mardi 14 juin 2011

TV américaine. Station contre network. Etude de cas N°1

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Dernière mise à jour 5 octobre 2011
Au Etats-Unis, une chaîne nationale n'est que le résultat, plus ou moins stable, de la reprise par plus de 200 stations locales, affiliées ou contrôlées directement (O and O), d'un ensemble d'émissions achetées ou produites, puis agrégées en une grille, par un fournisseur de contenus.  Ces 210 stations distributrices constituent un réseau ou network ou, encore, dit autrement, d'une syndication nationale basée sur le troc (programme contre espace publicitaire).
Le network NBCU (groupe Comcast) est confronté cette semaine au refus par KSL-TV (Salt-Lake City), l'une de ses stations affiliées, de retransmettre l'émission, "The Playboy Club". La station estime que le contenu de l'émission n'est pas en phase avec la ligne éditoriale de la station ("objectionable") : cette station est contrôlée par les Mormons  ("Church of Jesus Christ of Latter-day Saints").
Par conséquent, le lundi à 21 heures, à partir de septembre, la station remplacera cette émission par une autre, de son choix. "The Playboy Club" sera repris par une autre station du marché (DMA N°32). Cf. le communiqué de KSL-TV (vidéo, après la pub !). C'est KMYU-TV, station affiliée à MyNetwork TV qui diffusera l'émission de NBC.

L'émission (drama) est consacrée à l'histoire de ce club de Chicago durant les années 1960. Elle se veut à la fois provocatrice et documentaire, un peu à la manière de "Mad Men". Elle est produite par les studios de 20th Century Fox.

Ce type de désistement est rare mais emblématique ;  il souligne l'originalité de la structure d'un network américain et sa vulnérabilité. La notion de chaîne nationale n'a pas le même sens aux Etats-Unis et en Europe : sans stations affiliées, pas de couverture nationale, pas de publicité nationale (network time). Effectuée
pendant les ventes publicitaires upfront, cette annonce de KSL-TV peut faire mauvaise impression auprès des annonceurs. A moins qu'elle n'attire leur attention sur une émission qui sent bon le soufre et peut attirer une audience curieuse - et intéressée.

Suite. Juillet 2011. L'association Parents Television Council demande aux stations affiliées au network NBC de ne pas diffuser "The Playboy Club" : "I am writing to urge you, on behalf of the Parents Television Council's 1.3 million members, to preempt the program in your community". Elle promet également de demander aux parents de déposer une plainte pour indécence auprès de la FCC.
Et fin. Octobre 2011. NBC déprogramme l'émission en raison de sa faible audience (1,2%, 18-49 ans) après 3 épisodes.

lundi 13 juin 2011

De la TV sur Internet

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Les chaînes de télévision américaines prennent le Web au sérieux. Le Web devient l'un des lieux de diffusion de leurs émissions. La pression publicitaire des émissions diffusées sur le Web se règle progressivement sur celle de la diffusion terrestre, pas aussi simplement encore que le permettent le câble ou le satellite certes, mais c'est en bonne voie.
A terme, inévitablement, c'est le même signal qui sera distribué, sur tous les supports, Web, câble ou satelite... Cela facilitera et améliorera les comptages d'audience publicitaire ainsi que la vente d'espace, les audiences réalisées par les émissions sur le Web étant comptées comme les audiences TV. Audience TV multicanal dont on voit les prémices lors des ventes upfront (cf. Des nouvelles de l'upfront. Affrontement des cultures commerciales).


Qui gèrera dès lors cet espace publicitaire ?
  • Sans doute les régies TV qui finiront, même lentement, par adopter des méthodes élaborées, testées, mises au point pour le Web. Attention ! Un message Web et un message TV, même de durées égales, ne sont pas strictement équivalents : les messages Web peuvent être vendus plus cher que les messages traditionnels parce que plus riches d'information pour l'annonceur, et plus riches de capacité d'interaction pour le consommateur. 
  • Un message de 30 secondes, habituel en TV sur les networks américains, risque de paraître insupportable sur certains supports Web (tablette, ordinateurs, smartphone). Le Web imposera sans doute à la télévision des formats plus courts. Des recherches devront montrer ce qu'il en est, support par support, du nombre de messages regardés jusqu'à la fin, selon les durées d'émission, l'emplacement de l'écran (completion rate). Ce travail n'en est qu'à ses débuts (cf. FreeWheel, entre autres).
  • Comment réagiront les téléspectateurs Web devant l'encombrement croissant des émissions ? Se tourneront-ils vers une consommation "illégale", sans interruption publicitaire ? Le charme actuel des séries regardées sur le Web reste leur très faible encombrement publicitaire. Au contraire pour une série d'une heure diffusée à la télévision, il faut compter un quart d'heure d'encombrement publicitaire, réparti en plusieurs écrans (pods). Ce confort de vision et ce gain de temps qui font le plaisir du téléspectateur constituent un manque à gagner pour les chaînes. Sur YouTube, selon YouTube, 30% des messages avant programmes (TrueView pre-roll ads) seulement seraient zappés (skipped).
A terme, tout cela converge vers la télévision connectée qui établira les égalités fondamentales de la dynamique vidéo. L'égalisation des durées, l'identité des modalités d'insertion publicitaire (adserving, ciblage) semble inévitable. Derrière la technique, les compétences, les métiers se trouve un enjeu considérable : qui vend l'espace ? Qui l'achète ? Les agences média auront-elles encore un rôle à jouer dans cet univers unifié ?
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dimanche 12 juin 2011

#DSK : Twitter a la parole

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Twitter #DSK, via TweetDeck
On n'a rarement vu pareille créativité dans la communication publique. L'affaire DSK ("a" minuscule) déclenche sur Twitter une énorme éclosion de blagues, d'indignations, d'ironie et de fureurs exprimées en moins de 140 caractères : grivoiserie, politique politicienne, haine de classes, économie mondiale, féminisme et droits de l'homme, sexologie... les tweets font feu de tout bois ! Des jeux de mots en tout genre, de l'Almanach Vermot à l'"album de la comtesse", en toutes langues, argot et verlan inclus, sont mis à contribution pour exprimer tout cela.
Quelque politicailleur s'en plaint-il ? "Il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits"... #DSK (lire "hashtag DSK") a des airs de révolte. Il y faudrait Freud et Lacan pour interpréter, derrière le plaisir des "Witz", l'envie de revanche sociale, d'abolition des privilèges, le refus des autorités, le retour du refoulé... Parfois, on semble y percevoir, comme un refrain, le "ça ira", version Piaf. Gouaille et révolution : "ça parle où ça souffre".

Sur Twitter, la langue de bois passe mal, il faut appeler un chat un chat, mettre un "bonnet rouge au vieux dictionnaire". Irrespect radical qui devrait être par défaut le ton des médias d'information : en comparaison, ceux-ci paraissent tellement compassés, neutralisés, fades, bien trop polis... Sur Twitter, il fait bon se moquer de tout, des médias, des politiciens, des journalistes, des puissants, des "riches" et même de soi. Esprit de sérieux, s'abstenir. Quelques courtisans viennent pourtant y accomplir leur service "nulmérique" commandé. Bien essayé !
Twitter réalise une sorte d'écriture collective, de "cadavre exquis" à thème ; c'est "L'imagination, tapageuse aux cent voix" (Victor Hugo). Le montage est bref, télégraphique, on a exclu les "mots outils" pour introduire, en liens raccourcis, des citations, des illustrations. Ce style collectif, tissu de contributions individuelles à forme fixe, produit parfois une détonnante "défamiliarisation" créatrice, une "résurrection des mots" (Victor Chklovski) qui fait s'étonner. En 1968, les murs avaient repris la parole des étudiants. Avec Twitter, ça parle. Qui parle ?
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jeudi 9 juin 2011

Life without a TV set

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You pay for a highspeed Internet connection, you access VOD, you subscribe to Netflix, Lovefilm or another service. With the Web, you have Hulu, YouTube and iTunes and many more. At home, there is an HD screen, a DVD player, maybe Apple TV, a videogame console, a Wii or a PS3, and of course you own a Smartphone (with a subscription) and maybe an iPad.
Under the TV set : PS3, Wii, set-top box, VCR, DVD player
Do you still need a TV set? Do you still need to subscribe to cable or satellite? Do you still need a set-top box or satellite antenna? Many people start to seriously wonder. They do the math, they compare, and they decide to cut the cord.
And if you live in Europe, where you pay a tax on TV sets ("redevance" in France, TV licence fee in UK, GEZ in Germany), you also save on that cost.

When asked which equipment they would be most likely to give up, if they had to, the majority of people, especially the most active, answer they would give up the TV set. There is really no choice: they absolutely need the phone and the Web. But they can easily do without a TV set.
What is TV exactly nowadays? It is what you see on a digital screen, small or big. It is connected TV, programs coming from the Net. TV is the Web. It does not have anything to do with a TV set anymore.

Is this a trend?
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lundi 6 juin 2011

Des nouvelles de l'Upfront. Affrontement de cultures commerciales ?

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Mise à jour 13/0/11
La télévision américaine connaît une ouverture annuelle de planning majeure où se vend l'espace commercial de la télévision pour la saison à venir. Cette vente upfront se déroule en mai-juin pour l'année télévisuelle suivante (septembre-mai). Elle s'accompagne de garanties d'audience (GRP /cibles). Ce qui n'est pas vendu alors est vendu plus tard par trimestre (scatter market). Il n'y a pas de tarifs, et seules les chaînes connaissent le volume d'espace mis en vente en avance (entre les 2/3 et les 3/4) des disponibilités. La cible est généralement celle des 18-49 ans ( à l'exception de CW qui commercialise une cible féminine 18-34 ans). L'ensemble des transactions upfront de la télévision représente plus de 20 milliards de dollars (toutes chaînes confondues, prime time).
Les performances upfront des régies publicitaires constituent des indicateurs de la valeur de la publicité télévisée. Où en est-on pour les principaux networks grand public ? La hausse moyenne des CPM serait de l'ordre de 10 à 11%. La hausse fut de 7% en 2010.
  • Pour Fox, la hausse du CPM serait de l'ordre de 11% . La chaîne vend également des espaces dans les émissions regardées sur le Web (via Hulu et Fox.com). Les émissions  incluent plus ou moins le même nombre de messages (network time).
  • CBS aurait objenu des CPM en hausse, entre 13 et 15% grâce à une grille de programmes qui a réuni les meilleures audiences de la saison achevée.
  • NBC/Comcast a commencé ses ventes avec un CPM en hausse de 9%
  • ABC aurait obtenu une augmentation de 11%
  • CW aurait obtenu une augmentation de 11%. Comme Fox, CW vend ensemble, pour une même émission, espaces network et espaces Web.
  • Univision vend avec un CPM en hausse de 10%
  • Les chaînes thématiques (câble, satellite) obtienntraient une hausse moyenne souvent supérieure à 10%
La culture commerciale de l'upfront, que l'on aime tant décrier- chaque année, on annonce que c'est la dernière fois - conquiert-elle les médias numériques ? Depuis 2010, il y a un Mobile Upfront : Jumptap, Mocean Mobile, Mojiva, DataXu, MobileFuse etc. y rencontrent les agences média. Efficient Frontier propose un social upfront, Digitas un NewFront...
Tout se passe comme si deux cultures commerciales, deux conceptions de l'action publicitaire s'affrontaient. Soutenant ces cultures se trouvent, d'un côté, les studios et les networks, de l'autre,  Google, Facebook, etc. L'une des clés de cet affrontement sera la mesure de l'audience.
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dimanche 5 juin 2011

Modèle économique : Témoignage Chrétien

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TC, juin 1944. Source : Archives de la vie littéraire sous l'occupation, 2011, Ed. Taillandier, IMEC, p. 369
Témoignage Chrétien (TC) est un hebdomadaire sur papier journal, se positionnant depuis toujours à "gauche" ("l'info qui résiste", "la résistance spirituelle"). Titre issu de la Résistance, lancé dès novembre 1941 (Cahiers puis Courrier français du Témoignage Chrétien) quand une bonne partie des chrétiens, des médias et des journalistes français collaboraient sereinement. Après la Libération, l'hebdomadaire ne trahit pas ses principes et prit position contre la colonisation. TC fut aussi à l'origine de Télérama dès 1947. Peu de titres peuvent se vanter d'autant de lucidité politique et d'anticipation média.

Changement de modèle économique
Pour ses 70 ans, à partir du 17 juin, TC renonce à la distribution en kiosque ; il ne sera plus guère accessible que par abonnement (111 €/an). Le titre compta 80 000 abonnés dans les années 1950, il en compte actuellement 8 000 plus 4 à 500 exemplaires vendus au numéro (source : TC). Avec 48 numéros, ce sont quand même, chaque année, plus de 400 000 exemplaires achetés et payés par des lecteurs.
Absent des points de vente, TC compensera le déficit de visibilité, dit la rédaction, par sa présence sur le Web et dans quelques librairies.
La réussite de ce modèle économique passe, à tout le moins, par le travail de référencement sur le Web et par l'invention d'interactions de lectures entre journal et Web, journalistes et lecteurs. Un contrat d'information ? Le Web pourrait apporter bien plus que de la visibilité à un tel titre qui sut, dans des situations dramatiques, constituer un "lien" (cf. supra, son sous-titre).

Qui peut s'inspirer d'un tel modèle ?
TC vit de ses lecteurs, directement, pas de leurs consommations. Sauf cas particuliers, annonceurs et conseils média l'ignorent.
L'abonnement postal est commode, il est subventionné (tarifs préférentiels). Le fichier des abonnés permet, éventuellement, des opérations de marketing direct ciblées. Finis les invendus : tirage = diffusion payée.
TC, juin 2011
Ce modèle, "tout postal", est déjà celui d'une grande partie de la presse professionnelle (B2B), pour laquelle, il constitue sans doute une étape vers le "tout numérique". Presse militante et presse professionnelle présentent des points communs : précision du ciblage, caractère indispensable et exclusif de l'information pour les lecteurs, régularité et fidélité du lectorat.
Pour la presse militante, qui dépend peu de l'événement, qui ne fait pas d'effets de manchette,  le kiosque apporte peu. Déjà, cette presse n'est présente que dans un nombre restreint de points de vente, et, lorsqu'elle est présente, ces points de vente ne lui apportent guère de visibilité car ses titres sont relégués aux confins des linéaires, attendant que le chaland les débusque ou les demande.

Vive l'abonnement ?
C'est le modèle économique le plus transparent, le plus vertueux pour l'économie des médias : le lecteur achète sa lecture, son concert, son film...
L'abonnement, c'est aussi une lecture de la loi Bichet. Comment faire pour qu'il participe à la visibilité qu'installe cette loi ?
Reste, le Web l'a mise au goût du jour, la question des fichiers. L'abonnement comme l'adhésion impliquent un fichage (opt-in), en comparaison duquel le cookie du Web paraît inoffensif. Associées, adresse postale + adresse IP constituent un fichier marketing (ou politique) d'une rare qualité : l'adresse est nécessairement mise à jour chaque année, au moins. Qui veut être discret, prudent, achète en kiosque, paie en liquide au lieu de payer un abonnement par chèque ou carte.
Quid d'un abonnement qui serait pris et servi en kiosque ?
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lundi 30 mai 2011

Oprah's show is over: TV still rocks

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After 17 years (February 21, 1994), the final episode of the famous syndicated talk show delivered its best audience. The last episode of a series is always an event. The best rating was in Atlanta, followed by Philadelphia and Chicago where Oprah started. Her core audience: household managers, family decision makers, mothers. Each thirty-second spot sold for 1 million dollars ; among the buyers were many movie companies. Major advertisers have always loved Oprah's talk show audience.
Such a price says a lot about TV as a commercial medium. TV rocks.
With the exception of football, no show does as well as Oprah during daytime. "American Idol" (Fox) delivers a  big audience, but it is prime time and the reality show does not have as good a reputation as "Oprah". By far.
See her on cable, on her OWN network.
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AccentHealth : digital signage pour une audience captive

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AccentHealth distribue des contenus d'information santé produits par CNN, en toute indépendance des annonceurs (pas de placement de produit). Le réseau d'écrans (32 pouces), lancé en 1995, compte plus de 12 300 salles d'attente de médecin aux Etats-Unis.
Les contenus vidéo avec écrans publicitaires intégrés sont distribués en fonction de la spécialité du cabinet : arthrite, asthme, allergologie, endocrinologie, diabète, cardiologie, etc. L'offre comprend désormais 17 spécialités. A la vidéo s'ajoutent l'affichage (Health Panel) et la distribution de tracts, de coupons, de brochures.

Quelle est l'audience ? 158 millions de personnes, affirme AccentHealth, soit 13 millions par mois. L'estimation est effectuée par Nielsen selon des méthodes habituelles : déclarations lors d'intercepts. L'impact est évalué selon une méthodologique semblable par GfK (Roper Public Affairs and Media). Les attitudes sont analysées à partir de carnets d'activité (take-home diaries) remplis au domicile (GfK NOP). Le retour sur investissement s'appuie sur les prescriptions effectuées (ims).
La durée moyenne de présence des patients dans les salles d'attente est d'environ une demi-heure (27 mn) et la boucle dure une heure (les écrans publicitaires sont placés à chaque demi-heure). Les messages sont de durée classiques en télévision :15, 30 et 60 secondes. Les délais de réservation sont de 8 semaines. La boucle est renouvelée chaque mois.

Marketing d'audiences captives, ciblage indiscutable. Le réseau de digital signage présente beaucoup d'atouts. Le résau bénéficie aussi de la qualité professionnelle de la boucle : AcentHealth est une chaîne TV d'information sur la santé ciblant ceux et celles que la santé préocuppe, quand elle les préoccupe.
Un tel marketing peut-il être amélioré, modernisé ?
  • La mesure des audiences pourrait l'être, prenant en compte la fréqence des visites et produisant une sorte de GRP, mesure s'éloignant du déclaratif, détectant la multiplicité des rythmes de visites. 
  • Une certaine interactivité pourrait être imaginée associant les écrans à une application téléchargée où se poursuivraient en ligne la communication et l'interaction avec les praticiens.

dimanche 29 mai 2011

Blockbuster reaction. First step

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Blockbuster, sold to Dish Network ($320 million), "restructures" and closes stores. How many? It depends on the negociations with studios for DVDs.
On the marketing side, Blockbuster starts a new DVD rental pricing policy:
For new movies, $2.99 / day ; for older movies $1.99 instead of the previous $4.99 for a three day rental. Blockbuster has always been known by its customers for offering newer movies than its competition.
  • The pricing is still far from redbox $0.99 / day. And from Netflix. But neither can rent new releases. They must wait 28 days for Universal, Time Warner and Fox movies. Blockbuster is 28 days ahead of them both thanks to its higher price. This is its main trump card.
  • The final equation for video rentals has three main variables: price, novelty, convenience. Blockbuster maximizes profit under these three constraints.
Next step? The digital offering. It is still to come, and might increase Blockbuster's power and image. Providing more convenience to people more at ease with digital culture. The video battle goes on.

    lundi 23 mai 2011

    The End of Disconnected TV

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    Updated June 26, 2011
    TV is still disconnected from the Web. Not for very long. This is probably the end of its insularity. 16 years after the beginning of the Web, TV joins the new digital world. The idea is not new: Thomson Multimedia tested it in 1999 (Tak), but it was too early, too complicated and it failed. Today, Google TV is only one year old and has still a long way to go to become the OS of TV devices (following the android model). In Europe a consortium is developing a standard (Hybrid Broadcast Broadband TV).
    The following post only describes what connected TV brings. What reamains to be seen is how and wether people will use it: once TV sets are connected, will TV viewers use the connection capacities? We do not know, we cannot know, until households are equipped with new TV sets. Research done at the time of Tak (cf. Sandrine Medioni) showed that people were reluctant to interact, that they were happy to remain inactive viewers. Content to be disconnected and lazy! So, let's be prudent.

    What is at stake with this convergence?
    • There is a battle to control the living room: the only place where all the family meets in front of a screen ("audience conjointe", as TF1 says). To win this battle, the product has to be cheap and simple. TV viewers are not going to fiddle with software before watching a movie. Apple TV does not require an external  keyboard. For iTunes users, it is now a nobrainer (how about an Apple-branded TV?). See another example: GlideTV.
    • It is time to rejuvenate the TV experience. Networks wonder if teenagers and young adults still like TV since they declare they would not miss it if TV were taken away from them. But do we know anything about their intimate experience when watching TV? We only know, vaguely, how much time is spent watching.
    • When it comes to advertising, TV is by far the biggest and priciest media: what effect will the Web have (price, marketshare)?
    • TV manufacturers (Sony, Samsung, Panasonic, etc.) need connected TV in order to renew the demand for TV sets. 5 million connected TV sets sold in 2011, according to Consumer Electronic Association. Connected TV will become cheaper, but there will always be a gap between equipment and uses. 
    • Tablets are already connecting TV and the Web (cf. L'iPad dérange la TV américaine), threatening TV sets.
    What does "connected TV", or "hybrid TV" mean for TV viewers and for advertisers? What can they expect?
    TV viewing has always been connected to other media, especially the press (TV guide) and the phone. According to Nielsen, in 2011, more than two-thirds of tablet or smartphone owners use their mobile device while watching TV. TV represents 20 to 30% of the time spent with these devices. Facebook and Twitter are used to sharing TV ideas.
    But these connections are all but seamless. TV viewers have to juggle with remotes, screens, a keyboard...  Magazines are not convenient anymore for a TV market where there are many hundreds of channels and so many time shifting possibilities (VOD, catch-up TV). 

    What's new with connected TV?
    • For TV viewers: TV was dumb, it now becomes smart
      • Seamless connection with the web; TV becomes part of the Web. Everything which works with the Web will work with TV. You want to know what's on (content discovery)? Type a word or two in your search engine and find out. And of course, there are many apps for that. 
      • An app in your smartphone works as a personal remote control.
      • Search works with video (speech-to-text): Google, blinkx, Soku, Baidu, etc.
      • Multitasking is so simple, so seamless you do not even know you are multitasking
      • Old-fashioned linear TV networks are just one click away from YouTube, Youku, Facebook, on-line press, etc. And vice versa. Cf. YouTube Leanback
      • Browse, click, search, fling, subscribe, share... Same gestures (habitus) :for all digital screens. 
      • One single User Interface (UI), one single homepage personalized with apps, synchronization across all screens (homogeneity of contents). Satellite and cable operators will not control the UI anymore (they will try, however: cf. Rovi Corporation and TotalGuide xD.
      • Web sites will be optimized for TV (Google has already started)
      • No need for a set-top box anymore
      • Connected home: more and more devices in the house will be IP based and inter-connected
    • For advertisers
      • Google TV, blinkx help users to find what they want: there will be search engine TV marketing 
      • Cookies for TV programs and uses
      • New measurement: site-centric and people-centric? GRP's for all?
      • All the advertising and targeting tools will adapt to TV: marketplaces, adnetworks, adexchanges, Real Time Bidding, creative optimization, capping, behavioral marketing, self-serve, yield optimization, you name it... and finally data marketing
      • Cross channel optimization (mobile, video, TV, etc.)
      • One single media world: one single transaction to buy both media. More inventory for sale
      • Localization of the viewers /shoppers: retail advertising, local advertising all the time
      • How to synchronize commercials on two screens, online ads and TV spots (TV, tablet smartphone or PC), in order to monetize socialized TV? Cf. Second Screen Networks.
      • Usual risks: clutter, privacy, brand safety?
    • For content providers
    Questions
    • Which regulation applies to what?
    • Connected TV requires a very high speed connection.
    • Will people pay for new TV set, and if, when? How many years before a kind of connected TV succeeds?
    • Will TV become even more social? Examples:
      • shelby.tv: recommendations based on user's social graph using Facebook and Twitter
      • IntoNow bought by Yahoo! (April 2011) for sharing on Twitter and Facebook
      • Twelevision in Australia (TV + Twitter) for sharing and chating (auto-hashtags)
      • Redux: for sharing personalized and "friendsourced entertainment"
      • Comcast, the major American cable-operator, tests social TV with apps, Facebook (Friends Trends), etc.
      • Alertes via Faebook, Twitter, courrier : Yidio est une guide de programmes socialisé, socialisant

    dimanche 22 mai 2011

    Chercher les vidéos, trouver la pub

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    Soku (搜库) est un moteur de recherche lancé par le site de vidéo Youku (优酷), site de vidéo dont l'entrée en bourse a été remarquée (NYSE, décembre 2010). Le moteur propose d'emblée d'orienter la recherche en distinguant trois catégories de programmes : les émissions de télévision, les films et les contenus plébicités (best sellers). Soku donne accès à toutes les vidéos du marché, y compris celles des concurrents, se positionnant comme un moteur global pour l'ensemble du marché sinophone. Soku prétend traiter tous les "actes" liés à la vidéo : rechercher, créer, regarder, partager, etc. On peut rechercher un titre, un réalisateur, etc. Soku recommande des programmes, recourant à un algorithme d'analyse des consommations passées, personnalise aussi selon le même principe.
    Le premier tri s'effectue par catégorie. Est-ce nécessaire, est-ce pertinent ? La distinction vaut pour le marché des droits, pour les professionnels mais vaut-elle pour les spectateurs et les utilisateurs du moteur de recherche ? Catégorisation encore ethnocentriste. De plus, un même thème peut se trouver dans l'une et l'autre catégorie.
    Page d'accueil de Soku

    Soku rentre sur un marché chinois du moteur de recherche dominé par Baidu qui a lancé, en mars 2010, son propre moteur de recherche vidéo (Qiyi 奇艺). En fait, ce site s'apparente davantage au site américain de vidéo Hulu (pas de contenus amateurs) qu'à un simple moteur de recherche. Tendance qui semble en voie de généralisation, l'UGC (User Generated Content) a de moins en moins la cote. Est-ce une évolution générale d'Internet : Panda semble aller dans ce sens, le marché publicitaire aussi qui se gargarise de contenus dits "premium". "Amnésie de la genèse" !

    La bataille est rude sur le marché de la vidéo en Chine. Des rumeurs d'acquisitions de Tudou (par Youku) et de nouveaux acteurs font monter les prix des droits vidéo : Xunlei (qui a acquis kankan.com), PPS.tv, Tencent, Qiyi, Sohu, 56.com, CNTV / CCTV, pour ne citer que les acteurs majeurs. Dans cette bataille, les outils de recherche peuvent jouer un rôle déterminant surtout s'ils transcendent tous les sites d'offres vidéo, selon le modèle global de Google ou de Baidu, car ils prescrivent de facto les consommations et la publicité qui les accompagne. Soku est l'arme de Youku dans cette bataille.

    Aux Etats-Unis, blinkx, lancé en 2005, est installé sur les Boxee Box donnant aux téléspectateurs américains accès à 35 millions d'heures de vidéo (selon blinkx). En avril 2011, ce moteur de recherche a acheté un réseau publicitaire "vertical" (Burst Media), renforçant un modèle économique de plus en plus publicitaire alors que le marché de la vidéo publicitaire se développe. Modèle voisin de celui de Google : indexation des vidéos + personnalisation de l'offre + médiaplanning (ciblage personnalisé). Mêmes outils, mêmes méthodes.

    Au-delà de l'aspect factuel de l'évolution du marché chinois de la vidéo, nous avons voulu attirer l'attention sur la convergence de discours en apparence disparates sur : les contenus "premium", l'association des moteurs de recherche vidéo avec le médiaplanning, les techniques d'évaluation des contenus trouvables sur la Web (Panda). Le marché chinois joue ici, entre autres, un rôle de dé-familiarisation, permettant un regard "dés-inter-essé". Comment peut-on être chinois ?
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    mardi 17 mai 2011

    Série policière en direct ?

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    La vie imite l'art : comment l'actualité ne serait-elle pas perçue comme une série TV ?
    L’actualité politico-people donne à suivre une série policière américaine en direct. C'est comme "CSI: New York". Crime Scene Investigation. Proximité de cet univers lointain, grâce à la télé. On est chez soi. Un présumé coupable peut-être innocent que l'on engouffre à l'arrière d'une voiture. Une "grandeur d'établissement", muette, dépouillée de ses attributs de pouvoir. Des éléments de l'enquête plus ou moins connus, d'autres distillés, des hypothèses, des rumeurs, parmi toutes les fausses, imaginer une vraie piste, de quoi alimenter les prochains épisodes. Suspense. Et tout ce qui est hors-champ, présence absente : la "scène" dite du "crime", la prison évoquée sur le mode de "Prison Break". Sur fond d'images cliché de New York, des présentateurs journalistes, énoncent la procédure, cadrés devant des bâtiments choisis. Effets de contexte, sémiologie de prudence.
    Screen shot from the beginning credits

    "Le juge est une femme". On ne la lui fait pas. Ah ! Bon ! Dans ses précédents rôles, elle en a vu comparaître !  Rappeurs célèbres, actrices... People. Grâce aux séries importées, le théâtre du système judiciaire américain est plus familier aux téléspectateurs que le français, qui a inspiré peu de séries ("Avocats et associés", et "Le juge est une femme", quand même). Le téléspectateur voit s'affairer au 20H tout un monde d'acteurs habitués du prime time, qu'il reconnaît aux uniformes, aux véhicules, aux badges : "Experts" de la "police scientifique". Des grappes de journalistes pour signaler : attention, "événement" ! Et, comme dans "24 heures", il faut laisser à l'action le temps de se dérouler, hors écran. Nous habitons la réalité en téléspectateurs, regards, jugements formés par la sémiologie et le rythme des séries. Notre réalité est télévisée.

    Sur Twitter, en revanche, comme en contre-chant, déferlent des mots, mots vachards, mots égrillards, bons mots, le tout émaillé d'adresses raccourcies ; parfois, un peu de rationalité, de générosité, de prudence. Le standard impose son style haché : quelques mots #quelquechose et une timeline qui défile comme un flux instantané de marché (FIM), et des pseudos.

    Un jour, on en fera une série, un film. Aujourd'hui, ce n'est pas encore de la télé, c'est la réalité...
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    vendredi 13 mai 2011

    La qualité d'un site selon Google : la loi du Panda

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    Panda est l'algorithme de Google conçu et sans cesse ajusté, depuis février 2011, pour que les recherches des internautes débouchent de manière primordiale sur des sites de qualité (high-quality websites). Google a publié 23 critères selon lesquels Panda juge et classe les sites, critères qui constituent une sorte d'échelle de qualité.
    Réduisons ce questionnaire à 8 catégories essentielles.
    1. Promouvoir les contenus originaux, pénaliser les contenus redondants et la production de masse
    2. Privilégier l'expertise et les autorités reconnues
    3. Favoriser les sites en qui l'on peut avoir confiance (paiement, santé) et que l'on peut recommander
    4. Privilégier la qualité formelle, le soin dans l'écriture (langue, orthographe, syntaxe)
    5. Qualité factuelle des contenus présentés (vérification)
    6. Favoriser l'honnêteté intellectuelle, l'objectivité, l'exhaustivité dans le traitement
    7. Défavoriser les sites que l'encombrement publicitaire rend illisibles
    8. Favoriser les sites dont le contenu serait digne d'être publié dans un livre, une encyclopédie ou un magazine
    Ces critères sont aussi ceux que mobilisent, ou devraient mobiliser, un titre de presse ou un ouvrage collectif. Rien à objecter en principe à de tels critères. Conservateur et conformiste, Google suit les règles de qualité des médias traditionnels (points 2 et 8). Quelle influence sur la créativité formelle ? N'est-ce pas comme si l'on soumettait des textes d'écriture automatique (cf. Champs magnétiques) ou des "cadavres exquis" aux règles de L'Art poétique de Boileau ?
    • Comment déceler l'original de la copie, si Google a "crawlé" la copie avant l'original ? 
    • Comment prendre les marques à leur juste mesure ? Leur contenu n'est pas toujours à la hauteur de leur autorité et Google semble l'ignorer. Soumission pour le moins douteuse du Web aux "grandes marques".
    • Comment est traitée la communication non verbale (photo, vidéo, dessin, par exemple) ?
    • Jusqu'où doit s'exercer la police des mots ? Comment ne pas penser à l'audiovisuel américain et à sa ridicule liste de sept mots à ne pas prononcer à l'antenne ("Seven dirty words" ou "filthy words").
    • Il me semble qu'il manque une prise en compte des références aux sources originales et à leur vérifiabilité (liens, citation). Quid du plagiat (content theft) ?
    Il faut que cette liste un peu floue suscite une réflexion approfondie sur le rôle des moteurs de recherche dans l'accessibilité aux documents publiés sur le Web. Déjà, Google propose une appli permettant d'évincer définitivement un site des réponses obtenues (Personal Blocklist). Tout semble se passer comme si Google développait, à sa manière, une censure au profit d'une sécurisation contextuelle des investissements publicitaires - dite "Brandsafety" ou "Adverification", allant ainsi sur les brisées des DoubleVerify, AdLoox, Adwatch, Suresafe, Pubscan (Contextual Media Group) ou AdXpose (Mpire Corporation).
    Sous des apparences techniques, anodines, Panda définit des normes éditoriales pour le Web. Google se trouve ainsi auto-investi, sans penser à mal (bien sûr !), d'un rôle de distributeur et d'organisateur des linéaires numériques : sur Internet, c'est Google qui gère le facing, les mises en avant et les stop rayons. 

    dimanche 8 mai 2011

    Google News et la personnalisation des limites

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    Google personnalise les informations proposées par Google News en fonction de celles que l'on a lues auparavant. L'historique des lectures anciennes (web history) pilote et restreint l'offre de nouvelles. Sous couvert de commodité, l'ergonomie devient facteur de conformisme. On touche à la limite des personnalisations.

    Bien sûr, l'internaute peut choisir volontairement de ne pas choisir involontairement ("unpersonalized version of Google News"). Hélas, comme souvent avec le Web, le pire est installé par défaut, tandis que le mieux suppose un effort. Par défaut, l'offre se personnalise automatiquement ; pour résister à l'enfermement numérique dans sa propre histoire, il faut au lecteur impersonnaliser Google News. Mais l'internaute, qui n'aime rien tant que se croire pressé, suit le mot d'Ovide : il voit ce qu'il faudrait faire, il l'approuve, et il se laisse aller au pire.

    "Choisir le livre d'à côté", intimait l'un de nos profs (Alfred Grosser) qui se plaignait des bibliothèques où l'on ne cherche plus son livre soi-même, sur les rayons, et où l'on ne trouve que ce que l'on a cherché. Nostalgie des livres de rencontre. Lire des textes que l'on n'attend pas confronte le lecteur à l'altérité et lui donne une chance de ne pas succomber à "la tyrannie du dernier cri" (Emmanuel Levinas). Découverte souvent pénible du monde, parfois provocante, toujours inconfortable. Obligation d'ouverture à l'Autre, aux autres informations, aux autres manières de penser et voir le monde. On croit, pour aller vite, épouser sans danger une technologie de son temps et l'on s'embarque, sans le savoir, dans une voie qui peut rétrécir et limiter la réflexion. 

    Une nouvelle standardisation des esprits, coincés par de telles personnalisations, se met en place, douce et insensible propagande, propice à quelles acceptations ? Préférons à cette fausse impatience, l'invitation à un voyage numérique "où les heures plus lentes contiennent plus de pensées" (Baudelaire).
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    La presse, ça marche si...

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    Les revenus du Wall Street Journal sont en hausse, quand toute la presse quotidienne américaine est à la baisse. Les revenus de la diffusion papier et la diffusion numérique (circulation revenue) ont augmenté, les revenus publicitaires (ad revenue) afférents également. Cf. Communiqé du PD-G de Dow Jones.
    Quelles hypothèses explicatives peut-on proposer ?
    1. C'est un quotidien spécialisé (économie, finances), les autres sont généralistes. Son lectorat est composé de décideurs, de professionnels et dispose d'un pouvoir d'achat élevé.
    2. Son contenu rédactionnel est moins courant, moins disponible ailleurs sur le Web gratuit ; il est plus approfondi, plus crédible (enfin, c'est ce que l'on peut croire).
    3. Souvent, c'est l'entreprise qui paie l'abonnement professionnel au WSJ (perk) ou bien il est inclus dans les déductions fiscales.
    4. L'éditon numérique est payante, depuis toujours. Le groupe News Corp., lors du rachat du titre, avait envisagé le passage de WSJ.com au tout gratuit : il s'en est bien gardé.
    En résumé : le WSJ est peu interchangeable avec d'autres supports d'information quotidienne, il est plus crédible (image), et rien n'y est gratuit. Le lecteur paie.  

    jeudi 5 mai 2011

    Where have all the TVs gone?

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    Nielsen says there are less TV households than last year: the number of TVHH has dropped from 115.9 to 114.7 million (Preliminary Household Universe Estimate).
    • How do we know? Estimations based on the 2010 US census and on data gathered by Nielsen while recruiting people meter households: so what is the margin of error?
    • TV sets that do not receive digital signal are not counted. Some households did not update for the digital switch (June 2009). 
    • About cord-cutting? According to a Convergence Consulting study, pay TV lost 1 million subscribers in 2010. Do some people decide to use a computer or an iPad to watch TV? They might have a big screen but no TV set. They watch movies: if they are using Hulu, Netflix, iTunes, Amazon Video, RedBox or Vudu, what would they need TV for? News? Everything is available online. Cord-cutting sounds like a viable option. People unsubscribe from cable or satellite and save, especially "the young and the restless". Netflix boasts as many subscribers as the biggest cable-operator (MSO).
    • Price could be an issue: average pay TV subscribers spend $75 / month. One can give up TV, not the Web. 
    Could it happen in Europe? 
    Same causes produce the same effects. VOD is growing. And since there is, in Europe, an annual tax on the TV set (150 to 200 $, depending on the country) for public TV, this might be one more reason to give up TV.
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    lundi 2 mai 2011

    Camping, caravanning : les médias d'une culture

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    A qui suit attentivement la presse, la publication régulière de nombreux titres traitant du camping et du caravanning constitue le signe d'une activité sociale et économique importante. Comme souvent, la presse témoigne de pratiques sociales, culturelles que le brouhaha people re-couvre (sport, infos, etc.) et dissimule à l'analyse.
    Plus qu'un miroir, la presse est un outil pour dé-couvrir la vérité des pratiques sociales et suivre leur évolution. La presse du camping et du caravanning est une presse thématique ciblante, à la fois pour les annonceurs captifs (véhicules, équipements, accessoires, terrains représentent un gisement naturel d'annonceurs), mais aussi pour des annonceurs "hors captif" qui visent des comportements culturels que les outils habituels de la presse laissent passer. Mailles du médiaplanning culturel trop lâches, comportements et valeurs trop humbles, éloignées des propres pratiques et valeurs du milieu publicitaire, et que la sociologie spontanée ne voit pas. A ce ciblage socio-culturel, s'ajoute le ciblage géographique, par commune, que permet l'enquête annuelle sur l'hébergement touristique (inventaire des terrains de camping, classés 1 à 4 étoiles, et de l'hôtellerie ; données disponibles depuis 2002).

    Linéaire automobile : la presse du camping et du caravanning
    Les études annuelles de l'INSEE (la plus récente publiée en avril 2011) indiquent que le camping est un mode de séjour touristique important et en croissance (cf. "Le tourisme en 2010, INSEE Première N° 1344, avril 2011) par Séverine Francastel et Dominique Panez), confirmant la tendance perçue l'année précédente (INSEE Première, N° 1296, mai 2010). Pendant la saison touristique de mai à septembre, le camping représente, en termes de fréquentations, un tiers des 204 millions de nuitées enregistrées en France (les deux autres tiers sont des nuitées d'hôtel). La tendance de ce tourisme est à l'amélioration du confort (terrains aménagés, avec bungalows et chalets), ce dont témoigne la terminologie de l'INSEE qui homologue le camping-caravanning comme "hôtellerie de plein air" (décret préfectoral). En 2015, le camping représentait 14% des dépenses de loisir de plein air des français (INSEE Première, N° 1664, 6 septembre 2017), après le sport (35%) et le jardinage (23%).

    • Camping et caravaning consacrent d'abord des vacances et un tourisme d'automobilistes, français et européens, que traduisent les titres des magazines, et leur classement dans la catégorie "auto" : 
      • Camping et caravanning. Le caravanier (1965), Camping-Car magazine (1978)
      • Le Monde du plein-air. Caravane magazine (1988), Le Monde du camping-Car (1988)
      • Mobil Home plus Magazine, La France en camping-car (2003), Annonces camping-car (1999)
      • Voyager en camping car (2008), Esprit camping-car (2007)
      • Camping-car Hôtes (2009), Camping car d'hôtes. Le Mag (2006)
      • L'argus camping-car (2006), L'essentiel du camping-car (2010), Evasion camping-car (2006)
    • Deux mensuels B2B, pour les professionnels
    • Des hors série
      • HS Remorques (Le Monde du plein air)
      • HS Mobile Home (Camping et caravanning)
      • HS Fourgons aménagés (Camping-Car magazine)
      • HS Mobil-homes et chalets (Le Monde du Camping-Car)
      • HS 40 itinéraires en France (Vacances en Camping-Car)
      • HS Guide d'achat locatif 2012 (Décisions)
      • HS Habitat locatif (L'officiel des terrains de camping)
      • HS Spécial Camper (Combi Magazine)
      • HS Super Wi-Fi (Décisions, septembre 2017)
    • Nouveauté 2017
      • Van Life magazine : l'évasion en fourgon aménagé, trimestriel, 5,9€, éditions Larivière
    Presse à rythme lent (bi-et trimestriel principalement), avec de nombreux hors-séries spécialisés, presse chère (entre 5 et 8 €) avec guide d'achats, essais et argus (véhicules, accessoires), itinéraires, locations. Presse de services au consommateur, précise, fonctionnelle : les lecteurs sont des pros ou de futurs pros (numéros d'initiation) du camping et du caravanning. Presse travaillant comme une presse professionnelle : ainsi, le groupe Motor Press France qui édite des guides, des sites et des magazines (dont Camping-car Magazine et Camping et Caravanning - Le Caravanier, et un B2B, OT. L'Officiel des Terrains de camping), organise depuis 1999 une Fête européenne du camping-car (13-15 mai en 2011, dans le Tarn).
    juillet 2017, trimestriel, 5,9 €
    éditions Larivière

    Le camping et le plein air ont suivi l'urbanisation industrielle et les conquêtes sociales du Front populaire (congés payés) ; le besoin de plein air prit alors une coloration presque militante d'un retour à la nature, de vacances pour tous, explicite dans divers mouvements sociaux : Wandervogel, Jeunese au Plein Air, colonies de vacances, scouts et éclaireurs, etc.). Aujourd'hui, les liens du camping avec ces origines se sont distendus et c'est une culture avec des pratiques dispersées allant du spartiate au luxueux. Avec ses diverses modalités, le camping reste sans doute une solution de vacances économiques pour des touristes disposant de plus de temps que d'argent. Comme la plupart des pratiques culturelles, il s'organise en un champ structuré qui à son tour, structure les pratiques : techniques du corps, guide d'achats, équipement et magasins (Au vieux campeur), presse, des séries télévisées et des films.
    Camping (2006 puis 2010) a connu le succès (plus de 5,4 millions d'entrées en salles pour le premier film). L'intrigue a pour théâtre un camping ("Les Flots bleus"). La série "Camping Paradis" (TF1, lancée en 2006, réunit plus de 9 millions de téléspectateurs pour son premier épisode) témoigne de la place et de l'actualité du camping dans la culture populaire ( "Die Camper", une série du même genre, fut diffusée en Allemagne : 117 épisodes de 23 mn, sur RTL de 1997 à 2006).
    Les mises en scène de cette culture et de ses traits principaux, comme comédie, non sans condescendance, rappelle que, même luxueux et cher, le camping reste une "culture moyenne" (comme les sociologues ont qualifié scientifiquement la photographie d'"art moyen". Mais la sociologie du camping et du caravanning reste à construire sans omettre les réseaux sociaux qui s'y tissent et la tendresse qui les imprègnent.
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    mercredi 27 avril 2011

    Media Literacy among young teenagers in UK

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    Every year since 2005 Ofcom (UK regulator for communication industries) has published the UK Children's Media Literacy Report. Let's look at some data concerning young teenagers and the net, taken from a survey conducted among a sample of 2071 children 5-15 and their parents (fieldwork took place in two waves, spring and fall 2010). Comparison with 2009 (publication : April 2011)
    • 70% of their parents admit to knowing less about the net than their children (by the way, in the U.S., according to Nielsen AC, 1/3 of the apps on parents phones are installed by their kids, around 9 years old)
    • 35% own a smartphone ( vs 13% of the 8-11s)
      • 23% use their smartphone to go on the net
      • number of calls made on the phone decreases (from 25 to 20 per week)
      • number of text messages increases (from 104 to 113)
    • 81% own a gaming device
      • 23% go online with a videogame console
    • 56% use the Internet alone, most of the time
      • 41% of them access the net from their bedroom (their own private space)
      • 38% of them watch video online in ther bedroom (66% for Youtube or the like)
      • 8% of them never use the net
      • weekly time spent on the net: 15.6 hours (vs 17.2 on TV)
    • The media they would miss the most would be their cell phone, and then TV and the net (24% each). TV was 32% in 2009.
    Nothing too surpising but mostly confirmation for an age group that doesn't have much free time (school). The smartphone is becoming the first means of communication (calls, text, social networks) and an important way of accessing entertainment (video, videogames). 
    TV would be less and less missed? Probably because the smartphone and the computer allow the younger people access to video. The TV set becomes less central as teenagers want to be by themselves. As usual, these results are biased by implicit definitions used to survey people, which are inadequate. While talking about TV, one should distinguish the TV set and the programs. Teenagers watch less on the TV set, and compensate online (computer, smartphones). TV nowadays equals TV sets + online video (YouTube, etc.).
    What is the most striking is the growing importance of media that isolates teenagers from their family. Is that new? Probably not. Teenagers have always wanted to be left alone. Books, comic books, radio used to and still provide that isolation too.
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    Vidéo, la FCC remet ses calculs à plat

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    Dans un document du 21 avril 2011 (Further Notice Of Inquiry), la FCC, organisme américain de régulation des médias numériques, demande aux acteurs du marché de lui fournir toute information statistique et économique nécessaire pour une analyse de la concurrence dans le marché de la distribution vidéo (Status of Competition in the Market for Delivery of Video Programming). Destinataires de cette demande :
    • Les deux opérateurs télécom  (OVD, Online Video Distribution) : ATT (U-Verse) et Verizon (FiOS), qui comptent ensemble 6,5 millions d'abonnés
    • Les opérateurs du câble (60 milions d'abonnés) et du satellite (33 millions d'abonnés, DirecTV, Dish Network) : MVPD, Multichannel Video Programming Distribution
    • La distribution terrestre (Broadcast TV stations)  par les stations de télévision (couverture locale / nationale)
    Documents à rendre pour le 8 juin 2011 (avec effet rétroactif jusqu'à 2007), les premiers commentaires de la FCC seront publiés le 8 juillet. Plusieurs éléments de cette requête administrative à fin de régulation retiennent l'attention.
    • Quels critères (metrics) communs mobiliser pour comparer les divers modes de distribution ?
    • Comment cette analyse de concurrence prendra-t-elle en compte des services aussi disparates et complexes que Hulu, Netflix, iTunes, Vudu (les quatre services cités ; Amazon ne l'est pas, Blockbuster, acquis par Dish Network, non plus) ? 
    • Comment et jusqu'où prendre en compte la distribution Wi-Fi à des supports mobiles (Wireless Providers of Video Programming) ? On a vu que l'iPad, par exemple, créait des problèmes que la réglementation ignorait. Le droit est en retard sur les possibilités offerte par les équipements.
    • La demande n'exclut pas une remise en chantier des outils classiques, "scolaires", de calcul. 
      • Comment calculer la concentration horizontale (à quel niveau, national, local ?), la concentration verticale (comment prendre en compte la syndication)
      • Quelles sont les conséquences des modèles d'affaires mis en oeuvre par les diverses entreprises concernées, les politiques des prix selon les situations de concurrence ?
      • Quels effets sur l'aménagement du territoire ("geographical availability")
    Les résultats de cette enquête, mais plus encore les principes techniques pour la conduire, seront du premier intérêt. Les catégories, les agrégats, les définitions, que l'on traite comme des "faits" indiscutables, reposent souvent des présupposés tacites et dissimulent autant qu'ils montrent (cf. les notions de hors média, de contacts, de télévision, de gratuité, etc.). L'épistémologie est l'hygiène de l'analyse et de la démonstration.
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    dimanche 24 avril 2011

    Home Premiere : chronologie des médias en difficulté

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    L'opérateur satellite américain DirecTV commence la diffusion de films en VOD, 60 jours après leur sortie en salle. Les studios participant à cette offre de "Early Premium VOD" sont Sony, Warner, Fox et Universal.  Le film coûte 30 $ et est accessible aux foyers équipés d'un DVR HD (6 millions de foyers). Une fois acheté, le film peut être regardé au cours des 48 heures suivantes. Le premier film proposé est "Just Go With It" (Sony), sorti le 11 février aux Etats-Unis.
    Dans sa "fenêtre" traditionnelle, la VOD à + 120 jours est facturée environ 4 à 5 $. Pour voir le film deux mois plus tôt, les abonnés de DirecTV paient donc 26 $ de plus (rappel : 70% du CA de la VOD revient aux studios). Alors que les grands studios voient chuter les revenus des DVD (moins 15% en 2010), qu'ils maîtrisent mal les effets économiques de la VOD en ligne (Hulu, Netflix, iTunes, Vudu, Amazon, etc.), on comprend qu'ils participent de près à cette initiative. Une opération du même ordre est mise en oeuvre par Warner Bros. et Disney avec iN DEMAND, une association de câblo-opérateurs (Cox, Time Warner Cble, Comcast, etc.), pour la VOD.

    Les distributeurs en salles (exhibitors) n'apprécient pas du tout cette proposition conjointe des studios et de DirecTV qu'ils qualifient d'aventure inconsidérée ("misguided venture") : elle les met en concurrence frontale avec l'opérateur satellite puisque, actuellement, les films sont diffusés en salle durant 132 jours, en moyenne (release window). Certains distributeurs de la "National Association of Theater Owners" envisagent de limiter les promotions des studios dans leurs salles (trailers) puisque cette promotion profitera en grande partie à des films proposés par DirecTV (cf. NATO response to early premium VOD announcement).
    Des artistes (creative community), des producteurs et des cinéastes (Movie directors and producers) ont fait connaître leur soutien aux réseaux de salles.
    Bataille à suivre. Bataille dont les conséquences ne pourront être ignorées en France.

    Aux Etats-Unis, depuis longtemps déjà, la chronologie des médias est malmenée par les différentes parties concernées, y compris par des producteurs et des réalisateurs. Il est inimaginable que tout reste en l'état alors que la numérisation des médias transforme l'industrie cinématographique de fond en comble. Le slogan de Home Premiere est tout un programme : "From Big Screen to Your Screen. First". Reste aux salles à trouver une réponse autre que défensive.

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    vendredi 22 avril 2011

    Ciblage lexical et ciblage thématique

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    Google Display Network propose un nouveau ciblage thématique (topic targeting). Ce ciblage calcule le thème dominant d'une page (specific topic) à partir des mots de la page afin d'en déduire un thème de ciblage. 1 750 thèmes et sous-thèmes ont été établis. Le ciblage peut être mis en oeuvre pour tout type d'intervention publicitaire : mots clés, bannières, rich media et vidéos. Il procède selon trois niveaux : ciblage large (thème), ciblage plus restreint (sous-thème) et enfin ciblage lexical classique par mot clé (keyword based). Le ciblage mobilise les sélections et les exclusions.

    Comment passe-t-on des mots d'une page aux thèmes et sous-thèmes de cette page ? Une page peut-elle relever de plusieurs thèmes et sous-thèmes ? Comment s'effectue cette opération de sémantisation, de catégorisation ?  "Our system looks at all the terms on a page to determine the topic of the page and is less reliant on particular keywords". Cibler plus largement signifie donc cibler moins précisément. Pour être convaincants simultanément, il semble que ciblage thématique et ciblage par mots clés devraient recourir à des techniques différentes. Sinon, comment différencie-t-on les mots clés des autres mots, moins décisifs, moins discriminants ? Par leur affinité avec le thème de la page, thème défini par les mots ?
    • Ce ciblage thématique est une reconnaissance en acte des limites des mots clés. Le besoin de sémantisation est évident : Google l'approche, selon ses principes constants, par la statistique plutôt que par la linguistique.
    • Pour l'annonceur, l'intérêt du ciblage thématique élargi à la page, serait, selon Google, de créer davantage de notoriété et d'accroître la prise en compte de ses produits et services dans l'ensemble de considération. En tout cas, il s'agit pour Google d'accroître son chiffre d'affaires publicitaires. 
    • Google réinvente le médiaplanning que pratique la presse magazine depuis plus d'un siècle; mais la presse magazine a pour elle l'objectivité de la déclaration intuitive de la catégorie d'appartenance d'un titre (famille, etc.) ou d'une rubrique, positionnement produit par le ciblage délibéré du rédactionnel en amont (que le sommaire enregistre, pour l'essentiel). 
    • A terme, quel effet aura sur le contenu d'une page, sur son lexique, cette nouvelle pratique de ciblage alors que les mots seront inévitablement choisis pour attirer le ciblage et les investissements publicitaires (anticipation rationnelle) ?
    La question sémantique reste posée ; souvent elle dissimule un abus de langage, n'étant que catégorisation à base d'algorythmique lexicale, même lorque l'on évoque des intentions (NetSeer). L'approche par les langues naturelles (NLP, Natural Language Processing) reste une promesse encore non tenue (IA-complet).
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    jeudi 21 avril 2011

    Appli quotidienne : l'histoire présente au jour le jour

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    L'histoire occupe une place considérable dans les médias (plus d'un millier de nouveaux titres et de hors série consacrés à l'histoire au cours des dix dernières années en France. Source : Base MM). Presse magazine ou émissions de télévision, l'histoire est au principe de bien des développements, documentaires ou fictions. La chaîne thématique américaine History Channel (du groupe Arts and Entertainment) lance une appli pour iPad consacrée à la Guerre Civile américaine : "The Civil War Today", vendue 7,99 $.

    Le 12 avril 1861, commence la guerre : cent-cinquantième anniversaire oblige.
    Copie d'écran de l'iPad. Pour le 21 avril 1861.
    Quel marché pour cette appli ?
    Ce passé est toujours présent. Dans l'histoire des Etats-Unis, la Guerre civile fut la guerre de l'esclavage mais aussi, davantage peut-être, celle de l'unité américaine. Fut-elle une guerre civile ou une guerre de conquête du Sud par le Nord ? Cette guerre fut aussi l'une des premières longues guerres de l'ère industrielle (4 ans), dévastatrice, totale :  tranchées, massacres... et, déjà, des horreurs au-delà de la guerre (cf. le camp de prisonniers d'Andersonville) préfigurant les guerres européennes.
    La Guerre civile reste un élément structurant de la société américaine ; elle continue de distinguer Nord et Sud, Confédérés et Yankees (le drapeau confédéré est toujours présent, des enfants sont appelés Robert Lee...). Ensuite, il y a les récits uchroniques qui réécrivent l'histoire : si le Sud avait gagné... Dans la fiction classique, depuis Gone with the Wind (roman de Margaret Mitchell, 1936) et son adaptation cinématographique (1939), la Guerre est toujours présente. En avril 2011, la chaîne 3net (JV de IMAX, Sony et Discovery) a lancé la production d'une miniseries de quatre épisodes sur la Guerre Civile en 3D pour l'automne 2011, anniversaire encore. Et la Guerre Civile est prétexte aussi à de nombreux livres de journalistes et à un grand nombre de célébrations et reconstitutions historiques.

    Comme le nom de l'appli l'indique, ses utilisateurs peuvent suivre la guerre au jour le jour, recevant avec des informations nouvelles, des lettres, des extraits de journaux intimes, des coupures de presse. La circulation dans le temps est facilitée par l'ergonomie de l'iPad (un doigt - swipe - pour avancer d'un jour, deux pour une semaine, trois pour un mois, quatre pour une année).

    Avec cette appli nous assistons peut-être aux premiers pas de l'invention d'un nouveau  mode d'exposition historique et documentaire qui ne serait pas uniquement chronologique. Didactique de l'histoire et de la civilisation, statut de la mémorisation, organisation de la documentation, cette appli fourmille de suggestions. Une telle appli mériterait d'être évaluée pour tous ses usages. Il sera intéressant de savoir ce qu'en ont fait les acheteurs. Pas de didactique sans analytiques !

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    lundi 18 avril 2011

    Journalisme en causes

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    La une de l'hebdomadaire allemand Die Zeit porte sur le journalisme. Au lieu de critiquer ce qui les entoure, des journalistes, livrés à l'autocritique, examinent "du dehors" ce qu'ils/elles font, comment et pourquoi. Car, rappelle l'introduction du dossier, "les médias ne font pas que reflêter purement et simplement (bloss) le monde, ils en sont aussi des acteurs" [...] "nos mots et nos images ont une force, et il ne s'en suit pas que du bien". Rapporter (berichten), c'est faire (anrichten, causer) avec des mots : "wir berichten, aber manchmal richten wir auch etwas an". C'est sous l'angle performatif de cet énoncé austinien qu'est examinée la situation du journalisme par le magazine (48 pages, dont publicité).
    Des journalistes écrivent pour leurs lecteurs sur le journalisme, sur les difficultés et les limites de leur métier.

    Parmi les thèmes abordés :
    Pourquoi la presse n'a pas vu venir la crise financière ? Quels sont les effets des blogs sur l'information locale, les effets d'une enquête sur les enquêtés (l'enquête, intrusive, perturbe la situation observée). Le goût du bien écrire privilégie-t-il le souci de la forme au préjudice de l'analyse, la relation au local et aux blogs, etc. ... De ces articles émergent des énoncés qui attaquent le fondement même du journalisme et de ses techniques. Par exemple (p. 11) :  "... les journalistes ne cherchent pas la vérité mais des histoires ("Geschichten"). Une histoire est une histoire quand elle contredit la vérité d'hier...". Ou encore (p. 12) : "La prédictabilité a dépassé les capacités des meilleurs professeurs" (à propos des crises financières et des limites de la spécialisation des journalistes spécialisés). Tout un inventaire réaliste, vécu, d'interrogation, de doute, de malaise.

    Avec le Web, les bases de données et la numérisation de la plus grande partie de l'information disponible, avec la mondialisation et la babélisation, avec les analytiques qui disent au mot près ce qui a été vu ou lu, avec la complexité technique des sujets à couvrir et la difficulté de les vulgariser, avec la contrainte économique de la gestion du journal (lectorat, annonceurs), les journalistes se trouvent dans des situations impossibles, que l'histoire du journalisme n'a jamais rencontrées. Les risques, on les connaît : reprise mal contrôlée des "communiqués de presse", prudence extrême, conformisme, enquêtes sous-traitées à des "spécialistes" non contrôlables. Au bout de tout cela, se détache le portrait d'une profession mal à l'aise, d'une presse incertaine de ses moyens, de ses fins et de ses effets.
    Si l'avenir de la presse d'information passe par la qualité et l'exclusivité des contenus, la redéfinition professionnelle du journalisme (techniques de reportages, formation, mode de rémunération, déontologie, etc.) représente un enjeu considérable et primordial pour les médias. Ce dossier, approche encore modeste, mérite sa place dans les écoles de journalisme et les cours de gestion des média. Il mériterait aussi d'être intéractif, continu peut-être...
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    vendredi 15 avril 2011

    La création d'abord

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    Fonctions de l'appli iAd
    iAd, la régie publicitaire de Apple pour l'iPhone et l'iPad, publie une application (cf. iTunes) permettant de voir et revoir les créations publicitaires de ses annonceurs. Heureuse initiative de cette iAd Gallery que de remettre la création en tête de ce métier où algorithmes et optimisations semblent parfois prendre le dessus.
    Le produit d'abord, puis la création. Car c'est la création qui fonde la mémorisation et construit efficacement la notoriété positive et durable, le plaisir de la répétition, le désir d'essayer un produit, d'en comprendre le fonctionnement et l'intérêt ; c'est la création qui donne l'envie d'agir, dans le point de vente, réel ou virtuel, qui fait essayer le produit, l'acheter, le recommander. Facteur premier de l'efficacité publicitaire : quand la création est nulle, tout le reste est annulé. Or, humour, rêve, suprise ne se quantifient guère et rentrent mal dans nos modèles de médiaplanning.

    Cette appli donne à voir de la publicité : plaisir esthétique et intellectuel. Elle rappelle, en acte, que la publicité ne devrait pas être perçue comme ce qui gêne et dérange, comme un mal inévitable qui interrompt l'émission, ou comme un écran qui bloque la vue dans la rue. C'est possible : voyez l'intérêt qui ne se dément pas pour les messages diffusés dans les salles de cinéma ou encore la frénésie de compétition publicitaire au moment du Super Bowl (posts sur le Super Bowl). La profession publicitaire devrait s'interroger sur l'intérêt de certaines modalités d'interventions publicitaires qui dévalorisent la publicité, en ruinent l'image et l'efficacité. Plus que de réglementation, la pub a besoin de qualité. 

    Vitrine de la publicité, cette appli grand public, avec ses fonctions d'exposition, de sélection ("Loved"), de recherche ("Search") a aussi vocation professionnelle : auto-promotion de la régie ("Join the Network") et, plus généralement, mise en valeur de la pub vidéo sur les portables (mobile marketing).
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    lundi 11 avril 2011

    Tab. revues des tablettes numériqes

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    A nouvel équipement, nouveaux magazines. Après le DVD, les consoles de jeux vidéo, le home cinéma, les écrans plats et l'iPhone, à son tour, l'iPad suscite un nouveau magazine. En attendant le lecteur numérique (eReader) ?
    On dit - les devins patentés du village numérique -que l'iPad dominera le marché des tablettes pendant les cinq prochaines années... En attendant, l'iPad fait, comme on dit, la collective : grâce à l'iPad, on parle des autres tablettes. Ce qui donne de l'intérêt au prmeier numéro de ce magazine "100% tablettes numériques" (son sous-titre). Beaucoup de tablettes sont présentées, peu connues du grand public pour la plupart : Orange, Samsung, Acer, Asus, Blackberry, HP, HTC, LG, Motorola, Archos, la longue traîne des tablettes est là pour se partager une queue de notoriété
    L'essentiel du magazine est consacré à l'iPad2, ses accessoires (protections, docks...), ses prolongements, ses applis (GoodReader, Evernote, CloudReader, etc.). Un article orienté consommation traite des forfaits télécom pour tablettes : il conclut en leur défaveur : on peut vivre sans, en comptant sur le W-Fi. En revanche, il évoque des politiques de prix alternatives pour les opérateurs, associant tablette et smartphone dans un même abonnement comme le proposent Archos en France ou Movistar en Espagne.

    Magazine pour grand public technophile, vendu 7,9 €. 100 pages. Bimestriel. Pas de publicité, hors de quelques pages de promotions pour des titres du groupe Yellow Media (ex. Future France) et des pages shopping.
    En même temps, selon la même maquette, le même éditeur publie Pad. Apps (100% applications numériques), trimestriel, strict complémentaire du premier. Distribution : MLP.

    Vidéo : synergies bouquet TV et grande distribution

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    DISH Network, bouquet satellite de chaînes de télévision, a racheté Blockbuster. La vente aux enchères suivait le dépôt de bilan. La faillite de la chaîne de magasins de location de DVD et jeux vidéo fait suite à diverses erreurs de gestion. Aussi ne faut-il pas l'interpréter comme l'annonce de la fin du DVD, que dément le succès de Netflix, RedBox et d'autres (cf. Vidéo : la grande distribution du DVD à la VOD).
    Blockbuster, troisième fournisseur de télévision payante après Comcast et DirecTV, compte environ 14 millions d'abonnés (impossible de trouver des chiffres officiels, ce qui n'est pas bon signe : Dish Network perd des abonnés). Deux remarques intermédiaires, en marge.
    • La transition vers la dématérialisation des consommations est lente. La force d'inertie des habitudes, des équipements est sous-estimée. Beaucoup de foyers utilisent encore leurs VHS et leur magnétoscope. Nos petits prophètes du numérique sont pressés d'annoncer des révolutions : mouches du coche, ils vivent de les prédire, menaces par-ci, opportunités par là (il faut inscrire cette fable au programme des diplômes de gestion) !
    • En revanche, dans les entreprises, les changements sont soudains : il y a deux ans, Blockbuster comptait 5 000 magasins aux Etats-Unis (il en restera 1 700) et 60 000 salariés  ; comment ne pas penser aussi à Borders, autre chute spectaculaire... Dans un secteur fragilisé, les erreurs se paient cher et comptant.
    Pour se représenter l'importance stratégique de ce rachat, il faut imaginer BSkyB ou le groupe Canal + rachetant en Europe de grands distributeurs de DVD déjà engagés dans la VOD en ligne.

    Fort de cette acquisition, DISH Network pourra pénétrer le marché de la VOD (streaming) en conduisant les clients de Blockbuster vers le bouquet ; cette synergie peut constituer un atout dans la concurrence avec les opérateurs de télévision payante. Comme Blockbuster a déjà lancé le service de streaming pour ses clients, il ne reste plus qu'à mieux le vendre aux abonnés de Dish Network.

    Mais nous devons placer cette acquisition dans une autre perspective : la collaboration de Dish Network avec Google. Cette collaboration concerne deux domaines de la télévision.
    • Google TV : la télévision connectée est accessible pour les abonnés du bouquet (Logitech Revue est proposé en promotion aux abonnés de Dish Network pour 179 $).
    • Google TV Ads : cette place de marché. propose aux annonceurs des emplacements sur de nombreuses chaînes thématiques du bouquet (liste des chaines). Le principe est celui de Adwords. Google TV Ads est un laboratoire de la publicité télévisée pour Google. A terme, les deux directions pourront être combinées.
    L'achat de Blockbuster accroît les moyens de Dish Network qui déja, grâce à Google TV, donne accès à Netflix, Amazon Video, Hulu, etc. La vidéo à la demande, au détriment des chaînes, apparaît de plus en plus comme la dimension essentielle de l'accès aux loisirs numériques. Facteur d'émiettement de l'offre, la VOD favorise un médiaplanning publicitaire de type self service, tel que le propose Google TV Ads.
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    dimanche 3 avril 2011

    L'iPad dérange la télévision américaine

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    Mise à jour 7 juillet 2011
    Adopté par deux câblo-opérateurs américains, l'iPad déclenche un conflit avec les éditeurs de chaînes. Time Warner Cable (TWC) est le premier à permettre à ses abonnés (câble et Internet) d'accéder, avec un iPad (application gratuite sur iTunes), à leur offre de chaînes, lorsqu'ils sont à leur domicile (Wi-Fi) : TWCable TV for iPad. Autrement dit, un abonné à TWC (c'est le deuxième MSO américain en nombre d'abonnés), peut regarder les chaînes du bouqet auquel il est abonné : soit sur des téléviseurs du foyer (via set-top box) soit sur son iPad. 300 000 applis auraient été téléchargées depuis la première semaine, selon TWC. Une campagne publicitaire dans la presse, montrant deux mains tenant un iPad,  proclame "The Future of Television is in Your Hands" : "300 000 people can't be wrong".
    Sous la menace de certains éditeurs de chaînes, Time Warner a retiré certaines chaînes de l'offre sur iPad. Prudence politique, préludant à des négociations avec les éditeurs. L'argument de TWC est simple : la tablette (iPad) n'est rien d'autre qu'un téléviseur de plus au domicile, utilisable dans des pièces rarement équipées par le câble (cuisine, salle de bains, garage) : "Make any room your TV room". ("in the privacy of your own home, on the screen of your choosing", précise le message publicitaire. Cf. supra)

    Les éditeurs refusant la réception de leur chaînes sur iPad :
    • Viacom : Nickelodeon, BET, CMT, Comedy, MTV, Spike, VH1
    • News Corp. et Fox Networks Group : FX, National Geographic
    • Discovery Channel : Animal Planet, The Discovery Channel, TLC
    • Scripps Networks Interactive (HGTV, food network, diY, Cooking channel, etc.)
    100 chaînes sont reprises par TWC (juillet 2011). Pour une liste complète, tenue à jour, se reporter au site idoine de TWC  : http://iwantmytwcabletvapp.com/
    • des chaînes Turner Broadcasting System (société parente de TWC) : CNN, TNT, Cartoon Network, HLN, etc.)
    • Bloomberg TV, PBS Kids Sprout (chaîne de secteur public pour enfants), Hallmark Movie Channel, Current TV, Tru TV
    • des chaînes de Disney dont ESPNews (N.B. Apple siège au Conseil d'administration de Disney), de Comcast Networks et de Rainbow Media (Bravo), A and E. 
    • N.B. Comme de coutume, des blacks-outs régionaux sont exigés par les chaînes diffusant du sport en direct : une fois cette exigence satisfaite, ESPN et  TBS accepteront la retransmission.
    • N.B. 2 : mi-avril, les chaînes de Fox Cable News (FX, National Geographic et Fox News) et de Discovery (TLC, Animal Planet) ont accepté la réception via iPad. WC a jouté également Sundance Channel.
    Cablevision System Corp., important MSO, suit TWC (son concurrent à New York) et publie une appli du même type (Optimum App for iPad) ; il n'est pas nécessaire d'être client Internet de Cablevision pour en bénéficier. Cette appli donne accès à toutes les chaînes reçues pas les abonnés. Cablevision envisage d'étendre cette offre à d'autres terminaux mobiles (android, iPhone).
    Pour les câblo-opérateurs, la réception sur les tablettes est un service supplémentaire offert gratuitement à leurs clients dont ils redoutent le désabonnement ("cord cutting").

    Pourquoi certains éditeurs de chaînes s'opposent-ils à la réception sur iPad ? Selon eux, le contrat les liant aux câblo-opérateurs stipule que leurs chaînes passent par la set-top box et le téléviseur alors que, pour l'iPad, Time Warner les fait passer par Internet (IP). La Slingbox se connecte à la set-top box.
    Derrière l'argument technique des éditeurs n'est qu'un prétexte pour demander une compensation financière aux câblo-opérateurs, une compensation du même type que celle que les éditeurs ont obtenue pour les stations avec la règle dite de "retransmission consent" (1994). N.B.  Les câblo-opérateurs réclament la réforme de cette règle. Ajoutons à cela trois remarques et une question.
    1. L'audience des téléspectateurs sur iPad n'est mesurée par Nielsen et ne peut être intégrée à celle des émissions. Manque à gagner pour les chaînes.
    2. TWC se trouve vis à vis des éditeurs dans une situation qui s'apparente à celle de Google TV. La solution de ce conflit dégagera une jurisprudence importante. Notons que HBO (Time Warner) et les chaînes de Turner (CNN, etc.) ont accepté d'être reprises par Google TV.
    3. Les principaux opérateurs (dont Comcast, TWC, Dish Network) assurent la promotion d'un protocole appelé TV Everywhere (mars 2010) qui permet à un abonné de regarder les chaînes partout (everywhere) dès lors qu'il prouve qu'il est abonné (mot de passe). La réception sur iPad n'est qu'une modalité d'application de ce protocole.
    4. Que se passera-t-il en France ? Un abonné à un bouquet de chaînes peut-il regarder ses chaînes sur un iPad ?
      iPad, Google TV, Netflix, hulu, Apple TV : le marché de la télévision n'en a pas fini d'être bouleversé par Internet et le Web.
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