai lu que le Français), il n' y a pas de publicité : les éditeurs d'ouvrages classiques y auraient pourtant leur place.

Entre les questions d'orientation et la préparation des examens, le marché de l'éducation est déjà très important et compte de nombreux titres et hors séries. Pour l'instant, ce marché est saisonnier, épousant le rythme des vacances, des rentrées et des examens. La pression pour la réussite scolaire s'accroît sous l'effet du marché de l'emploi, de la détérioration de l'enseignement gratuit et laïque, de la généralisation du lycée : la presse devrait y trouver une occasion de développement et de diversification, surtout si elle sait jouer de la dynamique papier / Web. Il faudra suivre l'initiative d'accompagnement scolaire payant de Ouest France proposée, pour l'instant, sur le Web uniquement : meilleurenclasse. N.B. : le site meillerenclasse et les magazine de préparation au bac publiés par le Monde sont, l'un et l'autre, produits par un même éditeur, rue des écoles (dont la MAIF est "partenaire").
Sur ce marché, la presse aura des concurrents média :
  • CanalSat a lancé en mai - juin, une chaîne conjoncturelle, Campus Bac pour la préparation de l'écrit ! 
  • France 2 diffusa en mai 2012 un quizz "La grande révision pour le brevet des collèges"(émission ouverte au parrainage). 
Voilà qui réconciliera les enseignants avec la télévision.
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lundi 2 avril 2012

Satellite, cable and connected TV in Europe and USA

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What are the major trends in television distribution? How could they influence and somehow predict the development of connected TV?
  • Terrestrial reception which brings free TV to homes (i.e. paid by taxes and or advertising) is declining. Its level in the USA is now at an all time low: less than 10% of US TVHH (TV households) among which there are probably also many Netflix, iTunes or Hulu customers.
  • Satellite and cable
    • In Europe, television comes to homes mainly through direct satellite (DTH: 33,7%). (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, satellite increases its market share. Alternative Delivery Systems (ADS, i.e. telco + direct satellite) reaches 31.1 % of American TVHH). According to TVB, paid TV is already delivered mostly by ADS in 34 DMA.
    • Cable is king in the USA, despite all talk about cord-cutting (60.4 % in 2011, 10% less than ten years ago).
Marketshares in %, 2011, TVHH.
ADS = telcos + satellite
  • Digitalization takes over, in both Europe and the USA, making room for broadband, HD, DVR and some interactivity.
    • Already 75% of European HH are digital. More than 90% of TVHH in Spain, UK, France and Italy, but only 76% in the Netherlands, 71% in Germany, 58% in Switzerland, 54% in Portugal. (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, digital TV is almost everywhere. Digital penetration in basic cable reaches 79.4%. (Source : NCTA, 2011).
Gatekeepers ?

On the one hand, digitalization makes connected TV possible. On the other hand, cable and satellite operators and now phone operators (Orange, Verizon, AT&T, etc.) may want to keep companies like Yahoo, Google or Apple from accessing the television set and its set-top box. Interactivity is becoming the USP of cable/telco/satellite multi-system operators (cf. tablets, multiscreentasking, social TV,VOD, TV EveryWhere, XFINITY, UltraViolet, etc.). Smart TV is their business. And, of course, smart advertising.
      • N.B. This opposition concerning connected TV is exactly in line with what we have seen when the SOPA was debated in January 2012.
Major operators are powerful in the USA where they can act as gatekeepers: Comcast, Time Warner Cable, DirecTV, Dish Network hold more than half of the paid TV market; some of them are closely related to studios and national networks (Comcast / Universal), Time Warner Cable). They work with DVR (TiVo, etc.). These operators not only bring TV but also broadband to households.
Connected TV will not happen without them.

Europe, where terrestrial TV is digital and still strong (32%), is the market most vulnerable to newcomers like Google, Apple or Yahoo! That's where HbbTV (industry standard for Hybrid Broadcact Broadband TV) will be so decisive. The list of its members is impressive and counts, among others:
  • satellite companies : Eutelsat, SES ASTRA
  • major TV companies : Canal+, TF1, RTL, BBC, france televisions, SRG SSR, EBU, Mediaset, etc.)
  • software companies or STB manufacturers like Opera, Cisco / NDS, Ocean Blue, etc.
Will HbbTV consortium be strong and determined enough to resist Web companies such as Apple, Google, etc.?
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