jeudi 5 avril 2012

La presse et le marché de l'éducation

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Les produits para-scolaires prennent place sur le marché français de la presse. L'édition scolaire en avait jusqu'à présent le monopole avec les cahiers de devoirs de vacances et les annales du bac. La presse élargit cette offre. Elle tire profit de son réseau de distribution (30 000 points de vente) et de sa légitimité culturelle auprès d'une partie de la population (pour certains titres, du moins). Beaucoup de ses lecteurs, les enseignants notamment, sont prescripteurs (les publications du Monde, cf. infra, sont d'ailleurs parrainées par la MAIF, compagnie d'assurance des enseignants).
Marché de la "bonne volonté culturelle" aussi : beaucoup d'adultes en profitent pour tenter de boucher des trous creusés par l'oubli et le manque de pratique, voire pour se mettre au niveau de leurs enfants ("Auriez vous le bac aujourd'hui", demandera ironiquement Le Monde).
Les produits para-scolaires publiés par la presse font appel à plusieurs genres didactiques et les mélange : quizz, jeux, résumés, tests, exercices corrigés, fiches. La proximité des contenus avec les programmes des examens (bac) et des concours (culture générale) le principal argument de vente. Toutes les classes, du CP au baccalauréat (et à certaines classes préparatoires) sont touchées. Le Monde fut précurseur en 1973 avec ses Dossiers & documents suivis plus tard des Dossiers & documents littéraires.
  • Exemples de Hors-séries ou numéros spéciaux consacrés à des tests, quiz et autres interros
Le Point : la philo,
Le Monde : la psychologie, la géographie de la France, du monde
L'Expanion : l'économie
L'Express : le français, la France et ses régions (spécial jeux)
Le Figaro : la géographie de la France, la littérature française, Histoire de France (questions et jeux)
Beaux Arts Magazine : l'art
L'Etudiant : Cahier de vacances de culture générale pour les adultes, quizz de culture générale
ça m'intéresse : Cahier de jeux & d'exercice
Le Nouvel Observateur / Challenge : Réussir son Bac S. Révisions Maths 2012 (DVD)
Actualité de l'Histoire, 250 questions pour tester vos connaissances historiques
  • Pour l'école primaire
Champions du CP, du CE1, etc. magazines qui publient également des cahiers de vacances ("pour réussir l'entrée au CM1", etc.), Mon cahier après l'école (classe par classe), Tout pour réussir le CP, Mon magazine du CP... Sans compter "les bons sites d'Internet pour faire mes exposés" (Images DOC)
  • Ton bac d'abord. Le marché des examens
Avec plus de 650 000 candidats (2011), des épreuves réparties sur deux ans, le bac représente en France une clientèle potentielle importante. Même si sa valeur universitaire s'érode, cet examen vieux de plus de deux siècles (1808) reste un rite de passage capital (cf. le film de Pialat, 1978). En parcourant le magazine pour le Français 1ère, candidats et professurs auront une pensée pour Zola, recalé deux fois au bac, jamais reçu mais qui se rattrape par une présence imposante dans les textes proposés à l'examen.

Source : Presstalis
Le Monde lance en avril les révisions du bac et publie six hors séries : tout ce qu'il faut pour réussir, dans plusieurs disciplines (manquent les maths, la physique et les langues). Sur le même segment, le Magazine Littéraire s'attaque à "L'épreuve anticipée de français" offrant "les clés de la réussite" (5,9 €). Citons encore le "Guide de survie au bac philo" publié par le magazine Philosophie (5,9 €), ou Lire traitant des "écrivains du bac". La presse magazine occupe depuis longtemps déjà le segment de l'apprentissage des langues étrangères (I love English, Vocable, etc.). Le Monde ajoute aux contenus didactiques des articles déjà publiés par le quotidien ; ce recyclage de documents journalistiques actuels semble risqué, surtout pour les futurs candidats. Dans ce premier numéro (mais je n'ai lu que le Français), il n' y a pas de publicité : les éditeurs d'ouvrages classiques y auraient pourtant leur place.

Entre les questions d'orientation et la préparation des examens, le marché de l'éducation est déjà très important et compte de nombreux titres et hors séries. Pour l'instant, ce marché est saisonnier, épousant le rythme des vacances, des rentrées et des examens. La pression pour la réussite scolaire s'accroît sous l'effet du marché de l'emploi, de la détérioration de l'enseignement gratuit et laïque, de la généralisation du lycée : la presse devrait y trouver une occasion de développement et de diversification, surtout si elle sait jouer de la dynamique papier / Web. Il faudra suivre l'initiative d'accompagnement scolaire payant de Ouest France proposée, pour l'instant, sur le Web uniquement : meilleurenclasse. N.B. : le site meillerenclasse et les magazine de préparation au bac publiés par le Monde sont, l'un et l'autre, produits par un même éditeur, rue des écoles (dont la MAIF est "partenaire").
Sur ce marché, la presse aura des concurrents média :
  • CanalSat a lancé en mai - juin, une chaîne conjoncturelle, Campus Bac pour la préparation de l'écrit ! 
  • France 2 diffusa en mai 2012 un quizz "La grande révision pour le brevet des collèges"(émission ouverte au parrainage). 
Voilà qui réconciliera les enseignants avec la télévision.
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lundi 2 avril 2012

Satellite, cable and connected TV in Europe and USA

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What are the major trends in television distribution? How could they influence and somehow predict the development of connected TV?
  • Terrestrial reception which brings free TV to homes (i.e. paid by taxes and or advertising) is declining. Its level in the USA is now at an all time low: less than 10% of US TVHH (TV households) among which there are probably also many Netflix, iTunes or Hulu customers.
  • Satellite and cable
    • In Europe, television comes to homes mainly through direct satellite (DTH: 33,7%). (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, satellite increases its market share. Alternative Delivery Systems (ADS, i.e. telco + direct satellite) reaches 31.1 % of American TVHH). According to TVB, paid TV is already delivered mostly by ADS in 34 DMA.
    • Cable is king in the USA, despite all talk about cord-cutting (60.4 % in 2011, 10% less than ten years ago).
Marketshares in %, 2011, TVHH.
ADS = telcos + satellite
  • Digitalization takes over, in both Europe and the USA, making room for broadband, HD, DVR and some interactivity.
    • Already 75% of European HH are digital. More than 90% of TVHH in Spain, UK, France and Italy, but only 76% in the Netherlands, 71% in Germany, 58% in Switzerland, 54% in Portugal. (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, digital TV is almost everywhere. Digital penetration in basic cable reaches 79.4%. (Source : NCTA, 2011).
Gatekeepers ?

On the one hand, digitalization makes connected TV possible. On the other hand, cable and satellite operators and now phone operators (Orange, Verizon, AT&T, etc.) may want to keep companies like Yahoo, Google or Apple from accessing the television set and its set-top box. Interactivity is becoming the USP of cable/telco/satellite multi-system operators (cf. tablets, multiscreentasking, social TV,VOD, TV EveryWhere, XFINITY, UltraViolet, etc.). Smart TV is their business. And, of course, smart advertising.
      • N.B. This opposition concerning connected TV is exactly in line with what we have seen when the SOPA was debated in January 2012.
Major operators are powerful in the USA where they can act as gatekeepers: Comcast, Time Warner Cable, DirecTV, Dish Network hold more than half of the paid TV market; some of them are closely related to studios and national networks (Comcast / Universal), Time Warner Cable). They work with DVR (TiVo, etc.). These operators not only bring TV but also broadband to households.
Connected TV will not happen without them.

Europe, where terrestrial TV is digital and still strong (32%), is the market most vulnerable to newcomers like Google, Apple or Yahoo! That's where HbbTV (industry standard for Hybrid Broadcact Broadband TV) will be so decisive. The list of its members is impressive and counts, among others:
  • satellite companies : Eutelsat, SES ASTRA
  • major TV companies : Canal+, TF1, RTL, BBC, france televisions, SRG SSR, EBU, Mediaset, etc.)
  • software companies or STB manufacturers like Opera, Cisco / NDS, Ocean Blue, etc.
Will HbbTV consortium be strong and determined enough to resist Web companies such as Apple, Google, etc.?
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samedi 31 mars 2012

Quand Facebook tend vers 2

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"Pair", une nouvelle appli gratuite pour iPhone, c'est Facebook pour les couples, le social réduit à son minimum. L'intimité partagée. "Pair" suit, à la lettre, les consignes du fameux air de Broadway : "Tea for Two" : "Just me for you // And you for me... alone // Nobody near us to see us or hear us // No friends and relations"...  "The most private messaging experience", annoncent les auteurs de l'appli, financée au départ par l'incubateur californien Y Combinator.

Limite de la vie privée. Les deux ap-pariés peuvent tout partager : les lieux, les lectures, les musiques, des photos, etc., sauf l'essentiel. Ils peuvent même s'envoyer des baiser virtuels "thumbkisses", vibrations partagées en appuyant simultanément avec le pouce sur le même emplacement, chacun sur son écran.
Appli songe mensonge ? Gadget pour ceux qui sont séparés, vague placebo des relations à distance, pour tromper l'impatience ("Be together, when you're apart").

Cette appli énonce peut être l'une des valeurs extrêmes de la Lifeline de Facebook, courbe qui connaît un maximum d'intensité à 2 "amis" et un minimum à... une foule. Beaucoup, beaucoup d'amis puis un seul ("Toi et moi"), rien qu'un (les amoureux sont seuls au monde !)...  puis plus rien ("c'est la guerre du toi et moi", comme chantait Barbara). Et puis cela recommence. Période inconnue. Les Lifelines décrivent des sinusoïdes plus ou moins en phase et Facebook la Carte du Tendre vers 2.

SimplyUs propose une autre appli pour couples : plutôt que les émotions amoureuses, elle règle et coordonne la vie quotidienne du couple : les enfants, les courses, les diverses activités domestiques... Appli incubée par Extreme Startups (Toronto, Canada).
Copie d'écran de l'AppleStore présentant l'application

mercredi 28 mars 2012

Télé en France. Rien de neuf

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Il y aura donc, en France, six chaînes commerciales de plus, à portée nationale. Toutes les autorisations ont été affectées à des groupes média déjà dominants. Toutes proposent des formats qui, peu ou prou, existent déjà, notamment dans le secteur public (France Télévisions) : sport, famille, musique, enfants, documentaire (cf. portraits des "mieux-disants"). On a beau s'y attendre, comment ne pas être déçu ? Alors qu'ailleurs les médias vivent au rythme des startups, des accélérateurs, de l'incubation et, finalement, de l'innovation risquée, en France, on semble avoir privilégié la monotonie, la conservation, le déjà vu. Pour rationaliser cette décision, on évoque l'extension de la HD et la création dite patrimoniale. Rien de bien nouveau sous le soleil télévisuel.

Mais, la "diversité" ? Parlons donc diversité : aux Etats-Unis, se développe la télévision visant les cultures et langue "hispanic". Rien de tel en France : toujours pas de berbère (tamazight), pas d'arabe... Et si peu de langues de nos régions. Les langues ne sont-elles pas diversité ? Quant au local, formidable multiplicateur de diversité, local et micro-local (LPTV) par lequel, aux Etats-Unis, transite la moitié des investissements publicitaires TV, il reste presque inexistant (hors France 3). Exception française ?

Le financement des nouvelles chaînes sera exclusivement national et publicitaire, puisant au même gisement que les chaînes "historiques". Mais rien n'indique que, grâce à ces nouvelles chaînes, les revenus publicitaires TV augmenteront significativement pour les groupes concernés. L'offre de télévision d'intérêt publicitaire est déjà importante dans les secteurs recherchés par les annonceurs visant les grands publics (FMCG) : divertissement et sport. On parle de 1 à 2 % de part d'audience, sans doute sur-estimée, par chaîne nouvelle et de 5 à 7% de part de marché publicitaire. D'où viendront les revenus nouveaux ? De la télévision, sans doute. Comment évolueront les prix de l'espace avec une offre TV plus dispersée et une demande qui ne s'accroît guère ?

Alors, rien de neuf ?
Si, si ! On apprend, mais c'est sans rapport, coïncidence malheureuse, que l'INA a confié la diffusion de ses archives à Google (via YouTube). Voilà qui ne manquera pas à terme de concurrencer les chaînes nouvellement créées, dès lors que cette télévision sera connectée au Web et, par conséquent, à Google. YouTube "se réjouit". A juste titre.
Comprenne qui pourra...
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lundi 26 mars 2012

Les Années DVD Blue Ray

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Les Années Laser ont 22 ans. Le magazine, né avec l'éphémère vidéodisc / laserdisk, traite des équipements électroniques domestiques (home cinema, son, HD, installations cinéma, etc.), des DVD et du Blu-ray. Tout pour le cinéma à domicile. 
Mensuel (10 numéros par an), le titre est diffusé par Presstalis. 186 pages, 4,9 €. L'OJD (DSH 2011) indique une diffusion totale d'environ 40 000 exemplaires (dont 10% de diffusion non payée). Parmi les ventes, il y a des PDF (700 exemplaires en décembre), un peu moins chers que les exemplaires papier : 4,6 au lieu de 4,9 €, des abonnements postaux (1/4 de la diffusion). Les ventes sont stables. Le site Web et la présence sur Facebook comblent les attentes des fadas de cinéma (calendrier de sortie, avis critiques, jaquettes, etc.). Cf. la présentation du titre par son rédacteur en chef dans une émission de france Info.

Les guides d'achat Hors Série, DVD et Blu-ray, sont annuels (5,9 €). Ces guides constituent des supports de publicité valorisants pour l'image de marque de certains produits : les reprises en main sont certainement nombreuses, le lectorat s'étend à toute la famille et la période de référence, très longue, est intéressante. Malgré tout, le guide d'achat est peu encombré (mais Amazon, présent à la Une, ne s'y est pas trompé).
Le format est agréable (226 pages), maniable ; les classements sont alphabétiques et par catégories courantes. Un mode d'emploi expose minutieusement, dans les premières pages, les caractéristiques des supports : Dolby, codecs, etc.
  • Comment évoluera ce magazine et ses Hors Séries alors que le numérique développe des ergonomies nouvelles pour les guides d'achat, les catalogues ? Que peut lui apporter les tablettes et les smartphones (cf. iPod et catalogues en ligne)
  • On dit que DVD et Blu-ray sont condamnés par le streaming. C'est aller vite en besogne : IHS Screen Digest observe certes aux Etats-Unis que le nombre de films loués ou achetés en ligne (iTunes, Netflix, Lovefilm, etc.) croît rapidement, mais le chiffre d'affaires n'est encore que de 1,72 milliard de dollars, quand celui des DVD / Blu-ray est six fois plus élevé (11,1 milliard). 
  • Les prévisions en cours tablent en général sur une extrapolation des tendances actuellement observables : il est toutefois peu probable que les studios laissent Netflix (par exemple) proposer leurs films dans le cadre de forfaits à bon marché.



jeudi 22 mars 2012

Chomp, moteur de recherche des applis

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En février, Apple a acquis Chomp, un moteur de recherche pour applications. iOS et android comptent plus d'un million d'applis, par conséquent, un moteur de recherche est devenu indispensable pour que l'utilisateur s'y retrouve dans l'offre. Chomp recherchait pour l'iPhone parmi plus de 583 000 applis dans la boutique iTunes américaine et un peu moins de 500 000 applis android (depuis la fin avril, l'accès à android est fermé par Apple). L'univers des applis s'accroît de plus de 2 000 par an. Avec Apple, les applis de l'App Store deviennent multiplateforme et sont gérées dans iCloud ; elles font l'objet de fréquentes mises à jour et de recommandations (Genius).


Mise à jour : 3 octobre 2012


En octobre 2012, Apple ferme Chomp en application d'une règle de l'Apple Store qui interdit à une appli de renvoyer à d'autres applis (promotion, vente).

Pour chercher des applications, rien de mieux apparemment qu'une application gratuite. Avec chomp, la recherche s'effectuait de manière mixte, soit par un mot (lexicale), soit par catégorie (une vingtaine), soit par genre (ainsi, peut-on, par exemple, rechercher parmi 1 826 applis catégorisées comme "soccer" (football) et seulement 739 consacrées au chocolat, 11 705 au social networking... La recherche d'une appli peut être filtrée selon le prix, selon qu'il s'agit d'un jeu ou non, selon la date de publication (cf. copies d'écran)...

A disposition des développeurs, Chomp proposait un outil promotionnel (Chomp Search Ads) recourant à des mots clés pour améliorer la visibilité de l'appli auprès du grand public, etc. Le site permettait également aux développeurs de faciliter le référencement de leurs applis (mots clés, etc.). Avec chomp, le marketing (analyse de la concurrence) et le SEO (Search Engine Optimization) faisaient leur entrée dans le domaine des applis et l'App Store Optimization (cf. sur le  même sujet, AppCod.es).

S'agissait-il d'une application" comme les autres" ou faut-il y voir une incursion de Apple dans le domaine de Google et de Bing ? Les applis définissent, comme les réseaux sociaux, des sous-ensembles du domaine global de la recherche. Actuellement, la recherche d'applis, leur découverte, s'effectue à l'aide d'un moteur de recherche généraliste (Bing, Google, etc.).

Chomp disposait, à ce stade, de fonctionnalités limitées. Mais l'entreprise était encore toute jeune, deux ans. On pouvait imaginer qu'en intégrant Apple, Chomp améliore et enrichisse ses fonctionnalités, notamment en recourant à des fonctions sémantiques de recherche, à des catégorisation plus populaires (folksonomie) et en stimulant les interaction des utilisateurs (crowd sourcing). Quid du marché des données collectées dans le cadre des applis ? Rappelons qu'en France, selon AT Internet / Webtrends, Apple compterait plus de 4 visites sur 5 (enquête d'octobre 2011).

Alors qu'elles étendent leur domaine avec la conquête des ordinateurs, des réseaux sociaux, des tablettes et de la télévision connectée, les applis sont de plus en plus importantes et nombreuses dans l'univers numérique. Il semble que l'audience française du Web baisse en France, tansi que celle des applis augmente (Enquête AT Internet : web Trends, avril 2012). Est-ce l'amorce d'une balkanisation de l'univers numérique et donc de la recherche ? Cette tendance est à suivre sur la longue durée ; il nous manque une description plus précise de la méthodologie de l'enquête (constitution de l'échantillon de sites et applis pris en compte, marge d'erreur) avant de conclure. Ni prévention, ni précipitation.

dimanche 18 mars 2012

"Le Temps" de Rousseau

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Le Temps est un quotidien suisse francophone, récent (1998), issu de la fusion de deux titres, dont le fameux Nouveau Quotidien, très innovant et iconoclaste. Plus de quatre cinquièmes des ventes (45 000 exemplaires) du Temps proviennent des abonnements. Lecteurs fidèles et réguliers. Taux de circulation : 3. (Source : Etude Mach Basic 2011-2012). Il y a ces lecteurs du papier, il ya aussi des lecteurs du numérique (42 000  exclusifs) et ceux qui lisent à tous les râteliers (10 000 "mixtes". Source : Etude pilote Total Audience 1.0). Ces mixtes effectuent aussi des lectures à partir de la toute récente application mobile. Notons, en passant la complexité, à peine effleurée ici, de l'évaluation des lectures multiples proposées par un unique titre média, Le Temps. Aucun média ne peut proposer une aussi grande variété de lectures que la presse.

Le samedi, c'est le jour de la culture. Et, cette semaine, le 17/3/2012, Le Temps consacre sa Une, toute sa Une, et encore son supplément, tout son supplément, Samedi Culturel, à Rousseau. Incroyable ! Un journal qui ne se plie pas aux meilleures ventes ("best-sellers") ou à l'idole du jour. Un quotidien qui, suivant la maxime de Thoreau, fait lire l'éternité ("Don't read the times, read the eternity"). Héritage du Nouveau Quotidien ?

A la Une du supplément, Rousseau, réfugié dans un coin de nature, écrit avec un ordinateur, sur fond de gratte-ciel. Se demande-t-il toujours "si le progrès des sciences et des arts... a corrompu nos moeurs" ? Dirait-il aujourd'hui que le Web, comme l'Imprimerie, a causé des "desordres affreux" et "n'a rien ajouté à notre véritable félicité" ? (Discours sur les sciences et les arts", Par un Citoyen de Genève, 1750).
Le dossier de Samedi Culturel imagine des réponses rousseauistes à des questions contemporaines. Par exemple, "Etes-vous tenté de vous inscrire sur Facebook ?" Réponse imaginaire de Rousseau, paraphrasant Aristote : "O mes amis, il n'y a pas d'amis". Mais Rousseau mettrait-il aujourd'hui ses Confessions sur Facebook, "Le Devin de Village" sur YouTube ? Les considérations de Rousseau sont décidément actuelles qu'il s'agisse de la "lenteur de penser" ou encore de son avertissement à propos des inégalités : "Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne" (1755).
L'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau a presque de trois siècles ; à la Une du Temps, c'est Voltaire qui apporte le gâteau d'anniversaire pour "entarter" son adversaire préféré.
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lundi 12 mars 2012

Pinterest ? Quel intérêt ?

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"Pinterest vous permet d'organiser et partager toutes les belles choses que vous trouvez sur le Web". Voici la définition officielle. Pinterest est une sorte d'agrégateur de photos provenant principalement d'autres sites, une sorte d'échantillon d'images publiées sur le Web par un très vaste panel. Scrapbooking généralisé, crowdsourcing de la "curation" ?
Selon comScore, il y aurait déjà presque 12 millions d'utilisateurs de Pinterest, ce réseau social iattendu. D'abord, il faut être invité avant de s'inscrire via Twitter ou Facebook. Certes, il y a une appli mobile mais tout le monde convient qu'elle fonctionne mal. De plus, Pinterest a rencontré des problèmes avec Flickr (Yahoo!) qui veut pouvoir bloquer les "pins" de Pinterest afin de préserver l'usage privé de certains photos.
Quant au  modèle économique, il est encore mystérieux et indécis (publicité, affiliation ?). Cf. How does Pinterest make money?

Malgré tout, Pinterest rencontre un succès inattendu. Certains médias télévisuels américains le testent, comptant y "faire" de l'audience : télévision (PBS, The Weather Channel, NBC, des stations locales, etc.), magazines de décoration, des féminins (Homes & Garden, House Beautiful, EasyLivingElle Decor, etc.) et même The Wall Street Journal. La vitesse d'adoption de Pinterest ne cesse de surprendre. D'autant qu'aucune boule de cristal médiatique ne l'a vu venir. Voilà qui nous rappelle que l'univers des pratiques numériques est en expansion accélérée, mal prévisible. On n'est jamais à l'abri d'un Big Bang.

D'où vient le succès de Pinterest ? Son aspect visuel de collage, son formidable désordre qui suscite des rencontres surprenantes ? Sa simplicité ? Epingler d'un click droit, commenter en deux mots, et c'est parti (pour un mode d'emploi simplifié de Pinterest, voir Shareaolic ; une extension Chrome facilite l'épinglage). Comme avec le plupart des réseaux sociaux, on peut suivre, apprécier des épinglages (like), ré-épingler (repin). Notons encore que l'utilisateur de Pinterest doit classer la photo qu'il épingle dans une catégorie, éventuellement en créer une à sa convenance (folksonomie) : des données organisées ainsi produites sont d'une grande richesse.
Pinterest a déjà des émules en Chine notamment dans le e-commerce (filiales de Taobao, comme Etao Faxian ou Wow). Taobao (淘宝网) est une filiale du groupe Alibaba (阿里巴巴).
  • Non seulement Pinterest compte déjà beaucoup d'utilisateurs et beaucoup d'utilisations, mais il semble se révéler un formidable apporteur d'audience (referral traffic) aux éditeurs de sites. Selon Shareaholic (cf. supra), Pinterest dépasserait Google+, YouTube et LinkedIn pour ce qui est des apports d'audience aux sites éditeurs. En janvier, le site se situait au niveau de Google et de Twitter, derrière StumbleUpon et, évidemment, très loin de Facebook. 
  • En part d'audience des visites aux réseaux sociaux, Pinterest dépasse Google+ et LinkedIn (cf. Experian / Hitwise).
  • L'image de Pinterest auprès des américaines semble favorable ; elles auraient plus confiance en Pinterest qu'en Facebook ou Twitter, selon une enquête déclarative de BlogHer (février 2012). D'une manière générale, le profile de Pinterest est plutôt féminin (cf. 24 Ore)

iPad et catalogues en ligne

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Le marché des catalogues papier reste important. Chaque année, par exemple, Ikea en distribuerait 200 millions d'exemplaires dans le monde (cf. France Graphique, qui aborde aussi la question de l'impact environnemental des catalogues). Le chiffre d'affaires de l'industrie des catalogues serait de 270 millions de $ aux Etats-Unis. Alors que ses dernières évolutions le rapprochent de la définition du papier (iPad3), il n'est pas surprenant de voir Apple positionner l'iPad comme un support de ce très vieux média du commerce. Il y a désormais une catégorie "Catalogs" dans la boutique iTunes. Cette catégorie compte plusieurs dizaines d'applications pour catalogues ; parmi celles-ci, il y a des applications rassemblant des dizaines de  catalogues, sortes d'agrégateurs, comme Google Catalogs (cf. notre post) et Coffee Table.

Gratuite, Coffee Table est une appli iPad pour l'achat sur catalogue. Express Checkout (simplification des paiements), analytiques (pour comprendre le comportement des acheteurs, calculer le rendement d'un linéaire virtuel, etc.) : "The Coffee Table" apporte des fonctionnalités mutualisées essentielles aux différents éditeurs de catalogues.
Le nom connote les "beaux livres" (livres d'art, photo, etc.) qui traînent sur la table basse (coffee table), livres connus pour leur difficile maniabilité mais associés au plaisir de découvrir et regarder (catalogues d'exposition, etc.)
E-commerce et catalogue sont complémentaires ; le premier mène droit au but, le second met l'accent sur le feuilletage, la découverte, le plaisir, les trouvailles (discovery-based shopping, serendipity). Plaisir que doit restituer l'ergonomie du catalogue numérique.

Lancé en mai 2012, ShopMox propose sur iPad une fonction de catalogue pour quelques grandes enseignes (Gap, Banana Republic, Fossil, Old Navy, Anthropologie, etc.). La cible visée est essentiellement féminine.

Copie d'écran de Coffee Table dans la catégorie Catalogs de iTune Store

vendredi 9 mars 2012

La presse dans le quartier : déménagement d'un territoire média

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C'est fini...
"La marchande de journaux ferme son étalage". Mais demain, elle ne le rouvrira pas. Martine a vendu : adieu journaux, librairie, papeterie, magazines. C'est un problème pour la presse d'abord : des titres se vendaient ici qui ne se vendront plus, visibilité en berne. C'est surtout un manque pour le quartier qui a perdu un lieu de vie, de commerce, de discussion, d'animation.

L'amertume des clients est grande, celle des marchands voisins aussi : ni le dépositaire, ni la mairie ne semblent être intervenus. Des bistrots d'à côté vendent une demi-douzaine de titres, le supermarché a développé un rayon presse standard. C'est la loi du marché comme un destin, aveugle, un insensible déménagement du territoire ? Peut-être vaudrait-il mieux aider les marchands de journaux plutôt que les journaux... Leur mission est plus large : leur boutique est un point de rencontre multi-générationnel, un lieu de socialisation, une animation de la rue. Ni le kiosque ni même le supermarché, ni une appli ne les remplaceront, lieux impersonnels, où nul lien ne se tisse, où l'on ne fait que passer, vite. Calculs bureaucratiques, de loin.
Le point de vente presse relève de l'espace public (Jürgen Habermas). Chez Martine, des gens de tous âges, de tous métiers y papotaient, commentaient les unes, les people, les matchs, les élections... Les élèves des établissements scolaires d'alentour y faisaient provision de foot et de "classiques", Molière et Ciceron, de grammaires et de BD, de cartes à jouer Panini... Martine a suivi ces élèves de la maternelle aux prépas, des premiers livres aux annales du bac. Toute leur scolarité a défilé chez elle, de la maternelle à la "grande école", de la 6° aux très Grandes Ecoles.

On y réservait son journal qu'elle mettait de côté, Le Canard Enchaîné, qui manque tout le temps, Le Monde des Livres du jeudi... Il y avait une vitrine avec des livres et des stylos. Il y avait un tourniquet où l'on parcourait les titres du Parisien ou des Echos. Il y avait surtout la panoplie complète des copies, les simples et les doubles, petits et grand formats, avec ou sans trous, petits ou grands carreaux, les cartouches pour tous les stylos de la création... La vie passait quotidiennement par là, cadeaux, emballages, photocopies, cartes de voeux, magazine TV, mots fléchés, Voici, Nous Deux, L'Huma... Livres de poche et Pléiades. Parfois, une romancière y dédicaçait son dernier livre, beaujolais charcuterie.

Derniers jours...
Réseau social en dur, avec les commerçants du quartier, le boucher et le boulanger, le teinturier et les fleuristes, le retoucheur, l'épicier que ni Facebook ni Amazon, lointaines proximités, jamais ne remplaceront.
A quelques pas de là, il y a deux ou trois ans, il y avait un concurrent. Lui aussi a vendu. A un marchand de scooters (cf. infra). Les civilisations sont mortelles. Maintenant, il travaille comme plombier.
Un an plus tard, au carrefour, on a installé un petit kiosque. Il ne vend que les titres les plus courants. Il ferme tôt. Point de vente sans commerce, point d'affichage de presse, un peu, de produits dits de luxe, surtout. Diffuseur dans le jargon de Presstalis...

Mise à jour 2016 : un marchand d'équipement pour mal-entendants a remplacé la librairie. Bonjour l'animation !


mercredi 7 mars 2012

Public TV and the Web

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iPhone free app
In its Annual Report 2011 published 7 March 2012, Axel Springer AG lists "the expansion of state-owned TV stations into the Internet" as a "political and legal risk" for its group. Axel Springer AG targets a news app published by ARD, the leading public German channel. "tagesschau" is a "text-oriented news app", claiming to be "Die Nachrichten der ARD" (news of the ARD). It is a free app whereas news apps developed by RTL or Springer are paid (0,79 € / month for the Bild App, 2,99 for the FAZ).

Since ARD is financed by a licence fee ("Rundfunkgebühren"), a sort of a tax paid by each German household (18 € / month), Axel Springer AG complains that this is unfair competition. The group has filed a lawsuit against ARD. The results of this lawsuit could affect the business model of all public channels on the Net.

This is far from a trivial matter
In most European countries, public radio and television have developed free news apps and websites which could all be perceived by the private media as unfair competition.
This poses the question of the diversification of the public services financed by "taxes". Is the Web a different market or a logical extension of their core business (TV and radio programs) ?

N.B. Axel Springer AG is one of the major media groups in Europe; in addition to newspapers (Bild, Die Welt) and magazines, the group owns many websites: aufeminin.com, onmeda.de (santé), seloger.com, etc. The Group is active in many European countries (France, Russia, Spain, Switzerland, etc.)

Sources:
in German, Geschäftsbericht 2011, "Politische und rechtliche Risiken", Seite 70
in English, Annual Report 2011, "Political and legal risks", page 73
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mardi 6 mars 2012

TV américaine. N°13. Lancement d'une série. De Glee à Smash

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Production des studios Universal (Comcast NBC) et de DreamWorks (Steven Spielberg), la série "Smash" (43 mn sans les messages publicitaires) est diffusée par le network NBC, en fin de prime time, le lundi à 22 H (ET). C'est l'une des nouvelles séries phares de la saison 2011-2012. L'audience du pilote était considérée comme excellente (11,5 millions de téléspectateurs, 3,8% de taux d'audience, 10% de part d'audience), les diffusions suivantes obtinrent des audience moins nombreuses ; en revanche, la dernière en date (cinquième épisode), est en hausse (7,9 millions de téléspectateurs), bien emmenée par "The Voice" (16,7 millions de téléspectateurs). La chute d'une émission à l'autre est toutefois bien forte.

Lundi musical
NBC recourt à une stratégie de programmation classique pour un lancement en cours de saison. Dans la grille du network, "Smash" a été placée dans le sillage de "The Voice" (lead-in, diffusée à 20H, ET), les deux émissions visant la même cible primaire : 18-49 ans. "The Voice" devrait accumuler de l'audience pour "Smash" (piggyback) qui, dans la grille, précède les informations locales ; de son succès d'audience dépend en grande partie l'audience locale des stations du network.
Avant son passage à l'antenne, l'émission a été diffusée sur certaines lignes d'American Airlines puis, gratuitement, en VOD sur iTunes, Vudu (Walmart), Amazon et, bien sûr, sur Hulu et NBC.com. Lancée début février 2012, 15 épisodes sont prévus avant l'été.
La chaîne a mis en place nombre de compléments numériques à partager par les fans de l'émission sur son site officiel NBC.com.

"Smash" se déroule dans le monde du show-business, le titre connotant la réussite exceptionnelle d'une pièce. L'intrigue tourne autour de la mise en oeuvre (financement, casting, etc.), pour un théâtre de Broadway, d'un spectacle consacré à la vie de Marilyn Monroe, de DiMaggio (base-ball) à Kennedy (politique).
L'émission exploite le filon télévisuel des crochets et concours "musicaux", terrain défriché par "American Idol" (Fox, 2002) et "The Voice" (version sans script, unscripted), par "Glee" (version scénarisée). Les chansons en constituent des temps forts et significatifs, tout comme dans "Glee". Elles donnent le ton et contribuent au portrait des personnages. Elles assurent une fonction descriptive.

L'Amérique au miroir de Broadway
Broadway représente un pan essentiel de la scène théâtrale et musicale américaine : plus de 12 millions de spectateurs en 2011 à New York pour une quarantaine de théâtres, à quoi s'ajoutent les tournées, les plus petits théâtres dits Off-Broadway. Plusieurs acteurs clés de "Glee" viennent de Broadway (Darren Criss, Lea Michele, Matthew Morrison, Jonathan Groff). A propos de Broadway : on pourra écouter l'émission de Laurent Valière, "42e Rue", sur France Musique, le dimanche matin).



Au-delà de ses apparences d'universalité, la série, cherchant la complicité du public américain, mobilise sans cesse des références et allusions à la culture américaine la plus quotidienne et la plus traditionnelle. Exemple (4e épisode) : Karen, "midwestern beauty", personnage central de la série, "montée" à New York pour faire carrière, retourne au pays chez ses parents le temps d'un week-end pour assister à une fête amicale ("Baby shower") ; elle interprète pour ses amies d'enfance une chanson country, hymne à la vie en province, qui en revendique tous les traits ("Redneck Woman" de Gretchen Wilson) aux antipodes de la vie à New York (les paroles opposent Victoria's Secret à Walmart, le Champagne - taste - à la bière -budget -, etc.). Trahison de la middle class d'origine (country girl ; on peut penser à Sheila, "petite fille de français moyen", tube de l'été 1968) ? Rêve de mobilité sociale par le show biz ou le sport, comme dans "Glee". N.B. L'actrice qui joue ce rôle, Katharine McPhee, elle-même passée par "American Idol" est un produit de cette mobilité. Dans l'émission, seule l'intrigue, d'ailleurs fort simple, est universelle ; en revanche, les descriptions sont méticuleusement américaines.
Quelle pourra être la réception par le grand public français de cette émission tellement américaine (diffusion par Orange et TF1 en VOD) ?


Rappel : études de cas sur la télévision américaine 

N°1 Station contre network                                                         N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture                                                         N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local                    N°6 Lancement d'une chaîne
N°7 Une émission, deux écrans                                                    N°8 Stratégie de syndication
N°9 Un network prend le taxi                                                      N°10 Réglementation : son de la pub TV
N°11 TV à la station service                                                         N°12 Networks hispanophones

Episodes de Smash à vendre sur iTunes

dimanche 4 mars 2012

Bretons en Cuisine. Média des racines ?

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Bretons en Cuisine. Saveurs et art de vivre en Bretagne, trimestriel, 5,9 €, 100 p.

De la cuisine, encore et toujours. Titre nouveau qui ajoute à cette passion française celle du patrimoine régional.
Magazine lancé par Ouest France, premier quotidien français pour la Diffusion Payée France (bien plus que le Figaro, Le Monde et Libération ensemble. Source : OJD pour 2011). Le groupe Ouest France mène une politique constante de diversification éditoriale à partir des thèmes de son territoire de diffusion publiant des titres sur l'histoire, les vin de Loire, les cultures bretonnes, des co-éditions avec Historia, Agenda, guide des sorties à Rennes, Reportages, un magazine trimestriel (Des histoires, des lieux, des hommes), Bretons, mensuel politique, etc.

Contenu classique, du marché à la cuisine
  • Du shopping produits avec adresses des points de vente en Bretagne (annonceurs régionaux)
  • Des recettes : chacune a sa cote (facile / difficile/ élaboré, bon marché /onéreux / raisonnable)
  • Des photos si belles qu'on en mangerait (photo des plats achevés pas en train de se faire)
  • Des articles originaux : sur le beurre, les artichauts, le marché
  • 9 pages sur les macarons (!?), 7 sur le Muscadet... 
Quelques pages de publicité (on s'étonne qu'il y en ait si peu). Bien placées, bien conçues, qui ne dérangent pas, au contraire. Parfois même, on voudrait en savoir plus (ainsi des yaourts Malo, par exemple).
Ce magazine gastronomique, cuisine nouvelle et cuisine des grands mères, participe de la résistance régionale à la mondialisation des goûts dans un pays envahi par les pizzas et autres "restaurations" rapides. La région résistera-t-elle mieux que la nation ? La région est-elle la dimension majeure de l'Europe, devant la nation et l'agglomération ? La cuisine régionale est aussi la revendication euphémisée d'une appartenance politique, d'un Etat ? Il n'y a pas de cuisine départementale, il n'y a que des cuisines d'Ancien Régime ! A vérifier ! Sur ce sujet : "Les ch'tis : le fabrication de l'autochtone".

Bretons en Cuisine est un beau magazine que l'on peut garder longtemps, plaisir de feuilleter et d'imaginer, avant de passer à l'acte. Pas de version numérique, mais un tel contenu trouvera aisément sa place sur une tablette.
Dans le prochain numéro : le cidre, l'andouille, le lait ribot, les moules. A quand le far et le kouign-amann ?

N. B. On compte plus de 420 titres nouveaux et Hors Séries consacrés à la cuisine (principalement ou exclusivement) depuis janvier 2007. Source : Base MM.
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jeudi 1 mars 2012

Actualités : l'actu, c'est Facebook

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Une étude réalisée par AT Internet évalue la part du trafic des sites média dits d'actualité provenant des réseaux sociaux. Le travail d'analyse, effectué pour 12 sites d'actualité, étudie les sites affluents, ceux qui alimentent les sites en audience (referrer, URL du lien suivi pour aboutir au site). Le comptage inclut les liens publicitaires et les affiliations mais exclut les autres sources de trafic : moteurs de recherche, courrier, flux RSS, accès directs. Les 12 sites étudiés sont audités par AT Internet.

En janvier 2012, selon cette étude, Facebook fournissait 28% des visites aux sites d'actualité français, Twitter, 5%. Ensemble, le tiers. Et cette proportion est croissante. Google+ n'est pas visible (pas encore ?) et Pinterest n'est pas évoqué.
Cette statistique constitue un signal, encore faible (3 à 4% du trafic total), mais significatif et qui mérite d'être suivi.

Les réseaux sociaux sont-ils en train de prendre le contrôle du Web d'information grand public ?

mardi 28 février 2012

Au bout du e-commerce, le camion de livraison, ou le drive

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Au bout du e-commerce, loin du retargeting, du clic et des transfos, il y a le transporteur, le livreur, le code d'entrée de l'immeuble, le gardien et ses horaires, la taille de la boîte aux lettres... Paradoxalement, le succès du e-commerce le plus moderne repose sur ce qu'il y a de plus trivial, de plus matériel : des motos, des camions garés en double file, des embouteillages... Et encore faut-il que l'acheteur, qui généralement travaille, se trouve chez lui au moment de la livraison. Maillons faibles de la chaîne qui n'est jamais entièrement numérique.

Qu'une seule de ces étapes faillisse et l'achat attendu n'arrivera pas à destination, ou arrivera trop tard ; le temps gagné à l'achat est perdu à la réception. La chaîne dématérialisée du e-commerce a la fragilité de chacun de ces maillons terriblement matériels. La superstructure numérique, de plus en plus efficace, de plus en plus séduisante repose, en dernière instance, sur une infrastructure logistique énorme et complexe dont la performance globale ne va pas s'améliorant. On parie sur les drones !

Quelles solutions ?
Evoquons une solution hybride, celle du "drive-thru". Afin de limiter les désagréments matériels qui entravent le développement du commerce en ligne, la grande distribution (super et hypermarchés) généralise la livraison dans les "drives" : l'acheteur fait ses courses en ligne loin de la cohue du magasin et passe prendre sa commande au "drive", quelques temps après, à l'horaire qui lui convient, sans se soucier de parking.

Solution pour les vendeurs de produits packagés (FMCG), solution qui pourrait séduire d'autres commerces, des libraires, des distributeurs de DVD ou de produits bruns, par exemple, pour concurrencer Amazon ou Netflix qui n'ont de distribution que par transporteurs (Best Buy recourt déjà au drive thru et Amazon a mis en place Amazon Locker). Walmart, par exemple, peut tirer profit de son très dense réseau de points de vente (d'où l'enjeu de l'implantation de la grande distribution dans les centres villes). Le point de vente n'est plus seulement un espace commercial, il peut devenir le complément logistique des achats en ligne.

Cf.  sujet de ABC News sur le Drive-Thru Groceries Shopping aux Etats-Unis.

Il n'est de numérique immatériel qui ne repose sur du matériel. La notion de pure player est une sorte de mensonge, un péché intellectuel par omission ou enthousiasme. Alors que fleurissent des visions enchantées du monde numérique, visions intéressées, il faut garder présent à l'esprit ce "déterminisme" logistique. A quoi il convient d'ajouter que le magasin "physique", de moellons et de mortier, joue souvent le rôle de vitrine où se forme et se vérifie l'opinion des acheteurs.
De l'importance de travailler en synergie offline et online. Le drive-thru shopping est au confluent du online et du offline.

Mise à jour 30 novembre 2012
Google vient d'acheter BufferBox une société canadienne qui propose à ses clients de regrouper et envoyer les achats effectués en ligne à une seule adresse à son nom avant de passer en prendre livraison à sa convenance, généralisant à tout commerce en ligne le principe du drive ("BufferBox’s self-serve kiosk").

Mise à jour octobre 2012
Un gouvernement envisage une réglementation d'urbanisme commercial encadrant spécifiquement les drives. Cf. LSA.

Mise à jour juillet 2012
Bibliogr. : Voir l'excellente infographie de Margot Ziegler, publiée dans LSA d'après des données de Kantar, LSA Expert et NielsenTableaux et cartes (cf. copie de la carte ci-dessous).
Voiture de livraison Monoprix à Paris (avril 2012)



dimanche 26 février 2012

Radio à lire, magalivre à écouter

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france culture papiers, 14,9 €, trimestriel, 196 p. Abonnement annuel, 59,6 €

Depuis longtemps, les médias audio-visuels ont trouvé dans la presse des compléments sous la forme d'outils pour la consommation : guides d'achats, guides de programmes. Web et téléphonie suivent la même voie. Recherche de visibilité, de légitimité et de pérennité aussi qu'apporte toujours le papier. Puissant support de publicité surtout.

Ce que réalise france culture papiers est différent, plus complexe : le magazine exploite la mine de contenus sonores qu'accumule la station. Le magazine est réalisé et distribué par le groupe Bayard qui publie déjà Muze, magalivre remarquable pour son innovation numérique. Pas de publicité : le lecteur paie tout. Le magazine assure, de facto, la promotion de la station. Les amateurs de casuistique stérile ne manqueront pas de demander s'il appartient au secteur public de la radio de publier un magazine. Passons.

Le transfert radio-presse énonce la vérité de ce qu'est aujourd'hui une station de radio, ce à quoi elle se résume, sa différence spécifique : des contenus éditoriaux, des émissions. Ces contenus peuvent être consommés en direct, archivés et redéployés (repurposing), consommés à la demande, adaptés pour d'autres médias. Ceci vaut d'abord et surtout lorsque la grille radio comporte des émissions originales avec script ("scripted original programming", comme l'on dit en télévision).

Un tel magazine déborde donc la catégorie des "Magalivres", plutôt confuse, même si certains aspects (distribution mixte, réseau presse et librairies, taux de TVA, périodicité, pagination) ont une importance significative.
Car il ne s'agit pas simplement de changer de support comme l'on passe d'une émission au CD ou au podcast. Passer d'un média à un autre, "de l'écoute à l'écrit", de "la spontanéité de l'oral, (à) la force de l'écrit" est beaucoup plus compliqué. On perd les voix, les silences, les hésitations et les lapsus, les virgules, toute la "mise en ondes" ; on gagne un texte, des illustrations, des précisions, réduisant d'autant le terrain de l'imaginaire. On change de média qui est une part importante du message, mais ce sont l'un et l'autre des "médias chauds" (M.McLuhan). Pour être publiées, les émissions de radio doivent être adaptées au papier, "retranscrites, éditorialisées, illustrées et enrichies". Pourquoi pas, à terme, l'accès sur une tablette qui permettrait au lecteur auditeur de jouer de toutes les dimensions ?

On peut imaginer, en retour, que le magazine imprimé influence la radio qui, à son tour, anticiperait l'exploitation papier (réalisation de photos voire de vidéo). Cercle vertueux. En fait, un tel mouvement de diversification pourrait être l'amorce d'un nouveau modèle économique de la radio devenant média mixte, livre certes mais aussi magazine. Un pas dans l'évolution des médias, un pas qui souligne que le contenu est premier. Désormais, l'auditeur sait qu'il peut ré-écouter l'émission (streaming sur le site, podcast) mais aussi lire et voir son émission.

* Voir aussi, par exemple, le cas de Pierre Boulez à voix nue, livre et CD issus d'entretiens sur France Culture.

jeudi 23 février 2012

Facebook's Great Advertising Expectations as TV's Risk Factors?

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Facebook's "mission" is "to make the world more open and connected".
Facebook's business is advertising (advertising accounts for 85% of its revenue, 2011).
Facebook emphasizes its value for advertisers: building long term branding and awareness. Is Facebook doing what TV and traditional offline media do, but better? Let's check the text of the IPO Filing.
  • Reach: more than 840 million monthly active users (425 million mobile users), and growing
  • Frequency: people connect many times a week, often many times a day
  • Engagement via social context and affinity ("relevance") 
  • Highly targeted GRPs (TRPs)
  • International campaigns (nearly impossible with TV)
  • Local, regional, national, international advertising: all possible dimensions, tailored to advertisers' needs
  • Richer measurements: GRPs and many new indicators to measure efficiency of campaigns (likes, comments, fans, etc.). A new advertising currency.
  • Not even to mention Facebook for mobiles (which will translate into immediate purchase):  425 million monthly users already
  • And finally, keep in mind that Facebook is the most used social media while people watch TV (MultiScreenTasking)
"Historically, advertisers interested in generating awareness or and demand for their brands have heavily relied on offline media to reach their audience at scale. We believe that these brand advertisers will increasingly dedicate a portion of their advertising dollars to Facebook because the broad audiences they are trying to reach are active on Facebook on a daily basis, because we can reach their desired audiences with precision, and because they can spark word of mouth marketing through Facebook. IPO Filing (Prospectus, Feb. 1, 2012).
To make its point clearer, Facebook mentions Walmart's huge campaign for Black Friday (cf. "Walmart, média total du jour le plus long"), Procter & Gamble, Nike (in 20 countries), American Express, etc.

If it were true ? It probably is... Facebook should now be included in TV's business risk factors.

See what the CEO of P&G has to say: "We’re using technology to shift our spending from more traditional advertising on television to digital and mobile advertising."We’re using technology to more effectively and efficiently target consumers, allowing us to build one on one personal relationships with every consumer." (Source: quoted by D. Farey-Jones in Marketing Magazine (Feb. 24, 2012).


* By the way, most of the off-line media, which are also brands, use Facebook and show off proudly with their Facebook pages and all their "likes", fans and comments. "Curiouser and curiouser", as Alice says, in another wonderland.
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jeudi 16 février 2012

Magalogue pour parents, l'art de consommer

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pourbébé by family, hors série. 1,9 €, 164 p. Groupe Marie Claire. Distribué par les M.L.P.

La plupart des magazines sont en partie des guides d'achat fondés sur des conseils d'experts, qu'il s'agisse de moto, de cuisine, de livres, de voyages, de bricolage, d'informatique, de téléphonie ou d'éducation...
Le contenu, c'est le guide d'achat.

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de la consommation applaudit à grands cris. Air connu. Chaque naissance représente un tournant dans la consommation et dans le budget d'un ménage. pourbébé veut aider les parents à prendre ce virage. Aussi, même s'il y a un peu de rédactionnel, le magazine va droit au but : "tout pour équiper bébé". Mission importante, surtout pour les nouveaux parents, inquiets, soucieux de bien faire et souvent incompétents, surtout lors de la première naissance (primipares). Et puis, chaque année, se renouvelle la clientèle : on comptait en France selon l'INSEE, plus de 827 000 naissances en 2011. Un tiers des mères accouchent après 35 ans. Positionnement lucide du magazine résumé dans l'édito de la rédactrice en chef.

Dans le métier de parents, le plus facile est encore d'acheter ; éduquer, aimer, c'est une autre histoire, de longue durée. Mais même acheter n'est pas si simple. La plupart des parents n'ont guère droit à l'erreur, question d'économie, de sécurité, d'efficacité, de commodité. Et ils n'ont pas que cela à faire. Alors pourbébé intervient.

600 produits répertoriés, classés, comparés tacitement. La chambre (literie, mobilier, éclairage, déco), les soins et l'hygiène, l'éveil (on n'ose plus dire "éducation"), la nourriture et la gourmandise, la mobilité (on pourrait dire le transport). Et puis quelques indécidables pour animer les conversations au parc : la peluche, la sucette... et l'indispensable et imprévisible robot multi-fonction.
Le tout est truffé d'avis de parents, de pédiatres. Légitimation par des "experts"! Mais, surtout, en dernière partie, un catalogue de 32 pages, clair et synthétique (voir le sommaire). La publicité, dénotative, est placée dans son contexte, en affinité stricte, ne dérange pas la lecture, l'illustre.

pourbébé est un magalogue utile, utilisable, bien construit.
Reste la question lancinante de la relation du catalogue papier au Web. Certains aspects (classements selon le prix, consultation du site du produit, achat en ligne) seraient plus faciles d'utilisation sur le Web, sur une tablette (cf. Catalogue de catalogues). L'appli famili permet déjà la consultation approfondie de quelques produits, sur iPhone, à partir de la photo de certaines pages, grâce à la réalité augmentée. Comment les parents lecteurs réagiront-ils ? Comment optimiser le mix papier / support numérique, leur modèle économique et leur ergonomie ? Comment exploiter toutes les données produites par un tel mix ?
En essayant. 
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samedi 11 février 2012

Super Bowl, Social Measures

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Super Bowl XLVI was a huge success. How huge?

So many numbers, so few cross-device measurements. A real smorgasboard of data not easy to grasp and summarize. See below for a very simplified and limited inventory.
  • 2.1 million streaming viewers (legal) on NBCSports.com and NFL.com (Omniture / mDialog)
  • 111,350,000 TV viewers (Nielsen)
  • Unique audience for the teams' websites: 574,000 visitors for the Patriots, 644,000 for the Giants (Nielsen / NN Incite)
  • Team and quarterback buzz according to teams' websites (Nielsen / NN Incite)
  • Viewers manipulated the 5 cameras 1.8 million times and also watched 1.8 million video clips (NBC)
  • 12.2 social media comments (Bluefin)
  • 43.5 TV rating in the Phoenix DMA (Nielsen / Phoenix Business Journal)
  • 12,233 tweets per second during the last three minutes of the game (Twitter)
  • 13.7 million tweets, 6-11pm, ET (Twitter)
  • Best social moments (USA Today Facebook Ad Meter)
  • Most replayed moments, during game and commercials (TiVo). Hulu users also rated the ads.
  • 69% Positive sentiment (trendrr)
  • 8,846,429: "Total Activity"on Twitter, Facebook, Miso, GetGlue (trendrr)
  • Most-used second screen (trendrr)
  • Share of social voice during the game (Networked Insights)
  • Additional value for the TV commercials through online video viewership (Kantar)
  • 23,8% Away from home audience. Persons 18-34. (Arbitron)
  • Many commercials were Shazam-enabled but we do not know how successful audio tagging was
MultiScreenTasking?
Of course, TV was connected during the game; connected via all kinds of TV apps and social networking. The Super Bowl is a perfect opportunity to test the new form of engagement. We should keep in mind that for all data published there is much data left unpublished that could perhaps modify the overall conclusions.
Was the TV set sometimes the second screen? The social dimension of the game was measured in many ways, even if the meaning of the measurements was not clear.
Next? Advertisers need to cross information through devices, concepts (audience, engagement, sentiment, activity, etc.), to understand the contribution of each platform, the network effect... All of these new indicators only take into account social interaction when using tools. How many viewers did not interact at all, or were social only in the traditional way, sharing drinks, food, disappointment or enthusiasm? How many viewers did not tweet at all?
We do not know. Measurement is (for) celebration.

mardi 7 février 2012

TV Time: A Question of Dosage?

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How do you watch TV? When ?
Watching TV used to be simple. On Thursday, it was "The Cosby Show" on NBC at 7:00 (CT) - every Thursday of the TV season - with few exceptions. Plus reruns in the summer. It was simple for TV viewers, families and even mediaplanners.
Then came the VCR and DVR/PVR, videocassettes and DVDs. People were able to watch a full season of "Desperate Housewiwes" in a single weekend. With no commercial breaks. Finally, one could skip the credits. No schedule: TV on "OUR" demand.
Non linear TV. Freedom to watch. If you pay, of course.

This month Netflix and Hulu, two major video services, are streaming series they just produced (scripted originals). They made two different choices, two release policies.
  • Hulu makes its programs (like "Battleground") available on a weekly basis. Every Tuesday, starting on Valentine's Day. It follows the network model for TV series: Hulu belongs to the studio networks (ABC, Fox, NBC)... People will wait for the next episode and talk about it, "like" and tweet during the week. Hulu counts on social media like Facebook and Twitter to build reputation, awareness and buzz (word of mouth, sharing, recommendation, etc.). It is like a branding strategy.
  • Netflix makes all 8 episodes of "Lilyhammer" available at once. It is trying to (re)build its subscribership. 
  • Amazon seems to also plan on producing programs... 
Two ways to spend TV time. Two ways to publish
  • During the nineteenth century, novel publishers used the same strategy: a chapter every week to start with (serialized novels) and then, at the end, all at once, an entire book. Thus were published Dickens, Balzac, Tolstoy, etc.
  • Often now, a series gives birth to a movie at the end of its television life ("24", "Gunsmoke", "Mission Impossible", etc.).

dimanche 5 février 2012

Walmart : merchandising d'abord

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Les équipes de merchandising et de marketing de Walmart étaient jusqu'à présent alignées au même niveau hiérarchique ; elles reportaient également au P-DG de Walmart (Etats-Unis, 4 750 magasins). Une réorganisation vient de prendre effet qui met désormais le marketing sous la responsabilité du merchandising et qui rassemble les deux entités. Le merchandising prend donc le pouvoir : relation aux clients, organisation des ventes et des linéaires (display), assortiment des produits, politique des prix.
Ce tournant, amorcé il y a quelques mois, s'est manifesté pleinement lors du long week-end du "Black Friday".

Ainsi Walmart prend acte des changements intervenus dans les comportements et consommations médias de ses clients : emprise des réseaux sociaux (Facebook surtout), ampleur et intérêt stratégique supposé de la data produite à chaque étape de la consommation. La principale de ces transformations, celle qui les orchestre toutes est l'équipement en téléphonie portable. Promu au devant de la scène commerciale par ces transformations, le merchandising semble mettre la publicité au second rang des priorités de Walmart.
Au lieu d'événements promotionnels, ponctuels, les prix les plus bas, tout le temps (Every Day Low Price, EDLP). La fidélisation serait à ce prix. Qu'il faut néanmoins faire connaître.
Fini le point de vente comme enchantement, théâtre. Des palettes partout ("Action Alley"). Le plus grand nombre de produits possible (EGS). Moins chers. Organisation de crise ?

Dans cette perspective, que devient l'établissement et le maintien d'une image de marque, d'une notoriété ? Le merchandising peut-il remplacer la publicité pour atteindre ces objectifs ?
Un tel changement est il propre à la grande distribution ?
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vendredi 3 février 2012

Internet, "come il pane"

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C'était fin 1994 et les tout débuts d'Internet dans le monde de la publicité. Nous rêvions d'un jour où Internet serait partout ; nous rêvions d'aujourd'hui. Quelqu'un, en italien, visionnaire, résumait ce rêve d'un slogan qui sonnait comme des vers de Pavese : « Sogniamo il giorno in cui Internet sarà un diritto come il pane » ("nous rêvons d'un jour où Internet sera un droit comme le pain", Nichi Grauso, 1994). Tout était dans cette formule, la religion du pain de chaque matin, si bon en Italie, le droit pour tous, et du rêve, des rêves... Plus de modem qui grésille, plus de branchements qui lâchent en pleine présentation, plus d'ânonnements en anglais sur fond power point. Le rêve !

Ce matin, la baguette de pain frais m'est vendue par le boulanger dans un emballage qui fait de la publicité pour un site Web d'immobilier. Nouveau modèle économique de la boulangerie. A quand le pain gratuit emballé dans le quotidien ? Le pain quotidien... Ne nous emballons pas : la consommation de pain baisse aussi.

Il ne reste plus beaucoup d'espaces de nos vies qui ne deviennent emplacements publicitaires. Nos rêves, peut-être ? Rêvez-vous avec ou sans publicité ?


N.B. Un journaliste de Wired, pour dire son admiration, qualifia en 1995 Nichi Grauso de "Berlusconi of the Net" ! Métaphore incompréhensible aujourd'hui.
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mercredi 1 février 2012

DigitalTown, ville infiniment sportive

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DigitalTown est un ad network (réseau de sites financés par la publicité) qui réunit plus de 20 000 sites de sport scolaire. Ensemble, ces sites comptent plus de 40 000 équipes sportives d'établissements secondaires (high schools) : basket (18 000), football (15 000), crosse (8500).
Les contenus éditoriaux d'abord visent un objectif pratique : horaires, composition des équipes, scores. DigitalTown dispose d'un accès gratuit aux logiciels de statistiques sportives de Daktronics.
A cela s'ajoutent des contenus publiés par les "utilisateurs " de ces sites.
Pour simplifier les exploitations publicitaires, DigitalTown propose aux annonceurs une plateforme self-service mise en place avec Shiny Ads.

Les sports scolaires dessinent des cibles naturelles, selon le sexe, l'âge, la discipline sportive, le niveau de pratique, cibles que les annonceurs peuvent croiser avec les localités. A cela s'ajoutent d'autres variables de ciblage telles que le statut des membres : administrateurs, coaches, joueurs, anciens élèves, parents d'élèves, etc. Plans puissants d'être à la fois nationaux, régionaux et hyper-locaux (local + national ; local + régional). DigitalTown propose également une adresse Webmail au nom de l'école, sans publicité (payante).
Prendre pour cible la population au début de sa socialisation scolaire et sportive, lui proposer des moyens d'identification et de communication reste un moyen prouvé de fidéliser une audience et des consommateurs.
Par de nombreux aspects, le modèle de DigitalTown s'apparente à celui que mettent en oeuvre Footeo, Clubeo et Spacefoot et que traduit Sport Local Media, une offre publicitaire ancrée dans les implantations locales des clubs sportifs français.

Le modèle économique premier de DigitalTown est fondé sur l'appropriation de noms de domaine et le développement de sites correspondant. DigitalTown affirme détenir les noms de domaine de 99% des établissements scolaires secondaires américains (27 000), noms de la forme "nom de l'école + nom de la mascotte de l'école" (.com et .net). Une telle couverture représente un atout publicitaire et éditorial considérable.
Sur ce modèle, DigitalTown se constitue également un portefeuille de nom de localités, micro-sites donnant des informations sur les communautés.

DigitalTown. Population: INFINITY.  
Le slogan de DigitalTown énonce avec humour la taille de son ambition locale : illimitée.