dimanche 26 janvier 2020

Netflix change de mesure


Regarder Netflix, ce sera désormais regarder (to watch) l'un de ses programmes pour 2 minutes au moins. A partir des chiffres publiés par Netflix dès le premier trimestre 2020. Auparavant, il fallait regarder au moins 70% d'un programme pour être compté dans son audience et attester la popularité du programme.

Ces 2 minutes seraient suffisantes, du point de vue de Netflix, pour que l'on puisse considérer que l'audience était bien volontaire, et le choix intentionnel (“Chose to watch and did watch for at least 2 minutes - long enough to indicate the choice was intentional -- is the precise definition", selon Netflix, January 21, 2020, FINAL-Q4-19-Shareholder-Letter.pdf).

"As we’ve expanded our original content, we’ve been working on how to best share content highlights that demonstrate popularity. Given that we now have titles with widely varying lengths - from short episodes (e.g. Special at around 15 minutes) to long films (e.g. The Highwaymen at 132 minutes), we believe that reporting households viewing a title based on 70% of a single episode of a series or of an entire film, which we have been doing, makes less sense. We are now reporting on households (accounts) that chose to watch a given title. Our new methodology is similar to the BBC iPlayer in their 1 rankings based on “requests” for the title, “most popular” articles on the New York Times which include those who opened the articles, and YouTube view counts. This way, short and long titles are treated equally, leveling the playing field for all types of our content including interactive content, which has no fixed length" (Netflix, o.c.).

Selon Netflix toujours, cette nouvelle manière de mesurer la popularité des programmes augmenterait les chiffres d'audience publiée de 35% (il s'agirait en fait plutôt de l'audience cumulée pour au moins 2 minutes d'un programme donné). Mais puisqu'il semble que YouTube, la BBC et The New York Times recourraient à la même méthodologie... Bien sûr, on est loin de la manière dont Nielsen donne des résultats d'audience, mais Netflix ne se sert pas de ses données pour vendre de l'espace publicitaire, à la différence de YouTube ou du New York Times...

Comcast et l'information mondialisée


Suite au rachat de Sky en 2018, NBC Sky World News serait une nouvelle chaîne de Comcast ; elle serait basée à Londres. La nouvelle chaîne ouvrirait une dizaine de bureaux supplémentaires dans le monde et recruterait 100 à 200 personnes qui s'ajouteraient aux 3500 personnes de Sky et NBC auxquelles la chaîne pourrait faire appel.
Dès son lancement, la chaîne viserait 130 millions de foyers téléspectateurs et serait concurrente de CNN et International et BBC World News.

mardi 21 janvier 2020

Streaming aux Etats-Unis : où en est-on ?


Apple+ aurait été essayé par 5% des foyers utilisant le streaming ("streaming homes"), la moitié des utilisateurs recourant à une promotion.
Pour Disney+, le pourcentage est nettement plus élevé : 23% (soit 20 millions de foyers). 41% d'entre eux se connectant chaque jour, sans doute notamment pour regarder The Mandolerian, une série de huit épisodes sur Star Wars.

Source : sondage HarrisX pour MoffettNathanson

Selon la même source, la progression de la pénétration du streaming aux Etats-Unis serait de l'ordre de 4% entre octobre 2018 et décembre 2019 ; cette progression a sensiblement diminué en 2019, le seuil se rapprochant d'un maximum possible.
En conclusion, MoffettNathanson semble privilégier une association possible, de facto, entre Netflix et Disney+. Reste à voir si une telle hypothèse se vérifie sur le moyen terme.

Pour le trimestre dernier, les résultats de Netflix pour les Etats-Unis s'avèrent inférieurs aux attentes soit 423 000 abonnés gagnés contre 600 000 attendus (guidance) : effet de maturité ? En revanche, Netflix gagne 8,33 millions d'abonnés dans le monde (hors Etats-Unis) contre 7 millions annoncés. Au total, Netflix présente un revenu de $5,47 millliards et un profit trimestriel de $586,9 ($1,30 par action).


The Mandalorian (teaser), sur Disney+

lundi 20 janvier 2020

Giri/Haji (Duty / Shame) : la vie si quotidienne d'un policier

Taki Mori avec son père Takehiro Hira

Giri / Haji (Duty / Shame) est le titre d'une série en huit épisodes, co-produite par la BBC et Netflix. Elle a été diffusée par BBC2 en fin d'année 2019 et elle est reprise par Netflix depuis le début de l'année 2020. Les dialogues fluctuent entre japonais et anglais ; ils content l'histoire d'un détective de Tokyo (平 岳大, Takehiro Hira, joue le rôle du détective, Kenzo Mori) qui est à la recherche de son frère Yuto, à Londres.
Dans sa quête, le policier de Tokyo rencontre Sarah, policière londonienne, et Rodney Yamaguchi, sex-worker, drogué, mi-japonais, mi- anglais. Rencontres et alliances improbables. La série suit l'investigation du détective à Londres où l'a bientôt rejoint sa fille, adolescente, Taki Mori (Aoi Okuyama), qui est une fan de Harry Potter dans la vraie vie ! La confrontation avec les membres de yakuzas, sociétés secrètes, sortes de mafias japonaises, constitue l'intrigue essentielle à laquelle sont mêlées les vies familiales quotidiennes des héros, embarqués malgré eux dans de sombres histoires qui les dépassent et changeront leur vie.

Cette co-production de Netflix et de la BBC est tournée au Japon (3 mois) et en Grande-Bretagne (8 mois), ce qui ne la rend pas bon marché. Taki Mori (16 ans) et Rodney Yamaguchi sont des révélations de cette série policière, Taki Mori surtout qui y fait ses débuts cinématographiques, entre Londres et Tokyo.
La série mêle sans cesse la responsabilité et l'honneur, l'amour de la famille, la triche, les rivalités, la conscience professionnelle. Chaque épisode donne à voir vivre les héros dans leur vie quotidienne, à Tokyo comme à Londres, vie quotidienne bouleversée, de plus en plus radicalement, par les intrigues de la série.

Parfois, l'écran est divisé en plusieurs parties, pour mieux décrire les ambivalences de l'action et de la situation, souvent mélangée, des personnages. Il y a également une danse en noir et blanc qui, à la fin, résume la situation et ses ambiguïtés.
Faut-il espérer une suite à cette série ? Ce n'est pas certain ; en tout cas, cette série bi-continentale rencontre un succès incontestable et inattendu : la collaboration de Netflix avec la BBC était un résultat imprévisible.


mercredi 15 janvier 2020

Démographie : le solde naturel de la France au plus bas


Catherine Beaumel, Sylvain Papon, Bilan démographique 2019, La fécondité se stabilise en France, INSEE Première, N°1789, 14/01/2020

La France a, légèrement, dépassé 67 millions de personnes françaises.
La France vieillit, les moins de 15 ans y représentant néanmoins 18,1% (record d'Europe après l'Irlande). Une personne sur cinq a soixante-cinq ans ou plus.
Le solde naturel baisse, mais le solde migratoire se maintient.
Le nombre de décès augmente et celui des naissances atteint son minimum depuis le dernier conflit mondial.
La baisse des naissances continue de diminuer mais se stabilise.
L'espérance de vie est de 85,6 ans chez les femmes, elle atteint 79,7 ans chez les hommes pour lesquels elle croît un peu plus vite. L'écart entre femmes et hommes se resserre. Seule l'Espagne présente une espérance de vie supérieure à son niveau en France pour les femmes (de presque un an).
En ce qui concerne les unions, il semble que le PACS et le mariage fassent désormais à peu près jeu égal.

Solde naturel = naissance - décès

mardi 14 janvier 2020

Les Polonais et la Shoah : une histoire sans fin ?


Sous la direction de Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wierviorka, Les Polonais et la Shoah. Une nouvelle école historique, Paris, 2019, CNRS Editions, 319 p.

C'est l'histoire des personnes polonaises de religion juive, pendant la seconde guerre mondiale mais aussi après ce conflit.
Cet ouvrage fait suite à un colloque qui s'est tenu les 21 et 22 février, à Paris, à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) où ont manifesté, de manière hostile, des militants polonais catholiques et antisémites ; leurs propos ont été repris et amplifiés par divers médias antisémites polonais dont les hebdomadaires Gazeta Polska, Sieci et Tylko Polska ainsi qu'une chaîne YouTube, suwerenny.pl.
Ceci constitue l'introduction du livre et annonce l'ambiance.

L'ouvrage commence par une intervention de Jan T. Gross, Professeur de sciences politiques à NYU, auteur, en 2000, de l'ouvrage Les Voisins. 10 juillet 1941. Un massacre de Juifs en Pologne, ouvrage portant sur le meurtre de tous les Juifs de la bourgade de Jedwabne, à l'Est de la Pologne, par leurs concitoyens catholiques polonais (ouvrage publié en français par Les Belles Lettres, traduit et présenté par Emmanuel Dauzat, 2019, 214 p.).
Ensuite, vient un texte de Jean-Charles Szurek qui rappelle, entre autres, les dix années (1984-1994) du Carmel d'Auschwitz ou le progrom de Kielce (4 juillet 1946) : la responsabilité polonaise est claire même si le gouvernement polonais actuel tend à la diminuer voire à la nier. Car, comme le souligne le chapitre de Jacek Leociak sur la "naissance d'une école historiographique" qui veut établir la vérité : "l'extermination des Juifs s'est déroulée sur le sol polonais et en présence des Polonais". Les Polonais ne furent pas des témoins passifs des assassinats des Juifs polonais mais des acteurs aussi. Le livre se poursuit par la naissance de la "nouvelle école polonaise d'histoire de la Shoah" et le Centre de recherche sur l'extermination des Juifs créé en 2003, sa revue et ses recherches.
Ensuite, la seconde partie du livre traite des "Juifs dans la Pologne occupée". Première question : pourquoi si peu de Juifs ont survécu ?" Pour répondre à cette question, il est important de continuer à dénombrer les Juifs assassinés : "où, quand, comment, combien ?" L'inventaire des modalités d'assassinats est dressé, y compris l'assassinat par les "voisins". "Plus loin, c'est encore la nuit", affirme un travail publié en 2018 : la coresponsabilité polonaise est immense et, comme le conclut Jan Grabowski, elle est loin d'être encore correctement estimée. Le "choc narratif" est grand et, pour partie, à venir. D'autant que, ensuite, il faut bien prendre en compte l'extermination indirecte, la chasse aux Juifs ("Judenjagd")...
D'autres chapitres continuent. "Oswięcim avant Auschwitz" montre la préparation historique de la population juive comme population "allogène", la prédisposant au ressentiment de ses "voisins".
Un chapitre est également consacré à l'aide communiste au milieu juif, "du côté aryen" de Varsovie ; Juifs et communistes luttaient ensemble dans la clandestinité contre le nazisme et ses collaborateurs, et ce de manière plutôt laïque (contribution de Barbara Engelking).
Joanna Tokarska-Bakir propose un chapitre sur le progrom de Kielce qui a eu lieu, la guerre finie, le 4 juillet 1946, mené par les mêmes antisémites qui n'ont fait que changer de nom, dans la Pologne contrôlée par l'armée soviétique qui assiste, mais refuse d'intervenir.
Et après ? Le livre revisite le personnage de Irena Sendler une Juste polonaise qui sauva des enfants ou encore le personnage de Anna Langfus qui écrira trois romans sur son expérience de femme juive de Lublin (voir le livre de Jean-Yves Potel, Les disparitions d'Anna Langfus, Paris, 2014). Le débat se poursuit : les méthodologies sont comparées, et c'est là l'important bénéfice de cet ouvrage qui ne se clôt pas. L'évocation en fin de volume des "meutres de voisins au Rwanda et en Pologne" cherche à montrer un logique sociale semblable, à l'oeuvre en Afrique et en Europe.

L'ouvrage donne indiscutablement à comprendre mieux, plus complètement, la situation de la Pologne en proie depuis bien longtemps à l'antisémitisme. Depuis quand ? Les études mentionnées font percevoir une partie de cette histoire et son évolution et, qui aujourd'hui se traduit par la volonté politique du gouvernement actuel de les dissimuler.
Au plan scientifique, le livre indique des pistes de réflexion, analyse des résultats (les manuels scolaires publiés depuis la fin de la guerre, par exemple, sont examinés). Pourtant, que cela constitue "une nouvelle école historique", est bien sûr discutable car la méthodologie historique n'innove pas : les historiens examinent tous les faits, scientifiquement, c'est tout. Il n'y a rien de nouveau et c'est amplement suffisant et très convaincant.

Alors, la Pologne, le pire des pays en ce qui concerne l'antisémitisme, la chasse aux Juifs et leurs assassinats ? Pas si sûr : l'inventaire devrait être dressé pour toute l'Europe, et la France, par exemple, ne sortirait sans doute pas grandie des résultats de l'exercice. Le mystère reste quand même la persistance de comportements antisémites depuis des siècles : à qui la faute ?

samedi 11 janvier 2020

Netflix or advertising? The big question!


When surveyed, three-quarters of American households claim to not want to spend more than $30 for a subscription to streaming services, and 59% would like to spend only 20 dollars. This would mean two or three services, at most.
The survey was conducted by YouGov and The Trade Desk among 2613 US consumers in November 2019 based on a weighted online sample.
According to this survey, 53% of households said they would prefer a service for a reduced fee, paid by advertising, especially if the ads are adapted to their own taste and centers of interest.

On one hand, Netflix already charges $13 a month. On the other hand, NBCUniversal's Peacock would be free for everyone, fully paid by advertising. And then, there is Apple for 4.5 dollars, ESPN+ for 5 dollars a month, Disney+ for 7, Showtime for 11, and Amazon Prime Video for 9 dollars with Hulu and HBO Max launching in May... And, about a third of American households already watch a subscription program paid only by advertising like Roku or Crackle...

So what are American households going to do? Netflix or advertising? People discussing the issue bet one way or another since they have to say something. But they do not know!





jeudi 9 janvier 2020

Sirius XM: more than 34 million subscribers


According to its figures, Sirius XM has a total of approximately 34.9 million paid subscribers. The forecast for 2020 is a little less than one million more subs and a revenue of 8 billion dollars. These statistics include Pandora subscribers since Sirius XM, controlled by Liberty Media, bought Pandora Media last year (for $3.5 billion).
Will Liberty Media acquire also post-bankruptcy iHeart Radio which counts more than 800 radio stations?

Subscribers to Sirus XM

mardi 7 janvier 2020

Virgin River : la vie y est presque belle


Virgin River. Série. Netflix, 10 épisodes.

Sur un roman de Robyn Carr (collection Harlequin, un ensemble de 20 romans vendus à 13 millions d'exemplaires), la série de dix épisodes, un "romantic drama", a été tournée par Netflix au dernier trimestre de l'année 2018. La série suit les aventures d'une nouvelle et jeune sage femme et infirmière, Mel (Melinda), qui, de Los Angeles, vient s'installer à Virgin River, au Nord de la Californie, suite à une annonce parue dans la presse, et, surtout, suite au décès de son mari. L'essentiel du tournage a lieu au Canada dans la région de Vancouver (British Columbia) ; une grande partie des acteurs est canadienne.
Il y a Jack, le patron du bistrot, ancien marine en Irak, qui, d'emblée, fait une cour assidue à Mel. Il y a le médecin grincheux, qui, il ya vingt ans, trompa sa femme. Il y a sa femme, le maire de Virgin River, non moins grincheuse, qui ne digère pas d'avoir été trompée. Il y a Charmaine, la coiffeuse, celle qui se dit la girl friend du patron du bistrot. Il y a Preacher, le copain de Jack... Tout ce monde vit plus ou moins ensemble, plus ou moins gentiment mais les histoires se compliquent, heureusement...
La série est sympathique, les malades sont soignés, le bistrot tourne. Dix nouveaux épisodes viennent d'être tournés, en 2019, pour une seconde saison à venir.
Dans le même ordre d'idées, Netflix a entrepris une nouvelle série à partir d'un autre roman de la même collection Harlequin, Sweet Magnolias, qui devrait voir le jour en 2020.
Netflix avec ces séries, tourne des idées gentilles, ces "drames romantiques" qui trouveront sûrement un public attentif et régulier. C'est le pari du moment. Même si ce n'est ni Fellini ni Bergman.

Melinda et Jack

jeudi 19 décembre 2019

PBS en ligne... et la télévision publique américaine ne sera plus gratuite


PBS est sur YouTube TV, du moins une centaine de stations (locales) de PBS sont présentes sur YouTube, pour l'instant, parmi les 350 stations publiques que compte le network de la télévision publique américaine. Cette centaine de stations représentent les trois quarts de la population américaine qui peuvent donc désormais regarder sur YouTube TV des émissions de la télévision publique. C'est le premier vMVPD (virtuel) de la télévision publique : il faut donc s'y abonner pour y accéder. L'objectif de PBS est, biensûr, de rendre la chaîne accessible, partout, à tout moment.


Cette étape est d'importanc stratégique alors que le gouvernement de Monsieur Trump envisage de supprimer les subventions à la chaîne et réclame "zero funding" de l'Etat (Corporation for Public Broadcasting) pour les stations de PBS. Ceci constituerait sans doute un grave problème, notammment pour les stations des zones en difficulté (rurales notamment).
Cette présence de PBS sur YouTube TV est néanmoins contestée par certains élus, plutôt Démocrates, qui se plaignent de la manière dont YouTube TV est organisé quant au respect de la vie privée ; le Center for Digital Democracy se demande, par exemple, comment YouTube TV collecte et partage les informations provenant des enfants : "We are especially concerned that PBS, in order to gain a few more viewers, is willing to trade away the privacy rights of children, parents and others. PBS must explain what data will be gathered and how it will be used by Google and advertisers to target the public."
A quoi la direction de PBS rétorque que les enfants pourront regarder les émissions de PBS sur YouTube TV sans publicité, ce qui ne violera donc pas la loi sur la vie privée des enfants (Children's Online Privacy Protection Act)...
Il faudra néanmoins aux foyers qui désirent regarder les émissions de PBS sur YouTube TV s'abonner : YouTube TV leur demande 49,99 $ par mois, ce qui n'est pas rien...
Le débat qui s'annonce est donc d'importance tant pour la télévision publique que pour la politique américaine.

Extrait du document publié le 17 décembre par PBS à propos de sa présence sur YouTube TV

mardi 10 décembre 2019

France, portrait social à 40 ans : les inégalités vieillissent


France, portrait social, Edition 2019, INSEE, 290 p. Chaque élément du volume (articles et fiches divers) comporte une bibliographie, 290 p., Glossaire, Index et Bibliographie générale, 19,8 €

Cet ouvrage synthétise les évolutions socio-économiques récentes observables en France.
  • Tout d'abord, il rappelle que la France métropolitaine, avec 65 millions d'habitants, a gagné 12 millions d'habitants depuis les années 1970, dont plus de 3 millions d'immigrés. 
  • En 2018, la population immigrée résidant en France s'élève donc à plus de 6 millions de personnes (9,7% de la population) alors qu'elle n'était que de 3,9 millions de personnes en 1975 (7,4% de la population). 
  • Le solde naturel en 2018 atteint à peine 118 000 personnes avec une fécondité en recul à 1,84 enfant par femme (solde naturel = nombre de naissances - nombre de décès enregistrés pour une période donnée). Ce solde naturel connut son maximum en 2006 avec 280 000 personnes.
  • La population française vieillit, 20% de 65 ans et plus en 2019 (contre 13% en 1975) ; elle a changé ses comportements au cours des quarante dernières années. 
  • Tout d'abord, la fécondité moyenne des femmes en France est toujours l'une des plus élevées en Europe. Mais l'âge de la mère à la naissance des enfants est de plus en plus tardif, il a progressé de 3 ans au cours des trente dernières années, de 1988 à 2018. On y voit un effet, entre autres, de l'allongement des études des jeunes femmes. Les taux de fécondité des femmes augmente pour celles qui ont plus de 30 ans,  faisant plus que doubler pour les femmes de 35-39 ans (2,9 en 1975 ; 6,9 en 2018). 
  • Quant au mariage, il a manifestement perdu une part de sa valeur symbolique pour les couples qui légalisent leur union de plus en plus tard, bien après leur emménagement. Les naissances hors mariage sont désormais la majorité, elles dépassent 60% mais 84% des naissances sont reconnues par leur père en 2017.
  • La monoparentalité, principalement maternelle, touche 9,3% des familles avec enfants mineurs, surtout parmi les mères les moins diplômées.
  • En quarante ans, la mortalité infantile a significativement baissé, tout comme la mortalité des 65 ans et plus ; ceci est dû au progrès des soins médicaux. L'espérance de vie à la naissance a augmenté, touchant les femmes (85,4 ans) et les hommes (79,5 ans).
  • La population immigrée a augmenté et frôle désormais les 10%, dont 30% de Maghrébins et 15% provenant de l'Afrique sub-saharienne. Les femmes représentent désormais 52% de la population immigrée. Les immigré-e-s sont dans l'ensemble plus diplômé-e-s et d'âge actif, plus qu'autrefois.
  • Quid de la mobilité sociale ? Pour les hommes, elle a peu varié entre 1977 et 2015, mais elle s'est améliorée pour les femmes, quelle que soit leur origine sociale : "les destinées sociales des femmes salariées se rapprochent nettement de celles des hommes".
On a l'impression que les inégalités reculent d'une manière générale mais ces travaux, très globaux, ne font guère voir la manière dont ces inégalités se recomposent éventuellement, discrètement, sous d'autres formes. On ne les voit guère, on les observe peu, encore, sous ces autres formes. Les statistiques montrent mais occultent aussi quelque peu les changements.

Comment ont évolué les préoccupations de la société française depuis quarante années ? 
La famille reste certes la source majoritaire de bien-être pour près de 60% des Français-e-s. Mais la plupart des Français-e-s regrettent de manquer de temps pour des activité extérieures, autres que le travail et les tâches domestiques. Les plus jeunes sont de plus en plus inquiets quant à leur état de santé (75 % des 18-24 ans) ; ils sont aussi plus inquiets du risque d'agression dans la rue.
Alors, la France, ça va ou ça ne va pas ? A vous de voir ... Les auteurs, elles, concluent : "plus de liberté, mais aussi plus d'inquiétudes". Les femmes ont massivement rejoint le marché du travail, et désormais tout le monde est favorable à cette évolution alors que seuls les diplômés de l'enseignement supérieur et les cadres y étaient surtout favorables en 1979. Mais dans l'ensemble, neuf personnes sur 10 attendent que la société se transforme (83% alors qu'ils n'étaient que 76% en 1979). A noter : la fiche sur le niveau d'éducation de la population (5.5) montre que, pour les 25-34 ans, les femmes sont 36,1% à disposer d'un diplôme supérieur à Bac+2 contre 29,6% des hommes. Cette évolution, si elle se poursuit, va poser des problèmes sociaux et culturels...

L'ouvrage, après l'examen des grandes évolutions socio-démographiques des quarante dernières années, s'intéresse à différents sujets. Trois dossiers : un sur l'évolution des familles monoparentales,  deux qui portent sur les effets des politiques fiscales récentes. Ensuite, l'ouvrage aborde, dans plus d'une trentaine de fiches spécialisées, les aspects démographiques ; il s'achève par une chronologie de l'année 2018 et un glossaire.
L'ensemble constitue un ouvrage de référence et de cadrage général pour ceux et celles qui ont besoin de connaître la population française et ses grandes composantes.

mardi 26 novembre 2019

Same day is too early: let's time-shift!


ABC follows the Fox 1995 decision: it won't report live and same-day ratings anymore (Fox Television Group chairwoman became chairwoman of Disney Television Studio and ABC Entertainment after the acquisition of Fox by Disney). ABC will report Live+3 days, Live+7 days and Multiplatform+35 days(MP35) but no more Live + Same Day ratings.

"People used to plan their lives around television, now they plan television around their lives.", affirms the new boss, Karey Burke. The diagram below, drawn from the three best ABC programs, shows this: the decline of the schedule. People follow more of their own schedule and less of the tv schedule.


samedi 23 novembre 2019

Ciblage socio-démo et data ?


Les professionnels de la publicité française, depuis toujours, segmentent et décrivent les consommations selon quelques grandes catégories issues de la comptabilité nationale et de la prévision, catégories élaborées pour la gestion des finances publiques, reprises par la sociologie de la culture, la sociologie politique, le marketing, etc.
A la base, le socio-démo exploite la segmentation selon le sexe et l'âge, les niveaux de revenus, les groupes de professions. En France, une administration publique dépendant du Ministère de l'économie et des finances, l'INSEE, produit, collecte et diffuse cette statistique de référence (qui sert, entre autres, au calage des enquêtes).

A l'aide du socio-démo, on voudrait rendre compte, et non expliquer, des comportements de consommation, des intérêts pour des produits, des fréquentations de services. Les socio-démo sont devenues des noms de cibles marketing (femmes 15-24 ans, enfants de 11-14 ans, personnes de plus de 60 ans, etc.). Ensembles et appartenances avec lesquels on établit des corrélations plutôt que des explications.
Car, en réalité, les données socio-démo n'expliquent pas, elles décrivent une appartenance, souvent confuse. Les hommes s'intéressent à l'automobile, fréquentent des sites d'automobile. Parce que ce sont des hommes ? Non, parce qu'il leur faut changer d'automobile et rêver un peu aussi. La visite d'un site automobile trahit une intention, consciente ou pas, un désir. Si l'on cherche des internautes qui envisagent de changer de véhicule, on les trouvera notamment parmi ceux qui ont visité un site de crédit automobile, un site de constructeur, un site comparateur d'assurances, un article sur la sécurité automobile, et notamment parmi ceux qui cumulent plusieurs de ces comportements. Hommes ou femmes ? Jeunes ou vieux ? Qu'importe, c'est l'intention qui compte : les données nous dispensent des socio-démos.

Le reciblage (retargeting, remarketing) est l'exploitation directe de cette proposition évidente. Si telle personne a visité un site d'ordinateurs, c'est peut-être qu'elle envisage d'acheter un ordinateur. Si elle n'en n'a pas acheté encore (shopping cart abandonment), adressons lui un message vantant des ordinateurs.
Les cibles ainsi définies sont dites comportementales (ou contextuelles ou lexicales, variations du comportemental). Quand la réalisation d'une intention est proche, immédiate, on se trouve dans la performance ; quand elle est différée, lointaine, on dit que c'est de l'image de marque (branding). Une image de marque est une intention en puissance, latente, en attente d'être énoncée, pensée puis réalisée.
Le travail sur la data (comportements, lexique, etc.) remplace avantageusement le recours aux catégories socio-démographiques.
Connaît-on sa cible avant ? Pas toujours : la cible est ce que l'on a touché. Alors pourquoi donne-t-on tant d'importance au socio-démo ?

mercredi 13 novembre 2019

"Justified", une série sympathique mais réaliste


Les deux principaux héros de la série, Raylan Givens (à gauche) et Boyd Crowder (à droite)
Voici une longue série, celle qui raconte les multiples aventures, dans l'exercice de son  métier, du U.S. Marshall Raylan Givens. La série a commencé sur Fox FX, le network, il y a bientôt dix ans, en mars 2010, pour se terminer en avril 2015. Les 78 épisodes de la série, soit six années de 13 épisodes, sont actuellement visibles sur Amazon Prime Video. En France, la série a d'abord été diffusée par Série Club puis par M6. Aux Etats-Unis, pour sa première diffusion, elle a touché de deux à quatre millions de téléspectateurs.

La série est dominée par un personnage central, un jeune shérif, d'une nonchalance calculée, Deputy Marshall Raylan Givens, qui ne manque ni d'humour, ni de chance. Un peu play-boy, plutôt décontracté, en apparence du moins, charmeur très souvent, il devient aussi le père d'une petite fille. Il est le fil conducteur de la série, plutôt beau joueur, mais toujours homme de loi, et qui, malgré toutes les occasions, ne la trahit jamais. La série joue entre le western et le policier, le titre que l'on a traduit par "légitime défense", donnant le ton général de la  série.

Ainsi commence et se poursuit pendant ces six années une série qui met en place une amitié entre Boyd Crowder, le bandit, et Raylan Givens, le flic, amitié née lorsqu'ils travaillaient tous deux ensemble à la mine ("We dug coal together"). En même temps, Raylan est un héros de roman ; il revient au pays natal où il a été muté après un passage à Miami, d'où il a été chassé, sans raison valable, pour avoir tué un bandit qui le menaçait. Ce pays natal dont il connaît tous les éléments, tous les événements, et les partage quelque peu, ce qui fait que comme on le dira, "son chapeau n'est pas tout à fait blanc".

Roman paru en 2012
La série reprend des thèmes de romans policiers de Elmore Leonard. Elle se joue principalement entre Lexington (Kentucky) et Harlan County où Raylan Givens fut enfant et où il retrouve des héros de son enfance.
La série a reçu huit Awards. Même la musique est bonne et a été récompensée. Reçue positivement par les critiques, la série a connu un succès constant.
Beaucoup d'humour dans les dialogues ont rendu la série sympathique et quelque peu réaliste. On en revoit aisément des épisodes, ce qui lui assure une durée bien au-delà de ses premières années de diffusion.

Enfin, la série présente un caractère social qui peu aisément échapper à un téléspectateur non américain ; il y a d'abord l'accent des Appalaches de l'Est (hillbillies) et puis la misère qui menace cette population : la mine a fermé, et il n'y a pas d'aides à espérer du gouvernement... On voit et suit la vie d'une population qui cherche sa survie et se débat dans la drogue - qui vient du Sud, de Miami - pour y trouver quelques solutions de secours à sa misère.
Tout ces éléments contribuent à la dimension sympathique de la série et de ses héros, qui sont un peu tous pris par cette situation socio-économique qui les dépasse et les déborde.

dimanche 3 novembre 2019

Les usages d'Internet en France: des inégalités sans surprise


Stéphane Legleye, Annaïck Rolland (division Conditions de vie des ménages, Insee), "Une personne sur six n’utilise pas Internet, plus d’un usager sur trois manque de compétences numériques de base", INSEE Première, N° 1780, 30 octobre 2019.

L'INSEE vient de publier une étude sur la place d'Internet dans la vie des ménages français.
Tout d'abord, internationalement, en Europe exclusivement, les Français se tiennent dans la moyenne, un peu au-dessous, comme l'Espagne, le Portugal ou l'Irlande mais bien loin derrière l'Islande, les pays scandinaves, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou l'Allemagne. Découpage géographique qui en recoupe d'autres, très anciens (catholiques / protestants ; couverture des toits en tuiles / ardoises, etc.) ; la France est plutôt à la traîne, derrière l'Europe du Nord ; mais elle se situe devant l'Europe du Sud et de l'Est. A moins que ce ne soit le niveau de vie : la Norvège, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, la Suisse, la Finlande et le Royaume-Uni sont en tête.


Pour ce qui est de la "capacité numérique" et des "usages d'Internet", le diplôme s'avère discriminant mais, néanmoins, les chômeurs sont mieux placés que les autres inactifs et retraités (effet d'âge, effet de la nécessité ?), de même que les ménages avec enfants (les enfants enseignent et forment leurs parents).
Un quart de la population est encore incapable de s'informer à l'aide d'Internet. Notons que 49% des usagers d'Internet se trouvent incapables de chercher des informations administratives (33% sont incapables de trouver des informations sur un produit ou un service) : ce qui pointe leur défaillance, certes, mais aussi celle de l'administration et de l'Etat : il faut inventer sans cesse une didactique spécifique capable de promouvoir les usages d'Internet.

Part de personnes ayant une incapacité ou en situation d'illectronisme 
L'illectronisme, maladie sociale, est lié au diplôme (3,5 % des diplômés de l'enseignement supérieur, 43,9 % des non diplômés), au fait de vivre dans le monde rural et, surtout, à l'âge (3% des 15-29 ans contre 67,2 % des plus de 75 ans) ; même si ce taux d'illectronisme a, d'une manière générale, fortement baissé depuis dix ans (2009).
La conclusion de l'étude, sans surprise, est qu'il faut lutter contre l'illectronisme, cause de "vulnérabilité sociale", parmi d'autres : "Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas savoir utiliser les outils numériques représente donc un réel handicap". Mais si cette étude est sans surprise, c'est aussi parce qu'elle s'en tient aux généralités... Aller fouiller dans les détails donnerait à mieux comprendre la société française contemporaine.
Une des principales leçons que l'on peut également tirer de l'étude est le besoin de services publics d'Internet chargés d'enseigner son usage, services qui pourraient être confiés systématiquement, entre autres, à des entreprises du secteur public (éducation, transports, santé, postes, etc.) mais également aussi aux banques, aux commerces...
En fait, pour conclure, plus on est pauvre et moins on accède aux services d'Internet, mais ceci est vrai de toutes les pratiques culturelles, et on le sait depuis longtemps... Cette étude le confirme dans ses grandes lignes, et c'est bien.

mercredi 23 octobre 2019

Netflix : quelles solutions à venir ?


Pour affronter la concurrence de Apple et Disney, Netflix vient d'emprunter 2 milliards de dollars.
Ces deux milliards serviront notamment à la production de nouveaux contenus ainsi qu'à de nouvelles acquisitions (“content, production and development and potential acquisitions”). La bataille Netflix / Disney semble inégale tant les archives de Disney semblent incomparablement importantes : plus d'un siècle de productions accumulées ! Mais qui veut les voir, les revoir ?

De son côté, Verizon annonce offrir gratuitement un abonnement de Disney+ pour un an à ses abonnés à des services illimités à Internet (FiOS, 4G LTE, 5G, etc.). Au total, environ l'offre concerne 50 millions d'abonnés. Disney + sera lancé le 12 novembre.
Le lendemain de la publication de cet accord, le cours de Netflix a perdu 4% (à 266,69 $).

De même, Apple offre un abonnement gratuit à son service vidéo (Apple +) pour un an aux acheteurs d'un nouveau téléphone. Ce service sera mis en place dès le lancement, le 1er novembre 2019.

De son côté, Peacock, l'application de Comcast / NBCU, se prépare pour son lancement en avril 2020 : tout d'abord, gratuite pour les abonnés de Comcast, l'application sera d'emblée soutenue par la publicité (mais pas uniquement, puisque le service pourra être également vendu sans publicité), ensuite elle exploitera les Jeux Olympiques. Comcast compte sur le service Xfinity qui a gagné 379 000 abonnés ce trimestre alors que le câble en perdait 238 000.

Et l'on commence à répéter qu'il va falloir cesser de donner son mot de passe Netflix à ses amis, sa famille...

samedi 19 octobre 2019

Netflix ne va pas si mal, jusqu'à présent du moins


Les chiffres du troisième trimestre ont été publiés. Et ils ne sont pas si mauvais.

Globalement, les résultats sont conformes aux attentes : un peu meilleurs que ce qui avait été annoncé pour ce qui est de l'international (6,3 millions d'abonnés gagnés), un peu moins bons au plan intérieur américain que ce qui était attendu (0,517 million d'abonnés gagnés contre 0,8 attendus), le manque à gagner étant attribué aux augmentations de tarif du trimestre précédent (quand l'abonnement est passé de 10,99 à 12,99$).
L'ensemble est donc néanmoins positif et Netflix répond ainsi aux attentes globales du marché. Pour l'instant, du moins.

On attend maintenant le prochain trimestre, quand Apple TV+ et Disney+ seront également proposés aux téléspectateurs à un tarif nettement moins élevé, rejoignant Netflix, hulu et Amazon PrimeVideo.


Dès lors, ou bien les téléspectateurs américains pourront quitter la télévision payante classique (environ 65% des foyers américains sont encore abonnés à une offre payante au moins) ; ou bien, ils pourront s'abonner à Netflix ou à l'un de ses concurrents, ou alors ils considéreront Netflix et ses concurrents comme des suppléments dont ils peuvent, le cas échéant, se passer aisément.
Vraisemblablement toutefois, la situation, une fois passé l'événement, sera mixte, la télévision classique ne perdra ses avantages que lentement.
Mais Netflix est également international aussi, la place de l'international s'accroît et s'accroîtra davantage que le national.

Donc une révolution serait en marche, certes, mais elle serait loin d'être complètement effectuée. D'autant que Peacock (MBC) et HBO+ (AT&T) vont également rejoindre l'offre de Amazon Prime Video et de Hulu. La bataille sera donc très difficile, mais difficile pour tous les intervenants, pas seulement pour Netflix.
En fait, la clef principale pour Netflix tient sans aucun doute à la qualité et à la diversité de son offre. Sera-t-elle suffisante pour attirer les téléspectateurs et les faire payer chaque mois ? Le prix proposé par Netflix n'est-il pas trop élevé ?

N.B. Les prochains résultats seront répartis en quatre régions : Etats-Unis et Canada, Asie et Pacifique, Europe, et Moyen-Orient / Afrique.

lundi 23 septembre 2019

Comment va Netflix ?


Les jours, les mois qui viennent ne manqueront pas de devenir intéressants aux Etats-Unis pour la bataille de la vidéo. Plusieurs acteurs s'attaquent à la domination de Netflix : Disney+ (qui sera lancé le 12 novembre), Apple TV+ (lancé le 1er Novembre), sans compter bientôt Peacock, le service de Comcast (NBCUniversal) qui sera lancé en avril 2020, et le service de TimeWarnerMedia (HBO Max) qui ne commencera qu'en mars. Sans oublier Amazon Prime Video et Hulu. Et il faudra bientôt commencer de compter aussi avec Metrological que vient d'acquérir Comcast, qui espère ainsi lutter contre Android (Google).

Le cours de l'action Netflix tenant compte des pronostics pessimistes est passé bien au-dessous de 300 $ (24% de chute de l'action depuis le 17 juillet, 283 $). Netflix a perdu 126 000 abonnés aux Etats-Unis (alrs que l'on en espérait 352 000 de gagnés) et n'en a gagné "que" 2,8 millions à l'international (on en attendait 4,8 millions).
Cours comparés de Disney et Netflix. Sources : The Wall Street Journal et FactSet (octobre 2019)
Néanmoins, attendons d'abord, pour un premier diagnostic, le 16 octobre, quand Netflix publiera les résultats du troisième trimestre de l'année en cours.

Netflix s'est préparé à cette compétition depuis 2012. "It’ll be tough competition", a récemment noté son président Reed Hastings à Londres (Royal Television Society, Cambridge).

mercredi 18 septembre 2019

Nexstar Media Group s'empare de Tribune Media Company


Nexstar Media Group a gagné : la FCC approuve la relation lui permettant de prendre possession de Tribune Media Company (41 stations de plein pouvoir), créant ainsi le premier groupe de télévision locale américain (par 3 voix pour 2 contre).

Le groupe ainsi constitué touchera 174 stations O&0 dans 115 DMA, couvrant 39% des foyers TV, selon les règles de calcul actuel.
Le Justice Department a signé le 31 juillet ; on attend la signature de la Securities and Exchange Commission.
La FCC a noté que Nexstar Media Group s'est engagé à effectuer des investissements pour permettre aux stations acquises de recourir pleinement à ATSC 3.0. L'opération permettra également aux stations de bénéficier des services de Nexstar à Washington (D.C). Les deux membres démocrates de la FCC ont regretté que l'opération soit défavorable au "localism".

Nexstar prend le contrôle de WGN et de 31% de Food Network.

Le deal, signé le 30 novembre 2018, s'élève à 7,3 milliards de dollars.

Le 13 marchés que Nexstar a dû abandonner sont : Davenport et Des Moines (Iowa) ; Ft. Smith, (Arkansas) ; Grand Rapids (Michigan) ; Harrisburg et Wilkes-Barre (Pennsylvania), Hartford (Connecticut) ; Huntsville (Alabama) ; Indianapolis (Indiana) ; Memphis, (Tennessee) ; Norfolk et Richmond (Virginia) ; Salt Lake City (Utah).

11 stations sont achetées par le groupe Tegna dans 8 marchés (DMA).

WTIC/WCCT — FOX/CW affiliates in Hartford-New Haven, CT
WPMT — FOX affiliate in Harrisburg-Lancaster-Lebanon-York, PA
WATN/WLMT — ABC/CW affiliates in Memphis, TN
WNEP — ABC affiliate in Wilkes Barre-Scranton, PA
WOI/KCWI — ABC/CW affiliates in Des Moines-Ames, IA
WZDX — FOX affiliate in Huntsville-Decatur-Florence, AL
WQAD — ABC affiliate in Davenport, IA and Rock Island-Moline, IL
KFSM — CBS affiliate in Ft. Smith-Fayetteville-Springdale-Rogers, AR




Apple attaque Disney ?


Source : Forbes, September 2019

La guerre est-elle déclarée entre Disney et AppleTV Plus ?
Apple propose une offre pour 4,99 $ par mois le 10 novembre de cette année (offre gratuite pour un an en cas d'achat d'un nouvel appareil Apple).
Disney propose son offre pour 6,99 $ (le 12 novembre) ou 12,99 $ si l'abonnement inclut ESPN+ et Hulu.
Donc le président de Disney, Bob Iger, quitte le Conseil d'administration de Apple dans lequel il siégeait depuis 2011, le 10 septembre.
C'est la conséquence d'une bataille difficile qui s'annonce.
Est-ce le début d'une forte croissance - indispensable - pour Apple ? On parle de rachats de toutes sortes...