mercredi 30 décembre 2009

Foot sur InternetRadio

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La radio, depuis longtemps, fait bon ménage avec le foot. Elle en a inventé le reportage oral, son style, ses clichés, ses images, sa rhétorique stéréotypée, son ambiance sonore tellement plus importante que tout visuel. Il fallait attendre la presse du lendemain pour quelques photos : le match en direct, c'était la radio, y compris dans les bistrots où les clients participaient au moins autant qu'aujourd'hui en regardant  la télé. Le fameux slogan de la radio américaine s'applique parfaitement : "je l'ai vu à la radio !". Combien de buts avons-nous vus, et voyons-nous encore, à la radio !


Pour les auditeurs fous de foot, voici un récepteur commercialisé en Allemagne par NoxoN pour suivre le foot à la radio via Internet. Le NoxoN 90elf (elf = Onze) affiche également les tableaux statistiques, les classements, les scores, etc. L'appareil est vendu 129 €. Pas d'abonnement, pas de redevance, précise la publicité, dès lors que l'on dispose d'une connexion Internet. En vente dans la grande distribution spécialisée (Saturn - notre photo, Conrad, etc.) et sur Amazon.de pour 108,94€. Notons que le packaging s'adresse à son futur client ("Dein...") en le tutoyant : signe d'une connivence, d'une communauté d'amateurs.

C'est peut-être un autre avenir de la radio qui se dessine : thématique, via Internet. Modèle économique habituel de la radio traditionnelle et de la radio sur Internet (avec messages visuels). Le même appareil donne accès à la radio Internet en général, aux podcasts, etc. Voilà qui va encore compliquer la mesure des audiences, si besoin était. Le marché radio unifié s'impose aux annonceurs et aux agences média.

vendredi 25 décembre 2009

Le droit de dire n'importe quoi

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"Illimité", c'est sans limite. La définition est simple, claire, indiscutable.
La téléphonie semble prétendre réviser cette définition et imposer ses limites à l'illimité. Un client qui s'estime abusé a porté plainte contre Orange.
Comment un contrat peut-il prétendre rectifier la langue ? La langue, l'accord sur le sens commun des mots est la base tacite de tout contrat social. Sans ce contrat linguistique "primitif", il n'est pas de contrat possible. Espérons que les tribunaux vont restaurer ce principe général du droit et imposer le respect de la langue à ses usagers, fussent-ils marchands de téléphonie.

Le droit de mentir impunément serait-il désormais reconnu par le droit commercial ? Voilà des siècles qu'"illimité" signifie sans limite (latin illimitatus, repris par les langues latines, par l'anglais et l'allemand - unlimitiert). Même le Code Civil (1804) en a produit une définition : "qui n'est pas limité, dont la grandeur n'est pas fixée". Quelle langue parlent les contrats des opérateurs de téléphonie ? En quelle langue faut-il prévenir le contractant (abonné) que la langue de référence du contrat n'est pas le français universel mais un français à part, un idiolecte qui n'a cours que dans le commerce de la téléphonie ? Un tel usage corrompu du terme "illimité" devraient constituer un délit d'outrage public à la langue de la République et les profs de maths, dont la tâche est de plus en plus difficile devraient porter plainte !


Cet abus de langage aux conséquences pénibles que relate Eric Nunès, journaliste au Monde, est une illustration, parmi d'autres (cf. "gratuité", "amis", etc.), des dérives langagières que suscitent et propagent la pression commerciale (marketing, publicité, promotion, etc.), la propagande (électorale, etc.)... L'insensibilité  à la rigueur de l'expression est un pas vers l'acceptabilité de tout ordre de mensonge social et politique. 

N.B. Ci contre une affiche en Allemagne : "Téléphoner sans fin. J'aime ma liberté de parole / liberté d'expression". Tout un programme ! Un jour ce sera dans les droits de base, comme et avec le droit à Internet.
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mardi 22 décembre 2009

La star et le blogger - Fable

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Une actrice menace un blogger. Motif : il a révélé qu'une photographie d'elle, publiée à la une d'un magazine de mode, a été retouchée. Amincie, la hanche de la belle ; le blogger titre joliment "ralph-laurenized". La star lance son avocat  ; il exige, il menace, il demande des excuses au blogger, interdit la dissémination... Il rêve, notre avocat... et, fort heureusement, provoque l'effet contraire.
Manifestement, la retouche est médiocre. Les spécialistes de photo numérique s'en amusent, rivalisent d'analyse, décomposent les retouches en leurs moindres détails. Tout y passe ; c'est une "leçon d'anatomie" photographique, vidéo à l'appui.
Plus on la menace, plus la blogosphère s'émeut, plus le bruit court, se propage... 
De plus, comble de malheur pour les retoucheurs, une entreprise informatique, Exomakina, a développé un logiciel, Tungstène, pour détecter les altérations commises dans des photographies. L'AFP, l'agence de presse, s'est dotée de ce logiciel de contre-propagande et de détection de mensonges photographiques. Tungstène doit être considéré comme une extension de la vision (cf. présentation générale du logiciel).

Internet a changé les règles photographiques du jeu people et des médias. Et de tout ce qui s'y apparente, images politiques et publicitaires comprises. Le monde public, la sphère publique ("Offentlichkeit", chez Jürgen Habermas) devront à leur tour se dépouiller de leurs mises en scènes et de leurs truquages. Les retouches sociologiques, les retouches rhétoriques subiront le même sort que les retouches photographiques. Généralisation qui va de pair avec celle de la peoplisation / dépolitisation, et la compense. On a déjà pu l'observer dans quelques cas récents de déclarations menteuses et de plagiats. Aux "grandeurs d'établissement", disait Pascal, reviennent des "respects d'établissement". Mais, avec Internet, c'en est fini, même de ce respect là.
  • En France, Valérie Boyer, députée, a déposé une proposition de loi en septembre 2009. Cette proposition vise à imposer la mention des retouches photographiques des images corporelles publiques (publicité, packaging, campagnes politiques, etc.). Question de santé publique, et de vérité, dit-elle.
  • En Grande-Bretagne, une intervention d'une élue anglaise, Jo Swinson, vise la marque Olay (Procter and Gamble) accusée de tromper les consommateurs en retouchant une photographie utilisée pour la publicité. Tout cela est repris par la presse anglaise (Daily Express, The Independant, etc.). L'élue met en question l'image des femmes propagée par la publicité pour les cosmétiques dans un article publié par The Independant : "Beauty and the economic beast" le 17 décembre 2009. Sur ce mouvement voir aussi le site Real Women qui a lancé une campagne "pour l'honnêteté en publicité".
  • Ce nest qu'un début ; les femmes vont continuer ce combat, que les hommes rejoindront, un jour...

Références :
  • Pascal, "Discours sur la condition des grands", Second discours, Opuscules, 1670
  • Jürgen Habermas, 
    • Strukturwandel der Öffentlichkeit, 1962, suhrkampf, 
    • traduction de Marc Launay, publiée aux éditions Payot, sous le titre de L'espace public, 1978
  • sur une notion voisine et parente, celle de "caractère public" (公共性), voir, Wang Hui, "Politique de dépolitisation et caractère public des médias de masse", Extrême Orient, Extrême Occident, 31 -2009.
Références 

lundi 21 décembre 2009

Occasions de voir d'occasion

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TomTom, société spécialisée dans les GPS (automobiles, téléphones) produit des données secondaires permettant d'évaluer l'importance des embouteillages et des ralentissements sur une voie donnée, carrefour, autoroute. Interbest, entreprise néerlandaise d'affichage se saisit de ces données pour indiquer aux afficheurs et aux bailleurs les meilleurs emplacements pour l'implantation de grands panneaux publicitaires, autrement dit, TomTom permet de repérer les gisements d'occasions de voir (ODV). Ces données peuvent assurément contribuer au cadrage de l'implantation et à la gestion du parc de panneaux. A condition que les GPS des automobilistes soient allumés, ce qui est peu probable pour les parcours quotidiens... Le GPS peut aussi indiquer le point de départ des déplacements et leur point d'arrivée, questions premières de l'affimétrie. Avec l'accord des automobilistes abonnés ?

Pour les annonceurs, toutefois, l'occasion de voir présente un intérêt limité. Seules les intéresse la perception effective et démontrable de leurs affiches, voire même la corrélation entre perception d'une affiche et fréquentation d'un point de vente, d'un linéaire.
Alors qu'Internet nous a habitués, depuis 15 ans, aux taux de click, aux taux de transformation, aux pages vues, aux visites prouvées, aux durée de contacts, les occasions de voir, d'entendre ou de lire, optimistes et gratuites (i.e. sans engagement), semblent le degré élémentaire de l'évaluation du retour sur investissement.
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dimanche 20 décembre 2009

Mediapart : vers un modèle mixte ?

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Mediapart, site Internet d'opinion et d'information mis en place par d'anciens journalistes de quotidiens nationaux et qui se réclame d'une information indépendante, commercialise un "cahier spécial du site Internet" consacré au "débat sur l'identité nationale". Le cahier de 32 pages sur papier journal, sans publicité aucune, est distribué par presstalis (ex. NMPP) et vendu 2,5€ ; presstalis annonce aux diffuseurs une publication trimestrielle et leur recommande de positionner Mediapart sur les linéaires près du Canard Enchaîné, de Siné Hebdo, du Nouvel Observateur et de Charlie Hebdo.

Ce numéro, qui prend parti, est constitué d'un bouqet d'opinions hostiles à la tenue de ce débat, opinions recueillies pour servir de "contre-argumentaire" dans des "contre-débats". En double page centrale, Mediapart publie une liste de noms établie parmi les "premiers signataires" de l'appel à ne pas débattre lancé par le site : "cent cinquante personnalités", parlementaires, élus, anciens ministres, "intellectuels traditionnels", people pensants de beaux quartiers, très beaux souvent.
Occasion manquée de donner la parole à ceux dont on semble préférer porter la parole, à ceux qui sont concernés matériellement, dans leur vie quotidienne, par l'objet de ce débat. On est loin des enquêtes du Libération des années Sartre, de la Cause du Peuple...ou de La Misère du Monde (Pierre Bourdieu et al.). Sans doute n'était-ce pas l'objet de ce numéro.

"En cette prériode de fin d'année, où il n'est pas toujours simple de se déplacer avec un ordinateur" : tel est l'argument évoqué par Mediapart pour expliquer la publication de ce "prolongement sur papier" (p. 4). Bof !
Voici un site qui, parti d'un modèle exclusivement Internet, en vient à un modèle économique mixte (comme Backchich), profitant du dispositif de distribution de la presse traditionnelle (papier) et de la loi Bichet. Est-ce un modèle économique de transition en attendant la fin du papier tellement annoncée ? Un test en tout cas, qu'accompagne sans doute un peu de nostalgie pour la visibilité que donne le papier !
Signalons que Mediapart publie également un livre de papier distribué en librairie (janvier 2010) intitulé N'oubliez pas ! 
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mercredi 16 décembre 2009

Abonnement volontaire

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"Support Ongoing News Coverage". Le Miami Herald, quotidien régional de Miami (Floride, Etats-Unis) propose à ses lecteurs un paiement volontaire par carte de crédit, sur le modèle des stations de la télévision publique américaine (PBS). La télévision publique américaine ne connaît pas la redevance mais compte en partie sur le financement volontaire annuel  par les téléspectateurs, "subscribers" (ceci représente 26% du chiffre d'affaires de PBS. Source : Corporation for Public Broadcasting).
Cette audience qui paie est une audience engagée, elle devrait retenir l'attention des annonceurs. Ce qui contribuerait doublement au modèle économique de la presse en ligne.
Le versement est décrit comme un soutien (support) à l'information locale ("local news reporting") et à l'investigation. Voilà qui est clair  : payer pour de l'information locale et de l'investigation, pas pour des opinions, pas pour des communiqués de presse et des dépêches d'agences réécrits, pas pour des publi-rédactionnels... C'est un test risqué mais qui énonce les problèmes du modèle économique de la presse clairement : payer combien pour quoi ?
Pour quel média "gratuit" est-on prêt à payer ?
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dimanche 13 décembre 2009

La morale du parrainage

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Les marques louent fort cher l'image et la visibilité de personnes rendues célèbres par les médias. Elles espèrent profiter de la médiatisation des succès sportifs ou "artistiques" de leurs "ambassadeurs". Il s'agit d'un investissement ("celebrity endorsement"), c'est donc risqué. Surtout s'il faut que le porteur de leur image entretienne cette "image" d'un comportement vertueux, selon les canons de la morale en cours.
Si la chanteuse laisse entrevoir son sein à la mi-temps, si Miss machin, l'étourdie, a posé nue, si le joueur de golf a des amantes, les parrains se rétractent. Gillette (marque bostonienne de Procter and Gamble) et d'autres (Accenture, ATT, etc.) auraient rayé Tiger Woods de leurs publicités parce que des médias ne cessent de ressasser des commérages sur sa vie personnelle. Que des médias défassent le soir les idoles qu'ils ont érigées le matin, soit. Qu'ils veuillent être payés pour cela par des lecteurs et des annonceurs, c'est  quelque peu paradoxal. Qu'ils moralisent, c'est trop.
  • Où est la rigueur dans cette affaire ? Que sait-on - qui soit vérifiable - de l'effet de l'image de Tiger Woods (positive et négative) sur celle de Gillette et sur les ventes de produits de rasage ? Les rasés vont ils changer de marque ou garder la barbe parce que Tiger Woods rentre tard le soir ? Les golfeurs apprécient Tiger Woods pour son golf, pas pour sa "morale", qui ne les regarde pas. C'est la position de Electronic Arts (jeux vidéo) qui ne s'est pas renié et lance bientôt un jeu de golf en ligne avec l'image du champion (EA a lancé l'an passé un jeu pour console, "Tiger woods PGA Tour".
  • Les marques comme défenseurs de la moralité ? Que la marque s'en tienne à son commerce, à sa publicité, à ses facings. Et qu'elle laisse à la morale personnelle les décisions personnelles et la vie privée. C'est justement une question de morale. Cette "affaire" est une occasion manquée par les annonceurs de marquer leur distance avec une presse people, plus soucieuse de scandale vendeur que de morale.
  • Le malheur du parrainage fait le bonheur des sites people. TMZ (Warner Bros.) qui couvre l'actualité people connaît grâce à cette histoire, entre autres, de bons taux d'audience (sur le site, chercher Tiger Woods, Rachel Uchitel, etc.).
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vendredi 11 décembre 2009

Soap opera : et la TV ne tournera plus tout à fait comme avant

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Un soap opera s'achève, 14 000 épisodes et puis s'en va ; en septembre 2010, le network CBS arrêtera la diffusion de "As The World Turns", soap produit depuis 1956 par une filiale de Procter and Gamble (TeleNext media Inc.). Déjà, un autre soap de CBS et Procter and Gamble, "Guiding Lights", lancé à la radio il y a 72 ans, s'est éteint en septembre 2009. Les soaps doivent leur dénomination américaine aux savons et détergents qui les parainnent, produits de Procter and Gamble (comme Ivory Soap, marque lancée en 1879, toujours commercialisée, ou la lessive Duz), de Colgate-Palmolive, Lever Brothers... Les soaps ont commencé par un format de 15 mn à la radio, passant à 30 à la télévision puis 60 mn dans les années 1970. Les écrans publicitaires des soaps étant beaucoup achetés par le secteur automobile, secteur sinistré,  les difficultés économiques actuelles des soaps sont réelles.

Les héros ont vieilli d'épisodes en épisodes, l'audience aussi. Le day time n'est plus ce qu'il était ; les ménagères, qui en étaient le coeur de cible, femmes d'extérieur devenues, travaillent désormais loin du foyer, et l'on regarde les soaps sur les campus. Le modèle économique du soap est altéré par l'érosion des audiences : "As The World Turns" sera remplacé par un talk show, au coût de production beaucoup moins élevé. Un morceau de la culture américaine change. Les rediffusions vont faire culte sous peu et les thèses ne manqueront pas sur le rôle des soaps dans la fabrique de la vie américaine : des répliques, des gestes, des marques ont été popularisés, car le soap est caisse de résonnance et de raisonnements, propageant tournures de phrases et traits d'hexis corporelle (gestes, postures, tons, etc.). Indémontrable. Mais ne doit-on pas à "As The World Turns" le premier baiser gay de la télévision américaine et des débats à l'infini à ce propos ?

De la grand-mère à sa petite fille, toute Américaine a son soap, le regardant au premier degré, en parlant au second. Issus de la radio comme beaucoup de genres télévisuels, les soaps ont leurs magazines dédiés, petit format, Soap Opera Digest et Soap Opera Weekly. Depuis 2000, les soaps ont aussi une chaîne spécialisée, SoapNet ; appartenant au groupe Disney, cette chaîne compte plus de 70 millions d'abonnés (initialisés). Les soaps ont aussi leur rubrique dans la presse quotidienne, même dans la plus prétentieuse, aidant à s'y retrouver ceux qui ont manqué un épisode. Dr House, dans la série éponyme, est un fan déclaré de soaps ; il regarde "Prescription Passion", parodie de "General Hospital".
Les jours s'en allaient, les soaps demeuraient... Mais la télé aussi change plus vite que "le coeur des mortels".
Espérons que d'autres chaînes accueilleront ces soaps... Un groupe milite pour cela sur Facebook !

Nous assistons à l'évolution d'un genre, à la fois publicitaire et télévisuel (soap opera, telenovelas). L'art de raconter des histoires en séries ("serial storytelling") s'adapte à tous les supports (on l'a vu avec le feuilleton et le roman-photo). Ce genre se caractérise aux Etats-Unis par un type de narration (un suspense à chaque fin d'épisode), un type d'éclairage (backlighting), un tournage presque exclusivement en intérieur, des décors symbolisant des classes riches, beaucoup de gros plans... Ce genre et ses conventions parfois théâtrales seront sans doute redéfinis par les tournages en HD qui touchent déjà "General Hospital" (ABC), "The Young and the Restless" (CBS) et, bientôt, "All my Children" (ABC) et " One Life to Live" (ABC).
Certains soaps sont disponibles en streaming ("Days of our Lives" sur le site de NBC). Univision, le network hispanophone lance son propre studio de production de telenovelas. Les soaps sont passés de la presse à la radio (feuilleton), de la radio à la télé, ils auront encore une vie après la TV. C'est ici que s'observe l'effet du média sur un message qui raconte toujours la même histoire, "As the World Turns".
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mercredi 9 décembre 2009

Mesure du marché télévisuel unifié

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Aux Etats-Unis, sous la pression insistante de ses clients, Nielsen commence de combiner ses panels Internet et télévision (panel national, NTI) pour 7 500 de ses foyers (soit 20 000 personnes et 12 000 ordinateurs selon Nielsen). 375 foyers sont déjà mesurés simultanément pour les téléviseurs et les ordinateurs ("Extended screen measurement"). Cette source unique, commune, d'information pour deux modes de consommation de la télévision est attendue avec impatience par les chaînes dont les audiences devraient augmenter. Tous les utilisateurs, chaînes, agences et annonceurs en espèrent une connaissance plus précise des comportements alternatifs de consommation des téléspectateurs que celle produite par deux panels disjoints.
L'équipement de ces 7 500 foyers devrait s'achever fin août 2010 ; aucune date n'est donnée pour la publication de données synthétiques.
Les résultats pendront en compte de la télévision regardée en ligne, en différé, pour l'intégrer dans les outils d'achat ("C3", minute moyenne de publicité intégrant 3 jours de consommation différée).
  • Cette mesure, qui est un premier pas dans la mesure du marché télévisuel unifié, est d'autant plus urgente que nombre de nouveaux téléviseurs achetés en fin d'année comprennent une liaison Internet. 
    • Des produits tel que Boxee facilitent le téléchargement de programmes depuis Internet sur le télévieur, commode depuis l'accord avec D-Link pour le matériel. 
    • Yahoo! propose des TV Widgets pour de nombreuses marques de téléviseurs (LG, Sony, Samsung, Vizio) qui permettent d'intégrer Internet dans l'expérience télévisuelle.
    • YouTube est accessible sur le téléviseur grâce à TiVo, etc.
  • Ce panel mixte ne résout toutefois aucun des problèmes qui affectent ces types de mesure : représentativité du panel (notamment sur les cibles "ethniques"), qualité de la coopération, mesure des audiences hors foyer tout particulièrement. 
  • La question de l'intégration de la consommation de télévision sur terminal mobile est l'urgence suivante étant donné le succès des nouveaux téléphones (iPhone, android).

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lundi 7 décembre 2009

CityPhone, applis de papier

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Dès que se développe un média, la presse de papier s'en empare pour en faire son contenu, le mettre en son "magazin", comme l'on disait il y a déjà plus d'un siècle, et en faire un magazine.
Voyez la télévision : de nombreux titres racontent ses programmes, ses people. Le cinéma offre encore beaucoup d'actualités à couvrir par la presse, programmes et people, encore. De nombreux magazines couvrent Internet (les meilleurs sites, etc.) et la téléphonie. Les jeux vidéo et leurs diverses consoles ont donné naissance à des dizaines de titres et autant de Hors Série.
Il y a là quelque chose à retenir du rôle spécifique des supports. La presse parle mieux de la télé que la télé elle-même ; on se renseigne sur la téléphonie à l'aide d'un magazine. Manifestement, Internet ne remplit pas tout à fait ces fonctions. Pas encore ?


Voici la presse de l'iPhone et de ses applications.
On avait déjà des Hors Série : de Stuff, de Mobiles Magazine, de SVM Mac, de T3, de Vous et votre Mac. 
CITYPHONE est un bimestriel, vendu 4,90€, distribué par les NMPP. Le titre est emblématique d'un appareil utilisé pour vivre sa ville, s'y orienter plus que pour simplement téléphoner. Le premier numéro compte 8 pages de pub, pas si mal pour un premier numéro (je ne connais pas le tarif net pratiqué par la régie). Hélas, toute la pub provient d'annonceurs captifs, comme si les lecteur/trices de ce titre n'étaient pas aussi voyageurs, lectrices, sportives, à la mode, maquillées, parents... Médiaplanning désespérant, peu créatif, peu ambitieux (de la part des agences média).
Le magazine traite exclusivement des applications, qu'il sagisse de sujets pour les nouveaux utilisateurs (tutoriel de 20 pages avec glossaire, pour dire ce qui ne va pas sans dire, magré tout) mais aussi des infos et des trucs pour utilisateurs plus chevronnés. Ce n' est pas seulement un inventaire. Le tout est bien illustré.

Pourquoi rien sur les autres applis ? Android  y apporterait ses lecteurs, d'autant que de nombreuses applis ont une version pour chaque OS. Prochains numéros ?
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dimanche 6 décembre 2009

Internet et ses Business Models. Opinion

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Chaque jour sur Internet, on lit qu''Internet n'a toujours pas, 16 ans après son ouverture au grand public, de modèle d'affaires.
Ah! Bon !
Les fournisseurs d'accès ne vendent-ils pas l'accès à Internet ? Et ceux qui parmi ces fournisseurs incluent la vente d'accès dans un ensemble de services de téléphonie et de télévision, est-ce pure philanthropie ?
Et les moteurs de recherche ? Pour eux, ça va, non ? Et la publicité ?
Et les vendeurs de matériel (hardware) de tout acabit ? Sérieusement : sans Internet, vendrait-on autant d'ordinateurs, de serveurs, de routeurs, de sauvegardes, de lecteurs MP3, d'iPods, de téléphones plus ou moins intelligents ?
Et pour tous ceux qui trouvent sur Internet le moyen de réduire leurs coûts de transaction (facturation, marketing direct, cloud computing, etc.), n'y a-t-il pas business ?
Et les commerçants qui vendent en ligne ? Et ceux qui mettent en ligne une vitrine de leurs affaires ? Serait-ce de l'art pour l'art ? Et les sites de rencontres et d'échanges (de produits, de discours, de partenaires)...
A chacun de vous d'ajouter à la liste.
La vérité est plutôt qu'il n'y a pas de business model publicitaire pour tous les sites.

Avec Internet, beaucoup d'entreprises inventent et construisent leur business model. D'autres métiers, d'autres entreprises n'ont pas de modèle d'affaires sur Internet. Dans ce cas, la bonne gestion recommande de ne pas mettre ses produits sur Internet.

Certains médias découvrent, mais un peu tard, qu'il n'y a peut-être pas de modèle d'affaires publicitaire pour eux sur Internet ? Que diable allaient-ils faire dans cette galère, s'il n'y avait pas d'affaires à y faire ? Beaucoup s'agitent, s'indignent sur le mode de "Justice, juste Ciel"... On croirait entendre le monologue délirant d'Harpagon à qui tout semblait son "voleur". Et de réclamer aides et subvention ! D'autres demandent que l'on prélève des taxes à leur avantage...
Mais que diable allaient-ils faire à cette galère ? Pourquoi mettre en ligne des contenus que l'on ne peut faire payer et s'étonner que personne ne les achète ? Pour faire comme tout le monde ? Pas si bête le Canard !

Internet transforme l'économie ; auparavant, le papier, la machine à vapeur, l'électricité, l'automobile, le télégraphe ont transformé l'économie. Nos sociétés ont épousé ces technologies, pour le meilleur et pour le pire. Un jour, finis la machine à vapeur et le télégraphe... Des entreprises ont disparu, d'autres sont apparues. Il en sera de même avec Internet. Tout le reste est gestion.
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jeudi 3 décembre 2009

Marché Télévisuel Unifié - Suite

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Les données de consommation vidéo en France publiées par la société américaine comScore recoupent la situation que nous avons décrite pour les Etats-Unis. La consommation vidéo sur Internet s'accroît fortement ; elle est dominée parYouTube (33,5%) ; Dailymotion, très loin de YouTube est avec 7,3% largement devant le reste du marché. Seul groupe télévisuel présent parmi les 10 premiers sites de téléchargement vidéo, TF1, avec 3% des visiteurs, est encore loin de la part du marché de l'audience dont elle bénéficie dans la télévision traditionnelle (26%). Cet écart entre les deux marchés mesure le rattrapage à effectuer par le premier des groupes télévisuels français s'il veut tenir sa place sur le marché télévisuel unifié. Ensemble, les deux premiers distributeurs, YouTube et Dailymotion, représentent plus de 40% du marché de la vidéo en ligne, le reste se répartit selon une très longue traîne. Le format court domine : la moyenne se situe à 4 mn 30.

Bien sûr, la statistique de cette consommation reste, comme aux Etats-unis, délicate à apprécier (représentativité du panel, notamment pour les lieux de travail et d'étude, prise en compte des internautes à partir de 15 ans seulement, étude jusqu'à présent non auditée par le CESP).
Néanmoins, on peut retenir quelques leçons de l'évolution de ce marché. Tout d'abord, en face de la pauvre performance des médias vidéo traditionnels, la performance exceptionnelle de Dailymotion. Cette performance explique sans doute la part de marché plus modeste de YouTube en France : ainsi, la présence d'une entreprise française ou européenne dynamique fait plus pour contre-balancer la puissance de Google que les démagogies politiciennes et les exclamations indignées.
Il y a là une leçon de politique difficile à entendre, manifestement : qu'il s'agisse de ciblage comportemental, d'édition numérique, de moteur de recherche, la solution d'indépendance nationale - qui ne se confond pas avec le protectionnisme - passe par l'innovation,  la  R et D et la création qu'il faut encourager, aider à toutes les étapes et en tous lieux de la vie économique, en commençant par les institutions éducatives.
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