mardi 27 juillet 2010

Réseaux publicitaires : TV networks et Ad networks

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Le groupe de télévision américain NBC Universal vient de lancer son propre réseau publicitaire : UAP (Universal Audience Platform). Ce network rassemble des sites des chaînes (NBC.com, USANetwork.com, Bravotv.com, Oxygen.com, Syfi.com,Telemundo.com), des sites autonomes comme iVillage.com et les sites des dix stations locales "O and O" du network national grand public NBC. A terme, le réseau pourrait prendre en régie des sites n'appartenant pas au groupe (les sites de stations affiliées ?).
Les données d'audience utilisées pour le médiaplanning proviendront de Nielsen (NNR), Quantcast et BlueKai.
MSNBC.com, Weather.com, and CNBC.com, les grands sites du groupe qui disposent d'une autonomie publicitaire (image, ciblage, puissance) n'ont pas été inclus dans le réseau publicitaire UAP.

Pourquoi cette stratégie de la part de l'un des très grands groupes TV américains ? Les arguments avancés sont classiques :
  • assurer la sécurité des emplacements publicitaires pour les annonceurs et les agences (brand safe environment), la sécurité des sites "owned and operated" étant en principe assurée et vérifiée 
  • transparence et contrôle de la transaction commerciale
  • présence d'interlocuteurs commerciaux et non d'automates
  • puissance : 60 millions de visiteurs uniques / mois
Les raisons de ce virage sont à chercher ailleurs.
Ce coup joué par NBCU est à replacer dans la perspective globale de l'acquisition de NBCU par Comcast (51%), le premier câblo-opérateur américain ; le dossier est en cours d'examen par les autorités de régulation, (FCC, Subcomité chargé de la concurrence au Sénat).
A terme, ce réseau pourrait se voir compléter par d'autres sites des chaînes et réseaux de Comcast. D'autres réseaux à ciblage géographique pourraient être constitués à partir des sites des réseaux câblés de Comcast qui ont tous une régie publicitaire locale et des interconnects,à partir des nouvelles chaînes régionales (les stations "O and O" de NBC à New York et à Chicago lancent des chaînes locales d'information 24/24, Nonstop). Un réseau publicitaire consacré au sport pourrait également être envisagé à partir de chaînes sportives régionales.

Si les grands médias reprennent en main leur destin publicitaire en ligne, ceci représente un danger pour les "sites portail" qui tablent sur leur puissance apparente et sur des ciblages verticaux fragiles ; cela peut menacer également les réseaux publicitaires ne disposant pas d'outils efficaces de ciblage et d'achat d'espace.
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samedi 24 juillet 2010

Place de marché locale ?

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La presse quotidiene locale et régionale américaine recourt à Yahoo! pour la commercialisation de ses espaces display. Gannett vient de mettre à son tour les sites Internet de ses diverses médias en régie chez Yahoo! (81 titres de presse quotidienne régionale, 7 stations locales TV et radio). La couverture de la plateforme APT de Yahoo! atteindrait 80% de la population américaine, l'apport de couverture de Gannett étant significatif. Gannett fournira également des contenus locaux à Yahoo! pour son site.
Cette plateforme APT est une place de marché : agences, éditeurs, annonceurs, réseaux publicitaires s'y rencontrent. Elle simplifie et réduit les coûts de transactions liés au planning et à l'achat sur un grand nombre de sites. Les fonctionnalités en sont énoncées ici, dans un inventaire programmatique.

La presse locale et régionale doit-elle sous-traiter les métiers de régie pour se concentrer sur la réalisation des contenus non commerciaux ? Cette question lancinante préoccupe tous les médias.  Les éditeurs ne maîtrisent plus les outils de régie comme ils le pouvaient faire avec les médias analogiques. Les métiers de régie sont désormais des métiers d'ingénieurs, de statisticiens au moins autant que de "commerciaux", dont les charges s'amortissent sur de forts volumes traités.
Mais, en sous-traitant la régie, un éditeur risque de perdre à court terme toute compétence dans la communication numérique. Connaissance des comportements de consommation des contenus éditoriaux et maîtrise des contenus publicitaires sont indémêlables. L'enjeu est stratégique.

Notons que Gannett utilisera la plateforme de Yahoo! sans devenir membre du Yahoo! Newspaper Consortium. Par ailleurs, Gannett reste membre de QuadrantOne, un réseau publicitaire (adnetwork) commercialisant des sites de médias régionaux à des annonceurs nationaux. Prudence ?
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lundi 19 juillet 2010

La Chine numérique s'est levée

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La Chine est, et de loin, la première des nations sur Internet (420 millions d'internautes, 36 millions de plus depuis le début de l'année. Source : CNNIC) ; par conséquent, le chinois est la première langue de l'Internet.
La nouvelle gestion des DNS permet les noms de domaine en langue chinoise : on a parlé de schisme de l'Internet alors qu'il s'agit de rendre sa place à l'écriture chinoise. Pour mieux comprendre l'attitude chinoise, et l'indécrottable ethnocentrisme de certains occidentaux, il suffit d'imaginer que nous devions écrire les noms de domaine des sites américains ou européens en chinois !

Parmi les premiers sites en nombre de visites, les sites chinois sont de mieux en mieux placés. Le classement de Doubleclick Adplanner (Google) permet de les situer : baidu (moteur de recherche), qq (réseau social), taobao (e-commerce), youku (vidéo), sohu (moteur de recherche), tudou (vidéo)... Tout cela se tient. Une entreprise numérique peut-elle être dite internationale si elle n'est pas présente solidement en Chine, en chinois ?

Nombre d'événements récents attestent de cette hégémonie :
  • Google s'est réconcilié avec le gouvernement chinois qui lui a renouvelé sa "licence".
  • Apple ouvre des AppleStores en Chine.
  • Les livres numériques prennent pied sur le marché universitaire (cf. Founder Apabi) et dans les bibliothèques chinoises.
  • Alibaba (阿里巴巴) rachète des entreprises américaines de commerce électronique B2B (Auctiva et Vendio qui fournisent eBay, Amazon et des milliers d'autres entreprises pour la gestion des enchères).  
  • L'agence d'information Xinhua (新华社) et China Mobile (中国移动通信554 millions d'abonnés) passent un accord de JV (août 2010) pour développer un moteur de recherche. Le message est clair pour Google et ses lointains suivants. Le texte du communiqué énonce les intentions du gouvernement chinois :
    • "Called Search Engine New Media International Communications Co., the joint venture will focus on creating a leading search engine while actively developing other businesses, including the internet, print media and advertising, said Zhou Xisheng, vice president of Xinhua, at a signing ceremony."Search engines, which have powerful information integration abilities, play an increasingly important role in disseminating information and influencing public opinion," he said. Zhou stressed the importance of setting up the joint venture, saying it was part of the country's broader efforts to safeguard its information security and push forward the robust, healthy and orderly development of China's new media industry. He said the joint venture will make full use of advanced search technologies and recruit world-class talent to offer quality services to customers from home and abroad".
    Complétez vous-même, depuis votre domaine de compétence !


    * A propos du titre : le 1er octobre 1949, pour la fondation de la République Populaire de Chine, discours de Mao Zedong : "La Chine s’est levée" (plus exactement, "中国人民从此站起来了" :  "le peuple chinois ...").
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    samedi 17 juillet 2010

    Bricolage pour enfants : "Allez les filles !"


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    Felix aime le bricolage est un nouveau magazine pour enfants de 2 à 5 ans (selon l'indication du titre). Bimestriel, 4,90 €, il est accompagné de petits outils en plastic (vis, boulon, tournevis, pince et support à visser).
    La cible est exclusivement masculine : "mon fils est un casse-cou"... Le texte comporte une page qui s'adresse aux parents : conseils de bon sens et recommandation de lectures pour les enfants.
    • Le bricolage est un thème dominant dans la presse magazine française. C'est même un des domaines essentiels de l'édition.Tous les âges sont touchés, femmes et hommes. Cela va du bricolage général (maison, décoration, jardin), à la mécanique (vélo, moto, auto), à l'informatique, l'électronique, la construction, etc. Et ce que l'on appelle "loisirs créatifs", bricolage / décoration, qui cible surtout les femmes, est en expansion continue. 
    • Felix est un magazine tout au masculin. De bout en bout. Comment est-ce encore possible ? Quelle méconnaissance de notre univers social, de celui dans lequel vivent les enfants, définitivement mixte et souvent majoritairement féminin (école maternelle) ! Des autos, un train, un mécanicien, un maçon, un horloger, un menuisier, un peintre, un dépanneur. Seule figure féminine, une seule fois évoquée, un visage de maman (pas même nommée). Revendication fière du héros : "Je suis un petit garçon. Je suis un petit casse-cou". Clichés sexistes à chaque page. Dommage. Contre-productif. La boîte à outils, la leçon de vocabulaire, les métiers observés, tout cela pouvait donner lieu à un magazine d'éveil, mixte. Ciblez donc les mères : "la femme est l'avenir du bricolage" titrait Stratégies, il y a déjà quelques années (2003). Pourquoi renoncer à 50% des clients potentiels, et s'affubler ainsi d'une image ringarde ?
    • Pas de publicité. Dommage ! Duplo, Bricorama y trouveraient une place légitime et donneraient aux pages de ce nouveau titre un contrepoint réaliste.

      jeudi 15 juillet 2010

      Les serveurs de publicité audités

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      Le domaine d'intervention des audits diligentés par le Media Rating Council (l'équivalent américain du CESP) s'étend à de nouveaux protagonistes du marché média. Le MRC vient de faire connaître l'accréditation d'un serveur de publicité vidéo (video ad server), Vindico.
      Vindico (groupe BBE qui réunit et commercialise des réseaux publicitaires, dont vidéo) sert, distribue des messages publicitaires vidéo à des réseaux publicitaires (ad networks). Cette distribution ciblée (médiaplanning et achat en acte) mobilise et produit des données d'audience publicitaire ; elle s'inscrit de ce fait dans le domaine d'audit du MRC.
      Notons que, pour l'optimisation des campagnes, Vindico travaille avec les outils de mesure d'audience de Quantcast qui vient d'être également audité par le MRC.

      • Rôle croissant des audits alors que les mesures média sont de plus en plus complexes et de moins en moins interprofessionnelles. Plus que de mesures d'audience, il s'agit d'auditer des mesures d'actions publicitaires (clicklead, transformation, etc.) voire la chaîne même des actions publicitaires (adserving > tracking > analytics> reporting).
      • La vidéo publicitaire prend de plus en plus d'importance dans les stratégies publicitaires en ligne (display), au fur et à mesure que la vidéo elle-même s'empare d'Internet et grignote la part d'audience de la télévision traditionnelle.

      mardi 13 juillet 2010

      TV internationale et agences de presse : CNC World et CNN

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      Xinhua News Agency (新华社), l'agence d'information chinoise, lance une chaîne internationale d'information continue, CNC World (CNC = (中国新华新闻电视网, ou China News Network Cooperation), diffusant en chinois et en anglais.
      Pour son information internationale, la Chine développe un modèle économique qui met la collecte de l'information à la base de l'édifice médiatique. On ne trouve un tel modèle ni en France, ni aux Etats-Unis où règnent la division sinon la concurrence entre agences de presse et télévision internationale.
      Pour couvrir l'international, la Chine dispose déjà de CCTV (中国中央电视台) qui diffuse en anglais, arabe, espagnol, français et du Quotidien du Peuple (人民日报, Renmin Ribao), le journal du Parti Communiste Chinois, qui publie des éditions en anglais, arabe, espagnol, français, japonais et russe.
      Symbole des ambitions et de la détermination internationales chinoises, Xinhua s'installe à New York au sommet d'un immeuble de 44 étages, à Time Square.
      • Ce développement chinois dans les médias internationaux d'information témoigne des transformations numériques en cours dans ce secteur où triomphent encore des modèles économiques et des métiers séparés :  agences de presse, d'une part, chaînes nationales internationalisées, d'autre part. 
      • CNN (Time Warner) remet en question cette séparation par une autre voie que Xinhua, quittant l'agence Associated Press (AP) après 30 ans d'abonnement. Il s'agit pour CNN non seulement de limiter ses dépenses mais surtout d'offrir à son public davantage de contenus exclusifs. CNN se positionne de facto comme agence de presse (CNN Wire). 
      • Le marché américain conduit CNN, par d'autres voies, aux mêmes décisions que la rationalité politique chinoise. La différence entre les deux voies tient aux ambitions exclusivement commerciales de l'une et aux ambitions de politique internationale de l'autre, ambitions dont témoigne le nombre des langues mises en oeuvre.
      • On peut lire dans cette perspective l'organisation récente de l'audiovisuel extérieur de la France avec la chaîne de télévision France 24 (anglais, arabe, français) et RFI (radio en 12 langues). De son côté, l'AFP couvre le monde en allemand, anglais, arabe, espagnol, français et portugais. 
      • Inévitablement, la généralisation d'Internet va bousculer encore ces organisations. L'organisation chinoise semble la mieux préparée aux prochaines étapes de cette évolution.

      lundi 12 juillet 2010

      La leçon de foot des amateurs

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      L'image du football professionnel français, football spectacle, football people aura atteint en ce début d'été des sommets de vulgarité et de bêtise : pour beaucoup d'amateurs de football, il y a quelque chose de pourri au royaume du football professionnel. Mais ce football malade n'est qu'une partie, certes la plus "médiatisée", mais infime d'un univers social beaucoup plus large et beaucoup plus sain.
      Que sait-on du football amateur qui réunit plus de deux millions de bénévoles, de passionnés, dans 18 000 clubs ? Que sait-on de ce que pensent ceux qui jouent au foot, ceux qui, dirigeants, arbitres, éducateurs, font que l'entrainement et le match ont lieu, chaque semaine ?
      RIEN.
      Les médias spécialisés les ignorent et ne couvrent guère ces événements sportifs locaux, trop petits à leur regards distants.

      Avec Footeo, qui anime un réseau de près de 7 000 clubs (répartis dans plus de 5 000 communes), cela va changer. Footeo a consulté le Tiers-Etat du football. Un questionnaire auto-administré, en ligne sur les sites des clubs, a été rempli par plus de 2 000 licenciés : 50% de joueurs, 50% de dirigeants et éducateurs.

      Quelques réponses significatives :
      • pour la plupart d'entre ces amateurs, le foot représente 5 à 10 heures du budget-temps de la semaine (plus de 20 heures pour 25% d'entre eux)
      • pour deux tiers des répondants, le meilleur souvenir de foot est un souvenir de jeu, un souvenir de joueur, dans une équipe amateur. Les souvenirs de téléspectateurs sont loin derrière...
      • pour les joueurs, le football est de l'ordre du plaisir et de la passion, d'abord
      • pour les dirigeants et les éducateurs, c'est le partage et la convivialité qui comptent
      • la condamnation d'une équipe française qui s'est si piètrement illustrée lors de la Coupe du Monde est sans discussion (commentaires édifiants). Les pros feraient bien de s'aligner sur les amateurs !
      Cette premiere enquête montre la différence qu'introduit Internet dans la culture sportive, dans la connaissance que l'on en a et, surtout, dans la manière dont se forme l'image de cette culture. Quand il s'agit de parler football, les amateurs sont des pros. Enquête doublement intéressante.
      • D'abord, parce qu'elle donne la parole à ceux qui ne la prennent jamais (au mieux, des porte-paroles patentés parlent à leur place). Et Footeo laisse entendre que de telles enquêtes seront régulières. Alors qu'il est un objet "parlé" par quelques spécialistes, le football se donne avec Footeo les moyens de devenir le sujet de ses discours, de son image.
      • Ensuite, parce que cette enquête montre la puissance d'un nouveau média du sport, fonctionnant en réseau, selon une logique en rupture avec celle des médias du football professionnel. Pour Footeo, le football est un sport d'acteurs, et d'acteurs locaux, une communauté dynamique, avec ses valeurs, ses rites, ses principes, ses mots, ses émotions. 
      Engagement, esprit sportif, présence nationale, ancrage dans la vie locale : pour les annonceurs, le football amateur représente un support publicitaire alternatif et complémentaire au sport professionnel, à moins qu'il ne faille plutôt considérer le sport professionnel comme un complément publicitaire du sport amateur. Pour paraphraser un fameux slogan publicitaire (Nike) : le football n'est pas qu'un sport de spectateur ("is not a spectator sport").
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      samedi 10 juillet 2010

      A vos Mac Tablettes : modes d'emploi

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      Un nouveau média, une nouvelle technologie suscitent la création de magazines. L'iPhone et l'iPad le confirment.
      • Illustration de la fonction majeure de la presse magazine : exposer le mode d'emploi d'un nouvel appareil, guider les achats, vulgariser... Fonction qui s'exerce donc avant et après achat et qui accompagne l'évolution d'un appareil (mises à jour, nouvelles versions, etc.). Fonction que ne remplacent pas celles mises en oeuvre par Internet. 
        • Avant achat : sélection, comparaison, détermination de l'ensemble de considération, curiosité, envie... Fonction différente de celle du comparateur de prix.
        • Après achat : rationalisation, justification, (réduction de la dissonance cognitive, élaboration des arguments) de l'achat mais aussi astuces d'utilisation, usages nouveaux. Fonction importante alors qu'il n'est plus de mode d'emploi papier hors de brefs guides de démarrage. Aller chercher des PDF en ligne, qui le fait ? Fonction différente de celle de dépannage en ligne.
      Numérique et papier se partagent les fonctionnalités magazine. Les fonctions guide d'achat et mode d'emploi sont les plus présentes dans la presse magazine. Apparent paradoxe : les technologies numériques qui abreuvent les consommateurs de nouveaux produits trouvent dans l'édition papier et le point de vente presse leurs meilleurs alliés.

      A la lecture, ce nouveau magazine des éditions avosmac (52 p, 5 €) se révèle utile pour apprivoiser l'iPad et en approfondir certains usages. Les évolutions de l'iPad et le développement de nouvelles tablettes suffiront sans doute à son équilibre, si la publicité y trouve un support intéressant (pourquoi n'y a-il pas de publicité dans ce numéro, au moins captive ?).
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        lundi 5 juillet 2010

        Socio démo et calage des enquêtes Internet

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        Pourquoi le marketing sur Internet se laisse-t-il aller encore aux fameuses catégories socio-professionnelles ? Les consommations de la grande majorité de la population ne suivent plus ces catégorisations issues d'un univers social divisé par les professions, l'âge, le sexe. Non pas qu'il n'y ait plus de classes, de classements... mais ils opèrent selon des modalités différentes (urbanisme, capital culturel, héritages et réseaux familiaux, ancienneté de la présence en France, statut, etc.). Ce n'est pas parce qu'elles sont commodes pour les enquêtes et la sociologie que les CSP sont pertinentes.
        Les niveaux de revenus disponibles, après transferts sociaux, seraient bien sûr discriminants et explicatifs, mais ils sont difficilement saisis par les enquêtes déclaratives, et ne peuvent être consiérés comme fiables pour des ciblages exigeants.

        Prenons le cas de l'âge. Une analyse récente de l'évolution de l'accès à Internet en Grande-Bretagne montre que, depuis mai 2009, l'accroissement du nombre d'internautes (1,9 millions) provient pour 53% des plus de 50 ans (source : UKOM). Cette statistique, qui surprend les tenants d'un Internet très jeune, provient d'un panel (Nielsen), or il est peut-être moins difficile de panéliser des plus de 50 ans que des très jeunes. Qu'est-ce qui vieillit, le panel ou l'audience d'Internet ? Que vaut cette barrière de 50 ans ?

        Que sait-on ? Que croit-on savoir ? Sait-on ce que l'on sait ? Comment s'y retrouver ? Quelle prudence exige l'exploitation des données de panels Internet ?
        • Attention au retard sur la réalité de notre connaissance d'Internet : le public des utilisateurs d'Internet et leurs usages changent vite : apprentissages, équipements, débits, nouveaux outils (navigateurs, mobilité, etc.)...
        • Comment sont recrutés les panélistes ?
        • Comment est prise en compte l'ubiquité d'Internet : domicile et le travail, établissements scolaires, mobilité ? Exemple : l'UKOM panélise 31 000 enquêtés à domicile (at home) et 4 000 au travail (at work). Que vaut cette disprorportion, comment se justifie-t-elle, quelles en sont les conséquences de sur les niveaux mesurés, d'autant qu'un quart des panélistes est inacif (ne fournit pas de données) ?
        • Pour les panels, il importe de surveiller le rythme des études de calage (establishment surveys) sur lesquelles se fonde l'évolution des quotas de représentativité ; ces études, parce qu'elles sont "fondamentales" doivent être récentes et auditées régulièrement (en France, voir les audits du CESP, aux Etats-Unis, ceux du MRC).
        Pour cibler, mieux vaudrait s'en tenir aux comportements observés sur Internet plutôt qu'à des CSP déclarées ; et parmi les comportements les plus discriminants (ciblants), les plus riches en données sont certainement les comportements langagiers.

          vendredi 2 juillet 2010

          Où passer le temps qu'il fait ? Au cinéma ?

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          De toutes les variables qui déterminent la consommation de médias, la météo est l'une des plus importantes, des plus incertaines et, sans doute, des plus difficiles à mobiliser à temps.
          Ainsi, la "Fête du cinéma", qui, pourtant, abaissait le prix des entrées à 3 € pour toute séance n'a rien pu contre une météo de grand beau temps et de chaleur. On peut aussi, comme la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF), incriminer le football (Coupe du Monde). Cette première semaine d'été (N°26, 23-29 juin) aura été la plus faible semaine de l'année pour les entrées cinéma. Source : CBO Box-Office.
          Voilà qui rappelle qu'une analyse de fréquentation médiatique, qu'elle anticipe ou qu'elle constate, ne doit jamais ignorer les variables exogènes, notamment la météo. La météo décide d'aller ou non au cinéma. L'affiche décide du film. Ceci rappelle aussi ce qu'affirme depuis longtemps la sociologie de "L'Amour de l'art", que, musées, concerts ou cinéma, abaisser le prix ne suffit pas pour infléchir les consommations "culturelles".
          Le temps qu'il fait décide en dernière instance, de la manière dont les cinéphiles passe leur temps libre.
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          mardi 29 juin 2010

          Comment échapper à l'actualité ?

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          L'épisode 14 de la saison 2 de la sitcom américaine "How I Met Your Mother" (CBS aux Etats-Unis, en France sur Canal Plus et NT1, et bien sûr en DVD) pose un problème inattendu, paradoxal : comment échapper à une information, comment l'éviter ? Comment ne pas savoir ? Médiaplanning du refus, VOD en négatif. La question n'est plus "comment être informé ?" mais "comment ne pas être informé ?".

          Les cinq héros de la série ont pour habitude de regarder ensemble, chaque année, la retransmission télévisée du Super Bowl, et d'en faire une fête. Cette année, en revanche, bloqués par un enterrement, ils ne peuvent voir le match en direct, aussi, se donnent-ils rendez-vous le lendemain soir pour le regarder ensemble en différé (d'où le titre de l'épisode, "Monday Night Football" .
          Après une prière à TiVo pour que l'enregistrement se passe bien, ils se promettent de tout faire pour ne pas connaître le résultat avant le lundi soir, lendemain du match. Les solutions et stratagèmes employés par nos cinq héros sont plus ou moins ridicules (c'est une sitcom  parfois un peu bâclée) mais ils illustrent néanmoins de manière convaincante la difficulté de ne pas savoir. Nul n'est plus censé ignorer "l'actualité" inscrite à notre agenda par les médias (agenda setting). Comment, par exemple, "actuellement", ignorer la spectaculaire déroute de l'équipe française de football ? Le droit d'ignorer n'est pas garanti. L'agenda n'est plus seulement ce qu'il faut faire (agere) mais aussi ce dont il faut parler, sur quoi il faut opiner : les ordres du jour.
          • Le bombardement informatif et sa propagation sont tels qu'échapper à l'actualité est impossible.
          • Comment, dans cette situation d'abondance et de pression communicationnelle, les médias d'information grand public pourraient-ils espérer faire payer l'information d'actualité ?
          • Comment, dans un tel environnement, produire des énoncés scientifiques, créatifs, indépendants, qui ne soient pas corrompus par l'air du temps, l'opinion ?
          • Tenir des "considérations in-actuelles" demeure indispensable.

          dimanche 27 juin 2010

          Journalisme de la richesse ?

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          Vendu à News Corp., le Wall Street Journal perdra-t-il son indépendance ? Le quotidien de la finance et de l'économie américaines semble vouloir aller au people, et donner la parole aux puissances économiques en place (the powers that be!). Péché mortel du journalisme : fréquenter les pouvoirs au lieu d'établir des contre-pouvoirs.
          Chaque vendredi matin, le site diffuse désormais la vidéo (VOD) d'une interview de patrons d'institutions, d'entreprises : "The Big Interview", allusion ironique - sans doute involontaire - au roman de John Dos Passos, The Big Money. Premiers interviewés : la Présidente du FDIC, puis le "White House Chief of staff"... Don et contre-don ? La presse comme contre-pouvoir ?

          Pour les "small" interviews des familles endettées, le chômage, la maladie, pour le journalisme de la misère, il y le talk show d'Oprah (et bientôt sa chaîne). "All right we are two nations", reconnaissait déjà Dos Passos, en 1936, dans "The Big Money".

          Notes
          • L'inflexion de la stratégie du Wall Street Journal pourrait être de s'ouvrir à des éléments rédactionnels moins spécialisés (sport, etc.) et d'attaquer le territoire du New York Times en fin de semaine avec une section "New York".
          • Se diversifier en affinité avec son lectorat : voyages (WSJ Travel), vins et spiritueux (Wine Merchants). 

          dimanche 20 juin 2010

          La TV américaine et son marché publicitaire

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          Aux Etats-Unis, les ventes de l'espace à l'avance pour l'année TV 2010-2011 (upfront market) sont presque achevées (quelques chaînes cabsat et des networks hispanophones sont encore en négociation). Tout va bien : 18 milliards de dollars d'espace sont attribués par les annonceurs au prime-time TV.
          Les annonceurs des secteurs sinistrés en 2009 sont revenus en TV : automobile, grande distribution, services financiers. Le cinéma et les télécoms continuent d'investir massivement la télévision.
          Les networks ont augmenté leurs prix de 8 à 10% (CPM), les chaînes thématiques de 5 à 10%. Certes, les ventes n'ont pas rattrapé les niveaux de 2008 ou 2007, mais, comme les chaînes thématiques accroissent leur part de marché, les transferts des networks généralistes vers les chaînes thématiques sont indolores pour les grands groupes multi-plateforme : leur part de marché (généralistes plus thématiques) est constante.

          L'interprétation de ces premières données doit être prudente : l'upfront market est suivi d'un scatter market trimestriel dont on ne saura rien avant plusieurs mois. On dit : "hot upfront, cool scatter"... L'an passé (cool upfront), la hausse des prix du scatter market par rapport à l'upfront atteignit parfois 30%. De plus, les "networks" vendent upfront les trois quarts de leur inventaire, les thématiques deux tiers.

          Après l'alerte de 2009, la télévision classique apparaît sauvée. Mais de quoi parle-t-on ?
          De publicité ? Oui, le média télévision reste indispensable aux annonceurs des grandes marques.
          De l'audience ? C'est une autre histoire. L'audience des networks généralistes nationaux (ABC, CBS, NBC, Fox, CW) s'érode ; l'audience de nombreuses grandes chaînes thématiques semble également touchée (ESPN, etc.). Pour les autres, le reste, la longue traîne des chaînes spécialisées, dont on ne sait rien, faute de mesure, on peut estimer qu'elle est en hausse. Pour l'instant, ces chaînes difficiles à acheter, sauf pour leurs annonceurs captifs, ne risquent pas de menacer les grandes chaînes mesurées (il n'y a pas d'adnetworks en télévision). Leur économie est liée à la vente en bouquets (bundling) dont le modèle est fragile et le principe de moins en moins populaire (cord-cutting).

          Le marché télévisuel américain, en ce moment faste, manifeste deux problèmes qui sautent aux yeux lorsque l'on confronte au  marché publicitaire télévision le marché publicitaire Internet.
          1. La mécanique du marché TV semble rudimentaire comparée aux places de marché programmatiques que met en place Internet (Demand-Side PlatformsReal Time Bidding, creative optimization, Ad Exchange, Adserving, etc.). La télévision est loin d'un marché efficient !
          2. La mesure d'audience TV est limitée, comparée à ce que pratique Internet où se développent la mesure du Coût Par Action, l'évaluation stricte de l'efficacité, le tout fondé sur des pratiques de ciblage vérifiables (ciblage comportemental, reciblage, etc.). Une telle organisation de marché peut-elle perdurer alors que la télévision est en voie de numérisation, que des données rigoureuses dorment, inexploitées, dans les set-top boxes (return path data) ? 
          Une analogie subsiste néanmoins entre ces deux marchés américains, le rôle des panels de mesure, qui confèrent un privilège étonnant à certains supports qui peuvent se targuer d'une "puissance" pas toujours bien acquise.
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          FIFA autopromotion

          Auto-promo durant le match Cameroun - Danemark. Photo CmM
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          Avons-nous mérité de supporter les inclusions de la FIFA en plein milieu des matchs, avec une répétition pénible ? Cette auto-promotion que l'on ne peut pas désactiver se moque des téléspectateurs et des chaînes qui ont acheté bien cher les droits de retransmission.
          Pourquoi une telle auto-promotion de la FIFA  (Fédération Internationale de Football Association) ? A-t-elle besoin de notoriété ? A quelle fin ?

          Personne ne semble avoir réagi à cette intrusion répétée que l'on ne tolérerait d'aucun annonceur, d'aucune chaîne commerciale. Bizarre ? Que disent les institutions chargées de vérifier la réglementation (CSA, ARPP, etc.) ?
          Qui peut-nous éclairer ?
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          mercredi 16 juin 2010

          L'obsesssion du papier

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          Le papier, quand même !

          Mise à jour 12 mars 2012

          Ils ont beau ne jurer que par le numérique, vouer leur âme aux iPad ou à Twitter, prédire soir et matin la fin du papier... dès qu'ils en ont l'occasion, ils en viennent au papier. A son tour, Rue89.com propose un magazine papier (3,9 €, 100 pages) ; trois ans après son lancement sur Internet, le site est décliné en version mensuelle et distribué par le réseau Presstalis (ex. NMPP) depuis le 16 juin (87 000 exemplaires).
          Comment l'originalité du site (les trois types de journalisme, "l'info à trois voix"), s'adapte-t-elle à un support traditionnel ?
          Diversification ? Optimisation par un modèle économique mixte ? Que recherchent les éditeurs qui redécouvrent le papier ? Bénéficier de notoriété grâce aux trente mille points de vente du réseau presse ?

          En mars 2012, Rue 89 revient au tout numérique : après le passage au papier (reverse publishing), le mensuel passe aux tablettes numériques. Nouvelle étape de sa vie, nouvelle innovation, nouveau test ?
          Le mensuel papier se serait vendu en moyenne à 19 000 exemplaires (2009). La version iPad est deux fois moins chère que la version papier (1,99€ au lieu de 3,9)

          La tentation du papier se traduit parfois par un retour inattendu aux livres. Ainsi, le site des "Coupons Mom's", consacré principalement aux coupons de réduction pour les achats d'épicerie, publie un livre de conseils : comment diviser la facture d'épicerie par deux.


          Il faut penser la relation papier / numérique hors du manichéisme courant. Voilà qui n'est plus si simple. D'abord, garder à l'esprit que la transition d'un modèle à l'autre est lente et contournée. Il est indispensable d'admettre que l'on doit expérimenter.
          Puis prendre en compte des comportements qui échappent au calcul économique direct et immédiat, à la rationalité gestionnaire et technologique pour emprunter à l'économie, d'apparence irrationnelle, de la légitimité sociale, à l'accumulation d'autres formes de capital.
          L'entreprise Internet reste-t-elle associée à une sorte de déclassement, à un déficit de légitimité ? Les travaux de sociologie de la culture manquent dans ce domaine. Le papier comme retour du refoulé ? "Ne dites pas à ma mère que je travaille dans [Internet], elle me croit... " A vous de compléter et adapter au goût numérique du jour le titre de Jacques Séguéla...
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          lundi 14 juin 2010

          Coupe du monde de foot : Univision écrase ESPN

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          Le Mexique et l'Afrique du Sud ont fait match nul. Sur le terrain de l'audience, aux Etats-Unis, le network hispanophone Univision (télévision gratuite) l'a emporté sans discussion avec 5,4 millions de téléspectateurs (Nielsen live + same day) sur ESPN, la chaîne payante du câble (2,6 millions de téléspectateurs).
          Le score est sans surprise : la majeure partie de l'audience habituelle de Univision est de culture mexicaine.
          Loin derrière le match d'ouverture, le match France - Uruguay a rassemblé deux fois moins de téléspectateurs (2,54 millions) sur Univision. Globalement, le network double son audience par rapport à 2006 (même décalage horaire, 6 heures au moins).

          Univision, "La Pasion del Mundial"
          • Applis "Univision Futbol" pour iPhone, et bientôt pour android, Blackberry et iPad
          • Exploitation intensive de la Coupe du monde avec une campagne promotionnelle plurimédia : presse, cinéma, affichage (bus, métro, grand format), Internet mobile et fixe, radio.
          ESPN investit beaucoup pour cette Coupe du monde
          • La couverture - 65 heures de direct - mobilise 300 personnes, y compris des commentateurs anglais (N.B. 9 des 23 joueurs de la sélection américaine jouaient en Grande-Bretagne durant la saison passée). 
          • Les matchs diffusés en direct sur ESPN sont rediffusés en différé sur ESPN Classic.
          • Appli iPhone : ESPN 2010 FIFA World Cup
          ESPN tente d'amener les Américains au soccer, de les convertir. Au contraire, Univision s'appuie sur une culture footballistique déjà acquise. Les écarts d'audience observés, toutes choses égales par ailleurs, témoignent de la force de la culture dans les comportements télévisuels.
          ABC (groupe Disney, comme ESPN), network généraliste gratuit, anglophone, joue sur la fibre plus chauvine et nationale et rediffuse les matchs de l'équipe américaine (13 millions de téléspectateurs pour le match Etats-Unis / Grande-Bretagne). Ce qui reste inférieur au score de la finale féminine Etats-Unis / Chine en 1999 (18 millions).
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          vendredi 11 juin 2010

          Accréditation Quantcast

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          Le Media Rating Council  (MRC), équivalent américain du CESP, a publié l'audit de Quantcast. En revanche, Nielsen Net Rating (audit lancé en 2007) et comScore Media Metrix sont toujours en cours d'audit par le MRC (depuis mai 2007).
          Quantcast dont l'audit a commencé en juin 2008 est donc le premier service de mesure d'audience Internet à se voir accrédité aux Etats-Unis, pour une partie de son offre, du moins. En fait, Quantcast n'a été accrédité que pour la partie de la mesure qui recourt, pour chaque site mesuré, à des tags ("measurement tags") et pas (encore ?) pour les modélisations et fusions diverses (estimation des aspects socio-démographiques, etc.). Une telle distinction, entre ce qui est audité et ce qui ne l'est pas, ne facilite pas la clarté de la situation : beaucoup de lecteurs pressés auront retenu que Quantcast a été accrédité et ne se seront pas souciés de tels distinguo. Ceci ne retire rien au "coup" que repésente cette accréditation, tant pour Quantcast que pour le MRC.

          Quantcast, lancé en 2006, est depuis quelque temps déjà visible en matière de mesure d'audience, surtout aux Etats-Unis. Cisco est un de ses actionnaires significatif. Quantcast a levé 53 millions de dollars en trois tours menés par Cisco.
          Quantcast réunit déjà un portefeuille de clients dans la télévision : CBS, Belo, Fox, NBC, Hulu, ABC, etc. Qantcast collabore également avec TiVo pour la mesure.

          Deux remarques à propos d'audit et d'accréditation :
          • un audit "lourd", piloté par le MRC, semble durer au moins deux ans.
          • le MRC audite d'autres services et outils que ceux de mesure d'audience au sens strict, entre autres les outils d'adserving : Atlas, Disney, EyeBlaster, Doubleclick (DFP et DFA), MSN, Yahoo Right Media, etc. ont fait l'objet d'audits. Connexus fait auditer sa place de marché (traffic marketplace), Google AdWords a été audité...

          • Alors que, dans tous les médias, se multiplient mesures et méthodologies de mesure, les audits sont de plus en plus indispensables aux utilisateurs. Ces audits seront de plus en plus complexes, et lourds. Or il doivent être rapides pour être utiles...

          jeudi 10 juin 2010

          Pas d'aides à la presse aux Etats-Unis

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          Rasmussen Reports, un site qui publie les sondages produits par Pulse Opinion Research, donne les résultats d'une enquête par téléphone sur le financement de la presse aux Etats-Unis (1 000 personnes interrogées début juin, sondage automatique).
          Les recommandations de la Federal Trade Commission (FTC) pour aider la presse en difficulté et "réinventer le journalisme" sont refusées par plus de 70% des personnes interrogées. Ni taxe sur la téléphonie (refusée par 84%), ni sur les équipements électroniques (76%), ni sur les sites agrégateurs de news tels Google News ou Yahoo News (74%). De la même façon, 71% des personnes interrogées refusent l'idée d'une aide publique à la presse, alimentée par l'impôt.

          58% des personnes interrogées estiment que les sites Internet compenseront de toute façon, d'une manière ou d'une autre, les insuffisances éventuelles de la presse papier.

          Pour les Américains, la presse et les médias en général ne relèvent pas de l'action gouvernementale, ce sont des produits comme les autres : à la presse de trouver des clients qui veulent payer et des annonceurs, on ou off-line, à elle de réformer son métier. Dont acte.
          Et l'automobile ?
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          mercredi 9 juin 2010

          Local, local, local

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          En France, il fait sourire avec condescendance, ce slogan des afficheurs américains, repris là-bas par tous les médias, de la PQR à la TV ("location, location, location"). On objecte ici, l'air malin, que les Etats-Unis sont plus vastes que la France et que ce slogan ne vaut rien dans notre petit hexagone. Erreur : la vie quotidienne est locale, où que l'on vive.

          Lancé en avril 2006, le site de Petites Annonces gratuites du Bon Coin vient au secours, s'il en était besoin, de l'affirmation du local. En nombre de Pages Vues, leboncoin.fr, c'est plus que Skyrock.com, equipe.fr, Pagesjaunes.fr, Caisse-epargne.fr, seloger.com, lemonde.fr, lachainemeteo.fr, le figaro.fr et Tele-loisirs.fr ...c'est à dire plus que ses neuf suivants dans le classement que l'OJD publie (mois de mai). 32 pages vues par visite, soit trois fois plus que la plupart des sites de Petites Annonces, qui eux même dominent la plupart des sites sous ce rapport.
          Ajoutez à cela que l'internaute qui place une petite annonce ou consulte le site pour trouver quelque chose est, par nécessité, "engagé", impliqué et attentif. Et puis, des clients et des utilisateurs partout, cela construit de belles audiences régionales et, bien sûr, une belle audience nationale. Les annonceurs locaux et nationaux ne vont pas manquer de s'y intéresser de plus en plus. De plus, l'internationalisation est doute possible : déjà le site Blocket (site suédois de petites annonces du même groupe, à l'origine du modèle) mentionne dans son bandeau inférieur les équivalents étrangers, dont le Bon Coin pour la France (Blocket utomland: Frankike)...
          Pour paraphraser le slogan du boncoin : la bonne affaire média aujourd'hui, est peut-être au coin de la rue. Ce qu'ont compris, sans le claironner, les deux groupes actionnaires du Bon Coin : Schibsted et Ouest-France (via Spir), comme 20 Minutes
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          mardi 8 juin 2010

          La nouvelle expérience télévisuelle

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          Les étudiants du Master 226 de l'université Paris Dauphine organisent un colloque sur "la nouvelle expérience télévisuelle". En sortant de cours, les conversations allaient bon train et certains étudiants m'ont mis au défi de traiter le sujet par la négative. Défi relevé, en cette période d'examen, à la manière des dissertations classiques, en trois parties.

          Première partie. Où l'on acccorde à cette question quelques concessions positives. D'abord, il y a davantage de chaînes pour la plupart des foyers. Ensuite, les écrans des téléviseurs sont plus agréables, les images plus belles. Et il y a plusieurs appareils au domicile.


          Deuxième partie. Où l'on évoque l'expérience concrète, courante du téléspectateur.
          D'abord, il lui est difficile de trouver et sélectionner un programme. La presse de télévision est de moins en moins adaptée. La télécommande ? A raison d'une par appareil (set-top box, manétoscope, lecteur enregistreur DVD, téléviseur, etc.), embouteillage assuré sur la table basse, où, de toute façon manque celle dont on a besoin. Navigation laborieuse. Un bug ? On débranche tout, on rebranche, et l'on attend que tout se réinitialise. La nostalgie de Windows 95 nous étreint. Et soyons charitable, ne parlons pas des modes d'emploi des appareils : ils ne sont pas conçus pour être lus.
          Quand il s'agit de naviguer, de rechercher et trouver quelque chose, aller d'Internet à la télé est une expérience déprimante, insupportable : Google, Apple, par pitié, aidez les !


          Troisième partie. Où l'on explore, en synthèse, la liberté du téléspectateur (note du claviste : la liberté, c'est toujours pratique en troisième partie !).
          L'offre élargie de télévision s'achète en bouquet. Le marketing des opérateurs est en retard de plus d'un siècle sur celui du fleuriste qui laisse ses clients composer leur bouquet librement, fleur à fleur. En télé, des allumés du marketing ont concocté des bouquets insensés. Car eux savent mieux que le consommateur. Ils choisissent à sa place, de peur qu'il ne choisisse pas les bonnes chaînes, le plus de chaînes possibles, et que certaines chaînes, du fait de l'insupportable liberté du téléspectateur, se trouvent privées d'audience. Le bouquet, vous dis-je ! Alors que le marketing des produits numériques ne parle que personnalisation, souhaite que "cent fleurs s'épanouissent", l'opérateur de télévision impose ses bouquets, SA télé.
          Parlons VOD. Formidable, mais l'offre est restreinte et la longue traîne est à la traîne. Mais nous voici à nouveau à la merci de la télécommande. Errer, touche après touche, en haut, en bas, à gauche, OK... et parcourir une arborescence aux catégorisations bizarres. Mauvaise touche ? Trop tard, mais c'est payé. Et l'on recommence tout à zéro ! iTunes, amazon, par pitié, aidez les !


          Conclusion. Le téléspectateur est né libre et partout il est dans les fers des chaînes et des grilles... des ergonomies lourdes et d'un marketing condescendant. Et, pour couronner cette expérience, en plus de la facture de l'opérateur, tombe en automne celle de la redevance. Expérience annuelle, en rien nouvelle. L'habitus télévisuel n'a pas évolué depuis la télécommande et le magazine TV : il reste prisonnier de gestes analogiques. 

          Bon, la dissertation est un genre à forme fixe, le sujet est imposé.
          J'aurais dû faire rêver : rattrapage, VOD, télé connectée, HD, 3D, interactivité, widgets, etc. J'aurais pu parler télécommande iPad, capping publicitaire transféré en télévision, Hulu, Netflix... Certes, mais, ici et maintenant, l'expérience télévisuelle vraiment nouvelle, c'est YouTube et Dailymotion. La "nouvelle expérience télévisuelle", c'est à Internet surtout qu'on la doit. 
          Et pour le Grand Soir de la révolution numérique, comptons plutôt sur Google et Apple.
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          lundi 7 juin 2010

          ZOOM Japon

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          Les gratuits dynamisent la presse. Ils allongent la longue traîne de l'offre des titres, couvrant et isolant progressivement la multiplicité des segments correspondant à des pratiques sociales et culturelles.
          Considérons que le goût pour le Japon est l'une de ces pratiques (plutôt que de recourir à cette expression ridiculement fausse, et inélégante, de "niche") : mangas, gastronomie, arts, langue, gô, littératures, cinéma, histoire, animes, mode, jeux vidéo, arts martiaux, bonsaï, design, pêche, tatouages, érotisme... A chacun ses goûts du Japon : nous sommes tous, chacun à sa manière, sous l'empire de Roland Barthes. Bientôt, le salon Japan Expo ("le festival des loisirs japonais", qui a acheté la 4 de couv de ZOOM Japon) réunira, début juillet, en un seul espace tout cet exotisme pour quatre jours.

          Depuis près de 20 ans, plus d'une cinquantaines de titres se consacrent totalement ou presque au Japon. Sans compter un grand nombre de Hors Série.

          ZOOM Japon est un nouveau mensuel (10 numéros) de 20 pages sur papier journal, distribué dans les boutiques et les lieux où, d'une manière ou d'une autre, il est question du Japon (567 points de distribution, restaurants et boutiques spécialisées). Les éditions Ilyfunet publient déjà OVNI  (Journal franco-japonais de Paris, petites annonces, lancé en 1979), un gratuit destiné aux Japonais en France. L'éditeur gère également un centre culturel, Espace Japon, situé à Paris entre la République et la Gare de l'Est. Le premier numéro de ZOOM Japon, qui titre sur "le polar nippon", consacre beaucoup d'articles et de suggestions à différentes dimensions de la culture japonaise. La publicité est toujours pertinente (annonceurs captifs, presque tous... d'ailleurs, les tarifs sont en japonais), en affinité parfaite avec les lectures.

          Le site Internet (en flash, donc illisible sur iPad et iPhone) est le miroir fidèle du mensuel (ou l'inverse ?) ; il simule le feuilletage, agréablement (mais comment se débarrasser du bandeau noir "Press Esc to exit full screen mode" qui entrave la lecture ?). Attention : l'iPad, s'il se généralise, risque de démoder rapidement ce mode de présentation...
          Il n'y a pas de développement spécifique au support Internet / écran d'ordinateur, seulement des pages que l'on tourne, avec le chemin de fer en bas de page pour s'y retrouver. Dommage, pour les annonceurs comme pour les lecteurs, que les éléments publicitaires ne soient ni zoomables, ni clickables. Paradoxe.

          On imagine deux modes de commercialisation de l'espace publicitaire, l'un par la voie papier, l'autre par la voie on line. Quelque chose est à inventer... avec capping, optimisation, etc.
          Papier ou Internet, les messages publicitaires sont ici les mêmes, exactement : il est donc possible de combiner, sans difficulté insurmontable, les audiences du papier et celles du site. Selon la manière dont le site est taggé et le web analytique utilisé, la connaissance de l'audience web peut enrichir la connaissance, souvent restreinte, des comportements de lecture de l'édition papier, le web analytique réalisant une sorte de vu-lu très précis et non intrusif.
          En conclusion, l'ensemble constitue une belle innovation "presse", qui, comme souvent avec Internet, à peine née, doit déjà être mise à jour. Bêta ?
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          lundi 31 mai 2010

          Magazines de football

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          La Coupe du monde dynamise la presse du football, suscitant des hors séries (HS) et  des titres nouveaux. Une trentaine de titres ont été lancés depuis janvier 2009, dont une dizaine depuis janvier 2010 y compris un gratuit, 90 minutes. Parmi les Hors Série et les numéros spéciaux, signalons celui de Jeune Afrique (il y eut dans les années 1980 un France Football Afrique), et surtout ceux de magazines pour enfants : "Complètement Foot" (J'aime Lire), "Allez les Bleus : droit au but avec Nicolas Anelka !" (Gulli), "Planète Foot!" (GEO Ado), "Fous de Foot" (astrapi), "Mondial. L'Afrique du Sud en fête" (Le Monde des Ados).

          Dynamisme de la presse magazine
          Linéaire presse du sport. Fin mai 2010

          Parmi les lancements récents, deux titres sont consacrés à des équipes "étrangères" : Portugal Foot et Algérie Foot : 100% Algérie, 100% Portugal. Même prix : 3,9 €. Structure rédactionnelle identique pour les deux titres : dans chacun, deux grands posters, la description des sélections nationales et, pour finir, deux pages d'histoire du foot dans le pays. Pas de publicité (2 pages d'autopromo pour Planète Foot, du même groupe) : bizarre ! De tels titres peuvent-ils vivre au-delà de la Coupe du monde ? Cela sera difficile sans événement pour les soutenir. L'absence de site Internet est sans doute un effet de l'anticipation de cette éphémérité.

          Les textes sont en français, uniquement, aucun texte en portugais, en arabe ou en berbère. Les inévitables drapeaux nationaux paradent à la Une. "Equipes étrangères" ? Pas si étrangères que cela : le foot professionnel ne connaît guère de frontières nationales et chacune de ces équipes compte des centaines de milliers de supporters en France. Cultures sportives partagées ou opposées ? L'histoire des sports, dans la plupart des pays occidentaux, a toujours été liée à celle de la colonisation et des immigrations, inutile de le cacher. Bonne occasion de rompre avec le chauvinisme, maladie infantile du sport spectacle. Ne peut-on être supporter de deux équipes, ou tout simplement du beau football ?
          Qu'en disent les spécialistes ?

          Doc : voir sur Footeo, les sites d'équipes "portugaises" ou "algériennes" en France.

          dimanche 30 mai 2010

          Pas de vacances pour Internet

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          Comment traiter les médias pendant les vacances ?
          Certains médias prennent des vacances, tout simplement. Des gratuits ne paraissent plus, comme si tout le monde était en vacances sur les plages. D'autres médias ne mesurent plus leur audience en fin d'année, certains ont même lancé la notion originale de Jours de Moindre Activité, jours pour lesquels l'audience ne compte pas. N'avons-nous pas tous eu cette idée quand nous étions enfants : calculer notre moyenne sans prendre en compte les mauvaises notes : "sans mon 2 en orthographe et mon 4 en dessin, j'aurais la moyenne"... Des panélistes recrutés pour la mesure de la télévision à domicile prennent des vacances aussi, réduisant d'autant la taille du panel...

          Internet ne prend pas de vacances. 
          Selon une étude de Burst Media (un ad network américain) auprès de 2 428 personnes de 18 ans et plus, les trois quarts des voyageurs et vacanciers consultent leur courrier, leurs réseaux sociaux et Internet pendant leurs vacances. Les raisons et prétextes ne manquent pas, rester en contact avec des amis, des proches, rechercher une destination, consulter des horaires...
          Les vacances passent par Internet. D'autant plus qu'elles se préparent de plus en plus avec Internet, pour la collecte d'information comme pour les réservations et les achats de billets (neuf personnes sur dix). La mobilité accroît encore l'importance d'Internet pendant les vacances ; bientôt la question même n'aura plus de sens : Internet est le média de la vie quotidienne, au travail, au domicile ou en vacances. Sauf par les panels que l'on dit, paradoxalement, "user centric", Internet est mesuré, analysé en continu, que l'internaute soit en vacances ou pas.

          N.B. On aura noté que cet ad network, réseau de sites dont il assure la représentation publicitaire partielle, recourt aux études pour faire valoir son audience auprès des annonceurs, selon des modalités établies depuis toujours par les régies exclusives des médias traditionnels.
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          jeudi 27 mai 2010

          New York StateS of Mind

          et.
          "Your City. Your News".
          2 applis gratuites, compatibles iPhone, iPad, iTouch pour suivre l'actualité du DMA de New York, telle que la vivent les chaînes locales NY1 et NY1 Noticias. L'une en anglais, l'autre en espagnol.
          "Tu Noticiero de 24 Horas".

          NY1 est une chaîne d'info locale, exclusive, du câblo-opérateur Time Warner Cable (TWC), l'un des principaux opérateurs de New York City (avec Cablevision). NY1 a été lancée en septembre 1992 ; elle est aujourd'hui disponible en HD et propose des contenus en VOD. Bien sûr, elle a sa propre régie publicitaire, tout comme le réseau qui la distribue.
          Sur ce modèle new yorkais, TWC exploite une vingtaine de chaînes de réseaux câblés locaux aux Etats-Unis : agglomérations de Tampa, Orlando, Austin, Buffalo, etc.

          Noter la fonction "Report" qui donne à chacun, s'il lui plaît, si l'actualité lui en donne l'occasion, un rôle de reporter amateur.

          Comme le montre également ESPN (cf. infra), les applis permettent d'approfondir et banaliser la relation au local. Les applis font la proximité encore plus proche : météo, circulation, l'école, la mairie... "Vivre est un village" ! Du texte, des photos et de la vidéo, l'info répartie par "arrondissements" (boroughs). Un outil de recherche.  Un bandeau publicitaire clickable en bas de page.

          Les applis android  et Blackberry devraient suivre.

          dimanche 23 mai 2010

          Le foot sur Satellite Radio

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          Le foot, on l'oublie parfois, se regarde aussi à la radio. Aux Etats-Unis, la radio par satellite (Sirius XM Radio) diffusera l'ensemble des 64 matchs de la Coupe du monde, sur plusieurs canaux différents lorsque plusieurs matchs seront joués simultanément. C'est ESPN Radio qui produit les matchs. Outre les matchs, la radio offrira des commentaires avant et après match : tout est résumé en un slogan "World class soccer now - Sirius is soccer central".
          • Pour l'instant il n'est pas question de diffuser ces matchs sur le service Sirius Backseat TV, qui propose de la télévision pour les sièges arrière de la voiture : trois programmes de dessins animés (Disney Channel, Cartoon Network, Nickelodeon). Pendant que les passagers des sièges arrière regardent la TV, les passagers des sièges avant peuvent écouter la radio. Dommage qu'il n'y ait pas aussi le foot : sûr que les "soccer moms" apprécieraient !
          • La radio par satellite compte désormais 19 millions d'abonnés qui, chaque mois, paient de 7 et 20 $. Les deux chaînes XM et Sirius ont fusionné mais offrent encore deux programmations distinctes : 130 chaînes chacune, les musicales (70) étant sans aucune publicité. L'équipement de réception est proposé en première monte par la plupart des marques automobiles présentes sur le marché américain. Cette radio est présente au Canada. Les abonnés peuvent également l'écouter en ligne.
          Comme souvent les grandes compétitions sportives provoquent un développement des médias. Le football, cette année encore, est un facteur déterminant de développement des médias (cf. posts précédents) : les applis, la 3D, la couverture complète par radio satellite...
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          jeudi 20 mai 2010

          Applis Coupe du monde de football par ESPN

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          Screenshot du premier écran de l'appli
          Le football (soccer) s'intègre, progressivement, sûrement, à la culture sportive américaine. A trois semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde, ESPN, premier groupe mondial des médias du sport, toujours à la pointe de l'innovation, lance des applis iPhone gratuites permettant aux fans de se préparer à l'événement puis de le suivre (ces applis sont également consultables sur iPad).
          ESPN accompagne ainsi les passionnés de foot dans leur passion, leur permettant d'être des spectateurs quelque peu actifs.
          Sélection de l'équipe

          • La première appli, ESPN 2010 FIFA Worldcup comporte plusieurs parties. Présentation des 32 équipes sélectionnées, progression de la compétition, choix d'une équipe préférée (une seule !), histoire de la Coupe, stades où se déroulent les matchs, horaires, infos dernières, tableau des rencontres, et, en attendant, compte à rebours... En bas d'écran, un étroit bandeau publicitaire, clickable (Cisco, Hyundai) et, encore plus bas, un flux d'infos sur la Coupe du monde.
          Info sur l'équipe française

          • Une seconde appli est prévue qui sortira dans quelques jours, ESPN Passport, conçue pour suivre la Coupe du monde et y participer comme on participe à un jeu vidéo. Le principe du Passport consiste à donner aux fans l'occasion de commenter les matchs auxquels ils / elles assistent et d'en garder un souvenir personnel et à partager.  
            • L'appli Passport Coupe du monde permettra à chacun/e de réaliser un scrapbook des meilleurs moments, de son point de vue du supporter : un album de souvenirs liés à l'événement pourra être constitué avec photos, localisation, commentaires des matchs. 
            • Tout cela peut aussi se partager, s'échanger, se commenter... Tout cela peut aussi se mélanger et s'organiser, "user generated content" arbitré et monté en mash-up par ESPN : la Coupe du monde vécue par les passionné(e)s, pas seulement vue. Aux expériences télévisuelles individuelles, séparées, isolées s'ajoute une dimension socialisée, une réunion virtuelle de supporters. La télévision se conforme ainsi à sa définition de "média froid" ("cool medium"), qui stimule la participation, intègre, selon la catégorisation des médias par M. McLuhan ("hot form excludes, and the cool one includes").
          Cette appli encourage une participation, chez soi, à la Coupe du monde et rend ainsi proche le lointain. Cette simulation évoque aussi la logique d'un jeu de rôle. Ce qui s'invente et se teste là est sans doute promis à un bel avenir. Il s'agit d'enrichir le statut du supporter et de le rendre actif, voire interactif, en mêlant une socialisation virtuelle à celle, bien réelle, d'un match partagé entre amis devant l'écran du salon.
          La nouvelle socialisation associe ainsi, dans des proportions variables, virtuel et réel ; un réseau social est aussi, pour une grande partie, qui reste à évaluer, un réseau réel, fondé sur des événements et des attachements réels.
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          mercredi 19 mai 2010

          Le sport est local, avec applications

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          Qu'est-ce qui n'est pas local ? Notre vie de chaque jour est locale. Les vrais médias sont locaux. 

          Après les sites locaux sur Internet, ESPN, le groupe sportif américain annonce la mise en place d'applications consacrées au sport dans une perspective locale : les équipes, les plans d'accès aux stades, la météo, l'actualité sportive locale, des éléments de radio locale, les scores, des blogs locaux, les horaires, etc. Les premières applis concernent les plus grandes agglomérations : New York, Boston, Dallas, Chicago, Los Angeles. SportsCenter, la grande émission de la chaîne nationale sera déclinée en local. La publicité est locale aussi (parrainage de rubriques, bannières, etc.).

          Qu'est-ce qu'on attend pour faire parler le sport local français, pour développer des applis locales ? 
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          mardi 18 mai 2010

          écoMédia, école en vert

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          Le groupe média américain CBS vient d'acquérir la société EcoMedia dont le métier est la mise en place de partenariats incluant une dimension écologique. De nombreux médias de CBS ont participé à de tels partenariats locaux (TV, radio, affichage, Internet) au cours des trois années passées.
          Ces partenariats constituent en réalité des opérations publicitaires. Nombre d'entre eux incluent des participations scolaires telle la CBS-EcoZone Green Schools Initiative (notamment à Miami, mais aussi à Chicago et San Francisco) qui associe des écoles à Procter and Gamble. Un élément de plus dans la panoplie des médias publicitaires, d'autant plus efficace qu'il n'a pas l'air publicitaire, drapé de vert, d'éducation et d'enfance.
          • Comment évaluer les retombées d'un montage si complexe et si hétérogène ? Un seul moyen permet d'établir le bilan global d'une telle action, bilan immédiat et dans sa durée, synchronique et diachronique : l'analyse des effets observables sur Internet, tant en quantité (nombre de connexions, durée, etc.) qu'en qualité (analyse des traces linguistiques, des émergences lexicales et sémantiques).
          • Le Cheval de Troie écologique ouvre la voie des institutions éducatives aux annonceurs. Dans cette affaire, c'est l'école qui fait la publicité des annonceurs, habillés de vert pour l'occasion.  Quel meilleur faire-valoir que l'école ? Espérons qu'elle fait payer très cher ce soutien inestimable !
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          vendredi 14 mai 2010

          Télé-commande iPad

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          Comcast, le premier câblo-opérateur américain, propose une appli transformant l'iPad en télécommande, en guide de programmes électronique (IPG). Le XFinity Remote, connecté à la set-top box de l'opérateur, permet de sélectionner les programmes (avec moteur de recherche et clavier virtuel), de programmer le DVR (Digital Video Recorder), d'échanger des recommandations d'émissions avec d'autres téléspectateurs. L'ergonomie de l'iPad semble idéale pour cette fonction.
          • La presse cherchait dans l'iPad un sauveur : ce ne sera peut-être pas le sauveur de la presse TV. 
          • L'iPad donne le pouvoir au téléspectateur et, surtout, à l'opérateur. Pas aux chaînes. L'opérateur contrôlait déjà le référencement des chaînes, avec l'iPad, il contrôlera le linéaire TV virtuel, la PLV, les facing, l'emplacement des produits des marques (émission des chaînes) et, surtout, l'emplacement des produits de sa propre marque (la VOD, c'est sa MDD). Bienvenue aux chaînes dans le monde de la grande distribution ! Le linéaire TV virtuel, c'est la TV réellement délinéarisée.
          N.B. Comcast propose déjà une appli iPhone, myDVR Manager, (pour programmer le PVR/DVR).
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          vendredi 7 mai 2010

          Le poids du papier : du Web au kiosque

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          Rue 89 lance le 16 juin Revue89, un mensuel d'une centaine de pages (3,9€), Allociné lance Contrechamps, une revue annuelle, destinée aux professionnels. Déjà, Mediapart a lancé en décembre 2009 un cahier trimestriel (et aussi un livreet depuis septembre 2009, Bakchich publie une version hebdomadaire qui vendrait 17 000 exemplaires (1,5€, passé du mercredi au samedi)... Vendredi avait tenté, fin 2008, de publier sur papier un hebdomadaire recyclant des articles parus sur le Net (le titre cesse sa parution en été 2009). Après dix ans de Web, Marmiton a donné naissance avec succès à un magazine papier de référence.
          En mars 2014, pour son troisième anniversaire, Atlantico lance un hors-série de 140 pages : "France, encéphalogramme plat" (14,9 €).

          Que penser du passage au papier de ces titres revendiquant, parfois haut et fort, un modèle économique et sociologique numérique ? Quelques hypothèses :
          • La diffusion dans les points de vente apporte une visibilité différente de celle du Web, donc complémentaire : le papier assure la promotion du site dans quelques milliers de points de vente (grâce aux aides à la presse et à la loi Bichet). Et réciproquement : du Web au kiosque.
          • Si la duplication entre les lectures Web et celles des exemplaires papier est sans doute faible (et surtout mal connue), le papier augmente la couverture du titre. Ceci plaide pour un modèle économique mixte mais conçu à l'envers : le titre est basé sur Internet qui assure le régulier, le fréquent, tandis que le moins fréquent et l'irrégulier, l'équivalent des hors-série, est proposé en kiosque pour profiter d'un complément de revenu, de notoriété, de visibilité, voire de légitimité. Faire événement.
          • Cette double vie devrait donner lieu à des recherches sur les synergies, méconnues pour l'essentiel, entre les deux modes de distribution.
          D'autres raisons ?
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          lundi 3 mai 2010

          Free-quent buyer program

          Comment inciter à l'achat de la presse magazine dans un réseau donné ? Comment fidéliser les acheteurs ?

          Le réseau américain HMSHost, présent dans les restaurants, cafés, librairies d'aéroports et près des autoroutes (motorways, travel plazas) propose une carte de fidélité à ses clients.
          Pour 6 magazines achetés, le septième est gratuit. L'offre MagazinePlus est disponible dans une vingtaine de grandes agglomérations.

          iPad ou pas

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          Un magazine (Stuff) titre à la une de son numéro de mai en France : "Révolution ou déception. L'iPad arrive. Est-il vraiment le nouveau messie ?" Voici un titre qui en dit long sur l'horizon des attentes tel que l'a situé le lancement de l'iPad dans les médias ("iPad as Savior" titrent certains journalistes américains !).
          En attendant un grand soir numérique, nous nous en tiendrons plus prudemment à quelques premières observations, à la première personne, après deux semaines d'utilisation (aux Etats-Unis puis en France).

          • La configuration de l'iPad est aisée quand on est déjà utilisateur d'iTunes et que l'on a pratiqué l'iPhone. Le transfert d'ergonomie est immédiat (téléchargement, synchronisation), accélérant la prise en main et banalisant l'expérience de la nouveauté. On retrouve les applications auxquelles on a déjà souscrit pour l'iPhone, plus ou moins bien adaptées au format iPad.
          • L'appareil est un peu lourd. On peut se procurer un support pour le poser et le recharger (iPad Dock, 29 $). La batterie semble adéquate à l'usage.
          • Superbes images, lisibilité excellente... mais que de traces de doigts sur l'écran !
          • L'iPad scelle l'entrée définitive de l'édition de livres dans le numérique
            • Avec l'appli Kindle (amazon), on peut lire sur l'iPad les livres numériques achetés sur Amazon, mais à fonctionnalités restreintes : l'outil de recherche et la consultation intégrée du dictionnaire ont disparu. 
            • Avec iBooks, l'appli Apple pour les livres, les fonctionnalités essentielles sont présentes, dont la recherche. 
            • Beaucoup de livres grand public, des classiques gratuits par milliers ; la différence entre outils numériques de lecture viendra aussi de l'accès à la longue traîne, non seulement des "best sellers" (moins de 50 000 titres pour Apple, 500 000 pour Kindle). 
            • L'iPad donne à imaginer des usages documentaires et didactiques. Les éditeurs scolaires doivent s'y mettre. La couleur constitue un atout maître pour la documentation scientifique, artistique, technique. Un livre de géographie ou d'histoire de l'art est impensable sur un Kindle actuel. L'écran tactile facilite la consultation, l'analyse.
            • Formidable pour les livres d'enfant ("Winnie the Pooh" est offert comme premier iBook de la bibliothèque ), facilitant une lecture active.
          • Le format de l'iPad valorise la vidéo. L'appli YouTube est en une par défaut. De plus, Netflix est disponible sur iPad (aux Etats-Unis seulement) donnant accès à un grand nombre de films en téléchargement ; Hulu n'est pas accessible (cf. le rejet d'Adobe par Apple).
          • L'iPad pour sauver la presse ? Fausse solution à un problème mal posé. La question de l'avenir de la presse n'est pas tant celle de son support que celle de la qualité et de l'originalité de son contenu. La pauvreté d'un contenu éclate encore plus nettement sur un bel écran ! Un support de qualité agit comme multiplicateur, de richesse comme de médiocrité. En tout cas, l'iPad (et les tablettes en général) constitue un support particulier qui suppose des développements spécifiques : ce n'est ni le papier, ni l'iPhone, ni Internet... Il réclame une esthétique nouvelle, des ergonomies adaptées (cf. comparer par exemple, l'appli USA Today pour iPhone et celle pour iPad). L'iPad n'est pas un récipient de plus où l'on verse les produits de la rédaction et de la régie. Il faut créer pour l'iPad, selon ses contraintes...
          • La qualité de la connexion reste une condition primordiale de l'usage surtout pour la vidéo et les jeux. L'iPad, comme d'autres appareils, souligne la vulnérabilité de toute technologie numérique à la qualité de la connexion.
          A quoi sert l'iPad, entre téléphone et ordinateur ? Quelles places peut-il prendre ? Tout ce que l'on fait avec l'iPad se fait déjà avec l'ordinateur ou le téléphone portables.
          Actuellement, l'iPad semble davantage convenir à la consultation qu'à la réalisation : si l'on peut lire ses fichiers, on ne peut les modifier que s'ils ont été réalisés avec des logiciels Mac. Or le cloud computing est indispensable à la mobilité. Ceci contient l'iPad dans les limites d'un rôle de second rang parmi les équipements numériques, venant après téléphone et ordinateur dans l'ordre des urgences et des nécessités. En revanche, des usages de loisirs peuvent émerger avec la VOD (dont iTunes) et la TVen ligne (cf. la proposition de l'opérateur Free), le jeu vidéo, les papotages divers (réseaux sociaux) et les flâneries au hasard d'Internet.
          Ce n'est qu'un début, des évolutions de l'iPad auront lieu, des applications originales feront la différence, avec de nouveaux modèles économiques ; et de nouvelles générations d'usagers inventeront, avec de nouveaux usages, l'avenir de l'iPad. 
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