lundi 28 février 2011

Guide TV toujours



Le programme des émissions de télévision demeure un argument de vente pour la presse quotidienne. D'ailleurs, du people aux programmes, une grande partie de la presse imprimée se nourrit de télévision.
Aujourd'hui en France (quotidien national du groupe Amaury, version dé-régionalisée du Parisien, Diffusion Payée France, 170 000 exemplaires) a lancé son guide télévision qui sera publié chaque samedi, inséré dans le journal. Présenté comme "supplément gratuit", il donne les programmes de la semaine qui commence le dimanche suivant : 4 pages people, 3 pages de jeux, 2 pages de pub (dont 1 pour une chaîne TV).

Observons l'analyse que la rédaction effectue en acte de l'offre "populaire" de télévision, telle que l'objective sa présentation des programmes :
  • Page synoptique des programmes de prime time de la semaine (p. 20) : les 6 chaînes historiques ((TF1, F2, F3, C+, ARTE /F5, M6)
  • Chaque jour :
    • En première ligne, 8 chaînes : les 7 chaînes "historiques" plus TMC
    • En seconde ligne, 7 chaînes TNT : Direct8, Direct Star, W9, NT1, F4, NRJ, Gulli
    • En encadré minuscule, 2 chaînes de type info, iTV, BFM et les chaînes parlementaires
    • En encadré, 14 chaînes câble et satellite...
    • Le reste (dont les chaînes en langues étrangères, LCI et France Ô) est rejeté aux ténèbres extérieures, livré à l'enfer du zapping et au guide de programme électronique.
Tout est dit par ce classement, y compris les audiences. Guide TV pour médiaplanners ?.
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Diplomatie par temps numériques

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Internet transforme la communication. A force d'être obnubilés par les médias traditionnels, qui, en comparaison, ne vont pas si mal, on en oublierait de regarder là où le numérique fait mal, radicalement, définitivement : l'organisation et la gestion politiques, l'éducation, l'administration, entre autres. Par exemple, la diplomatie.

Après les révélations de Wikileaks, les transformations politiques en cours dans le Maghreb et le Moyen-Orient offrent le spectacle navrant, honteux parfois, de l'inefficacité et des errements des activités diplomatiques. Faillite lisible ces jours-ci dans la plupart des médias.

Faut-il encore entretenir des représentations politiques croisées en des centaines de pays, y compris les pays européens ? Faut-il y maintenir les complicités et les connivences que cela implique nécessairement avec des dictatures, pourrissantes ou triomphantes ? Ce système régalien, avec ses protocoles archaïques et son théâtre, est cher, contre-productif et compromettant.
Internet, Web et télécoms autorisent une communication politique directe, complète, continue, multimédia, agile et transparente. Partage de documents, collaboration en ligne, assistance langagière (interprétation et traduction), archivage, classement : dans les entreprises, ceux qui gèrent des activités internationales savent travailler avec ces moyens.

L'influence de la France dans le monde n'est pas celle de ses ambassades : c'est celle de ces laboratoires, de ses entreprises, de ses produits, de ses armées, de ses lois ("des arts, des armes et des lois" !).
Quels outils de travail pour "l'action extérieure de l'Etat" à l'époque d'Internet ? Avec la mondialisation, est-il encore une action politique, économique qui ne soit extérieure, et, à tout le moins, européenne ?
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vendredi 25 février 2011

Le Canard : notre wikileaks hebdo

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On ne lit jamais d'assez près le Canard Enchaîné. C'est l'un des antidotes à l'ingestion chronique de célébrations, au détournement d'attention qui nous assiège. On a beau lire, veiller, mettre en place des alertes, explorer les tweets, s'abonner à des flux RSS... chaque semaine, la lecture du Canard indique ce qui a échappé à notre enquête constante sur l'actualité des médias. Le Canard, c'est le contrepoint de l'info, c'est ce qui manque à l'info pour être de l'info. C'est l'indication de la censure du champ médiatique par lui-même.
Cette semaine, par exemple, et je n'épingle que quelques cas, et m'en tiens à ce qui est explicitement média :
  • sur le Wimax (p. 4)
  • une collecte de fonds patronaux pour la création de "grands médias catholiques", dont une plateforme Internet p. 4
  • le retrait d'une affiche écolo du métro (p. 5)
  • la recension d'une biographie de journaliste collabo (Jean Fontenoy) p. 8.
  • la recension d'un docu consacré à Justin Bieber ("Never Say Never") p. 6
  • Facebook et "fesses boutées" p. 8
Et la rubrique hebdomadaire "Canard +", p. 7.

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samedi 19 février 2011

Plus belle la vie (PBLV), média total

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Magazine lancé en janvier comme hors-série du guide de programmes TV Télé-Loisirs (Prisma / Bertelsmann). Prix facial : 4 €, pour 116 pages. La mise en place du premier numéro, déclarée par l'éditeur, est de 200 000 exemplaires. Distribution par Presstalis, placé en pile dans le linéaire "Télévision", à côté de Télé-Loisirs. Peu de promotion, juste un peu de PLV ; vendu comme "collector".

Le magazine est consacré à l'émission diffusée du lundi au vendredi sur FR3 où elle réunit en plein prime time (20H10), en face des journaux de Farnce 2 et TF1, plus de cinq millions de téléspectateurs qui regardent vivre les habitants du Mistral, quartier imaginaire de Marseille (où l'émission est tournée), avec sa prison, son commissariat, son bistro, son parc... L'émission co-produite par Telfrance et Rendez-vous Production, a été lancée en été 2004. Elle est diffusée aussi sur France 4 en access (17h05), en Belgique (ladeux), en Suisse (TSR 1) et en Tunisie (Nessma TV) ; l'émission est également accessible en VOD et en DVD. Au total, déjà plus de 1 800 épisodes.
L'émission est servie par de nombreux produits dérivés :
  • des livres (les romans du feuilleton, une BD, un livre de cuisine, un livre documentaire), 
  • un jeu de société, des jeux vidéo, des CD, une appli de jeux pour iPhone (0,79€) 
  • un mensuel (avec DVD) qui a cessé sa diffusion en décembre 2010 et que remplace ce nouveau magazine, 
  • un site officiel avec une boutique en ligne, et aussi un site "non officiel" de fans, un site pour les fans belges, une présence sur Facebook, sur Twitter, etc
  • des T-Shirts, des mugs, des casquettes, etc. et même un scooter aux couleurs de l'émission, MIO (Sym) ! 
Ce magazine est un exemple presque idéal-typique d'un média de médias. Le cinéma, la télévision sont grandes pourvoyeuses de contenus pour la presse, qui la reflète et dont elle profite, non sans hyprocrisie : sans télévision, pas de people ! Avec ce feuilleton, sorte de sitcom / soap opera (du genre "All in the Family"), les téléspectateurs regardent vivre des familles dans leur quotidien. On n'est jamais loin du roman-photo. Avec son audience régulière, ce format se prète bien à un prolongement magazine. Comme le site, le magazine fait voir le hors-champ sans trop céder à la tentation de la distanciation. Making-of, "stars des coulisses", etc.
La mise en page du magazine emprunte aux habitudes des réseaux sociaux (cf. "le mur Facebook du Mistral" où l'on s'exprime en termes de SMS). Un peu de déco, des pages cuisine, musique / cinéma, des tests prospectifs, mots flêchés et sudoku, horoscope. Rien ne manque, sauf la publicité. Ce premier numéro n'en comporte, et s'en tient à des promotions des titres du groupe Prisma.

Cet ensemble médiatique invite à reconsidérer les classifications des médias. Au centre, il y a une émission qui imite la vie, quotidienne, et attire des millions de téléspectateurs. Autour de ce média, circulent des médias ancillaires, multiplicateurs d'images et instigateurs d'usages, prolongeant et amplifiant l'émission par tous les sens (lecture, vidéo, musique, objets) et enfin, s'entretissant, les outils numériques redoublent l'ensemble, invitent à l'action (fans, personnalisation, achats). "Plus belle la vie" peut être qualifié de média total, pluridimensionel, en détournant, mais pas tant que cela, la notion de "fait social total" (Marcel Mauss : fait "où s'expriment à la fois et d'un coup toutes les institutions"). On gagnerait à l'appréhender dans sa totalité, tant au plan de la production que de la consommation et de ses usages publicitaires (médiaplanning, mesure d'efficacité).
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vendredi 18 février 2011

La radio se mesure au téléphone

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La mesure de la radio peut s'affranchir des enquêtes déclaratives en recourant au téléphone portable (3G).
C'est ce que teste Ipsos MediaCT avec le MediaCell à Londres, aux Etats-Unis et en Italie. MediaCell recourt à la technique des "false echoes" insérés dans le signal radio (techniquede type watermarking : signal non audible).
Aux Etats-Unis, Arbitron recourt au Portable People Meter (PPM), appareil qui reconnaît un élément de code inséré par la station dans le signal et enregistre les consommations des panélistes acceptant de garder sur eux ou proche d'eux cet appareil, dans tous les instants de leur vie. Que ce PPM puisse être avantageusement remplacé par un téléphone portable semble évident et les tests effectués par Arbitron sont positifs ; pourtant, plusieurs objections techniques sont évoquées :
  • La fiabilité inégale des micros des smartphones : leurs micros doivent être assez sensibles pour reconnaître sans erreur le signal radio capté là où se trouve le panéliste et l'affecter à la bonne station, 
  • L'espérance de vie  trop brève de la batterie.
Ces améliorations techniques, importantes assurément, étant mises en oeuvre, trois questions resteront entières qu'il importe d'autant plus de noter que ces deux méthodes s'étendent à la mesure de l'audience TV (profitant des économies d'échelle abaissant les coûts unitaires : un seul panel pour deux médias).
  • La pénétration encore insuffisante des smartphones. 
  • Le problème du recrutement des panels. Les difficultés rencontrées aux Etats-Unis par Arbitron pour faire accréditer le PPM par le MRC tiennent aux difficultés de recrutement des panels.
  • La définition nouvelle de l'audience qu'induit ce type mesure est plus large que celle des enquêtes déclaratives. L'audience mesurée au terme d'une enquête téléphonique ou par carnet d'écoute, sut une définition essentiellement consciente, choisie de l'écoute. En revanche, l'audience mesurée par le PPM et par toute enquête passive, résulte d'une définition de facto plus large, incluant l'audience non consciente, non choisie (radio entendue dans un taxi, dans un bistrot, etc.).
  • fin, il restera encore à prendre en compte l'audience de la radio avec les téléphones portables (dont applis), et avec les ordinateurs.

mardi 15 février 2011

Supply-side journalism


Tackable crowdsources parts of its reporting, asking readers to provide photos via cell phones. Photo assignments for 34 newspapers from the San-Francisco Bay Area. People can see these assignments on a map (see the explanation in this YouTube clip) published by an app from Tackable.

The platform hopes to attract amateur photographers who look to share in an event, with perhaps a slight incentive. The photos are rights-free and can be used by the newspapers.
Sounds a lot like Foursquare, except it is the newspapers which take the initiative (demand-side).

A new economic model for the press: lots of free labor, geographically distributed and very involved.


lundi 14 février 2011

Mesure des audiences et cookies

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Le serveur de publicité (adserver) de Mediamind (ex. Eyeblaster) vient d'être accrédité par le MRC (Media Rating Council, équivalent américain du CESP) pour son estimation du nombre de visiteurs uniques (couverture) et sa fréquence moyenne (répétition moyenne). Cet audit s'étend aux messages publicitaires rich media et vidéo (cf. communiqué de presse).
Les données "données" par Mediamind, et auditées, prennent en compte les effets du rejet ou de la suppression éventuels de cookies par les internautes, les effets des dates d'expiration, des différents types de cookies, de la multiplication des navigateurs sur un même ordinateur, etc. Redressements, modélisation, ajustement ? A voir, de près.
Cette accréditation constitue un événement pour la mesure de la fréquentation du Web, elle renforce la pertinence des mesures sur sites (site centric) en apportant des réponses aux objections courantes. Elle est d'autant plus importante que divers modes de suppression des cookies sont désormais proposés par les navigateurs et par les sites mêmes, sans que l'on sache ce que font les internautes (cf. les débats autour du "Do not track", de la FTC).
On ne peut s'en tenir sans examen aux évaluation non accréditées de comScore (par exemple) qui affirme que, du fait de la suppression des cookies, les mesures site centric inflatent les audiences (de 2 à 3 fois, selon une étude comScore menée en Australie). Selon cette étude, la couverture serait surestimée 5 à 6 fois par les serveurs de publicité du fait du recours aux cookies ; la répétition serait sous-estimée dans un même rapport. Les taux de transformations seraient également sous-estimés.

Cette "première" américaine MRC / Mediamind invite l'inter-profession à poursuivre et approfondir le travail entrepris. Deux types d'initiatives pourraient rendre service aux annonceurs, aux agences média :
  • Un examen scientifique et technique des méthodologies mises en oeuvre respectivement par Mediamind et par l'audit présidant à l'accréditation du MRC. On ne peut se fier a priori à un "algorithme mathématique sophistiqué" sans vérifier ses effets à partir de montages et de simulations en labo.
  • Des travaux statuant sur le taux d'effacement ou d'évitement des cookies (selon le type de cookies, etc.) permettant de proposer une mesure opérationnelle et continue des audiences des sites, concurrente de celle des panels qui pèchent par d'autres biais (cf. le web sans mesure hors domicile). 
  • La confrontation des mesures et le libre examen des méthodologies (transparence) ne peuvent être que salutaires au développement et à la rationalisation du marché publicitaire. La possibilité de recourir à deux méthodologies de cadrage publicitaire peut abattre des barrières à l'entrée dans le marché des plus petits acteurs du Web et améliorer l'efficience du marché publicitaire.

dimanche 13 février 2011

Borders empêtré dans la transition numérique

b.
Borders est, avec Barnes and Noble, l'une des grandes chaînes de librairies américaines ;  incapable de refinancer sa dette, elle est en dépôt de bilan (Chapter 11). Résultat d'une accumulation d'incompétences des directions et de mauvais choix (exportation, gestion financière, immobilière, etc.) ; en période de transition, ces incompétences ne pardonnent pas.
Constituée dans les années 1970 à partir de Ann Arbor (Michigan), Borders a compté plus de 1 200 librairies ; aujourd'hui, elle en compte 509 grandes et 169 petites (dans les aéroports, etc.) passant de 35 000 à moins de 20 000 employés, et sans doute moins à l'avenir (on parle de la suppression de un tiers des magasins et de 6 000 emplois).
Storytime et Wi-fi dans une librairie Borders (Waterford, Connecticut)
Cet effondrement constitue un cas édifiant de passage mal piloté d'une économie matérielle à une économie partiellement numérique.
Entre autres erreurs de Borders, la plus incroyable aujourd'hui, est d'avoir confié ses activités numériques à Amazon en avril 2001, pour ne les reprendre qu'en 2008. Pendant ce temps, la concurrence développait des lecteurs électroniques (e-reader) : Amazon, le Kindle (2007) et Barnes and Noble, le Nook (2009). Depuis Borders a passé un accord avec Kobo pour la distribution d'un e-reader et de e-books. Le retard de Borders suite à cette malheureuse décision ne se rattrapera pas aisément.


Mise à jour octobre 2011
Après le dépôt de bilan de Borders, ses activités numériques ont été rachetées par Barnes and Noble pour 13,9 millions de dollars : le site Web, les activités Twitter et Facebook, et le fichier clients.


Bien sûr, on évoque les effets des transformations technologiques, comme pour le marché de la musique et de la vidéo. Mais ces effets sont sur-déterminés par d'autres aspects propres à la librairie :
  • Le déclin des outils traditionnels de la culture scolaire (dictionnaires, encyclopédies) ;
  • Le prix de livres dont on ne comprend pas qu'ils ne soient pas publiés immédiatement en livres de poche (paperback) pour attirer le très grand public ;
  • Des partenaires (édition) et des prescripteurs (enseignants, presse) souvent conservateurs freinent l'évolution numérique ;
  • Un urbanisme commercial mal adapté. La plupart des petites librairies se contentent d'offrir des best-sellers au grand public et se diversifient dans les gadgets. Les acheteurs plus exigeants demandent une offre plus large (les grandes surfaces de type Borders et Barnes and Noble ont 100 à 170 000 titres en stock). Ne trouvant pas ce qu'ils cherchent, les clients se tournent vers la vente par correspondance, Amazon (plus de 2,5 millions de titres), Barnes and Noble (plus d'un million de titres) mais aussi vers de nombreuses petites librairies spécialisées).
Aux Etats-Unis, ces grandes librairies font tout ce qui est possible pour attirer et retenir la clientèle, et notamment la clientèle familiale ; elles offrent des coins confortables pour lire (certains clients les utilisent comme des bibliothèques), des connections Wi-Fi, des sections adaptées aux jeunes enfants et aux parents, des animations (conférences d'auteurs, lectures pour enfants), de vastes linéaires presse, des sections musique (CD) et vidéo (DVD), de la papeterie (calendriers, posters, cartes de voeux, etc.), un rayon scolaire (required readings) et des toilettes propres avec un endroit pour changer les bébés. Le système de commandes est efficace (on peut commander pour voir, sans obligation, recevoir les livres achetés dans la librairie ou à domicile). On y trouve un coin café avec boissons, sandwichs, pâtisseries (accord Starbucks / Borders). Tout traduit la volonté de reconstituer des lieux de vie accueillants (cosy), une ambiance propice à la lecture, à la rencontre, à la flânerie dans les rayons, favorable à l'achat. Il y a un public pour cela.
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samedi 12 février 2011

Le Web sans mesure hors domicile

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Certaines enquêtes de mesure des audiences du Web appliquent à ce média les principes et les habitudes prises depuis des décennies avec le télévision : enregistrer les comportements de fréquentation des sites Web par des panels d'Internaute depuis les ordinateurs de leur domicile.
Connection au Web dans les entreprises
Apprécier selon la même méthode l'audience hors domicile (entreprises, établissements scolaires et universitaires) est une autre histoire. Comment panéliser des internautes sur leur lieu de travail ? Tout travaille contre : les DSI des entreprises, garantes de la sécurité des réseaux de l'entreprise refusent les installations de logiciels ou de barres d'outils remontant des informations sur l'activité dans l'entreprise. De leur côté, employés, enseignants et étudiants sont réticents, par principe, à laisser observer leur consommation.
Quant à disposer des comportements de fréquentation d'Internet pour une même personne au domicile et dans son entreprise (privée ou publique) ou à l'université, et les conjuguer, c'est mission bien difficile. Et en plus de tout cela, il faut satisfaire aux contraintes de représentativité énoncées par les études de cadrage (types et tailles d'entreprises, secteurs d'activité, fonction occupée dans l'entreprise, ancienneté, etc., et variables socio-démographiques habituelles).

L'utilisation du Web et d'Internet hors domicile ne cesse de progresser, et il est probable qu'elle est déjà supérieure à la consommation au domicile. L'"Enquête sur les technologies de l'information et de la communication et le commerce électronique" menée en France par l'INSEE permet d'approcher l'ampleur de la consommation du Web dans l'entreprise (Insee Résultats N°52 Economie - février 2011). Il apparaît que plus de la moitié des personnes dans les entreprises de plus de 10 salariés utilisent régulièrement un ordinateur connecté à Internet (France métropolitaine, en 2009). Dans plus de 90% des cas, il s'agit d'une connection haut débit. A une enquête en ligne d'OpinionWay (CAWI, 1 154 salariés du privé et du public) pour les Editions Tissot, 45% des salariés et en particulier 78% des cadres déclarent consulter Internet à titre privé pendant les heures de travail.
Dans ces conditions, qui ne feront que s'amplifier, on ne voit pas comment un panel pourrait rendre compte des fréquentations d'Internet et du web au travail, a fortiori distinguer les usages privés des usages professionnels. Or il est vraisemblable que cette fréquentation sur le lieu de travail représente pour la plupart des personnes actives la majeure partie de leur fréquentation du Web. Quant à l'université, la fréquentation d'Internet par les étudiants est proche de 100%. Et, bien sûr, pour ne rien simplifier, Web mobile et immobile se mélangent constamment, tant pour les populations de cadres que d'étudiants.

Un tel déficit de connaissance sous-estime assurément l'importance du Web ; et il est certain qu'il affecte, à la baisse, son utilisation publicitaire.
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mercredi 9 février 2011

Super Bowl: Greeen Bay, Wisconsin

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Les Packers ont gagné le Superbowl. Green Bay, DMA 70. Ce pays de forêts, de neige et de lacs n'est guère connu, hors du Midwest, que par son équipe de football, crée en 1919, du temps des "small town teams". Elle a gagné les deux premiers Super Bowl (1967, 1968). Cette quatrième victoire représente une formidable promotion pour cette région agricole vouée au tourisme (pêche, chasse, sports de neige, randonnée) et à l'industrie du bois. Marquette, Eau-Claire, Marinette, Fond-du-Lac, beaucoup de noms rappellent la présence de commerçants français dès le 17ème siècle. Si la région est connue pour les cranberries et le sirop d'érable, ingrédients essentiels de la gastronomie américaine, sur les plaques d'immatriculation du Wisconsin, on vante l'America's Dairy Land ; d'ailleurs, l'emblème des Packers est un "cheesehead hat".

Blouson des Packers
Ce 45ème Super Bowl diffusé par le network Fox améliore le record de l'audience : 111 millions de téléspectateurs en moyenne (source : Nielsen), 163 millions de personnes ayant regardé un moment quelconque du match (audience cumulée TV). C'est une victoire de la télévision grand public alors que l'on ne parle que VOD, Internet, smartphones et délinéarisation. C'est une victoire de l'événement télévisuel, puisque presque un foyer sur deux a regardé le match à la télévision (46% mais ce taux était de 49% en 1996). Moindre pénétration mesurée, mais sans doute le match a-t-il été regardé sur des supports non pris en compte dans le panel audimétrique (Web, différé, bars, etc.).

Cette édition confirme qu'il n'y a pas de concurrence Web / TV mais des complémentarités plus ou moins complexes, plus ou moins maîtrisées, des synergies concernant aussi bien les programmes que la publicité. On a beau le savoir depuis des années, cet événement le rappelle avec éclat. L'important est justement la construction artificielle d'un événement sportif et publicitaire et son amplification par tous les médias. La télévision est au coeur du dispositif pluri-média, elle est la résultante de toutes les forces en jeu. Internet et les réseaux sociaux ont sans doute contribué largement à cette audience télévisuelle, mais on ne sait pas mesurer cet effet, de même que l'on ne sait à quels facteurs attribuer ce record d'audience. Cf. l'activité record sur Twitter aussi : plus de 4 000 tweets par seconde (TPS) en fin de match.
Des annonceurs ont diffusé leurs messages sur Facebook, Twitter et YouTube, sur leur blog aussi : Pepsi, Volkswagen, Doritos... Le message Volkswagen aurait été vu, selon l'annonceur, 14 millions de fois avant le match... Doritos aurait été la marque aurait été la plus discutée sur Twitter, sans que l'on puisse raisonnablement décider du signe de cette notoriété. De son côté, Foursquare déclare plus de 200 000 check-ins à l'occasion de réunions pour regarder le Super Bowl.
Aux côtés des traditionnels Nielsen, la mesure de l'audience des messages publicitaires voit rivaliser TiVo (analyse des comportements observés grâce à l'enregistreur numérique), Hulu (vote des téléspectateurs sur le site de VOD gratuite) et AdMeter du quotidien national USA Today (vote également). Rentrak qui recourt à un panel de 17 millions de foyers (set top boxes) souligne la qualité de l'attention portée aux messages publicitaires (Ad Retention Index). Le Super Bowl est aussi un festival de la mesure de l'audience de la publicité.
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lundi 7 février 2011

L'expansion du lexique. Les mots du Web

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Au début de février 2011, l'anglais comptait 1 008 879 mots selon le Global Language Monitor (GLM) et 1 022 000 selon la Harvard Google/Study qui a compté les mots présents dans 15 millions de livres et révèle que cet univers lexical est en expansion au rythme de 160 mots par semaine. Ces comptages, pour discutables qu'ils soient, dans leur principe et dans leur marketing, sont sans doute réalistes. Déjà, remarque un lexicologue, il existe au moins un million d'insectes et chacun a son nom...
En comparaison de ces comptages sur le Web, The Oxford English Dictionary (OED, 1989, papier) ne propose que 301 100 entrées dans son édition de 2005. Ce nombre double (616 500) lorsque l'on prend en compte les mots dérivés, les composés, etc. L'édition en ligne (ODO), libérée des contraintes matérielles (encombrement), croît à  raison de 2 500 mots par trimestre (révisions comprises) et elle s'en tient à la synchronie, l'OED couvrant les aspects diachroniques (évolution des mots). Sur ce dernier point voir OED vs ODO.
Le GLM a une politique encore plus ouverte que l'OED, acceptant largement tous les mots, y compris ceux issus du tissage de mots anglais avec des mots d'autres langues (chinois, espagnol, hindi, etc.), les termes inventés par le cinéma (hollywords), etc. 
  • Les frontières du corpus qui donne naissance à un dictionnaire sont floues. Qu'est ce qu'un mot qui n'est compris que par quelques uns ? Quand un mot inusité cesse t-il d'être pris en compte ? Quelle fréquence d'usage, quelle extension géographique ? Que faire des mots de spécialistes (sciences, techniques), des régionalismes, des sociolectes et géolectes ? La délimitation est arbitraire ; il n'est pas commode d'établir le périmètre des mots d'une langue.
  • Dans la plupart des cas, on recense les mots écrits, les corpus étant puisés dans des livres, des journaux. Mais les mots que l'on dit, que l'on entend, comment les recenser ? Rares sont les bases de mots issues de l'oralité ; le Français fondamental de Georges Gougenheim élaboré dans les années 1950, à fin didactique, en ce domaine, fut révolutionnaire. 
  • Il ne peut exister d'échantillon représentatif des mots d'une langue car il ne peut exister de base de sondage d'où l'on pourrait tirer des mots de manière aléatoire.
Le Grand Robert compte 100 000 mots (et 800 000 formes fléchies, soit en moyenne 8 formes fléchies par mot). On on estime que le vocabulaire français passe à 700 000 termes et au-delà lorsque l'on incorpore le français technique et diverses créations lexicales récentes. Ainsi, d'un dictionnaire traditionnel à l'enregistrement de toutes les pratiques présentes par écrit sur le Web, le nombre de mots varie de 1 à 10. 
Et de touts ces mots, on dit que les Français n'utilisent en moyenne que 3 000 à 30 000, selon leur capital culturel et scolaire.
  • Le lexique d'Internet est 250 fois plus riche que le vocabulaire courant (25 fois plus riche que celui du public dit cultivé). Donc la fréquence des mots est fondamentale, donc leur lemmatisation aussi. Plus la fréquence d'un mot est basse (son rang élevé), plus il est probable qu'il est discriminant (cf. les travaux de Zipf, revus par Benoît Mandelbrot, à partir des résultats de Claude E. Shannon). 
  • Sans lemmatisation, l'orthographe brouille tous les calculs ; la maîtrise de l'orthographe varie selon l'âge et selon le capital culturel, cf. l'échelle Dubois-Buyse). Certaines "fautes" d'orthographe ont une source et une valeur socio-linguistiques (elles ciblent), d'autres sont des fautes de frappe (mais on dit que ces fautes - typo- rapporteraient gros sous la forme de typosquatting !).
Références 
Claude E. Shannon, Warren Waever, The Mathematical Theory of Communication, 1949
François Ters, Georges Mayer, Daniel Reichenbach, L'échelle Dubois-Buyse, 1988
Pierre Bourdieu et al., Rapport pédagogique et communication, 1968
Léon Brillouin, La science et la théorie de l'information, 1959 (Editions Jacques Gabay, 1988)
Benoit Mandelbrot,"Information Theory and Psycholinguistics", in Language by R.C. Oldfield and J.C. Marshall, 1968 pp. 263-275.
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dimanche 30 janvier 2011

Kids chef, magazine pour enfants et parents

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"Tout le monde peut cuisiner même toi" déclare d'emblée ce magazine bimestriel s'adressant aux 8-10 ans : Kids Chef , 5,9 €, publié en janvier 2011. En juin 2010 avait été lancée La Gazette des petits gourmands ("le seul magazine pour enfants que les parents lisent en cachette").
La cuisine est à l'honneur dans la presse : 81 titres (27 nouveaux et 54 hors-série, au moins) en 2010. La presse magazine accommode la cuisine à toutes les sauces et la traite selon tous les angles possibles :
  • selon les ingrédients (riz, épices, tomates, pomme de terre, citrouille, thé, ail, vinaigre, chocolat, vins, champignons, gibier, poisson, fromage, etc.), 
  • selon les régions et les terroirs, les voyages et le tourisme
  • selon les occasions : le marché, le calendrier, les saisons, la santé, les fêtes, le jardin et même l'histoire !
  • tous les plats y passent (crêpes, soupes, desserts, charcuterie, tartes, pâtes, macarons, terrines, etc.) déclinés en recettes pour tous les budgets, sans oublier la décoration de la table.
Un magazine pour enfants est une bonne idée : les enfants aiment cuisiner et la cuisine constitue une discipline d'éveil complête : lire, mesurer, calculer et une école d'adresse (casser les oeufs, remuer, battre, couper, éplucher, verser, râper...).  C'est aussi une heureuse occasion de coopération adulte / enfant.

Certains choix de ce numéro sont discutables : certaines recettes sont improbables pour des enfants (rougets, soupe au pistou), voire imprudentes (beignets d'oignon), certains ingrédients déplacés (Calvados, p. 16). Certains textes sont incompréhensibles pour des enfants (ex : sur Thierry Marx, p. 22). En revanche, les scénarii sont bien dessinés, bien photographiés (tarte Tatin).
Il serait plus motivant pour de jeunes lecteurs de voir dans le magazine des enfants à l'oeuvre, ceci constituerait aussi un bon test des recettes, riche en suggestions pratiques. On peut aussi attendre des contributions de lecteurs, cuisiniers et reporters : assurément, la cuisine pour et par les enfants a un bel avenir.
N.B. Nulle part, me semble-t-il, on n'évoque la vaisselle et le nettoyage du plan de travail. Erreur ! 
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Publicité par accident

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Parfois, l'internaute mobile clique par accident. Pontiflex a réalisé une enquête en ligne auprès de 4000 internautes en décembre 2010. Selon cette enquête, conduite par Harris Interactive, 47% des utilisateurs déclarent avoir cliqué sur une bannière publicitaire plutôt par maladresse que volontairement. Sans doute, est-ce la conséquence de la faible dimension de l'écran, donc une question d'adéquation du format et de la création à l'écran (on parle, pour y remédier de mini-applis au milieu de l'appli, la taille des écrans tend à s'accroître, etc.).

Contact par erreur : que vaut un tel contact ? Question redoutable, car elle ne vaut pas que pour la publicité sur mobile ! Cette "maladresse" peut également avoir lieu sur de plus grands écrans. Combien de zapping erratiques pris en compte malgré tout dans l'audience cumulée des chaînes de télévision ?
Que dire des passants qui voient des panneaux publicitaires regardés involontairement, de ceux qui, "captifs", voient ou entendent un message publicitaire qu'il n'ont pas regardé ou écouté. Quid du lecteur qui lit la page de gauche et dont le regard déborde sur la page de droite où il entrevoit la publicité? Tout cela est compris dans l'audience. Engagement zéro ? La publicité ne vise-t-elle pas à surprendre ?
Tous les contacts sont-ils égaux ? Comment les distinguer, par la durée du contact ? Mais le temps ne fait rien à l'affaire : un contact très bref peut être très engagé.
Ce débat, qui est celui de l'intentionalité vaut pour tout média, tout message. Pontiflex est une société new-yorkaise qui facture les annonceurs au "lead" (CPL) ; elle a tout intérêt à valoriser cette distinction, pour elle c'est l'intention qui compte : le lead est une étape entre le simple contact, volontaire ou pas, et la transformation (demande, achat), il manifeste indubitablement l'intention. Compter les leads est une solution pour exclure les contacts "par erreur", à condition que le déclenchement du lead soit au principe de la création, qu'il soit clairement et rigoureusement défini dans le brief de l'annonceur ou de son agence.
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samedi 29 janvier 2011

Egypte : Web 0.0, la fin de l'illusion Internet

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On a éteint Internet en Egypte. En quelques coups de téléphone, en quelques lignes de programme... Finis Facebook, Twitter, les emails, Skype, YouTube...
Pourtant ne l'a-t-on pas clamée, l'invulérabilité d'Internet aux décisions centrales ! Ah ! La supériorité du réseaux distribué sur le réseau centralisé... "the computer is the netwok" (Sun) et autres fadaises ! Le réseau a un interrrupteur, et l'Egypte en a fait la démonstration, avec la collaboration empressée de firmes occidentales. Merci Vodafone (qui détient 44% de SFR). L'Egypte que, quelques jours plus tôt, on célébrait comme un carrefour technologique de l'Internet...
Voilà qui rassurera les "pouvoirs", les petits et les plus grands, tout ce qui craint la transparence, redoute la communication, l'association, la multitude. Et l'on se souvient tout à coup que la radio, par exemple, est moins vulnérable (cf. la radio de Londres échappant aux nazis et à leurs "collaborateurs"), que le média papier manuscrit ne s'éteint pas facilement (cf. les samizdat, copiés et recopiés, auto-publications souterraines de la Russie soviétique)... Il faudra revoir notre évaluation des médias, revoir à la baisse les prétentions anarchistes d'Internet : Internet, comme tous les médias, est aux mains des "pouvoirs". Il n'y a pas d'anti-pouvoir ; un Etat peut emprisonner son peuple derrière un mur virtuel de la honte ("Schande-Mauer"), nos démocraties fournissent les outils, comme autrefois elles ont fourni les barbelés. Reste Wikileaks, pour bercer nos indispensables illusions.
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mardi 25 janvier 2011

Le smartphone, média complet, et les médias immobiles

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Le smartphone est manifestement le premier média complet. Il oblige à désormais concevoir les médias traditionnels, au regard de ce média "parfait", comme des médias auxquels il manque une perfection, et souvent plusieurs.
  • Ils sont im-mobiles
  • Ils sont sans interactivité, "communiquant" - si l'on peut abuser du mot - à sens unique
  • Ils sont "de masse", sans personnalisation (mass-médias)
  • Ils sont mal associés à l'environnement, à la proximité, manquant l'hyperlocal
  • Ils sont in-actifs, sans outillage : pas de photo, pas de messagerie, de jeux, de cartes, de plans, d'agenda, de musique, etc.
  • Ils sont a-mnésiques, sans mémoire, sans trace des actions passées
  • Ils sont sans participation (faible engagement) ; même personnels, ils sont sans personnalité ni intimité 
La mobilité, la radio la revendique, qui poursuit ses auditeurs dans la voiture. Le journal et le magazine s'emportent dans nos transhumances. Même la télévision s'essaie aux transports. L'interactivité, quelques médias s'y essaient, forçant en vain leur talent.
Le Web, sur ordinateur, apporte à la plupart des médias leurs premières touches d'interactivité, pas seulement celle, artificielle, des automates et des algorithmes, mais surtout celle, humaine (souvent), du courrier et des réseaux sociaux.  Aux annonceurs, le Web apporte des capacités publicitaires multimédia, à la fois celles imitées de l'affichage, de la radio, de la télévision, du point de vente ; il apporte surtout l'historique des actions publicitaires ou commerciales permettant un ciblage comportemental. Rich media, faisant éclater la pauvreté des autres, il ne lui manque que la mobilté, que la portabilité.

Le passage du grand public au média mobile commence à se voir. Selon comScore, aux Etats-Unis, le courrier décline sur les ordinateurs (-6%) tandsi que son usage augmente sur les téléphones (+36%). Les applications de téléphonie se comptent par milliers. En France, plus de 11 milions d'abonnés sont équipés de smartphones (plus de 20%, extrapolé d'après comScore).

Dans cette perspective historique mais surtout logique, le smartphone apparaît comme le média complet, absolu. Cela, étant admis, pourrait conduire à remettre en question bien des aspects de l'économie courante des médias, par exemple :
  • S'il doit être un service public des médias (en échange de l'exploitation d'un bien public) voire même un secteur public des médias, ce n'est sans doute plus à la presse, à la télévision ou à la radio qu'il faut le confier, médias limités, particuliers, mais à la téléphonie intelligente, universelle et multiple, élargie au smartphone. L'impôt (redevance, aides diverses), s'il subsiste, pourrait financer des applications de service public (santé, éducation, transport, information, etc.).
  • L'action publicitaire doit être remise sur ses pieds : elle pourrait partir du téléphone intelligent, média global, pour être complétée, approfondie, par les investissements dans d'autres médias sur telle ou telle dimension appropriée. C'est déjà ce sur quoi Foursquare, Groupon, Google Places, Facebook Deals, entre autres, attirent notre attention.

dimanche 23 janvier 2011

Vidéo en Europe

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Pour faire suite au post sur la video aux Etats-Unis, revenons à l'achat de LoveFilm - sous réserve d'autorisation - par Amazon. L'histoire n'est pas nouvelle : Amazon détenait 42% du capital depuis 2008 et LoveFilm avait acquis le service de location de DVD d'Amazon ... Cet achat valoriserait LoveFilm à près de 320 millions de $.
LoveFilm, lancé en 2002 fonctionne selon un modèle mixte, identique à celui de Netflix : location de DVD par courrier + streaming (on a parlé de "Netflix of Europe"). Streaming sur PC et PS3 avec le LoveFilm Player). Certains programmes sont gratuits et comportent des messages publicitaires. LoveFilm compte plus de 1,4 million d'abonnés répartis dans le Nord de l'Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Allemagne). Pour l'instant, comme aux Etats-Unis, la location de DVD l'emporte sur la VOD en ligne. Mais sans doute le DVD (films, jeux vidéo) distribué par courrier n'est-il, à moyen terme, qu'une propédeutique à la VOD par streaming, une solution de transition, une rampe de lancement. Pour l'instant l'offre de programmes est 30 fois plus importante que celle du streaming (au total, 70 000 programmes selon LoveFilm). Le streaming représenterait le cinquième des locations de LoveFilm.
Enfin, notons que LoveFilm est repris par la distribution (Tesco, CDwow, Odeon, etc.), parfois en marque blanche.
Comment comprendre cet achat ?
  • Hypothèse la plus courante, la stratégie défensive : freiner le développement éventuel de Netflix en Europe. Netflix n'est présent qu'en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada). Au Canada, Netflix ne propose pas la location de DVD.
  • Hypothèse plus structurelle, celle d'une offensive qui se prépare. LoveFilm constitue une base pour développer les services de VOD d'Amazon en Europe (DVD + streaming). Car passer du VOD au streaming, c'est changer de marché, venir sur des territoires où déjà interviennent de grands opérateurs de télévision (Sky Digital, Virgin, BBC, etc.). Amazon dispose d'atouts : son image de marque, sa réputation numérique (Kindle), son portefeuille de clients issu du marché du livre, sa capacité de cloud computing... 
Par ailleurs, en France, dans un coup qui évoque celui de Google avec YouTube (5 ans après), Orange rachète une partie de Dailymotion. On attendait TF1, ce fut Orange... La valorisation de Dailymotion serait de 150 millions d'Euros. Dailymotion a passé un accord pour la diffusion de la Coupe de la ligue (football) pendant trois ans. Tiens ! On dirait de la télé !

Ces deux coups, des ouvertures assurément, ne se jouent-ils pas dans la même partie ? Attendons, les joueurs ne sont pas encore "sortis de la théorie"...
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mercredi 19 janvier 2011

Le B2B se mesure en ligne

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BPA Worldwide  a passé un accord avec BBN, un réseau publicitaire (adnetwork) B2B réunissant environ 800 sites (70 groupes éditeurs), pour la mise au point d'un standard de mesure des audiences B2B en ligne.

  • Le BPA, comme l'OJD ou l'ABC, audite la diffusion des médias (papiers, numériques) et contribue à définir une certaine légitimité dans la mesure, notamment pour les médias B2B (2 600 supports).
  • BBN revendique une audience de 50 millions d'acheteurs et de décideurs en entreprises. Le réseau BBN a été lancé aux Etats-Unis en 2008 puis en Grande-Bretagne (octobre 2010) par des éditeurs ; il s'appuie sur 24/7 Real Media (acheté par le groupe publicitaire WPP en 2008).

Au terme de cet accord, acheteurs et vendeurs d'espace publicitaire disposeront d'un ensemble de données d'analyse des sites ("analytics"). La mesure établira également des profiles transversaux à l'ensemble des réseaux (marchés verticaux). BPA exploitera des données de Nielsen et de Bizo, qui met en place un ciblage B2B. Bizo est connu pour ses bizographics qui profilent un internaute selon son métier, son secteur d'activité, la taille de son entreprise, sa formation initiale, son expérience (seniority) dans le métier, etc. L'audience d'un site peut-être décrite et ciblée selon ces dimensions.

La profession publicitaire se retrouvera avec une mesure de plus, avec une méthodologie à part, différente de celle mobilisée par la mesure des autres sites et réseaux. Ceci complexifie, en régie et agences, le travail des vendeurs et acheteurs. La spécificité méthodologique du ciblage B2B était indéniable tant que l'on travaillait avec des supports analogiques ; elle s'estompe dès lors qu'il s'agit de supports numériques.

Le B2B est tellement diversifié (spécialisation) et changeant (évolutions techniques, terminologiques) que toute segmentation empirique est toujours déjà insuffisante. Les taxonomies des produits, jamais asseez fines, ne peuvent être qu'en retard sur les pratiques professionnelles et doivent être sans cesse, et vainement, remises à jour.
La solution ne se trouve certainement pas dans ces segmentations et taxonomies mais plutôt dans l'exploitation de la finesse des requêtes de l'utilisateur professionnel (qui utilise "sa" terminologie et "sa" syntaxe) et dans le ciblage de ces utilisateurs à partir des termes qu'ils utilisent. La catégorie, c'est désormais le mot ou le groupe de mots (syntagme).
Comme la variété des pratiques professionnelles est innombrable, il faut s'en remettre, pour cibler, à des modalités d'analyse sur mesure, exploitant exactement l'observation des comportements en ligne. Par exemple, en suivant le vocabulaire des requêtes, pour une marque, un métier (voir le travail de Stéphane Levy dans ce domaine, à Weborama, avec Le Lab des Marques).

Notes à propos du B2B
  • Le B2B est une catégorie dont la pertinence opérationnelle se dissout dans le Web et dans les nouvelles pratiques commerciales (internationalisation), dans la multiplication des petites et toutes petites entreprises. 
  • De plus, la séparation amateurs / professionnels est inopérante dans de nombreux métiers (Pro-Ams). D'ailleurs, nombre d'artisans, par exemple, s'approvisionnent chez les mêmes fournisseurs que les amateurs (décoration, bâtiment, cuisine, mécanique, etc.). 

    mardi 18 janvier 2011

    Smart Walmart TV

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    Walmart fut l'un des premiers distributeurs à systématiser la présence d'écrans dans ses magasins sous la forme d'une chaîne de télévision multi-magasin inspirée du modèle des grands networks : Walmart TV, chaque magasin étant comme une station. Des téléviseurs installés au-dessus des travées diffusaient les programmes de la chaîne (mise en scène des produits, promotions). L'ensemble était plutôt inélégant, la visibilité médiocre, la sonorisation inégale malgré le son directionnel ; en gros, les messages commerciaux (30 s, vendus au CPM) passaient mal. Beaucoup de GRP pour rien.
    Récemment, Walmart a changé de stratégie et, par conséquent, de matériels, passant de Walmart TV à Smart Network : écrans HD de tailles variables placés à hauteur des yeux, ajustés au linéaire, trônant en plein milieu des produits qu'ils valorisent et expliquent (category screens). Chaque boucle diffusée (parfois 60 voire 90 s) vante en de très brefs messages les qualités des produits à l'entour. Bien sûr, les résultats sur les ventes (sales lift) sont bons ; l'efficacité des écrans et des campagnes est indiscutable, facile à attribuer (split run) .

    Aux écrans strictement localisés, pour quadriller le point de vente, Walmart ajoute, comme déjà Walmart TV, de plus grands écrans diffusant à l'entrée des messages d'accueil (5s), des écrans à l'extrémité de chaque linéaire (endcap screens) ainsi qu'un mur d'écrans au rayon électronique grand public (The TV Wall). Walmart a donc rompu avec l'arbitraire du 30s et, surtout, systématise le ciblage contextuel.

    L'attention portée aux écrans est évaluée (en durée de contact, généralement, avec des outils de face tracking) mais l'appareillage des écrans ne suit pas le regard des visiteurs jusqu'aux produits, jusqu'aux bandeaux de prix. L'avenir de ce marketing requiert des analyses plus riches prenant en compte globalement l'ensemble des comportements de la clientèle sur le point de vente et, plus encore, devant les linéaires.
    Données indispensables (nous ne mentionnons que ce qui est possible actuellement) :
    • horaires, saisonnalité, rythme de la fréquentation (longue durée)
    • attention portée aux produits (indicateur d'intention d'achat, d'intérêt)
    • prise en main de ces produits
    • lecture du bandeau de prix
    Toutes ces variables intermédiaires manquent encore à la plupart des évaluations marketing. Sans elles, il est vain de corréler passages devant des écrans (ODV, contact) et achats. Sans elles, le marketing dans le point de vente marche sur une seule jambe.
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    mercredi 12 janvier 2011

    Vidéo : la grande distribution, du DVD à la VOD


    Mise à jour : 11/01/2015
    L'évolution du marché américain de la vidéo semble s'effectuer au profit de la grande distribution.
    Dans les années 1980-90, Blockbuster met en place sa chaîne de magasins spécialisés ; Walmart et Kmart (supermarchés) vendent des DVD, Best Buy (GSS) aussi. Une dizaine d'années plus tard, Netflix, nouvel arrivant recourt à la voie postale pour faire parvenir et récupérer les DVD loués à ses abonnés. Le magasin est en ligne, la commande et sa gestion, paiement inclus, s'effectuent sur un site Web. Modèle mixte, off et online : 20 millions d'abonnés. Nouvel arrivant aussi, Amazon vend des DVD (transaction en ligne, acheminement postal). Sur le modèle des machines à monnaie (self-service coin-counters), redbox, InstaFlix et Blockbuster mettent en place des réseaux de distributeurs de DVD (video rental kiosks).
    La grande distribution tient le marché du DVD. Elle effectue maintenant son virage online.
    • Best Buy (GSS) entre dans le marché du streaming avec l'acquisition de CinemaNow fin 2008.
    • Après un premier essai manqué avec HP en 2007, Walmart, premier distributeur mondial (9 000 magasins), rachète Vudu (streaming) en février 2010. Appli iPhone pour le catalogue.
    • Sears Holdings, qui regroupe Kmart et Sears, lance fin 2010 Alphaline Entertainment. Le consommateur accédera à un film en même temps que sa sortie en DVD, pour le louer (4 $) ou l'acheter (20 $). Le service devrait être multi-plateforme (mobile, etc.). 
    • Amazon InstantVideo entre sur le marché du streaming également. 
    • iTunes passe de la musique à la vidéo pour louer et vendre des programmes mais propose également un boîtier de connection Web / téléviseur.
    • YouTube triomphe sur le Web mais le cinéma et les grandes séries TV lui échappent. 
    • Des boîtiers / players permettent de transférer ce qui est sur le Web vers le téléviseur (Apple TV, Boxee, Roku) et relaient Vudu, Netflix, Amazon...
    Observations générales, et provisoires
    1. Pour conquérir ce marché, la grande distribution, généraliste ou spécialisée, dispose de nombreux atouts maîtres, transférables aisément à la distribution de vidéo : relation clients, connaissance des consommateurs, bases de données, facturation, cartes de fidélité, clientèle fréquentant régulièrement ses points de vente, capacité de promotion croisée (cf. Vudu / Walmart, Tesco / blinkbox), expérience de la vente en ligne. Par construction, elle est au coeur même de l'articulation on-line / off-line, le prochain champ de bataille du commerce.
    2. On observe, à l'oeuvre, le fonctionnement d'une économie de transition (et non de simple substitution). Les trois modes de distribution coexistent et tous les trois restent dynamiques. Ainsi, la distribution "sur place" via DVD continue de se développer (cf. instaFlix, flilale de NCR, distributeurs de billets). La plupart des entreprises de distribution vidéo sont actives sur deux ou trois segments (cf. supra, schéma). Cette articulation des trois modes / segments semble vertueuse : ainsi de Netflix qui invite ses abonnés au transfert progressif du DVD à la VOD en ligne, et les accompagne dans cette lente évolution pour ne pas les perdre (taux de churn très bas).
    3. L'approche multiplateforme se développe : distribution sur tablettes, smartphones, consoles de jeux vidéo, en plus des téléviseurs, des ordinateurs et des enregistreurs numériques (TiVo). 
    4. Quand cette distribution passera-t-elle au cloud computing, logique et ultime étape qui facilitera la gestion des stockages personnels, comme le pratiquent déjà entre autres Amazon et iTunes?
    5. Dans la distribution vidéo, les chaînes de télévision (networks) semblent marquer le pas. Ensemble, elles ont mis en place hulu (ABC / NBCU / Fox), reproduisant pour la VOD leur modèle gratuit publicitaire (ciblage avec adSelector, de Publicis), puis Hulu Plus. Elles utilisent aussi leurs sites pour diffuser leur programmes. Fox a abandonné Bitbot, diffusion de la vidéo sur smartphones, en revendant Fox Mobile Group. En revanche, en mai 2011, le bouquet satellite Dish Network a racheté Blockbuster.
    6. Sans doute, en dernière instance, l'initiative est-elle laissée par les networks aux studios auxquels ils sont adossés (Disney / ABC, NBC / Universal, Fox, etc.).
    7. Le marché publicitaire associable à la distribution vidéo via streaming est théoriquement considérable, notamment pour la publicité vidéo. Il sera nécessairement multiplateforme (la sélection, la transaction commerciale et la consommation n'étant pas nécessairement effectuées sur la même plateforme), et recourra aux formes les plus avancées du ciblage affinitaire (pour ne pas déranger le destinataire) : marketing comportemental, ciblage langagier, etc. A moins que les consommateurs ne préfèrent payer plutôt que de supporter une publicité qui les dérange...
    8. Et en Europe ? Faut-il imaginer, en France, Carrefour, Leclerc, FNAC, Casino, Darty, etc. se lancer dans ce métier ? Ils sont déjà implantés dans la distribution en ligne et vendent des DVD. Restent les accords avec les studios... En Grande-Bretagne, Tesco (grande distribution) a racheté Blinkbox en avril 2011... pour le revendre en janvier 2015 à TalkTalk. Concurrence de Netflix ?
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    lundi 10 janvier 2011

    Web fridge and domotics

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    Cats know it: the center of a residence, is where the fridge is. The kitchen has always been the heart of the home and the refrigerator has always been used to display family information (lists, kids drawings, reminders and pictures). With the new fridge by Samsung, the fridge becomes smarter : Web, Twitter, Pandora (musique), Epicurious, Google calendar, notes, weather...
    Electrolux started with The Screenfridge in 1999. The Infinity i-Kitchen fridge was launched in Brazil by Electrolux. This is a fridge with GNU Linux OS and a touchscreen panel: calendar, notes, etc.

    It is still far from the Internet of things : we need a fridge which calls for maintenance work and which manages the inventory... Domotics on its way.
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