vendredi 22 avril 2011

Ciblage lexical et ciblage thématique

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Google Display Network propose un nouveau ciblage thématique (topic targeting). Ce ciblage calcule le thème dominant d'une page (specific topic) à partir des mots de la page afin d'en déduire un thème de ciblage. 1 750 thèmes et sous-thèmes ont été établis. Le ciblage peut être mis en oeuvre pour tout type d'intervention publicitaire : mots clés, bannières, rich media et vidéos. Il procède selon trois niveaux : ciblage large (thème), ciblage plus restreint (sous-thème) et enfin ciblage lexical classique par mot clé (keyword based). Le ciblage mobilise les sélections et les exclusions.

Comment passe-t-on des mots d'une page aux thèmes et sous-thèmes de cette page ? Une page peut-elle relever de plusieurs thèmes et sous-thèmes ? Comment s'effectue cette opération de sémantisation, de catégorisation ?  "Our system looks at all the terms on a page to determine the topic of the page and is less reliant on particular keywords". Cibler plus largement signifie donc cibler moins précisément. Pour être convaincants simultanément, il semble que ciblage thématique et ciblage par mots clés devraient recourir à des techniques différentes. Sinon, comment différencie-t-on les mots clés des autres mots, moins décisifs, moins discriminants ? Par leur affinité avec le thème de la page, thème défini par les mots ?
  • Ce ciblage thématique est une reconnaissance en acte des limites des mots clés. Le besoin de sémantisation est évident : Google l'approche, selon ses principes constants, par la statistique plutôt que par la linguistique.
  • Pour l'annonceur, l'intérêt du ciblage thématique élargi à la page, serait, selon Google, de créer davantage de notoriété et d'accroître la prise en compte de ses produits et services dans l'ensemble de considération. En tout cas, il s'agit pour Google d'accroître son chiffre d'affaires publicitaires. 
  • Google réinvente le médiaplanning que pratique la presse magazine depuis plus d'un siècle; mais la presse magazine a pour elle l'objectivité de la déclaration intuitive de la catégorie d'appartenance d'un titre (famille, etc.) ou d'une rubrique, positionnement produit par le ciblage délibéré du rédactionnel en amont (que le sommaire enregistre, pour l'essentiel). 
  • A terme, quel effet aura sur le contenu d'une page, sur son lexique, cette nouvelle pratique de ciblage alors que les mots seront inévitablement choisis pour attirer le ciblage et les investissements publicitaires (anticipation rationnelle) ?
La question sémantique reste posée ; souvent elle dissimule un abus de langage, n'étant que catégorisation à base d'algorythmique lexicale, même lorque l'on évoque des intentions (NetSeer). L'approche par les langues naturelles (NLP, Natural Language Processing) reste une promesse encore non tenue (IA-complet).
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jeudi 21 avril 2011

Appli quotidienne : l'histoire présente au jour le jour

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L'histoire occupe une place considérable dans les médias (plus d'un millier de nouveaux titres et de hors série consacrés à l'histoire au cours des dix dernières années en France. Source : Base MM). Presse magazine ou émissions de télévision, l'histoire est au principe de bien des développements, documentaires ou fictions. La chaîne thématique américaine History Channel (du groupe Arts and Entertainment) lance une appli pour iPad consacrée à la Guerre Civile américaine : "The Civil War Today", vendue 7,99 $.

Le 12 avril 1861, commence la guerre : cent-cinquantième anniversaire oblige.
Copie d'écran de l'iPad. Pour le 21 avril 1861.
Quel marché pour cette appli ?
Ce passé est toujours présent. Dans l'histoire des Etats-Unis, la Guerre civile fut la guerre de l'esclavage mais aussi, davantage peut-être, celle de l'unité américaine. Fut-elle une guerre civile ou une guerre de conquête du Sud par le Nord ? Cette guerre fut aussi l'une des premières longues guerres de l'ère industrielle (4 ans), dévastatrice, totale :  tranchées, massacres... et, déjà, des horreurs au-delà de la guerre (cf. le camp de prisonniers d'Andersonville) préfigurant les guerres européennes.
La Guerre civile reste un élément structurant de la société américaine ; elle continue de distinguer Nord et Sud, Confédérés et Yankees (le drapeau confédéré est toujours présent, des enfants sont appelés Robert Lee...). Ensuite, il y a les récits uchroniques qui réécrivent l'histoire : si le Sud avait gagné... Dans la fiction classique, depuis Gone with the Wind (roman de Margaret Mitchell, 1936) et son adaptation cinématographique (1939), la Guerre est toujours présente. En avril 2011, la chaîne 3net (JV de IMAX, Sony et Discovery) a lancé la production d'une miniseries de quatre épisodes sur la Guerre Civile en 3D pour l'automne 2011, anniversaire encore. Et la Guerre Civile est prétexte aussi à de nombreux livres de journalistes et à un grand nombre de célébrations et reconstitutions historiques.

Comme le nom de l'appli l'indique, ses utilisateurs peuvent suivre la guerre au jour le jour, recevant avec des informations nouvelles, des lettres, des extraits de journaux intimes, des coupures de presse. La circulation dans le temps est facilitée par l'ergonomie de l'iPad (un doigt - swipe - pour avancer d'un jour, deux pour une semaine, trois pour un mois, quatre pour une année).

Avec cette appli nous assistons peut-être aux premiers pas de l'invention d'un nouveau  mode d'exposition historique et documentaire qui ne serait pas uniquement chronologique. Didactique de l'histoire et de la civilisation, statut de la mémorisation, organisation de la documentation, cette appli fourmille de suggestions. Une telle appli mériterait d'être évaluée pour tous ses usages. Il sera intéressant de savoir ce qu'en ont fait les acheteurs. Pas de didactique sans analytiques !

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lundi 18 avril 2011

Journalisme en causes

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La une de l'hebdomadaire allemand Die Zeit porte sur le journalisme. Au lieu de critiquer ce qui les entoure, des journalistes, livrés à l'autocritique, examinent "du dehors" ce qu'ils/elles font, comment et pourquoi. Car, rappelle l'introduction du dossier, "les médias ne font pas que reflêter purement et simplement (bloss) le monde, ils en sont aussi des acteurs" [...] "nos mots et nos images ont une force, et il ne s'en suit pas que du bien". Rapporter (berichten), c'est faire (anrichten, causer) avec des mots : "wir berichten, aber manchmal richten wir auch etwas an". C'est sous l'angle performatif de cet énoncé austinien qu'est examinée la situation du journalisme par le magazine (48 pages, dont publicité).
Des journalistes écrivent pour leurs lecteurs sur le journalisme, sur les difficultés et les limites de leur métier.

Parmi les thèmes abordés :
Pourquoi la presse n'a pas vu venir la crise financière ? Quels sont les effets des blogs sur l'information locale, les effets d'une enquête sur les enquêtés (l'enquête, intrusive, perturbe la situation observée). Le goût du bien écrire privilégie-t-il le souci de la forme au préjudice de l'analyse, la relation au local et aux blogs, etc. ... De ces articles émergent des énoncés qui attaquent le fondement même du journalisme et de ses techniques. Par exemple (p. 11) :  "... les journalistes ne cherchent pas la vérité mais des histoires ("Geschichten"). Une histoire est une histoire quand elle contredit la vérité d'hier...". Ou encore (p. 12) : "La prédictabilité a dépassé les capacités des meilleurs professeurs" (à propos des crises financières et des limites de la spécialisation des journalistes spécialisés). Tout un inventaire réaliste, vécu, d'interrogation, de doute, de malaise.

Avec le Web, les bases de données et la numérisation de la plus grande partie de l'information disponible, avec la mondialisation et la babélisation, avec les analytiques qui disent au mot près ce qui a été vu ou lu, avec la complexité technique des sujets à couvrir et la difficulté de les vulgariser, avec la contrainte économique de la gestion du journal (lectorat, annonceurs), les journalistes se trouvent dans des situations impossibles, que l'histoire du journalisme n'a jamais rencontrées. Les risques, on les connaît : reprise mal contrôlée des "communiqués de presse", prudence extrême, conformisme, enquêtes sous-traitées à des "spécialistes" non contrôlables. Au bout de tout cela, se détache le portrait d'une profession mal à l'aise, d'une presse incertaine de ses moyens, de ses fins et de ses effets.
Si l'avenir de la presse d'information passe par la qualité et l'exclusivité des contenus, la redéfinition professionnelle du journalisme (techniques de reportages, formation, mode de rémunération, déontologie, etc.) représente un enjeu considérable et primordial pour les médias. Ce dossier, approche encore modeste, mérite sa place dans les écoles de journalisme et les cours de gestion des média. Il mériterait aussi d'être intéractif, continu peut-être...
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vendredi 15 avril 2011

La création d'abord

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Fonctions de l'appli iAd
iAd, la régie publicitaire de Apple pour l'iPhone et l'iPad, publie une application (cf. iTunes) permettant de voir et revoir les créations publicitaires de ses annonceurs. Heureuse initiative de cette iAd Gallery que de remettre la création en tête de ce métier où algorithmes et optimisations semblent parfois prendre le dessus.
Le produit d'abord, puis la création. Car c'est la création qui fonde la mémorisation et construit efficacement la notoriété positive et durable, le plaisir de la répétition, le désir d'essayer un produit, d'en comprendre le fonctionnement et l'intérêt ; c'est la création qui donne l'envie d'agir, dans le point de vente, réel ou virtuel, qui fait essayer le produit, l'acheter, le recommander. Facteur premier de l'efficacité publicitaire : quand la création est nulle, tout le reste est annulé. Or, humour, rêve, suprise ne se quantifient guère et rentrent mal dans nos modèles de médiaplanning.

Cette appli donne à voir de la publicité : plaisir esthétique et intellectuel. Elle rappelle, en acte, que la publicité ne devrait pas être perçue comme ce qui gêne et dérange, comme un mal inévitable qui interrompt l'émission, ou comme un écran qui bloque la vue dans la rue. C'est possible : voyez l'intérêt qui ne se dément pas pour les messages diffusés dans les salles de cinéma ou encore la frénésie de compétition publicitaire au moment du Super Bowl (posts sur le Super Bowl). La profession publicitaire devrait s'interroger sur l'intérêt de certaines modalités d'interventions publicitaires qui dévalorisent la publicité, en ruinent l'image et l'efficacité. Plus que de réglementation, la pub a besoin de qualité. 

Vitrine de la publicité, cette appli grand public, avec ses fonctions d'exposition, de sélection ("Loved"), de recherche ("Search") a aussi vocation professionnelle : auto-promotion de la régie ("Join the Network") et, plus généralement, mise en valeur de la pub vidéo sur les portables (mobile marketing).
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lundi 11 avril 2011

Tab. revues des tablettes numériqes

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A nouvel équipement, nouveaux magazines. Après le DVD, les consoles de jeux vidéo, le home cinéma, les écrans plats et l'iPhone, à son tour, l'iPad suscite un nouveau magazine. En attendant le lecteur numérique (eReader) ?
On dit - les devins patentés du village numérique -que l'iPad dominera le marché des tablettes pendant les cinq prochaines années... En attendant, l'iPad fait, comme on dit, la collective : grâce à l'iPad, on parle des autres tablettes. Ce qui donne de l'intérêt au prmeier numéro de ce magazine "100% tablettes numériques" (son sous-titre). Beaucoup de tablettes sont présentées, peu connues du grand public pour la plupart : Orange, Samsung, Acer, Asus, Blackberry, HP, HTC, LG, Motorola, Archos, la longue traîne des tablettes est là pour se partager une queue de notoriété
L'essentiel du magazine est consacré à l'iPad2, ses accessoires (protections, docks...), ses prolongements, ses applis (GoodReader, Evernote, CloudReader, etc.). Un article orienté consommation traite des forfaits télécom pour tablettes : il conclut en leur défaveur : on peut vivre sans, en comptant sur le W-Fi. En revanche, il évoque des politiques de prix alternatives pour les opérateurs, associant tablette et smartphone dans un même abonnement comme le proposent Archos en France ou Movistar en Espagne.

Magazine pour grand public technophile, vendu 7,9 €. 100 pages. Bimestriel. Pas de publicité, hors de quelques pages de promotions pour des titres du groupe Yellow Media (ex. Future France) et des pages shopping.
En même temps, selon la même maquette, le même éditeur publie Pad. Apps (100% applications numériques), trimestriel, strict complémentaire du premier. Distribution : MLP.

Vidéo : synergies bouquet TV et grande distribution

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DISH Network, bouquet satellite de chaînes de télévision, a racheté Blockbuster. La vente aux enchères suivait le dépôt de bilan. La faillite de la chaîne de magasins de location de DVD et jeux vidéo fait suite à diverses erreurs de gestion. Aussi ne faut-il pas l'interpréter comme l'annonce de la fin du DVD, que dément le succès de Netflix, RedBox et d'autres (cf. Vidéo : la grande distribution du DVD à la VOD).
Blockbuster, troisième fournisseur de télévision payante après Comcast et DirecTV, compte environ 14 millions d'abonnés (impossible de trouver des chiffres officiels, ce qui n'est pas bon signe : Dish Network perd des abonnés). Deux remarques intermédiaires, en marge.
  • La transition vers la dématérialisation des consommations est lente. La force d'inertie des habitudes, des équipements est sous-estimée. Beaucoup de foyers utilisent encore leurs VHS et leur magnétoscope. Nos petits prophètes du numérique sont pressés d'annoncer des révolutions : mouches du coche, ils vivent de les prédire, menaces par-ci, opportunités par là (il faut inscrire cette fable au programme des diplômes de gestion) !
  • En revanche, dans les entreprises, les changements sont soudains : il y a deux ans, Blockbuster comptait 5 000 magasins aux Etats-Unis (il en restera 1 700) et 60 000 salariés  ; comment ne pas penser aussi à Borders, autre chute spectaculaire... Dans un secteur fragilisé, les erreurs se paient cher et comptant.
Pour se représenter l'importance stratégique de ce rachat, il faut imaginer BSkyB ou le groupe Canal + rachetant en Europe de grands distributeurs de DVD déjà engagés dans la VOD en ligne.

Fort de cette acquisition, DISH Network pourra pénétrer le marché de la VOD (streaming) en conduisant les clients de Blockbuster vers le bouquet ; cette synergie peut constituer un atout dans la concurrence avec les opérateurs de télévision payante. Comme Blockbuster a déjà lancé le service de streaming pour ses clients, il ne reste plus qu'à mieux le vendre aux abonnés de Dish Network.

Mais nous devons placer cette acquisition dans une autre perspective : la collaboration de Dish Network avec Google. Cette collaboration concerne deux domaines de la télévision.
  • Google TV : la télévision connectée est accessible pour les abonnés du bouquet (Logitech Revue est proposé en promotion aux abonnés de Dish Network pour 179 $).
  • Google TV Ads : cette place de marché. propose aux annonceurs des emplacements sur de nombreuses chaînes thématiques du bouquet (liste des chaines). Le principe est celui de Adwords. Google TV Ads est un laboratoire de la publicité télévisée pour Google. A terme, les deux directions pourront être combinées.
L'achat de Blockbuster accroît les moyens de Dish Network qui déja, grâce à Google TV, donne accès à Netflix, Amazon Video, Hulu, etc. La vidéo à la demande, au détriment des chaînes, apparaît de plus en plus comme la dimension essentielle de l'accès aux loisirs numériques. Facteur d'émiettement de l'offre, la VOD favorise un médiaplanning publicitaire de type self service, tel que le propose Google TV Ads.
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dimanche 3 avril 2011

L'iPad dérange la télévision américaine

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Mise à jour 7 juillet 2011
Adopté par deux câblo-opérateurs américains, l'iPad déclenche un conflit avec les éditeurs de chaînes. Time Warner Cable (TWC) est le premier à permettre à ses abonnés (câble et Internet) d'accéder, avec un iPad (application gratuite sur iTunes), à leur offre de chaînes, lorsqu'ils sont à leur domicile (Wi-Fi) : TWCable TV for iPad. Autrement dit, un abonné à TWC (c'est le deuxième MSO américain en nombre d'abonnés), peut regarder les chaînes du bouqet auquel il est abonné : soit sur des téléviseurs du foyer (via set-top box) soit sur son iPad. 300 000 applis auraient été téléchargées depuis la première semaine, selon TWC. Une campagne publicitaire dans la presse, montrant deux mains tenant un iPad,  proclame "The Future of Television is in Your Hands" : "300 000 people can't be wrong".
Sous la menace de certains éditeurs de chaînes, Time Warner a retiré certaines chaînes de l'offre sur iPad. Prudence politique, préludant à des négociations avec les éditeurs. L'argument de TWC est simple : la tablette (iPad) n'est rien d'autre qu'un téléviseur de plus au domicile, utilisable dans des pièces rarement équipées par le câble (cuisine, salle de bains, garage) : "Make any room your TV room". ("in the privacy of your own home, on the screen of your choosing", précise le message publicitaire. Cf. supra)

Les éditeurs refusant la réception de leur chaînes sur iPad :
  • Viacom : Nickelodeon, BET, CMT, Comedy, MTV, Spike, VH1
  • News Corp. et Fox Networks Group : FX, National Geographic
  • Discovery Channel : Animal Planet, The Discovery Channel, TLC
  • Scripps Networks Interactive (HGTV, food network, diY, Cooking channel, etc.)
100 chaînes sont reprises par TWC (juillet 2011). Pour une liste complète, tenue à jour, se reporter au site idoine de TWC  : http://iwantmytwcabletvapp.com/
  • des chaînes Turner Broadcasting System (société parente de TWC) : CNN, TNT, Cartoon Network, HLN, etc.)
  • Bloomberg TV, PBS Kids Sprout (chaîne de secteur public pour enfants), Hallmark Movie Channel, Current TV, Tru TV
  • des chaînes de Disney dont ESPNews (N.B. Apple siège au Conseil d'administration de Disney), de Comcast Networks et de Rainbow Media (Bravo), A and E. 
  • N.B. Comme de coutume, des blacks-outs régionaux sont exigés par les chaînes diffusant du sport en direct : une fois cette exigence satisfaite, ESPN et  TBS accepteront la retransmission.
  • N.B. 2 : mi-avril, les chaînes de Fox Cable News (FX, National Geographic et Fox News) et de Discovery (TLC, Animal Planet) ont accepté la réception via iPad. WC a jouté également Sundance Channel.
Cablevision System Corp., important MSO, suit TWC (son concurrent à New York) et publie une appli du même type (Optimum App for iPad) ; il n'est pas nécessaire d'être client Internet de Cablevision pour en bénéficier. Cette appli donne accès à toutes les chaînes reçues pas les abonnés. Cablevision envisage d'étendre cette offre à d'autres terminaux mobiles (android, iPhone).
Pour les câblo-opérateurs, la réception sur les tablettes est un service supplémentaire offert gratuitement à leurs clients dont ils redoutent le désabonnement ("cord cutting").

Pourquoi certains éditeurs de chaînes s'opposent-ils à la réception sur iPad ? Selon eux, le contrat les liant aux câblo-opérateurs stipule que leurs chaînes passent par la set-top box et le téléviseur alors que, pour l'iPad, Time Warner les fait passer par Internet (IP). La Slingbox se connecte à la set-top box.
Derrière l'argument technique des éditeurs n'est qu'un prétexte pour demander une compensation financière aux câblo-opérateurs, une compensation du même type que celle que les éditeurs ont obtenue pour les stations avec la règle dite de "retransmission consent" (1994). N.B.  Les câblo-opérateurs réclament la réforme de cette règle. Ajoutons à cela trois remarques et une question.
  1. L'audience des téléspectateurs sur iPad n'est mesurée par Nielsen et ne peut être intégrée à celle des émissions. Manque à gagner pour les chaînes.
  2. TWC se trouve vis à vis des éditeurs dans une situation qui s'apparente à celle de Google TV. La solution de ce conflit dégagera une jurisprudence importante. Notons que HBO (Time Warner) et les chaînes de Turner (CNN, etc.) ont accepté d'être reprises par Google TV.
  3. Les principaux opérateurs (dont Comcast, TWC, Dish Network) assurent la promotion d'un protocole appelé TV Everywhere (mars 2010) qui permet à un abonné de regarder les chaînes partout (everywhere) dès lors qu'il prouve qu'il est abonné (mot de passe). La réception sur iPad n'est qu'une modalité d'application de ce protocole.
  4. Que se passera-t-il en France ? Un abonné à un bouquet de chaînes peut-il regarder ses chaînes sur un iPad ?
    iPad, Google TV, Netflix, hulu, Apple TV : le marché de la télévision n'en a pas fini d'être bouleversé par Internet et le Web.
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    mercredi 30 mars 2011

    La loi Bichet

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    Cette loi, issue de la Résistance (2 avril 1947), doit son nom à un député MRP (parti démocrate chétien). Elle constitue l'un des piliers de l'économie de la presse française. Elle stipule d'abord que la diffusion de la presse est libre (art. 1). Les éditeurs sont égaux en droit, qu'ils soient grands ou petits," puissants ou misérables". L'accès au réseau de distribution est libre. Hors abonnements, tout groupement pour la distribution doit prendre une forme coopérative (art. 2).
    La France compte de nombreux titres de presse, il s'en crée des centaines chaque année (plus de 660, selon nous, en 2010, et deux fois plus de hors série. Souce : Base MM). Diversité exemplaire, dynamique que connaissent peu de médias. La loi Bichet y est pour beaucoup. Pas seulement cette loi : les diverses aides de l'Etat à la presse, directes et indirectes, contribuent largement aussi à cette diversité de genres, d'opinions, d'engagements, de styles, de goûts, de prix.
    Diversité inévitablement méconnue par les grandes agences média qui investissent surtout dans les plus grands titres, ceux qui sont pris en compte par les études de lectorat et les logiciels de mediaplanning. La contrainte politique sur la distribution équilibre en quelque sorte la puissance publicitaire.

    La loi Bichet est remise en question par les grands éditeurs et par des représentants des distributeurs. S'il  y avait moins de titres dans les points de vente, on les trouverait mieux, il y aurait plus de place, disent-ils. Les titres distribués seraient plus visibles, la mise en place plus commode et plus rapide. La loi Bichet plaçait la presse au-delà d'une logique exclusivment commerciale (marketing), l'offre ne devant pas être déterminée par la demande.
    La contestation de la loi Bichet concerne ce que l'on appelle la réforme de l'assortiment. Elle touche la charge de travail des diffuseurs (points de vente), le marketing des titres et la diversité et le dynamisme de la presse française. Cela fait beaucoup. Observatoire remarquable de l'économie des médias, le débat sur la Loi Bichet secoue en cascade bien des traditions françaises qui font "l'exception culturelle". La législation française considère que la presse n'est pas un produit comme les autres : supprimer la Loi Bichet reviendrait sur ce principe directeur. Mais, dès lors qu'elle deviendrait un produit comme les autres, pourquoi maintenir les aides directes et indirectes sans lesquelles beaucoup de titres ne survivraient pas ? Comment concilier rigueur de gestion et respect des principes politiques ? Comment l'offre d'information et de divertissement présente et accessible sur le Web affecte-elle les moyens de satisfaire à cet impératif de diversité ?
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    Canal 20, un média à inventer

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    Canal+ lancera en fin d'année une chaîne nationale grand public. Si l'on n'en sait pas beaucoup plus, au moins peut-on que se réjouir d'un surcroît de diversité médiatique. Si Canal+ crée une chaîne originale, de qualité, les annonceurs seront présents : ils n'attendent que cela. Pour peu que l'on porte le regard au-delà des bizarreries du petit microcosme télévisuel français ("canal bonus", etc.), on peut escompter des effets positifs de ce lancement. Canal Plus a déjà prouvé qu'il savait réveiller un marché.

    Tout le secteur télévisuel pourra bénéficier d'une véritable innovation. L'image de la télévision en a besoin car elle pâtit de la concurrence du Web. A quelques exceptions près, les entreprises de média, et notamment de télévision, n'ont pas encore pu tirer profit du Web, traité simultanément en média "de complément" et en gadget technologique. Or Canal 20 sera lancée à un moment favorable : la couverture numérique du territoire s'achève tandis que la télévision connectée à Internet voit le jour, menée par des acteurs entreprenants et puissants : Google TV, Apple TV, HbbTV (dont Canal+ Group est partenaire), Amazon VOD. Canal 20 ou pas, le marché télévisuel n'échappera pas au défi de ces forces de conquête, porteuses d'innovations dans les programmes mais aussi dans la publicité. Une partie de la population s'éloigne de la télévision, les plus diplômés, les plus jeunes des plus actifs : Canal 20 peut les y ramener.

    Canal+ a maintenu, depuis plus de 20 ans, contre vents et marées, une fenêtre en clair avec publicité. Cette fenêtre promotionnelle a constitué un laboratoire publicitaire, parfois anticonformiste, souvent brillant. Canal 20 pourra profiter de cette expérience pour dynamiser le marché publicitaire, en secouer les pratiques un peu désuètes et stimuler les agences média. Touchant deux moments de la chronologie des médias, au début et à la fin, Canal+ pourra exploiter la synergie entre télévision payante et télévision gratuite, atout exclusif. Mais, surtout, Canal 20 pourrait inventer le nouveau média, né de la convergence sur un même écran, du Web et de la télé, et qui ne sera ni l'un ni l'autre. Un potentiel d'audience existe pour ce média différent, qu'il faut imaginer social comme Facebook, pratique comme Google et passionnant comme toute bonne télévision avec, toujours, en prime, la douce passivité, qu'un peu de culpabilité pimente.
    Cette fois, il ne s'agit plus pour Canal+ d'imiter HBO, dette des origines, revendiquée. C'est à Canal+ d'inventer car HBO, qui perd des abonnés, n'a pas encore imaginé la télévision de l'époque numérique.
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    lundi 28 mars 2011

    Remote controls

    Screenshot of  Google TV remote
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    In a TV household, the power is at the end of the remote control. The closest person to the remote is the TV boss. Google TV has published an app which transforms your smartphone into a remote control. It is available for your android phone as well as for your iPhone. Nice app. Backlight, voice command, etc. And everyone in the family can have his or her own. Another family war can start, the one who shoots first wins...

    Remotes are outdated: too many buttons. Confusing. Level zero when it comes to ergonomy. And there are also too many remotes for the same screen: for the TV set, the VCR, the DVR and the set-top box, (not to mention, for the panelists, a remote controlling the "people meter"). They are not always synced, contradict each other. It is a mess. Today's remote is a lost cause.

    To win what is described as the "living room battle", Netflix has managed to have a Netflix button installed on remotes operating Blue-ray disc players , Internet-connected TVs (Sharp, Sony, Toshiba), Boxee or Roku set-top boxes, etc. Netflix claims to have 250 "Netflix ready" devices. Comcast has released an iPad app and one for android devices. Subscribers can customize their TV listing (synchronized with the website).

    Demand side TV instead of supply side. In fact, the remote control as we know it cannot handle a TV market with hundreds of channels, VOD, teletext, DVD player, PVR, all kinds of consoles and, now, the Web. The so-called connected TV sets with Google TV, Apple TV or HbbTV interfaces are like a media marketplace; they need a browser, a search engine. Tablets and smartphones are the best solution, providing remotes and TV guides all at once. The viewers are getting used to this new kind of ergonomy. Nowadays, TV viewers are trained by the Web : they want to click, to personalize their homepage with apps, fling a file, save and share their favorites, they want to be localized, recognized (cookies !), they want to subscribe, unsubscribe... In 2008 Apple already published an app called "Remote", working via Wi-Fi, which uses iTunes to control music stored on a computer.
    From the Web to TV, we observe the progressive transfer of habits, of know-how, of habitus. In the mechanism of digital media inheritance, the Web seems to become the dominant gene, TV the recessive one (for the purist, think "allele" instead of "gene"). This approximative metaphor suggests that the Web is now the form in which TV appears.
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    samedi 19 mars 2011

    Copieurs ? Même pas...

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    Linéaire presse en région parisienne, vendredi 18 mars.
    Non, même pas copieurs ! Mais, s'abreuvant aux mêmes sources, disposant des mêmes réflexes professionnels, obéissant aux mêmes exigences, appliquant les mêmes règles de l'art journalistique, ils produisent le même produit. L'étonnant est que cela se produise si peu souvent.
    Le linéaire exhibe involontairement une sociologie en acte du journalisme (on pourrait allonger la liste : cf. Le Pélerin, etc.). Un travail socio-linguistique sur le discours journalistique, à un moment donné, montrerait-il les mêmes effets ? Sans doute.
    Voici de quoi débattre dans les écoles de journalisme, dont on fait comme si l'on pouvait en attendait qu'elles forment des journalismes innovants, originaux, insoumis, impertinents. Impossible. Les écoles de journalisme, comme toutes les écoles de pensée (écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, de médecine, etc.), produisent surtout des pensées d'écoles, des disciples conformes. Journalisme Montessori ?
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    vendredi 18 mars 2011

    Politique des prix d'un quotidien : le NYT et son paywall

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    Mise en place d'une nouvelle politique des prix pour la lecture du New York Times (NYT) en ligne (tests en cours au Canada). Le quotidien offrira désormais 20 articles gratuits par mois, par lecteur. Au-delà, il faudra payer ou ne plus lire le NYT et aller chercher son information ailleurs (paywall). Lorsqu'ils atteindront la limite des 20 articles (un compteur est mis en place), les lecteurs seront invités à s'orienter dans une politique des prix compliquée, selon qu'ils sont abonnés par portage à l'édition papier, qu'ils sont abonnés sur e-reader (Kindle, Nook), qu'ils utilisent un smartphone, une tablette, etc. (cf. le FAQ du NYT)

    Comment interpréter cette politique des prix du point de vue des lecteurs ? Il leur faut gérer ce potentiel de 20 articles gratuits avec parcimonie, au compte-gouttes. Et, sur le Web, ne plus s'adresser au NYT pour glaner ou survoler n'importe quelle information banale, courante, qu'ils pourraient trouver ailleurs, partout. Il leur faut réserver ce potentiel aux articles exclusifs, originaux, indispensables.

    De facto, chaque lecteur est ainsi invité à se construire son NYT premium, sur mesure. La lecture du quotidien devient geste calculé. Finie la lecture en passant, "oisive" que stigmatisait Nietzsche. La politique des prix du quotidien en ligne engage une lecture gérée, voire pré-méditée. Pourquoi pas ? Elle induit un journalisme à deux vitesses et un nouveau type de contrat de lecture en ligne. D'un côté, un journalisme de papotage, de PR, de rapportage, financé par le contexte publicitaire ; de l'autre, un journalisme d'investigation et d'analyse, payé directement par le lecteur. Les deux lectures n'ont en commun que de compter, pour leur modèle économique, sur l'exploitation des cookies.
    Puis vient la lecture du troisième genre, au gré de twitts, de liens sur Facebook et de flux RSS. Celle-ci ne sera pas comptabilisée (sauf pour les moteurs de recherche). Cette lecture est donc encouragée et elle privilège les réseaux sociaux par rapport aux moteurs de recherche.
    Ensuite, il y a la lecture de la "Une", vitrine publique toujours libre d'accès sur la plupart des supports numériques. Et, enfin, la lecture des articles archivés (1923-1986).

    La nouvelle politique des prix du NYT s'avère, en acte, une théorie de la pratique de lecture à l'époque des supports  numériques. Cette théorie s'organise à première vue en couples de notions :
    • lecture choisie, délibérée / lecture de rencontre, du tout-venant (non trié, sans curation) ; 
    • articles exclusifs à valeur journalistique ajoutée / articles courants, banal (banalisé) ; 
    • lecture recommandée (par des pairs, des "amis", etc.)  / lecture trouvée au terme d'une recherche par mots clefs.
    Chaque lecture a son prix, son coût de transaction ; chacune aura son coût de production (feuille de temps pour les journalistes ?), son chiffre d'affaires, son taux de marge. Cette politique des prix précipite une comptabilité analytique de la lecture (au sens fort d'analytique, puisqu'elle provoque chez les lecteurs une décomposition des actes de lecture). Premiers pas pour une gestion non intuitive de la production et de la distribution de l'information.


    N.B. Parce que cela n'est pas neutre, épistémologiquement, mentionnons le cas de ceux (professionnels des médias, personnel politique, "patrons", chefs d'entreprise, etc.) qui ne paient pas leur information ("services de presse", notes de frais, abonnements gérés par des secrétaires etc.) : ils n'entreverront rien des effets de la politique des prix (gestes, coût, ergonomie), car, pour eux, tout information payante a l'air gratuite. Comme ils sont souvent ceux qui opinent à tout-va, mieux vaut être lucide quant à leur cécité structurelle.
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    dimanche 13 mars 2011

    Utilisation d'Internet au domicile : typologie pratique

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    L'INSEE publie des données issues d'une enquête d'avril 2010 en France (7 011 ménages) auprès des 15 ans et plus (Vincent Gombault, INSEE Première, N°1430, mars 2011). Nous nous en tiendrons pour l'exploitation secondaire de cette publication à la statistique d'utilisation d'Internet "tous les jours ou presque" et aux variables socio-démo qui la décrivent.
    Compte tenu des effectifs de l'enquête et des inévitables approximations dans les définitions qui président aux modalités de classement des réponses (actifs / inactifs, CSP, diplôme, etc.), nous proposons les conclusions suivantes :
    • les écarts hommes / femmes sont peu significatifs (81,5 %/ 75,7 %)
    • les écarts 15-59 ans sont peu significatifs (83,3%/ 75,1 %)
    • pour les emplois actifs (attention, beaucoup d'enquêtes classent les retraités dans leur dernière activité, les chômeurs dans le domaine où ils recherchent un emploi, etc.), 3 groupes peuvent être distingués
      • les "cadres et professions libérales" (91,9 %)
      • les professions intermédiaires (84,5 %)
      • les autres : artisans et commerçants, les employés et les ouvriers (entre 76 et 72,9 %)
    • La variable actif / inactif est discriminante (80,2 % pour les actifs, 76 % pour les chômeurs, 71,1 % pour les retraités)
    • la variable la plus discriminante est le diplôme qui recoupe et surdétermine la variable PCS (cf. supra) :
      • 65,4 % pour les sans diplôme
      • 74,6 % pour les études sans bac
      • 81,2 % pour le bac
      • 87,5 % pour un diplôme d'enseignement supérieur
    En pratique 
    • distinguer d'abord les actifs des inactifs, les usages des actifs étant accentués par la pratique professionnelle
    • toutes choses égales par ailleurs, rien ne discrimine mieux le diplôme, que dilate son extension, non mesurée, au "capital culturel"
    • pour les CSP 
      • 3 groupes se distinguent encore (les notions de CSP+ et de CSP++ sont-elles encore utiles?), la pratique professionnelle entérinant et accroissant sans doute les écarts observés au foyer entre chacun des groupes
      • classer les agriculteurs comme ouvriers, technicens, professions intermédiaires, cadres...
    • la pratique des "étudiants" doit être revalorisée par la prise en compte, ignorée par tant d'études, des usages sur le lieu de formation (formations initiale et continue, pendant la formation et pendant les pauses, etc.)
    • ignorer les usages des médias avant 15 ans est sans pertinence marketing pour les médias, et a fortiori pour le Web. Prendre en compte la population des usagers dès 12 ans, au moins, est indispensable du point de vue des annonceurs (on rougit pour la profession publicitaire d'avoir à rabâcher cette évidence) ; l'idéal, au stade du principe, est sans doute de se caler sur la norme européenne en télévision (4 ans et plus).
    Comme le note l'auteur de cette étude, Vincent Gombault, la "fracture numérique" s'estompe. En s'estompant, elle ne laisse au "socio-démo" qu'un pouvoir de discrimation et de ciblage limité mais déterminant. Dans ces conditions, passées deux ou trois variables structurantes, les modalités de ciblage issues de l'observation continue des comportements sont les plus raisonnables. 

    mercredi 9 mars 2011

    Audience TV et longue traîne en France

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    Couverture cumulée 4 semaines. Définition pour le "Médiamat Thematik" (Médiamétrie, France). Proportion de personnes de 4 ans et plus recevant la TV par câble, satellite direct ou ADSL ayant regardé une chaîne donnée au moins 10 secondes consécutives en direct (hors différé) en moyenne au cours de quatre semaines consécutives.
    Panel de 2 301 foyers (6 091 personnes). 107 chaînes étudiées. Population de référence : 33 millions de personnes recevant cette offre (58% de la population résidant en France métropolitaine). Période d'étude : 30 août 2010 -13 février 2011.
    Source : Médiamétrie, mars 2011. Traitement MM.
    Chaque bâton de l'histogramme représente une chaîne. La première est TF1.

    N.B. Cet univers ne prend pas en compte la totalité du marché TV reçu en France : manquent les chaînes en langues étrangères, les chaînes frontalières, France 24, les stations régionales, etc. Ceci représente sans doute au moins une autre centaine de chaînes et prolongerait d'autant cette déjà longue traîne.

    Malgré toutes les différences de méthodologie, peut-on estimer qu'avec respectivement 23 et 16 millions de visiteurs uniques (Source : comScore Video Metrix, France, Visiteurs Uniques, 15 ans et plus, septembre 2009), YouTube et Dailymotion se situeraient désormais parmi les toutes premières chaînes d'un tel univers télévisuel ? Facebook avec près de 10 millions de V.U. ne ferait pas mauvaise figure non plus. Voilà qui laisse présager de ce que donnerait un GRP unique, TV et Internet. D'autant que comScore ne prend pas en compte l'audience la plus jeune (4+ pour la TV / 15+ pour Internet) et que cette statistique date de 18 mois  pour Internet (septembre 2009).
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    mardi 8 mars 2011

    Innovations presse : formats poche

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    Linéaire presse féminine et présentoir Madame Figaro
    La presse fait évoluer ses formats. Un  rétrécissement s'observe depuis plusieurs années. Recherche d'économie, réduction de l'encombrement. Exigence de portabilité surtout dont le numérique n'a pas le monopole. The Independant, le quotidien anglais, publie une édition concentrée sur l'essentiel, dont a été émondé l'inutile people ("no celeb gossip nonsense") : "I, the essential daily briefing". Journal bon marché, dense (20 pages), maniable : "concise quality newspaper". Et si le changement de format constituait une innovation décisive ?
    • Une soixantaine de magazines français, principalement des féminins, proposent déjà deux formats sur les linéaires : un format traditionnel et un format "poche". Format sac à main ?
    • La presse quotidenne aussi passe à des formats plus restreints (berlinois, tabloïd), plus commodes pour des lectures mobiles (transports), moins chers aussi que les grands formats (broadsheet). 
    Cette semaine, dans les points de vente français, deux innovations en termes de formats :
    • L'Express Grand format, à longue périodicité (trimestriel) déclare couvrir l'histoire au présent avec des "images" (6,5 €). 
    • Madame Figaro met en vente une version "pocket" avec dos carré. Double évolution du titre qui, en même temps qu'il propose un nouveau format, s'évade du package de fin de semaine (4 titres) : ce nouveau magazine sera mis en vente toute la semaine (sortie le vendredi, 1 € au lancement, 1,3 € ensuite). Pour cette cible et ce contenu, une telle innovation est peut être plus décisive qu'un site Internet. A suivre. Commodité, portabilité. Un titre qui se range plus facilement et dont l'espérance de vie sera sans doute étendue au délà de son rythme hebdomadaire. Qu'en disent les annonceurs ?

    lundi 7 mars 2011

    Tournoi d'émissions sur Hulu

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     "What is the best show on TV?". Pour la deuxième année, Hulu, le service de VOD américain, organise un tournoi des séries qui se déroulera sur cinq semaines : "Best in Show". Au départ, 32 séries sélectionnées, la moitié d'entre elles seront éliminées à chaque tour. Finale le 1er avril.
    En 2010, la finale opposa "Lost" aux "Simpsons". "Lost" l'emporta avec 66% des suffrages.

    Propagation de la culture "sportive" avec éliminatoires et "kick off", statistiques et commentateurs, comme format d'émissions : du sport à la chanson, du cinéma à la musique ("Victoires" !), de l'orthographe ("spelling bees", cf. le film "Sepllbound", 2002) aux chiens (cf. justement, le film, "Best in Show", 2000) puis aux people, au jeu vidéo, jusqu'où ? Et tout cela se dispute et s'achève dans des votes sur les goûts et les couleurs... La contamination de la vie politique par ce cirque ne rassure pas.
    Dans la foulée, ce traitement des produits culturels génère et inculque des catégorisations "populaires" que reprennent les classements de l'offre (folksonomies / taxonomies de la VOD), les itinéraires (algos) de choix...
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    samedi 5 mars 2011

    Wikileaks : malaise dans l'information

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    Wikileaks est un des événements majeurs de l'information et de la vie politique. Passé le scandale, la presse finalement s'est emparée des "révélations" de ce qui était caché par des gouvernements pour en publier de "bonnes feuilles".
    La question qu'impose Wikileaks aux médias d'information n'est pas tant celle de la "révélation" que celle de ce qui est caché, tant celle des contenus que de la pratique politique et administrative. Nous nous sommes habitués à vivre les Républiques et la démocratie sur le mode de la monarchie et du secret. People et vie de cour d'un côté, secrets de l'autre, deux faces d'une même pièce. L'une montre pour mieux détourner l'attention de ce qu'il faut cacher.
    Wikileaks révèle que la presse assure mal le travail ordinaire de dévoilement (l'un des noms de la vérité), se satisfaisant trop souvent de publier, et gloser, au mieux, ce qu'on lui demande de "communiquer" (on, c'est à dire une entreprise, une administration, un éditeur, un parti, un Etat, etc.).
    Le communiqué de presse nourrit les médias, souvent repris sans critique, il s'apparente au people en tant qu'exhibition et leurre, selon le principe de la prestidigitation : distraire, atirer l'attention ailleurs. Rappelons qu'en France les dépenses des entreprises en relations publiques s'élèvent au double de celles réalisées en radio et la moitié de celles effectuées en télévision (Source : France Pub / IREP pour 2009). La fuite (leak) est le contraire de l'information et de la transparence, le symptôme inespéré d'une maladie politique.
    La réaction à la révélation de dossiers par un fonctionnaire d'une collectivité locale (Bouches-du-Rhône, Marseille) en dit long sur le fonctionnement a priori secret de nos administrations et le prétexte d'un "devoir de réserve" dévoyé) pour maintenir des secrets qui n'ont rien à voir ni avec ceux des affaires, ni avec la sécurité. La démocratie impose au contraire un devoir de transparence à la chose publique (res publica) qui par définition n'est justement pas la chose privée de gouvernements ou d'administration.

    N.B. La bataille livrée en Egypte pour les achives de la police d'Etat (SSI) est une illustration récente de la relation entre transparence et démocratie (cf. l'accès difficle des historiens aux archives dans les pays de l'ex. boc soviétique).
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    jeudi 3 mars 2011

    Digital GRP : contact et capping

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    La vidéo généralise sa présence sur le Web. Le haut débit le permet, les détenteurs de programme y distribuent de plus en plus d'émissions : des marques vidéo nouvelles se constituent sur Internet (Boxee, Hulu,Vudu, Netflix, Amazon, YouTube, etc.). La mobilité va dynamiser ce marché : ainsi, par exemple, Cablevision, opérateur du câble à New York, propose toute son offre TV sur iPad.
    Partout, le marché publicitaire s'interroge (Facebook, Procter and Gamble, Starcom, par exemple) : faut-il comme en télévision produire et utiliser un GRP numérique (digital GRP) comparable au GRP TV et ainsi faciliter l'utilisation cohérente de l'un et l'autre support pour établir sans difficulté des plans mixtes ? Avant d'en arriver là, objectif raisonnable, il faudra résoudre, de manière consensuelle, plusieurs problèmes d'uniformisation des méthodes de mesure. En effet, il importe que le comptage sur Internet s’effectue selon des principes aussi  équivalents que possible à ceux, plus ou moins arbitraires, que suit le comptage des GRP en télévision. Il faut notamment que les principes de calcul retenus pour le GRP numérique ne produisent pas moins ou plus de GRP que la télévision, toutes choses égales par ailleurs. Evoquons, pour commencer, deux de ces problèmes.
    1. Premier problème : la définition du contact. En télévision, elle est plutôt laxiste ; un contact est égal à une Occasion De Voir (ODV) : être présent dans la pièce où se trouve le téléviseur quand le message est diffusé, déclaration de panéliste, non vérifiable. Quel sera l'équivalent qui ne pénalisera pas le Web ? Que le visionnement du message ait été déclenché, qu'il soit diffusé dans la partie visible de l'écran ? Cette définition du contact, plus stricte, génère moins de GRP mais elle est aussi plus rassurante pour l'annonceur.
    2. Second problème : le capping. 
      1. Sur le Web, le capping est la limitation stricte, via le serveur, du nombre de contacts d'un internaute avec un message publicitaire donné (i.e. répétition), pour une durée de campagne donnée ; ce nombre maximum de contacts est défini par l'annonceur et peut être ajusté, en cours de campagne, sur des critères d'efficacité observée (taux de transformation, par exemple).  
      2. La télévision ne pratique pas le capping ; toutefois, l’optimisation (ex ante), qui tend à resserrer l’histogramme de distribution des contacts autour de la classe de contacts considérée comme efficace (répétition =3, par exemple) s'y apparente. Les contacts TV les plus dispersés sont moins utiles, soit insuffisants (<<3), soit redondants (>>3). La répétition est constatée (ex post). Par construction, le Web "manque" donc tous ces contacts moins "utiles", notamment réalisés au-delà du capping. Le capping réduit la répétition, donc le GRP, ne gardant que la « répétition utile » (« effective frequency »).
      3. Le capping recourt à des cookies. Si l'internaute refuse ou détruit les cookies, s'il utilise plusieurs navigateurs, plusieurs plateformes, il altère le comptage des GRP, convertissant de la répétition en couverture, réduisant la première et augmentant indûment la seconde (Cf. comScore en Australie d’une part et l’audit de Mediamind par le MRC, d’autre part).
    Le GRP que pratique la télévision commerciale est un indicateur reconnu d'audience et d'accumulation de capital de marque (branding). Que peut-il apporter à la vidéo et au rich média distribués sur le Web, qui déjà apportent une évaluation, qu'ignore le GRP, des actions déclenchées par une campagne (lead, transfo, etc.) ? Ou s'agit-il seulement de réaliser une monnaie commune favorisant  la coopération TV / Internet pour la vidéo ? Dans l'hypothèse d'une campagne mixte, l'annonceur peut espérer disposer, en plus d'un bilan global GRP, un bilan en termes d'actions que seul le Web peut proposer.

    Suiveur de regards et "eye tracking"

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    Lenovo présente, avec Tobii Technology, un ordinateur qui se commande du regard, qui obéit à l'oeil. Le public visé serait en priorité celui de personnes handicapées qui ne peuvent utiliser le clavier ou la souris, outils qui obéissent au doigt. Au-delà de ce public premier, c'est sans doute le grand public qui est visé. N'oublions pas que la télécommande et la souris, déjà, ont été mises au point pour résoudre les problèmes d'usage du téléviseur et de l'ordinateur par des publics handicapés.
    Et comme la technologie mise en oeuvre est du type suiveur de regard (seguimiento de la mirada, expressions tout de même plus romantiques que celle de "eye tracking"), des applications ou produits dérivés pour la compréhension des comportements de consommation visuelle (perception) des médias ne sont pas improbables... L'analyse automatique des mouvements oculaires (saccade, vergence, fixation, amorçage sémantique, empan perceptif, etc.) est peut-être la prochaine direction de l'évaluation des comportements de consommation des médias (lecture, etc.), surtout si, comme on le croit, la relation entre gestes visuels et opérations cognitives est forte.
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    Journalisme, Maghreb et Proche Orient

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    De tous les médias, celui qui l'emporte dans la couverture des révoltes populaires, c'est la chaîne arabophone Al-Jazeerah. Elle l'a emporté en notoriété, en réputation. Grâce à ce succès, la chaîne peut négocier sa distribution par les principaux câblo-opérateurs américains, Comcast, Time Warner Cable, Cablevision. Elle  n'était jusqu'à présent reprise que par le petit réseau de Burlington (Vermont) où sa présence était contestée parce qu'anti-américaine et anti-isreaélienne. La chaîne a également lancé deux chaînes sur YouTube, en arabe et en anglais.
    Al-Jazeerah tire profit de sa meilleure connaissance du terrain : ses journalistes parlent arabe, connaissent les cultures politiques des pays concernés. En fait, ce n'est pas tant la présence extra-ordinaire dans les pays en crise - à quoi revoie l'image romantique du correspondant de guerre (Hemingway, etc.), déguisé en soldat, "parachuté", sautant sur l'événement - que la présence ordinaire qui permet de comprendre et d'expliquer.
    Les médias traditionnels occidentaux paient leur complicité avec les gouvernements, leur méconnaissance des terrains, des langues, des cultures, journalisme d'envoyé spécial, journalisme d'événement. Al-Jazeerah rappelle que la star, c'est la population pas le journaliste. Quant aux réseaux sociaux, leur rôle dans l'information ne doit pas être confondu avec leur rôle éventuel dans l'agitation politique. Ils attirent l'attention, animent des groupes comme l'ont fait autrefois les tracts, les affiches, la presse militante. L'information résulte d'une vérification des faits et de leur interprétation. Al-Jazeerah n'échappe pas à cette interrogation en établissant un tableau de bord de l'acitivité sur Twitter.
    Le journalisme doit s'inspirer aussi de l'Ecole des Annales, associer le temps long à l'événement, mais aussi de l'épistémologie sociologique pour interroger les "faits" dont on ne dira jamais assez qu'ils sont "faits" (comment, par qui). Ce qui pose la question du métier de journaliste, de la formation de journaliste et surtout de sa fonction, pédagogique ou démagogique, expliquer ou plaire. Voyez Montaigne : "Et les bons historiens fuient comme une eau dormante ou une mer morte les narrations étales, pour retourner aux séditions, aux gueres où ils savent que nous les appelons" (Essais, III, 12).
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