vendredi 8 juillet 2011

TV américaine. Fox change d'affiliée à Springfield. Etude de cas N°2

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Dans le marché de Springfield (Missouri, DMA N°74), le network Fox et sa station affiliée (KSFX, groupe Nexstar) se sont séparé sur un désaccord concernant les conditions financières de l'affiliation. Vraisemblablement sur le montant des compensations dont bénéficie une station affiliée en échange de la retransmission des programmes nationaux du network (retransmision consent fees).
En conséquence de cette rupture, KSFX deviendra, à partir de septembre prochain, une station indépendante (indie) et continuera de rediffuser des programmes de syndication ("The Simpsons", "Everybody Loves Raymond", "Seinfeld", "House", etc.). Seule la grille de prime time est affectée (19-21 heures, lundi-samedi, principalement. Cf. communiqué de la station). Notons qu le cs de KSFX n'est pas unique : trois stations du groupe Nexstar Broadcasting Group ont remis en question leur affiliation à Fox.
KSFX a été auparavant affiliée à ABC, qui lui a préféré une autre station en 1986, année de création du network Fox, qui proposera l'affiliation à KSFX.

Dans ce même marché, la station KRBK, qui était affiliée à MyNetworkTV devient une station affiliée du network Fox dont elle retransmettra le programme national à partir de la prochaine saison (septembre 2011. Cf. communiqué de la station) sous le nom de "Fox 49" (49 est le numéro de son canal UHF). Elle assurera également l'affiliation secondaire à MyNetworkTV (MyNetworkTV appartient au groupe News Corp., comme Fox).

Ce cas illustre la relation affiliée / network et sa fragilité. Il montre également la flexibilité et la mobilité du marché télévisuel américain dont la station locale reste la cellule de base. Les stations, maillons de la chaîne, peuvent à tout moment changer d'affiliation ou devenir indépendantes. Le network est une marque constante à la structure changeante.
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mercredi 6 juillet 2011

La TV met le Web à son service

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Le network américain NBC ferme NBC Universal Digital Studio, ses studios lancés en 2008 pour la production d'émissions à destination du Web ("original Web content"). Ces émissions, financées par le parrainage de marques (American Family Insurance, Samsung, etc.), étaient diffusées par Hulu, iTunes, en VOD, etc. (Cf. le cas de "CTRL").
Selon Advertsing Age, il n'y aura plus de production d'émissions originales pour le Web : tout l'effort sera concentré sur le Web à la réalisation de programmes d'auto-promotion et de soutien des progammes des chaînes TV. Le Web est mis au service exclusif de la télévision ("we plan to focus our digital efforts and investment on content that's supportive of our on-air programs, providing our audience with additional content that further engages them in our shows").

Ce revirement stratégique, déclenché à l'occasion du rachat de NBC par le câblo-opérateur Comcast, indique un positionnement secondaire du Web du point de vue des chaînes de télévision : au Web est réservé un rôle ancillaire, faire de l'audience sur les chaînes. Logique, à très court terme du moins. L'espace publicitaire se vend beaucoup moins cher sur le Web qu'en télévision, les chaînes et notamment la chaîne grand public constituent le centre de profit primordial vers lequel doit affluer l'audience.
A terme, une source d'innovation et de création de fiction est sans doute compromise.

Document : communiqué de presse de lancement, 7 octobre 2008.
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lundi 4 juillet 2011

Google agence média totale ?

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Que devient Google ? Touche à tout géniale , riche et espiègle de la communication, comme jamais entreprise ne le fut encore ? Ou, plus trivialement, entreprise condamnée, comme d'autres de ce secteur, à suivre la pente de l'évolution numérique de la communication, pente qui conduit inéluctablement à la remise en question de la division courante du travail entre conseil, création, planning, achat, mesure ?

L'achat d'espace récent effectué directement par Heineken à Google ébauche une réponse. Cet achat, selon le Financial Times, couvre vingt pays d'Europe et d'Amérique du Nord ; il mobilise toutes les plateformes publicitaires de Google (YouTube, mobile, display, etc.) ; il inclut le planning, le conseil, la commercialisation, la mesure, l'analyse des audiences et des performances, tant pour les produits que pour la marque. Par certains de ses aspects, il s'apparente, dans sa méthode, à l'achat upfront que réalisent, un an à l'avance, les agences média auprès des plus grandes chaînes de télévision américaine. En mieux, en plus complet. Opération totale.
De facto, un tel achat réduit les agences à un rôle de spectateur. Qu'importent les protestations des uns et des autres : la logique technique et économique impose cette totalisation, économies d'échelle et réduction des coûts de transaction obligent. La publicité, c'est de plus en plus de mathématiques, de plus en plus de technologies.

La télévision connectée au Web, le digital signage associé au mobile restreignent chaque jour le périmètre de la télévision et de l'affichage traditionnels, incorporant le marketing dans les points de vente et les lieux publics. La plupart des agences média, sans technologie, sont réduites à un rôle commercial qui, lui même, s'automatise. Plus on ira vers le numérique, plus les agences, dans leur conception traditionnelle, seront marginalisées. Elles ont tant compté sur leurs "esclaves numériques", non sans condescendance parfois, qu'elles sont aujourd'hui esclaves de leurs esclaves. Dialectique connue. Et l'écart se creuse, se creuse...
Et ce n'est qu'un début !
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dimanche 3 juillet 2011

Ciblage et styles de vie


.L'Amateur de cigare : ceci n'est pas un magazine sur le cigare mais un magazine pour les amateurs de cigares ; diffusé entre 15 et 20 000 exemplaires, il vise un ensemble de styles de vie, éventuellement disparates, dont le goût pour le cigare est le point commun. C'est aussi, en acte, un petit traité de sociologie de la distinction.
Bimestriel, dos carré (6,5 € le numéro), 72 pages : des articles sur la gastronomie, sur Cuba et la fabrication des cigares, sur le commerce des cigares à Lille, sur une destination touristique (Maroc) traitée sous l'angle du cigare, sur les boissons et la gastronomie (cubaine), la musique, sur un véhicule (Mercedes). Un encart de 4 pages grand format, pliées, décrit et compare scrupuleusement des cigares choisis : dimensions, catégorie, fabricant, prix, le tout assorti d'un commentaire.

La publicité dans le magazine est en affinité thématique, esthétique avec les éléments éditoriaux parmi lesquels les messages se fondent, visibles d'être tellement dans le ton. Paradoxe d'un beau travail de marketing éditorial et publicitaire. On n'insiste jamais assez sur la coordination des deux alors qu'elle fait la qualité d'un magazine, la mémorisation et l'agrément. Peu d'annonceurs captifs : boissons, hôtellerie, tourisme, automobile. Le cigare n'apparaît, distraitement, que dans quelques pages "shopping", consacrées à des accessoires (caves, étuis, etc.), à des guides d'achat (champagnes, montres, livres, DVD, cigares, déco).

Ce qui harmonise tous les constituants, éditoriaux et publicitaires, c'est un type de jugement de goût, un certain art de la distinction : oenologie et gastronomie fournissent aux amateurs de cigares les outils lexicaux  et les catégories pour rendre compte de la "dégustation". Ciblage comportemental, en quelque sorte, intuitif. Certainement, chaque lecteur trouvera au moins un message qui détonne et y décèlera, de son point de vue, un peu de frime de distinction trop calculées (stylisation de la vie). Le magazine poursuit le difficile équilibre entre la personnalisation (le lecteur a sélectionné le magazine et s'y retrouve) et la recommandation (le lecteur est surpris et envisage d'autres goûts, via l'habitus qui les règle) ; c'est cette créativité que tente de reproduire automatiquement un algorithme de ciblage sur le Web.

Encart guide d'achat comparatif
Et le Web justement ?
Il y a un site amateurdecigare.com, bien sûr, mais qui ne répète ni ne reflète le magazine ; le site est sobre, requiert une inscription et l'accès aux fiches de dégustation est payant (3 € / an). Le site est conçu et développé comme un outil élémentaire de référence pour l'amateur (lexique, explications, liste de points de vente, etc.). Seul renvoi au magazine, le module d'abonnement.
Cette division du travail, cette articulation entre le magazine et le site paraît exemplaire. Au magazine, le confort d'une certaine portabilité, le plaisir du toucher, du feuilletage, d'une exubérance rédactionnelle retenue. Au magazine surtout, le centre de profit. Au site, réalisé à l'évidence pour une dépense de développement modique, la simplicité stricte de l'efficace. Tout un modèle économique. La base de données des contenus éditoriaux est exploitée sous la forme de guide / livre : Le Havanoscope, et de supplément Le Cigaroscope.
Analysé dans les détails, ce travail paraît remarquable, d'autant que tout le travail disparaît à la lecture du magazine, à l'utilisation du site : l'édition a fabriqué de l'évidence, un "plaisir du texte".

N.B. Accusé d'inciter à fumer par une association, le magazine a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris en décembre 2012.

jeudi 30 juin 2011

Fautes professionnelles ? News Corp., Viacom et MySpace

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Mis à jour le 22 octobre 2011
Facebook a fait perdre près de 2 milliards de dollars à News Corp. L'addition vient de tomber.
En 2005, le groupe News Corp., que dirigeait et dirige encore Murdoch, acheta, dans l'euphorie et l'impatience, MySpace, pour 580 millions de dollars. Durant six années, le site aurait perdu près de 200 millions de dollars par an. Il vient d'être revendu 35 millions de dollars au réseau publicitaire Specific Media (ad network).
Ayons une pensée teintée d'humour pour Tom Freston (MTV), licencié sèchement par Redstone, le patron de Viacom, pour avoir douté de l'intérêt de cet achat et n'y avoir pas succombé. Erreur qualifiée alors d'"humiliante" par cet autre grand visionnaire (octobre 2006). Redstone va-t-il s'excuser ? Rêvons !
Voilà un cas qui mérite une place de choix dans les manuels de sciences de gestion, à Harvard Business School (surtout) et ailleurs. Mais que faut-il apprendre d'un tel cas ?
Murdoch reconnaîtra en octobre 2011 avoir alors commis une énorme erreur ("I made a huge mistake") rappelant d'ailleurs que tous ceux qui ont ensuite participé à la mauvaise gestion (mismanagement) de Myspace ont quitté le groupe. Pas lui.
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mardi 28 juin 2011

Publicité commerciale et propagande politique

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2012, année d'élection présidentielle aux Etats-Unis, sera une bonne année pour les recettes publicitaires des médias ("Election Day" est le 6 novembre 2012). Moody prévoit une augmentation de 10 à 20% des recettes pour la télévision terrestre grand public, notamment au niveau local (stations). Plus la bataille électorale locale sera serrée, meilleur ce sera pour les recettes locales des stations.
En 2010, la télévision grand public avait bien profité des élections, en captant 75% des dépenses de publicité électorale, les chaînes thématiques n'en collectant que 8% et le Web, 4 % (Source : PQ Media). Cette répartition reflète l'importance du local selon les médias : la publicité sur les chaînes thématiques (spot cable) est encore peu localisée. Quant au Web, mobile ou non, devenant de plus en plus local, il devrait bénéficier de cette évolution tout comme de son affinité élective avec les plus jeunes générations d'électeurs (réseaux sociaux, mobile, etc.).
Pour tout arranger, dans le meilleur des mondes médiatiques possible, une décision récente de la Cour Suprême américaine (janvier 2010) laisse toute liberté aux entreprises de financer la propagande électorale, sans limite, sans obligation de consulter leurs actionnaires. Place aux plus riches, au nom du Premier Amendement ("freedom of speech").

En France, la publicité politique est interdite à la télévision et à la radio (loi ° 90-55 du 15 janvier 1990) ; de plus, dans les trois mois précédant l'élection, la publicité commerciale à fin de propagande électorale, même gratuite, est interdite sur tous les médias (L.52-1 du Code électoral).
Si, comme aux Etats-Unis, partis et candidats en France devaient payer leur passage sur les télévisions et les radios, quelles en seraient les conséquences ? Tout en améliorant le financement de ces médias, cela limiterait la présence des messages politiques sur les chaînes ; au moyen de leur politique des prix, elles devraient arbitrer entre publicité commerciale et publicité politique. Les conditions spécifiques faites à la communication audiovisuelle lors des campgnes électorales (Loi N°86-1067 du 30 septembre 1986, article 16) sont-elles encore nécessaires ?
En ce qui concerne le Web, la complexité - chaque jour croissante et renouvelée - des moyens qu'il offre à la communication politique, rend de plus en plus délicate l'application des textes actuels. Comment peuvent-ils prendre en compte et démêler cet écheveau d'innombrables innovations. Cf. à titre d'illustrations : Internet et communication électorale, 17 octobre 2006) et un exemple d'interprétation par le ministère de l'intérieur de décisions du Conseil d'Etat, à propos des mots-clés et liens commerciaux en période électorale.

La France connaîtra bientôt une année électorale majeure. Quelle place y tiendront les médias numériques ? Il n'y a plus de rareté des moyens de communication : cela plaide en faveur de la liberté totale de la communication politique dans le cadre d'un financement rigoureusement contrôlé des candidats et des partis (à la différence de qu'autorise la Cour Suprême américaine), conformément à l'esprit de la démocratie.
Reste la question du cens politique : qui peut-être candidat, qui peut produire de l'opinion politique ? Le Web avec les blogs, Twitter, Facebook, les mots clés et tant d'autres moyens donnent à imaginer de nouvelles manières d'émettre des opinions, de candidater et de représenter des citoyens. Comme beaucoup parmi nos institutions, nos procédures électorales ont été conçues à l'époque des linotypes, du télégraphe, de la locomotive à vapeur et de la télévision d'Etat. Elles ont leur âge et leur rides. Anachroniques. Le Web peut être un facteur de démocratisation du financement électoral, ainsi que l'a laissé entrevoir la campagne d'Obama en 2008.
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dimanche 26 juin 2011

L'éducation à l'heure d'Internet

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Internet donne l'heure. Point de repère absolu du progrès des activités économiques. "Les vaches à l'heure d'Internet" interroge à la une La Voix de l'Ain, hebdomadaire d'actualité d'une région agricole. Excellent titre, que l'on peut décliner. Par exemple, en cette période d'examens et de concours, de passages de classe et d'orientation, de fêtes de fin d'année scolaire : l'éducation.
  • L'école primaire à l'heure d'Internet. Ecole première sur laquelle TOUT repose. Ces petites écoles sont les seules, les véritables "grandes écoles", les seules à être justement, exactement, centrales, polytechniques, normales, nationales et supérieures, les seules dont nous sommes, toutes et tous, anciens élèves. Internet et le numérique ne changent pas grand chose pour cette école, ses élèves, ses instituteurs et institutrices, sauf d'accroître infiniment le besoin de lire bien, vite, de comprendre vite, de raisonner juste, de calculer, de penser, de communiquer... Apprendre à lire, écrire, comprendre sa langue maternelle, et, si ce n'est pas la même, urgemment, la langue de son pays d'accueil. Savoir comparer, douter, savoir que l'on sait et savoir que l'on ne sait pas, pouvoir distinguer croire et savoir, juste et faux, exact et à peu près. Apprendre à communiquer, donc à écrire ; améliorer l'expression orale, corporelle, esthétique. Accroître l'envie d'apprendre, le goût de l'étude. A tous ces objectifs fondamentaux, Internet ne change rien, sauf d'agir en formidable multiplicateur et accélérateur d'investissement éducatif. Internet accroît immensément le besoin d'école primaire. Nos labos, notre économie, notre culture, notre morale, tout repose sur elle. C'est pourquoi j'ai gardé, sciemment, le beau mot d'"instituteur" plutôt que celui restrictif de "professeur" ; l'école primaire n'est pas une garderie : elle institue la République. Quand l'une va mal, l'autre, sombre, périclite. L'école primaire est un humanisme.
  • L'université à l'heure d'Internet. Si Internet et le numérique ne changent pas grand chose pour les objectifs, universels et éternels, de l'école primaire, il en va tout autrement de l'université aux objectifs plus restreints, presque conjoncturels. Qu'est-ce qu'une université à l'heure d'Internet ?
    • A quoi riment les grands amphis, à quoi correspond la forme même du "cours", qu'est-ce qu'un campus ? L'université doit-elle avoir des "murs" (M. McLuhan) ? Qu'est-ce qu'apprendre à l'heure d'Internet ? Qu'est-ce qu'un examen ? Que faut-il savoir par coeur et que faut-il savoir trouver ? 
    • Nul n'entre ici s'il n'est géomètre ! L'antique adage a du bon : pas de formation universitaire sans culture, sans composante scientifique. Question d'hygiène intellectuelle.
    • Quelle culture minimum de programmation (programming literacy) faut-il maîtriser, que l'on soit en médecine ou en chimie, en gestion ou en journalisme, ou simple citoyen interanute ?
    • L'université doit moins enseigner directement qu'apprendre à apprendre : Internet et les outils didactiques numérisés peuvent remplir beaucoup des tâches d'enseignement
    • L'université doit vérifier et certifier les savoirs et savoir faire. Fonction indispensable au marché de l'emploi que guettent, sinon, les erreurs coûteuses, le chômage, sans compter le népotisme, le copinage et autre réseautage qui démoralisent, favorisent les "sociétés de cour" et les privilèges
    • Rechercher, innover, inventer. L'université doit préparer, inciter à la recherche, accompagner les chercheurs. La fonction d'incubation est primordiale, donc la relation aux entreprises qui est tout sauf de fournir de la main d'oeuvre au rabais. 
    • On classe et déclasse les universités et les diplômes. Sur quels critères ? Quels sont les diplômes de Steve Jobs ? D'ailleurs, quels sont les diplômes, les inventions, les créations de ceux qui classent les universités ? Ni Brin et ni Page, créateurs de Google, n'ont terminé leur thèse. Schmidt, si. Beau sujet de thèse en sciences de gestion ! Quant à Gates ou Zuckerberg, l'université les a laissé filer sans les diplômer pour qu'ils développent Microsoft et Facebook. Echecs ou réussites de ces universités ? Réussites. Thèses sur travaux ? "Quelques études que l'on fasse, elles doivent être faites rapidement. Il y a très peu de choses à apprendre d'un professeur". J'emprunte cet aphorisme à Pierre Boulez. L'université n'est ni un parking ni une salle d'attente. 

mercredi 22 juin 2011

Vices publics et vertus privées

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L'équipe de hockey de Vancouver (Canada), les Canucks, a perdu la finale de la Stanley Cup contre celle de Boston (Bruins). Des "fans" et d'autres profitent de l'occasion pour saccager des quartiers de la ville de Vancouver (incendies de véhicules, vols, etc.). Cf. documents mis en ligne par Mashable.com.
Banal ! Combien de villes françaises ne connaissent-elles pas régulièrement de tels comportements qui leur donnent, certains soirs de matchs de football, des allures de villes assiégées.
Ce qui semble remarquable dans le cas de Vancouver est la demande officielle, adressée par la police et la mairie de Vancouver, aux personnes témoins de ces "manifestations" : prière, à ceux et celles qui ont filmé et photographié, de ne rien effacer et de faire parvenir à la police toutes photos et vidéos de "manifestants", "casseurs" (rioters) en action. Ces documents seront exploités par la police pour retrouver les suspects et effectuer des arrestations. Twitter (#riot), Facebook et Tumblr sont mobilisés à cet effet.

La banalisation des outils de photo et vidéo, leur disponibilité continue grâce aux téléphones portables rendent possible une sorte de crowd sourcing des enquêtes. Les vices publics font l'objet de témoignages privés. "Private vices, public benefits", dit la fable de Mandeville. Le téléphone portable, par nombre de ses attributs, secoue la définition de la vie privée, plus certainement sans doute que les cookies. Quant au droit à l'image....
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mardi 21 juin 2011

Démographie 2009 : redessiner les cibles média et marketing

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L'INSEE publie situation démographique de la France en 2009. Quelles conséquences pour le travail média ?
  1. Vérifier la définition de la population de référence (champ), notamment dans les mesures d'audience : soit la France métropolitaine exclusivement, soit l'ensemble outre-mer comprenant les départements (1 870 000 personnes) et les collectivités (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre et Miquelon, Wallis-et-Futuna,Saint-Martin, Sant-Barthélémy: 780 000 personnes)
    1. Total outre-mer : 2 650 000
    2. Total métropole : 64 670 000
  2. Un pays parmi tant d'autres : la France ne représente que 13% de la population de l'Union européenne. Cette Union, en revanche, avec plus de 500 millions d'habitants, occupe une position démographique significative auprès de l'Amérique du Nord et des puissances asiatiques (Chine, Inde, Japon)
  3. Fécondité : les mères accouchent de plus en plus tard 
    1. En moyenne, l'âge moyen à l'accouchement est de 30 ans (29,9 ans en 2009)
    2. La fécondité des femmes de moins de 30 ans diminue et celle des plus de 30 ans augmente
    3. Une génération compte maintenant plus de 820 000 personnes (793 500 naissances en France métropolitaine et 31 000 outre-mer) 
  4. Vieillissement ? Derrière cette notion se cache celle, plus confuse qu'il y paraît, de population dite "active" qui inclut une part de plus en plus significative des 60-75 ans. Cette évolution est riche de conséquences sur les retraites, le patrimoine, les consommations (loisirs, santé)
    1. La population des 15-49 ans, cible préférée des grands médias, est stable depuis 1991 (près de 30 millions de personnes) mais son poids dans la population totale décroît régulièrement : de 50,4% de la population totale en 1991, elle est passée à 45,7% en 2009
    2. Les moins de 15 ans sont en légère augmentation (+ 200 000 personnes)
    3. La tranche des 60 ans et plus a gagné 3,5 millions de personnes ; celle des 75 ans et plus a gagné plus de 1,8 million. Quelle part de ces personnes est active, à quel taux ?
  5. Mariage + PACS : 425 000 cérémonies par an. La presse et le marketing de ces unions ont encore un bel avenir
    1. 251 000 mariages classiques par an
    2. Le nombre de PACS (pacte civil de solidarité) croît : 174 000 en 2009
    3. L'âge moyen des promis au premier mariage augmente (primo-nuptialité) : 31,7 ans pour les hommes, 29,8 pour les femmes. Depuis 1994, cet âge a augmenté de 3 ans pour les femmes comme pour les hommes.
    4. Trente ans représente un tournant dans les âges de la vie. Autrefois, c'était vingt ans. Après l'adolescence, plus d'une dizaine d'années constituent une période intermédiaire, plus ou moins active (emploi, études, loisirs) sans engagement sérieux (couple, enfant, imobilier, emploi). Cet âge définit une cible socialement hétérogène  : modes de vie, niveaux de vie
  6. Féminisation ? 
    1. Non, au contraire. Depuis 1991, le poids des femmes diminue pour les plus de 60 ans ; pour les 20-59 ans, il est passé, en 18 ans, de 50,0 % à 51,6% 
    2. Les générations âgées sur-représentent encore les femmes (63,2% des 75 ans et plus). Cf. graphe ci-dessous.
Conclusions : redessiner les cibles média et marketing
  • Importance d'une période allant de 18 à 30 ans, mal connue, peu appréhendable avec les outils traditionnels qui dissimulent encore cette tranche d'âge au profit des sacro-saints "15-24" et "25-34" ans. Cible à préciser avec les taux de diplômés, d'emplois, d'activité, les rites de passage, etc.
  • Croissance des effectifs de la population âgée de plus de 60 ans. Déjà, la référence des 50 ans est obsolète (enfants à charge bien au-delà de cet âge, éloignement du départ à la retraite, etc.). Où placer la nouvelle barre pour constituer une cible pertinente ? Croiser âge et santé (déficiences, handicap, dépendance, incapacités) pour définir la probabilité d'activité (au sens étendu du terme, incluant les loisirs, les responsabilités familiales, les participations sociales diverses) ?

dimanche 19 juin 2011

Vidéo et compteur Internet

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Time Warner Cable, le second câblo-opérateur américain (MSO), testerait actuellement une tarification calée sur la consommation Internet des abonnés, en lieu et place d'une tarification forfaitaire. Internet facturé comme l'électricité et le téléphone.
Une telle politique des prix concernerait, de façon primordiale, les clients des fournisseurs de services vidéo (VOD, etc.), et notamment de Netflix, réputés gros utilisateurs. D'une manière générale, les forts consommateurs de vidéo se trouveraient devoir payer davantage.
Généralisé, un tel principe ne manquerait pas d'avoir des effets sur des entreprises comme YouTube, Hulu, etc. Il pourrait également affecter le recours à la publicité vidéo.
  • Une telle mesure pose un problème de concurrence : Time Warner, câblo-opérateur, pourrait être soupçonné de favoriser ses propres services. Quid, alors, de la neutralité d'Internet ? 
  • Elle pose la question de l'économie globale d'Internet : qui paie la bande passante, qui en profite ?
  • Ces questions s'imposeront bientôt, inévitablement, à propos des smartphones et de la vidéo.

samedi 18 juin 2011

Vidéo en France : Video Futur entre Netflix et LOVEFiLM

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Video Futur, qui dispose d'un large réseau de magasins de location de DVD en France, a mis en place une offre commerciale qui ajoute à l'envoi de DVD par voie postale un accès vidéo sur le Web. L'abonnement Pass Duo propose les films sur DVD 9 mois après leur sortie en salles pour 6,99 € et des films plus récents en téléchargement VOD (2,99 € / film).
Canaux de distribution vidéo de Video Futur  : comparaison  avec de quelques grands groupes 
La question de la "chronologie des médias" est évidemment au coeur de ce dispositif. En France, il faut un délai de 4 mois pour les DVD et la VOD payante à l'acte, 36 mois pour qu'un film soit diffusable sur le Web (VOD avec abonnement), 10 mois sur les chaïnes payantes comme Canal Plus (arrêté du 9 juillet 2009). L'offre de Video Futur bouscule donc, légalement, cette chronologie dont la logique résiste mal aux poussées d'une économie numérique et déçoit les attentes des consommateurs. Cette chronologie complexe rend d'ailleurs les offres commerciales peu lisibles pour les consommateurs, ce qui ne facilite rien.
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Tableau comparatif (ci-dessus)
Video Futur, suite à diverses acquisitions, couvre quatre des cinq composantes de la distribution de cinéma hors exploitation en salles : magasins, automates, Web, poste. Video Futur ressemble en cela à Blockbuster que vient d'acheter le bouquet satellite américain Dish Network. Son offre multicanal est plus diversifiée que celle de LOVEFiLM en Grande-Bretagne que vient de racheter Amazon et qui représente sans doute la concurrence potentielle immédiate la plus dangereuse. Sur l'évolution de  l'offre multicanal aux Etats-Unis : "Video : la grande distribution du DVD à la VOD".
On peut aussi lire ce tableau simplifié comme une visualisation des potentialités stratégiques des acteurs (fusions, acquisitions, etc.)
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mardi 14 juin 2011

TV américaine. Station contre network. Etude de cas N°1

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Dernière mise à jour 5 octobre 2011
Au Etats-Unis, une chaîne nationale n'est que le résultat, plus ou moins stable, de la reprise par plus de 200 stations locales, affiliées ou contrôlées directement (O and O), d'un ensemble d'émissions achetées ou produites, puis agrégées en une grille, par un fournisseur de contenus.  Ces 210 stations distributrices constituent un réseau ou network ou, encore, dit autrement, d'une syndication nationale basée sur le troc (programme contre espace publicitaire).
Le network NBCU (groupe Comcast) est confronté cette semaine au refus par KSL-TV (Salt-Lake City), l'une de ses stations affiliées, de retransmettre l'émission, "The Playboy Club". La station estime que le contenu de l'émission n'est pas en phase avec la ligne éditoriale de la station ("objectionable") : cette station est contrôlée par les Mormons  ("Church of Jesus Christ of Latter-day Saints").
Par conséquent, le lundi à 21 heures, à partir de septembre, la station remplacera cette émission par une autre, de son choix. "The Playboy Club" sera repris par une autre station du marché (DMA N°32). Cf. le communiqué de KSL-TV (vidéo, après la pub !). C'est KMYU-TV, station affiliée à MyNetwork TV qui diffusera l'émission de NBC.

L'émission (drama) est consacrée à l'histoire de ce club de Chicago durant les années 1960. Elle se veut à la fois provocatrice et documentaire, un peu à la manière de "Mad Men". Elle est produite par les studios de 20th Century Fox.

Ce type de désistement est rare mais emblématique ;  il souligne l'originalité de la structure d'un network américain et sa vulnérabilité. La notion de chaîne nationale n'a pas le même sens aux Etats-Unis et en Europe : sans stations affiliées, pas de couverture nationale, pas de publicité nationale (network time). Effectuée
pendant les ventes publicitaires upfront, cette annonce de KSL-TV peut faire mauvaise impression auprès des annonceurs. A moins qu'elle n'attire leur attention sur une émission qui sent bon le soufre et peut attirer une audience curieuse - et intéressée.

Suite. Juillet 2011. L'association Parents Television Council demande aux stations affiliées au network NBC de ne pas diffuser "The Playboy Club" : "I am writing to urge you, on behalf of the Parents Television Council's 1.3 million members, to preempt the program in your community". Elle promet également de demander aux parents de déposer une plainte pour indécence auprès de la FCC.
Et fin. Octobre 2011. NBC déprogramme l'émission en raison de sa faible audience (1,2%, 18-49 ans) après 3 épisodes.

lundi 13 juin 2011

De la TV sur Internet

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Les chaînes de télévision américaines prennent le Web au sérieux. Le Web devient l'un des lieux de diffusion de leurs émissions. La pression publicitaire des émissions diffusées sur le Web se règle progressivement sur celle de la diffusion terrestre, pas aussi simplement encore que le permettent le câble ou le satellite certes, mais c'est en bonne voie.
A terme, inévitablement, c'est le même signal qui sera distribué, sur tous les supports, Web, câble ou satelite... Cela facilitera et améliorera les comptages d'audience publicitaire ainsi que la vente d'espace, les audiences réalisées par les émissions sur le Web étant comptées comme les audiences TV. Audience TV multicanal dont on voit les prémices lors des ventes upfront (cf. Des nouvelles de l'upfront. Affrontement des cultures commerciales).


Qui gèrera dès lors cet espace publicitaire ?
  • Sans doute les régies TV qui finiront, même lentement, par adopter des méthodes élaborées, testées, mises au point pour le Web. Attention ! Un message Web et un message TV, même de durées égales, ne sont pas strictement équivalents : les messages Web peuvent être vendus plus cher que les messages traditionnels parce que plus riches d'information pour l'annonceur, et plus riches de capacité d'interaction pour le consommateur. 
  • Un message de 30 secondes, habituel en TV sur les networks américains, risque de paraître insupportable sur certains supports Web (tablette, ordinateurs, smartphone). Le Web imposera sans doute à la télévision des formats plus courts. Des recherches devront montrer ce qu'il en est, support par support, du nombre de messages regardés jusqu'à la fin, selon les durées d'émission, l'emplacement de l'écran (completion rate). Ce travail n'en est qu'à ses débuts (cf. FreeWheel, entre autres).
  • Comment réagiront les téléspectateurs Web devant l'encombrement croissant des émissions ? Se tourneront-ils vers une consommation "illégale", sans interruption publicitaire ? Le charme actuel des séries regardées sur le Web reste leur très faible encombrement publicitaire. Au contraire pour une série d'une heure diffusée à la télévision, il faut compter un quart d'heure d'encombrement publicitaire, réparti en plusieurs écrans (pods). Ce confort de vision et ce gain de temps qui font le plaisir du téléspectateur constituent un manque à gagner pour les chaînes. Sur YouTube, selon YouTube, 30% des messages avant programmes (TrueView pre-roll ads) seulement seraient zappés (skipped).
A terme, tout cela converge vers la télévision connectée qui établira les égalités fondamentales de la dynamique vidéo. L'égalisation des durées, l'identité des modalités d'insertion publicitaire (adserving, ciblage) semble inévitable. Derrière la technique, les compétences, les métiers se trouve un enjeu considérable : qui vend l'espace ? Qui l'achète ? Les agences média auront-elles encore un rôle à jouer dans cet univers unifié ?
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dimanche 12 juin 2011

#DSK : Twitter a la parole

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Twitter #DSK, via TweetDeck
On n'a rarement vu pareille créativité dans la communication publique. L'affaire DSK ("a" minuscule) déclenche sur Twitter une énorme éclosion de blagues, d'indignations, d'ironie et de fureurs exprimées en moins de 140 caractères : grivoiserie, politique politicienne, haine de classes, économie mondiale, féminisme et droits de l'homme, sexologie... les tweets font feu de tout bois ! Des jeux de mots en tout genre, de l'Almanach Vermot à l'"album de la comtesse", en toutes langues, argot et verlan inclus, sont mis à contribution pour exprimer tout cela.
Quelque politicailleur s'en plaint-il ? "Il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits"... #DSK (lire "hashtag DSK") a des airs de révolte. Il y faudrait Freud et Lacan pour interpréter, derrière le plaisir des "Witz", l'envie de revanche sociale, d'abolition des privilèges, le refus des autorités, le retour du refoulé... Parfois, on semble y percevoir, comme un refrain, le "ça ira", version Piaf. Gouaille et révolution : "ça parle où ça souffre".

Sur Twitter, la langue de bois passe mal, il faut appeler un chat un chat, mettre un "bonnet rouge au vieux dictionnaire". Irrespect radical qui devrait être par défaut le ton des médias d'information : en comparaison, ceux-ci paraissent tellement compassés, neutralisés, fades, bien trop polis... Sur Twitter, il fait bon se moquer de tout, des médias, des politiciens, des journalistes, des puissants, des "riches" et même de soi. Esprit de sérieux, s'abstenir. Quelques courtisans viennent pourtant y accomplir leur service "nulmérique" commandé. Bien essayé !
Twitter réalise une sorte d'écriture collective, de "cadavre exquis" à thème ; c'est "L'imagination, tapageuse aux cent voix" (Victor Hugo). Le montage est bref, télégraphique, on a exclu les "mots outils" pour introduire, en liens raccourcis, des citations, des illustrations. Ce style collectif, tissu de contributions individuelles à forme fixe, produit parfois une détonnante "défamiliarisation" créatrice, une "résurrection des mots" (Victor Chklovski) qui fait s'étonner. En 1968, les murs avaient repris la parole des étudiants. Avec Twitter, ça parle. Qui parle ?
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jeudi 9 juin 2011

Life without a TV set

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You pay for a highspeed Internet connection, you access VOD, you subscribe to Netflix, Lovefilm or another service. With the Web, you have Hulu, YouTube and iTunes and many more. At home, there is an HD screen, a DVD player, maybe Apple TV, a videogame console, a Wii or a PS3, and of course you own a Smartphone (with a subscription) and maybe an iPad.
Under the TV set : PS3, Wii, set-top box, VCR, DVD player
Do you still need a TV set? Do you still need to subscribe to cable or satellite? Do you still need a set-top box or satellite antenna? Many people start to seriously wonder. They do the math, they compare, and they decide to cut the cord.
And if you live in Europe, where you pay a tax on TV sets ("redevance" in France, TV licence fee in UK, GEZ in Germany), you also save on that cost.

When asked which equipment they would be most likely to give up, if they had to, the majority of people, especially the most active, answer they would give up the TV set. There is really no choice: they absolutely need the phone and the Web. But they can easily do without a TV set.
What is TV exactly nowadays? It is what you see on a digital screen, small or big. It is connected TV, programs coming from the Net. TV is the Web. It does not have anything to do with a TV set anymore.

Is this a trend?
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lundi 6 juin 2011

Des nouvelles de l'Upfront. Affrontement de cultures commerciales ?

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Mise à jour 13/0/11
La télévision américaine connaît une ouverture annuelle de planning majeure où se vend l'espace commercial de la télévision pour la saison à venir. Cette vente upfront se déroule en mai-juin pour l'année télévisuelle suivante (septembre-mai). Elle s'accompagne de garanties d'audience (GRP /cibles). Ce qui n'est pas vendu alors est vendu plus tard par trimestre (scatter market). Il n'y a pas de tarifs, et seules les chaînes connaissent le volume d'espace mis en vente en avance (entre les 2/3 et les 3/4) des disponibilités. La cible est généralement celle des 18-49 ans ( à l'exception de CW qui commercialise une cible féminine 18-34 ans). L'ensemble des transactions upfront de la télévision représente plus de 20 milliards de dollars (toutes chaînes confondues, prime time).
Les performances upfront des régies publicitaires constituent des indicateurs de la valeur de la publicité télévisée. Où en est-on pour les principaux networks grand public ? La hausse moyenne des CPM serait de l'ordre de 10 à 11%. La hausse fut de 7% en 2010.
  • Pour Fox, la hausse du CPM serait de l'ordre de 11% . La chaîne vend également des espaces dans les émissions regardées sur le Web (via Hulu et Fox.com). Les émissions  incluent plus ou moins le même nombre de messages (network time).
  • CBS aurait objenu des CPM en hausse, entre 13 et 15% grâce à une grille de programmes qui a réuni les meilleures audiences de la saison achevée.
  • NBC/Comcast a commencé ses ventes avec un CPM en hausse de 9%
  • ABC aurait obtenu une augmentation de 11%
  • CW aurait obtenu une augmentation de 11%. Comme Fox, CW vend ensemble, pour une même émission, espaces network et espaces Web.
  • Univision vend avec un CPM en hausse de 10%
  • Les chaînes thématiques (câble, satellite) obtienntraient une hausse moyenne souvent supérieure à 10%
La culture commerciale de l'upfront, que l'on aime tant décrier- chaque année, on annonce que c'est la dernière fois - conquiert-elle les médias numériques ? Depuis 2010, il y a un Mobile Upfront : Jumptap, Mocean Mobile, Mojiva, DataXu, MobileFuse etc. y rencontrent les agences média. Efficient Frontier propose un social upfront, Digitas un NewFront...
Tout se passe comme si deux cultures commerciales, deux conceptions de l'action publicitaire s'affrontaient. Soutenant ces cultures se trouvent, d'un côté, les studios et les networks, de l'autre,  Google, Facebook, etc. L'une des clés de cet affrontement sera la mesure de l'audience.
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dimanche 5 juin 2011

Modèle économique : Témoignage Chrétien

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TC, juin 1944. Source : Archives de la vie littéraire sous l'occupation, 2011, Ed. Taillandier, IMEC, p. 369
Témoignage Chrétien (TC) est un hebdomadaire sur papier journal, se positionnant depuis toujours à "gauche" ("l'info qui résiste", "la résistance spirituelle"). Titre issu de la Résistance, lancé dès novembre 1941 (Cahiers puis Courrier français du Témoignage Chrétien) quand une bonne partie des chrétiens, des médias et des journalistes français collaboraient sereinement. Après la Libération, l'hebdomadaire ne trahit pas ses principes et prit position contre la colonisation. TC fut aussi à l'origine de Télérama dès 1947. Peu de titres peuvent se vanter d'autant de lucidité politique et d'anticipation média.

Changement de modèle économique
Pour ses 70 ans, à partir du 17 juin, TC renonce à la distribution en kiosque ; il ne sera plus guère accessible que par abonnement (111 €/an). Le titre compta 80 000 abonnés dans les années 1950, il en compte actuellement 8 000 plus 4 à 500 exemplaires vendus au numéro (source : TC). Avec 48 numéros, ce sont quand même, chaque année, plus de 400 000 exemplaires achetés et payés par des lecteurs.
Absent des points de vente, TC compensera le déficit de visibilité, dit la rédaction, par sa présence sur le Web et dans quelques librairies.
La réussite de ce modèle économique passe, à tout le moins, par le travail de référencement sur le Web et par l'invention d'interactions de lectures entre journal et Web, journalistes et lecteurs. Un contrat d'information ? Le Web pourrait apporter bien plus que de la visibilité à un tel titre qui sut, dans des situations dramatiques, constituer un "lien" (cf. supra, son sous-titre).

Qui peut s'inspirer d'un tel modèle ?
TC vit de ses lecteurs, directement, pas de leurs consommations. Sauf cas particuliers, annonceurs et conseils média l'ignorent.
L'abonnement postal est commode, il est subventionné (tarifs préférentiels). Le fichier des abonnés permet, éventuellement, des opérations de marketing direct ciblées. Finis les invendus : tirage = diffusion payée.
TC, juin 2011
Ce modèle, "tout postal", est déjà celui d'une grande partie de la presse professionnelle (B2B), pour laquelle, il constitue sans doute une étape vers le "tout numérique". Presse militante et presse professionnelle présentent des points communs : précision du ciblage, caractère indispensable et exclusif de l'information pour les lecteurs, régularité et fidélité du lectorat.
Pour la presse militante, qui dépend peu de l'événement, qui ne fait pas d'effets de manchette,  le kiosque apporte peu. Déjà, cette presse n'est présente que dans un nombre restreint de points de vente, et, lorsqu'elle est présente, ces points de vente ne lui apportent guère de visibilité car ses titres sont relégués aux confins des linéaires, attendant que le chaland les débusque ou les demande.

Vive l'abonnement ?
C'est le modèle économique le plus transparent, le plus vertueux pour l'économie des médias : le lecteur achète sa lecture, son concert, son film...
L'abonnement, c'est aussi une lecture de la loi Bichet. Comment faire pour qu'il participe à la visibilité qu'installe cette loi ?
Reste, le Web l'a mise au goût du jour, la question des fichiers. L'abonnement comme l'adhésion impliquent un fichage (opt-in), en comparaison duquel le cookie du Web paraît inoffensif. Associées, adresse postale + adresse IP constituent un fichier marketing (ou politique) d'une rare qualité : l'adresse est nécessairement mise à jour chaque année, au moins. Qui veut être discret, prudent, achète en kiosque, paie en liquide au lieu de payer un abonnement par chèque ou carte.
Quid d'un abonnement qui serait pris et servi en kiosque ?
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lundi 30 mai 2011

Oprah's show is over: TV still rocks

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After 17 years (February 21, 1994), the final episode of the famous syndicated talk show delivered its best audience. The last episode of a series is always an event. The best rating was in Atlanta, followed by Philadelphia and Chicago where Oprah started. Her core audience: household managers, family decision makers, mothers. Each thirty-second spot sold for 1 million dollars ; among the buyers were many movie companies. Major advertisers have always loved Oprah's talk show audience.
Such a price says a lot about TV as a commercial medium. TV rocks.
With the exception of football, no show does as well as Oprah during daytime. "American Idol" (Fox) delivers a  big audience, but it is prime time and the reality show does not have as good a reputation as "Oprah". By far.
See her on cable, on her OWN network.
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AccentHealth : digital signage pour une audience captive

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AccentHealth distribue des contenus d'information santé produits par CNN, en toute indépendance des annonceurs (pas de placement de produit). Le réseau d'écrans (32 pouces), lancé en 1995, compte plus de 12 300 salles d'attente de médecin aux Etats-Unis.
Les contenus vidéo avec écrans publicitaires intégrés sont distribués en fonction de la spécialité du cabinet : arthrite, asthme, allergologie, endocrinologie, diabète, cardiologie, etc. L'offre comprend désormais 17 spécialités. A la vidéo s'ajoutent l'affichage (Health Panel) et la distribution de tracts, de coupons, de brochures.

Quelle est l'audience ? 158 millions de personnes, affirme AccentHealth, soit 13 millions par mois. L'estimation est effectuée par Nielsen selon des méthodes habituelles : déclarations lors d'intercepts. L'impact est évalué selon une méthodologique semblable par GfK (Roper Public Affairs and Media). Les attitudes sont analysées à partir de carnets d'activité (take-home diaries) remplis au domicile (GfK NOP). Le retour sur investissement s'appuie sur les prescriptions effectuées (ims).
La durée moyenne de présence des patients dans les salles d'attente est d'environ une demi-heure (27 mn) et la boucle dure une heure (les écrans publicitaires sont placés à chaque demi-heure). Les messages sont de durée classiques en télévision :15, 30 et 60 secondes. Les délais de réservation sont de 8 semaines. La boucle est renouvelée chaque mois.

Marketing d'audiences captives, ciblage indiscutable. Le réseau de digital signage présente beaucoup d'atouts. Le résau bénéficie aussi de la qualité professionnelle de la boucle : AcentHealth est une chaîne TV d'information sur la santé ciblant ceux et celles que la santé préocuppe, quand elle les préoccupe.
Un tel marketing peut-il être amélioré, modernisé ?
  • La mesure des audiences pourrait l'être, prenant en compte la fréqence des visites et produisant une sorte de GRP, mesure s'éloignant du déclaratif, détectant la multiplicité des rythmes de visites. 
  • Une certaine interactivité pourrait être imaginée associant les écrans à une application téléchargée où se poursuivraient en ligne la communication et l'interaction avec les praticiens.

dimanche 29 mai 2011

Blockbuster reaction. First step

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Blockbuster, sold to Dish Network ($320 million), "restructures" and closes stores. How many? It depends on the negociations with studios for DVDs.
On the marketing side, Blockbuster starts a new DVD rental pricing policy:
For new movies, $2.99 / day ; for older movies $1.99 instead of the previous $4.99 for a three day rental. Blockbuster has always been known by its customers for offering newer movies than its competition.
  • The pricing is still far from redbox $0.99 / day. And from Netflix. But neither can rent new releases. They must wait 28 days for Universal, Time Warner and Fox movies. Blockbuster is 28 days ahead of them both thanks to its higher price. This is its main trump card.
  • The final equation for video rentals has three main variables: price, novelty, convenience. Blockbuster maximizes profit under these three constraints.
Next step? The digital offering. It is still to come, and might increase Blockbuster's power and image. Providing more convenience to people more at ease with digital culture. The video battle goes on.

    lundi 23 mai 2011

    The End of Disconnected TV

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    Updated June 26, 2011
    TV is still disconnected from the Web. Not for very long. This is probably the end of its insularity. 16 years after the beginning of the Web, TV joins the new digital world. The idea is not new: Thomson Multimedia tested it in 1999 (Tak), but it was too early, too complicated and it failed. Today, Google TV is only one year old and has still a long way to go to become the OS of TV devices (following the android model). In Europe a consortium is developing a standard (Hybrid Broadcast Broadband TV).
    The following post only describes what connected TV brings. What reamains to be seen is how and wether people will use it: once TV sets are connected, will TV viewers use the connection capacities? We do not know, we cannot know, until households are equipped with new TV sets. Research done at the time of Tak (cf. Sandrine Medioni) showed that people were reluctant to interact, that they were happy to remain inactive viewers. Content to be disconnected and lazy! So, let's be prudent.

    What is at stake with this convergence?
    • There is a battle to control the living room: the only place where all the family meets in front of a screen ("audience conjointe", as TF1 says). To win this battle, the product has to be cheap and simple. TV viewers are not going to fiddle with software before watching a movie. Apple TV does not require an external  keyboard. For iTunes users, it is now a nobrainer (how about an Apple-branded TV?). See another example: GlideTV.
    • It is time to rejuvenate the TV experience. Networks wonder if teenagers and young adults still like TV since they declare they would not miss it if TV were taken away from them. But do we know anything about their intimate experience when watching TV? We only know, vaguely, how much time is spent watching.
    • When it comes to advertising, TV is by far the biggest and priciest media: what effect will the Web have (price, marketshare)?
    • TV manufacturers (Sony, Samsung, Panasonic, etc.) need connected TV in order to renew the demand for TV sets. 5 million connected TV sets sold in 2011, according to Consumer Electronic Association. Connected TV will become cheaper, but there will always be a gap between equipment and uses. 
    • Tablets are already connecting TV and the Web (cf. L'iPad dérange la TV américaine), threatening TV sets.
    What does "connected TV", or "hybrid TV" mean for TV viewers and for advertisers? What can they expect?
    TV viewing has always been connected to other media, especially the press (TV guide) and the phone. According to Nielsen, in 2011, more than two-thirds of tablet or smartphone owners use their mobile device while watching TV. TV represents 20 to 30% of the time spent with these devices. Facebook and Twitter are used to sharing TV ideas.
    But these connections are all but seamless. TV viewers have to juggle with remotes, screens, a keyboard...  Magazines are not convenient anymore for a TV market where there are many hundreds of channels and so many time shifting possibilities (VOD, catch-up TV). 

    What's new with connected TV?
    • For TV viewers: TV was dumb, it now becomes smart
      • Seamless connection with the web; TV becomes part of the Web. Everything which works with the Web will work with TV. You want to know what's on (content discovery)? Type a word or two in your search engine and find out. And of course, there are many apps for that. 
      • An app in your smartphone works as a personal remote control.
      • Search works with video (speech-to-text): Google, blinkx, Soku, Baidu, etc.
      • Multitasking is so simple, so seamless you do not even know you are multitasking
      • Old-fashioned linear TV networks are just one click away from YouTube, Youku, Facebook, on-line press, etc. And vice versa. Cf. YouTube Leanback
      • Browse, click, search, fling, subscribe, share... Same gestures (habitus) :for all digital screens. 
      • One single User Interface (UI), one single homepage personalized with apps, synchronization across all screens (homogeneity of contents). Satellite and cable operators will not control the UI anymore (they will try, however: cf. Rovi Corporation and TotalGuide xD.
      • Web sites will be optimized for TV (Google has already started)
      • No need for a set-top box anymore
      • Connected home: more and more devices in the house will be IP based and inter-connected
    • For advertisers
      • Google TV, blinkx help users to find what they want: there will be search engine TV marketing 
      • Cookies for TV programs and uses
      • New measurement: site-centric and people-centric? GRP's for all?
      • All the advertising and targeting tools will adapt to TV: marketplaces, adnetworks, adexchanges, Real Time Bidding, creative optimization, capping, behavioral marketing, self-serve, yield optimization, you name it... and finally data marketing
      • Cross channel optimization (mobile, video, TV, etc.)
      • One single media world: one single transaction to buy both media. More inventory for sale
      • Localization of the viewers /shoppers: retail advertising, local advertising all the time
      • How to synchronize commercials on two screens, online ads and TV spots (TV, tablet smartphone or PC), in order to monetize socialized TV? Cf. Second Screen Networks.
      • Usual risks: clutter, privacy, brand safety?
    • For content providers
    Questions
    • Which regulation applies to what?
    • Connected TV requires a very high speed connection.
    • Will people pay for new TV set, and if, when? How many years before a kind of connected TV succeeds?
    • Will TV become even more social? Examples:
      • shelby.tv: recommendations based on user's social graph using Facebook and Twitter
      • IntoNow bought by Yahoo! (April 2011) for sharing on Twitter and Facebook
      • Twelevision in Australia (TV + Twitter) for sharing and chating (auto-hashtags)
      • Redux: for sharing personalized and "friendsourced entertainment"
      • Comcast, the major American cable-operator, tests social TV with apps, Facebook (Friends Trends), etc.
      • Alertes via Faebook, Twitter, courrier : Yidio est une guide de programmes socialisé, socialisant

    dimanche 22 mai 2011

    Chercher les vidéos, trouver la pub

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    Soku (搜库) est un moteur de recherche lancé par le site de vidéo Youku (优酷), site de vidéo dont l'entrée en bourse a été remarquée (NYSE, décembre 2010). Le moteur propose d'emblée d'orienter la recherche en distinguant trois catégories de programmes : les émissions de télévision, les films et les contenus plébicités (best sellers). Soku donne accès à toutes les vidéos du marché, y compris celles des concurrents, se positionnant comme un moteur global pour l'ensemble du marché sinophone. Soku prétend traiter tous les "actes" liés à la vidéo : rechercher, créer, regarder, partager, etc. On peut rechercher un titre, un réalisateur, etc. Soku recommande des programmes, recourant à un algorithme d'analyse des consommations passées, personnalise aussi selon le même principe.
    Le premier tri s'effectue par catégorie. Est-ce nécessaire, est-ce pertinent ? La distinction vaut pour le marché des droits, pour les professionnels mais vaut-elle pour les spectateurs et les utilisateurs du moteur de recherche ? Catégorisation encore ethnocentriste. De plus, un même thème peut se trouver dans l'une et l'autre catégorie.
    Page d'accueil de Soku

    Soku rentre sur un marché chinois du moteur de recherche dominé par Baidu qui a lancé, en mars 2010, son propre moteur de recherche vidéo (Qiyi 奇艺). En fait, ce site s'apparente davantage au site américain de vidéo Hulu (pas de contenus amateurs) qu'à un simple moteur de recherche. Tendance qui semble en voie de généralisation, l'UGC (User Generated Content) a de moins en moins la cote. Est-ce une évolution générale d'Internet : Panda semble aller dans ce sens, le marché publicitaire aussi qui se gargarise de contenus dits "premium". "Amnésie de la genèse" !

    La bataille est rude sur le marché de la vidéo en Chine. Des rumeurs d'acquisitions de Tudou (par Youku) et de nouveaux acteurs font monter les prix des droits vidéo : Xunlei (qui a acquis kankan.com), PPS.tv, Tencent, Qiyi, Sohu, 56.com, CNTV / CCTV, pour ne citer que les acteurs majeurs. Dans cette bataille, les outils de recherche peuvent jouer un rôle déterminant surtout s'ils transcendent tous les sites d'offres vidéo, selon le modèle global de Google ou de Baidu, car ils prescrivent de facto les consommations et la publicité qui les accompagne. Soku est l'arme de Youku dans cette bataille.

    Aux Etats-Unis, blinkx, lancé en 2005, est installé sur les Boxee Box donnant aux téléspectateurs américains accès à 35 millions d'heures de vidéo (selon blinkx). En avril 2011, ce moteur de recherche a acheté un réseau publicitaire "vertical" (Burst Media), renforçant un modèle économique de plus en plus publicitaire alors que le marché de la vidéo publicitaire se développe. Modèle voisin de celui de Google : indexation des vidéos + personnalisation de l'offre + médiaplanning (ciblage personnalisé). Mêmes outils, mêmes méthodes.

    Au-delà de l'aspect factuel de l'évolution du marché chinois de la vidéo, nous avons voulu attirer l'attention sur la convergence de discours en apparence disparates sur : les contenus "premium", l'association des moteurs de recherche vidéo avec le médiaplanning, les techniques d'évaluation des contenus trouvables sur la Web (Panda). Le marché chinois joue ici, entre autres, un rôle de dé-familiarisation, permettant un regard "dés-inter-essé". Comment peut-on être chinois ?
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    mardi 17 mai 2011

    Série policière en direct ?

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    La vie imite l'art : comment l'actualité ne serait-elle pas perçue comme une série TV ?
    L’actualité politico-people donne à suivre une série policière américaine en direct. C'est comme "CSI: New York". Crime Scene Investigation. Proximité de cet univers lointain, grâce à la télé. On est chez soi. Un présumé coupable peut-être innocent que l'on engouffre à l'arrière d'une voiture. Une "grandeur d'établissement", muette, dépouillée de ses attributs de pouvoir. Des éléments de l'enquête plus ou moins connus, d'autres distillés, des hypothèses, des rumeurs, parmi toutes les fausses, imaginer une vraie piste, de quoi alimenter les prochains épisodes. Suspense. Et tout ce qui est hors-champ, présence absente : la "scène" dite du "crime", la prison évoquée sur le mode de "Prison Break". Sur fond d'images cliché de New York, des présentateurs journalistes, énoncent la procédure, cadrés devant des bâtiments choisis. Effets de contexte, sémiologie de prudence.
    Screen shot from the beginning credits

    "Le juge est une femme". On ne la lui fait pas. Ah ! Bon ! Dans ses précédents rôles, elle en a vu comparaître !  Rappeurs célèbres, actrices... People. Grâce aux séries importées, le théâtre du système judiciaire américain est plus familier aux téléspectateurs que le français, qui a inspiré peu de séries ("Avocats et associés", et "Le juge est une femme", quand même). Le téléspectateur voit s'affairer au 20H tout un monde d'acteurs habitués du prime time, qu'il reconnaît aux uniformes, aux véhicules, aux badges : "Experts" de la "police scientifique". Des grappes de journalistes pour signaler : attention, "événement" ! Et, comme dans "24 heures", il faut laisser à l'action le temps de se dérouler, hors écran. Nous habitons la réalité en téléspectateurs, regards, jugements formés par la sémiologie et le rythme des séries. Notre réalité est télévisée.

    Sur Twitter, en revanche, comme en contre-chant, déferlent des mots, mots vachards, mots égrillards, bons mots, le tout émaillé d'adresses raccourcies ; parfois, un peu de rationalité, de générosité, de prudence. Le standard impose son style haché : quelques mots #quelquechose et une timeline qui défile comme un flux instantané de marché (FIM), et des pseudos.

    Un jour, on en fera une série, un film. Aujourd'hui, ce n'est pas encore de la télé, c'est la réalité...
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    vendredi 13 mai 2011

    La qualité d'un site selon Google : la loi du Panda

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    Panda est l'algorithme de Google conçu et sans cesse ajusté, depuis février 2011, pour que les recherches des internautes débouchent de manière primordiale sur des sites de qualité (high-quality websites). Google a publié 23 critères selon lesquels Panda juge et classe les sites, critères qui constituent une sorte d'échelle de qualité.
    Réduisons ce questionnaire à 8 catégories essentielles.
    1. Promouvoir les contenus originaux, pénaliser les contenus redondants et la production de masse
    2. Privilégier l'expertise et les autorités reconnues
    3. Favoriser les sites en qui l'on peut avoir confiance (paiement, santé) et que l'on peut recommander
    4. Privilégier la qualité formelle, le soin dans l'écriture (langue, orthographe, syntaxe)
    5. Qualité factuelle des contenus présentés (vérification)
    6. Favoriser l'honnêteté intellectuelle, l'objectivité, l'exhaustivité dans le traitement
    7. Défavoriser les sites que l'encombrement publicitaire rend illisibles
    8. Favoriser les sites dont le contenu serait digne d'être publié dans un livre, une encyclopédie ou un magazine
    Ces critères sont aussi ceux que mobilisent, ou devraient mobiliser, un titre de presse ou un ouvrage collectif. Rien à objecter en principe à de tels critères. Conservateur et conformiste, Google suit les règles de qualité des médias traditionnels (points 2 et 8). Quelle influence sur la créativité formelle ? N'est-ce pas comme si l'on soumettait des textes d'écriture automatique (cf. Champs magnétiques) ou des "cadavres exquis" aux règles de L'Art poétique de Boileau ?
    • Comment déceler l'original de la copie, si Google a "crawlé" la copie avant l'original ? 
    • Comment prendre les marques à leur juste mesure ? Leur contenu n'est pas toujours à la hauteur de leur autorité et Google semble l'ignorer. Soumission pour le moins douteuse du Web aux "grandes marques".
    • Comment est traitée la communication non verbale (photo, vidéo, dessin, par exemple) ?
    • Jusqu'où doit s'exercer la police des mots ? Comment ne pas penser à l'audiovisuel américain et à sa ridicule liste de sept mots à ne pas prononcer à l'antenne ("Seven dirty words" ou "filthy words").
    • Il me semble qu'il manque une prise en compte des références aux sources originales et à leur vérifiabilité (liens, citation). Quid du plagiat (content theft) ?
    Il faut que cette liste un peu floue suscite une réflexion approfondie sur le rôle des moteurs de recherche dans l'accessibilité aux documents publiés sur le Web. Déjà, Google propose une appli permettant d'évincer définitivement un site des réponses obtenues (Personal Blocklist). Tout semble se passer comme si Google développait, à sa manière, une censure au profit d'une sécurisation contextuelle des investissements publicitaires - dite "Brandsafety" ou "Adverification", allant ainsi sur les brisées des DoubleVerify, AdLoox, Adwatch, Suresafe, Pubscan (Contextual Media Group) ou AdXpose (Mpire Corporation).
    Sous des apparences techniques, anodines, Panda définit des normes éditoriales pour le Web. Google se trouve ainsi auto-investi, sans penser à mal (bien sûr !), d'un rôle de distributeur et d'organisateur des linéaires numériques : sur Internet, c'est Google qui gère le facing, les mises en avant et les stop rayons. 

    dimanche 8 mai 2011

    Google News et la personnalisation des limites

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    Google personnalise les informations proposées par Google News en fonction de celles que l'on a lues auparavant. L'historique des lectures anciennes (web history) pilote et restreint l'offre de nouvelles. Sous couvert de commodité, l'ergonomie devient facteur de conformisme. On touche à la limite des personnalisations.

    Bien sûr, l'internaute peut choisir volontairement de ne pas choisir involontairement ("unpersonalized version of Google News"). Hélas, comme souvent avec le Web, le pire est installé par défaut, tandis que le mieux suppose un effort. Par défaut, l'offre se personnalise automatiquement ; pour résister à l'enfermement numérique dans sa propre histoire, il faut au lecteur impersonnaliser Google News. Mais l'internaute, qui n'aime rien tant que se croire pressé, suit le mot d'Ovide : il voit ce qu'il faudrait faire, il l'approuve, et il se laisse aller au pire.

    "Choisir le livre d'à côté", intimait l'un de nos profs (Alfred Grosser) qui se plaignait des bibliothèques où l'on ne cherche plus son livre soi-même, sur les rayons, et où l'on ne trouve que ce que l'on a cherché. Nostalgie des livres de rencontre. Lire des textes que l'on n'attend pas confronte le lecteur à l'altérité et lui donne une chance de ne pas succomber à "la tyrannie du dernier cri" (Emmanuel Levinas). Découverte souvent pénible du monde, parfois provocante, toujours inconfortable. Obligation d'ouverture à l'Autre, aux autres informations, aux autres manières de penser et voir le monde. On croit, pour aller vite, épouser sans danger une technologie de son temps et l'on s'embarque, sans le savoir, dans une voie qui peut rétrécir et limiter la réflexion. 

    Une nouvelle standardisation des esprits, coincés par de telles personnalisations, se met en place, douce et insensible propagande, propice à quelles acceptations ? Préférons à cette fausse impatience, l'invitation à un voyage numérique "où les heures plus lentes contiennent plus de pensées" (Baudelaire).
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    La presse, ça marche si...

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    Les revenus du Wall Street Journal sont en hausse, quand toute la presse quotidienne américaine est à la baisse. Les revenus de la diffusion papier et la diffusion numérique (circulation revenue) ont augmenté, les revenus publicitaires (ad revenue) afférents également. Cf. Communiqé du PD-G de Dow Jones.
    Quelles hypothèses explicatives peut-on proposer ?
    1. C'est un quotidien spécialisé (économie, finances), les autres sont généralistes. Son lectorat est composé de décideurs, de professionnels et dispose d'un pouvoir d'achat élevé.
    2. Son contenu rédactionnel est moins courant, moins disponible ailleurs sur le Web gratuit ; il est plus approfondi, plus crédible (enfin, c'est ce que l'on peut croire).
    3. Souvent, c'est l'entreprise qui paie l'abonnement professionnel au WSJ (perk) ou bien il est inclus dans les déductions fiscales.
    4. L'éditon numérique est payante, depuis toujours. Le groupe News Corp., lors du rachat du titre, avait envisagé le passage de WSJ.com au tout gratuit : il s'en est bien gardé.
    En résumé : le WSJ est peu interchangeable avec d'autres supports d'information quotidienne, il est plus crédible (image), et rien n'y est gratuit. Le lecteur paie.  

    jeudi 5 mai 2011

    Where have all the TVs gone?

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    Nielsen says there are less TV households than last year: the number of TVHH has dropped from 115.9 to 114.7 million (Preliminary Household Universe Estimate).
    • How do we know? Estimations based on the 2010 US census and on data gathered by Nielsen while recruiting people meter households: so what is the margin of error?
    • TV sets that do not receive digital signal are not counted. Some households did not update for the digital switch (June 2009). 
    • About cord-cutting? According to a Convergence Consulting study, pay TV lost 1 million subscribers in 2010. Do some people decide to use a computer or an iPad to watch TV? They might have a big screen but no TV set. They watch movies: if they are using Hulu, Netflix, iTunes, Amazon Video, RedBox or Vudu, what would they need TV for? News? Everything is available online. Cord-cutting sounds like a viable option. People unsubscribe from cable or satellite and save, especially "the young and the restless". Netflix boasts as many subscribers as the biggest cable-operator (MSO).
    • Price could be an issue: average pay TV subscribers spend $75 / month. One can give up TV, not the Web. 
    Could it happen in Europe? 
    Same causes produce the same effects. VOD is growing. And since there is, in Europe, an annual tax on the TV set (150 to 200 $, depending on the country) for public TV, this might be one more reason to give up TV.
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    lundi 2 mai 2011

    Camping, caravanning : les médias d'une culture

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    A qui suit attentivement la presse, la publication régulière de nombreux titres traitant du camping et du caravanning constitue le signe d'une activité sociale et économique importante. Comme souvent, la presse témoigne de pratiques sociales, culturelles que le brouhaha people re-couvre (sport, infos, etc.) et dissimule à l'analyse.
    Plus qu'un miroir, la presse est un outil pour dé-couvrir la vérité des pratiques sociales et suivre leur évolution. La presse du camping et du caravanning est une presse thématique ciblante, à la fois pour les annonceurs captifs (véhicules, équipements, accessoires, terrains représentent un gisement naturel d'annonceurs), mais aussi pour des annonceurs "hors captif" qui visent des comportements culturels que les outils habituels de la presse laissent passer. Mailles du médiaplanning culturel trop lâches, comportements et valeurs trop humbles, éloignées des propres pratiques et valeurs du milieu publicitaire, et que la sociologie spontanée ne voit pas. A ce ciblage socio-culturel, s'ajoute le ciblage géographique, par commune, que permet l'enquête annuelle sur l'hébergement touristique (inventaire des terrains de camping, classés 1 à 4 étoiles, et de l'hôtellerie ; données disponibles depuis 2002).

    Linéaire automobile : la presse du camping et du caravanning
    Les études annuelles de l'INSEE (la plus récente publiée en avril 2011) indiquent que le camping est un mode de séjour touristique important et en croissance (cf. "Le tourisme en 2010, INSEE Première N° 1344, avril 2011) par Séverine Francastel et Dominique Panez), confirmant la tendance perçue l'année précédente (INSEE Première, N° 1296, mai 2010). Pendant la saison touristique de mai à septembre, le camping représente, en termes de fréquentations, un tiers des 204 millions de nuitées enregistrées en France (les deux autres tiers sont des nuitées d'hôtel). La tendance de ce tourisme est à l'amélioration du confort (terrains aménagés, avec bungalows et chalets), ce dont témoigne la terminologie de l'INSEE qui homologue le camping-caravanning comme "hôtellerie de plein air" (décret préfectoral). En 2015, le camping représentait 14% des dépenses de loisir de plein air des français (INSEE Première, N° 1664, 6 septembre 2017), après le sport (35%) et le jardinage (23%).

    • Camping et caravaning consacrent d'abord des vacances et un tourisme d'automobilistes, français et européens, que traduisent les titres des magazines, et leur classement dans la catégorie "auto" : 
      • Camping et caravanning. Le caravanier (1965), Camping-Car magazine (1978)
      • Le Monde du plein-air. Caravane magazine (1988), Le Monde du camping-Car (1988)
      • Mobil Home plus Magazine, La France en camping-car (2003), Annonces camping-car (1999)
      • Voyager en camping car (2008), Esprit camping-car (2007)
      • Camping-car Hôtes (2009), Camping car d'hôtes. Le Mag (2006)
      • L'argus camping-car (2006), L'essentiel du camping-car (2010), Evasion camping-car (2006)
    • Deux mensuels B2B, pour les professionnels
    • Des hors série
      • HS Remorques (Le Monde du plein air)
      • HS Mobile Home (Camping et caravanning)
      • HS Fourgons aménagés (Camping-Car magazine)
      • HS Mobil-homes et chalets (Le Monde du Camping-Car)
      • HS 40 itinéraires en France (Vacances en Camping-Car)
      • HS Guide d'achat locatif 2012 (Décisions)
      • HS Habitat locatif (L'officiel des terrains de camping)
      • HS Spécial Camper (Combi Magazine)
      • HS Super Wi-Fi (Décisions, septembre 2017)
    • Nouveauté 2017
      • Van Life magazine : l'évasion en fourgon aménagé, trimestriel, 5,9€, éditions Larivière
    Presse à rythme lent (bi-et trimestriel principalement), avec de nombreux hors-séries spécialisés, presse chère (entre 5 et 8 €) avec guide d'achats, essais et argus (véhicules, accessoires), itinéraires, locations. Presse de services au consommateur, précise, fonctionnelle : les lecteurs sont des pros ou de futurs pros (numéros d'initiation) du camping et du caravanning. Presse travaillant comme une presse professionnelle : ainsi, le groupe Motor Press France qui édite des guides, des sites et des magazines (dont Camping-car Magazine et Camping et Caravanning - Le Caravanier, et un B2B, OT. L'Officiel des Terrains de camping), organise depuis 1999 une Fête européenne du camping-car (13-15 mai en 2011, dans le Tarn).
    juillet 2017, trimestriel, 5,9 €
    éditions Larivière

    Le camping et le plein air ont suivi l'urbanisation industrielle et les conquêtes sociales du Front populaire (congés payés) ; le besoin de plein air prit alors une coloration presque militante d'un retour à la nature, de vacances pour tous, explicite dans divers mouvements sociaux : Wandervogel, Jeunese au Plein Air, colonies de vacances, scouts et éclaireurs, etc.). Aujourd'hui, les liens du camping avec ces origines se sont distendus et c'est une culture avec des pratiques dispersées allant du spartiate au luxueux. Avec ses diverses modalités, le camping reste sans doute une solution de vacances économiques pour des touristes disposant de plus de temps que d'argent. Comme la plupart des pratiques culturelles, il s'organise en un champ structuré qui à son tour, structure les pratiques : techniques du corps, guide d'achats, équipement et magasins (Au vieux campeur), presse, des séries télévisées et des films.
    Camping (2006 puis 2010) a connu le succès (plus de 5,4 millions d'entrées en salles pour le premier film). L'intrigue a pour théâtre un camping ("Les Flots bleus"). La série "Camping Paradis" (TF1, lancée en 2006, réunit plus de 9 millions de téléspectateurs pour son premier épisode) témoigne de la place et de l'actualité du camping dans la culture populaire ( "Die Camper", une série du même genre, fut diffusée en Allemagne : 117 épisodes de 23 mn, sur RTL de 1997 à 2006).
    Les mises en scène de cette culture et de ses traits principaux, comme comédie, non sans condescendance, rappelle que, même luxueux et cher, le camping reste une "culture moyenne" (comme les sociologues ont qualifié scientifiquement la photographie d'"art moyen". Mais la sociologie du camping et du caravanning reste à construire sans omettre les réseaux sociaux qui s'y tissent et la tendresse qui les imprègnent.
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